ÉTIENNE LAVIGNE DIRECTEUR DU DAKAR : CONTINUER LA COURSE AURAIT ÉTÉ DÉPLACÉ !

 

Lavigne : « continuer la course aurait été déplacé »

 

Ce mardi matin, la caravane du Dakar a été brutalement stoppée par un glissement de terrain. Au-delà des ennuis logistiques, la commune limitrophe, Volcan, a été tragiquement touchée. Selon plusieurs organes de presse locales et internationaux, en plus de dégâts matériels conséquents, deux personnes seraient décédés.

En conséquence, la 9éme étape, prévue ce mercredi, a été annulée. Deux heures après l’avoir annoncé à la presse, Étienne Lavigne, qui chez ASO. dirige le Dakar, est revenu sur ces incidents.

Pouvez-vous revenir sur les événements tragiques de la journée ?

En milieu de matinée, il y a eu des phénomènes orageux extrêmement violents à 40 km au nord de Jujuy, dans un village qui s’appelle Volcan. Il y a eu des glissements de terrain qui ont endommagé les routes et surtout ce village avec vraisemblablement des dégâts humains et matériels extrêmement important. La route qui ramène la caravane sur Jujuy puis Salta a été complétement coupée. L’ensemble des véhicules de l’organisation, de la course et de l’assistance ne peut pas rejoindre Salta. Les personnes vont arrivés tard mais au-delà de ça, nous avons proposé à la Province de Jujuy l’ensemble des moyens sanitaires de l’organisation, nos hélicoptères et véhicules médicaux. On a essayé de voir comment les aider. Toutes ces circonstances ne permettent pas un déroulement d’étape demain.

La tenue de l’étape était impossible ?

Au-delà de ça, il y a des dégâts matériels extrêmement importants et des dégâts humains. Une mer de boue s’est déversée sur les habitations, des personnes étaient sur les toits… Ce sont des conditions extrêmes ici : ils sont en plan rouge. Continuer la course aurait été déplacé et ça ne pouvait pas se faire. On a décidé de tout arrêter, de regrouper les gens qui se rendront à Chilecito pour reprendre la course après-demain.

Avec l’étape de demain, 35% du parcours a été annulé…

Je ne suis pas responsable de la météo ! Nous sommes face à une situation climatique exceptionnelle qui perturbe dans le déroulement du Dakar. Cela nous pousse à nous adapter, à repenser notre organisation, ce qu’on a fait plutôt bien jusqu’à maintenant. Une bonne organisation doit savoir se réadapter et ne pas être paralysé. On va faire en sorte de pouvoir reprendre le départ après demain.

Sur le plan sportif, les deux plus grandes étapes de ce Dakar ont été annulées…

C’est malheureux mais au regard des circonstances qui ont touché ce village et la province de Jujuy, je ne suis pas sûr que ce soit le plus important. Cela fait neuf ans qu’on vient en Argentine. Nous avons une habitude des conditions que l’on peut rencontrer. Il y a cette année une conjonction de phénomènes météorologiques extrêmement violents. Face à ça, on ne peut pas faire grand-chose. On a su réaliser des étapes dans de bonnes conditions mais une nouvelle fois, le plus important, c’est cette situation de catastrophe.

Les autorités locales ont-elles répondu favorablement à votre proposition d’aide ?

Le plus compliqué dans ce type de situation, c’est de se coordonner, de voir les moyens dont ils ont besoin. Il y a quelques minutes, ils me disaient qu’il n’avait pas de besoins héliportés demain pour accéder à la zone sinistrée. Nous avons des véhicules « médecins » qui sont sur place. On va attendre dans la soirée de savoir ce dont il pourrait avoir besoin pour leur profil.

Etiez-vous au courant des conditions météos actuels sur l’épreuve ?

On ne peut pas prévoir quatre jours à l’avance les conditions qu’on a rencontrées. Il pleut tout le temps à cette période de l’année. Des plans B, il y en a eu à chaque fois que des étapes ont pu se tenir. Il est tombé 50 millimètres d’eau en quelques heures à Oruro. Cela reste des situations très rares.


Antoine GRENAPIN

Photos :
ASO DPPI

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