‘AFRICA RACE’ 2017 JOUR 10 EN MAURITANIE : SELLA TOUJOURS, SIREYJOL ENFIN !

SIREYJOL ET SELLA,HOMMES DU JOUR

MERCREDI 11 JANVIER 2017
AZOUGUI/AKJOUJT

Étape : 464 km
Liaison AZOUGUI/ATAR : 49 km

Secteur Sélectif ATAR/AKJOUJT : 391 km

Liaison AKJOUJT/BIVOUAC : 24 km

 

René Metge a annoncé la couleur, ce ne sera pas facile, mais plus court que la veille.

 

RENÉ METGE

 

« Le départ aura lieu près d’Atar après une liaison d’une cinquantaine de kilomètres. Une étape où les navigateurs vont devoir s’employer car ce sera très difficile en orientation. La majorité de l’étape se déroulera au cœur des dunes et herbe à chameaux éprouvant sur la distance. L’année dernière, nombreux sont ceux qui avaient galéré dans cet erg. Une fois passé cet immense bac à sable, le tracé ramènera les concurrents à côté d’Azougui où sera placé le ravitaillement des motos. Ensuite, ils remonteront vers Akjoujt en empruntant la piste de la veille comportant une partie pas évidente sur la digue. Une spéciale relativement courte en distance mais pas forcément au niveau du temps de course car il y aura vraiment de quoi jardiner ou pelleter, et peut être même les deux ! »

 

Le profil de la course

 

La carte de la course

 

 

La carte générale de la course
montrant l’avancée de l’Africa Race 2017 vers Dakar

 

À propos de ravitaillement à Azougui : le veille, Sella est tombé en panne d’essence et Ullevalseter s’est arrêté pour partager ce qui lui restait, ce qui a permis au jeune israélien de finir.

Le geste est beau mais si notre ami norvégien a perdu la course, c’est là.

À la grande époque du (vrai) Dakar, les fameuses luttes entre Auriol et Neveu étaient poussées à un point inimaginable, le leader, suivi aux fesses par son adversaire, ratant par exemple, exprès, un embranchement, puis s’arrêtant pour faire croire qu’il était en panne, laissant l’autre se fourvoyer durant pas mal de temps.

Ullevalseter va donc perdre cette course, peut-être, pour un geste chevaleresque.

Par ailleurs, Magnaldi, dont je n’avais pas de nouvelles, c’est normal, son deuxième moteur a flanché pendant la spéciale et tout le monde est parti direction Dakar.

8 h 48, Maroc time, la première moto est lancée.

 

MOTOS : SELLA BOSS DE BOUT EN BOUT

SELLA VRAIMENT INTOUCHABLE ET QUI EN PLUS ENFILE LES VICTOIRES D’ÉTAPES COMME DES PERLES

 

C’est évidemment Ullevalseter qui part le premier, il a gagné la veille, sachant parfaitement que Sella va le rattraper au bout de quelques km,  lui passer devant quand le terrain est évident, mais de toute façon ne le lâchera jamais.

Ulle, ça doit venir de ses ancêtres viking, est un surdoué de la nav et le lâcher serait suicidaire, surtout qu’il n’y a plus que 36 minutes entre les deux pilotes.

Un peu de ruse serait nécessaire mais chez les vikings on n’attaque pas par la rue, on prend le duel de face. Et Sella ne tombera pas en panne d’essence tous les jours !

C’est le marocain Gabari qui est lâché troisième, six minutes derrière les autres donc, Gabari qui était totalement dans le coup, comme Ceci d‘ailleurs, jusqu’à sa casse moteur, lui faisant perdre des heures plus de seize heures au total, en comptant la pénalité pour être rentré en camion balai.

 

CECI ET SON NOUVEL EMBRAYAGE, TROISIÈME AU SCRATCH

 

Ceci, qui a brûlé son embrayage la veille, a pris treize heures au total, dont dix heures de pénalité.

Dommage, la tête de course était passionnante et se résume maintenant, au long terme, à une lutte entre deux pilotes.

Au jour par jour, il peut encore y avoir des surprises, mais pour le classement final, c’est quasiment joué ;

Cela dit, je l’écris chaque jour, le désert est joueur…

On commence par une attaque énorme de Sella, le terrain est plat et il ya les traces des contrôleurs du premier CP, celles des Tango de médecins, même celles des ouvreurs la veille, il fait faire gaffe à l’herbe à chameaux, mais Sella a vite compris comment on slalome à fond entre ces saloperies (sauf pour les chameaux, qui sont en fait des dromadaires) et il envoie du 150 km/h…

Mais il garde Ulle à l’œil….

 

GABARI VA RECASSER SON MOTEUR NEUF

 

On est à 20 km de la célèbre ville de Chinguetti ou a été tourné le magnifique film «Fort Saganne», Depardieu était beau et Sophie Marceau sublime, et la charge baïonnette au canon est digne de John Ford…

Autre époque…

René Metge a signalé depuis son hélico qu’il suivait le très jeune pilote et que dans les dunes, il faisait sa trace, sans suivre celle des ouvreurs.

Grosse classe le gamin!

Au CP1, Sella a plus de cinq minutes d’avance sur Ullevalseter. Mais Ceci et son embrayage tout neuf  s’(est intercalé entre les deux pilotes. Gabari est quatre, à sept minutes.

Là encore, Sella a décidé de gagner comme leader, pas comme suiveur.

Et c’est assez beau, de la part d’un jeune homme dont c’est le premier rallye raid, dans une étape pleine de pièges à c… en matière de navigation, de se lancer dans l’aventure, seul et en tête… S’il gagne le rallye, c’est là, après il est vrai avoir mené toute la première semaine de course.

ULLEVALSETER S’EST BATTU COMME UN LION MAIS…

 

On entre dans un énorme cordon de dunes qui faut franchir à l’arrache, mais seulement sur quelques km, ensuite, on sera dans le sens des dunes, qui sont orientées NW/SE par le vent, ce qui permet en étant intelligent en nav de suivre de temps en temps par les vallées entre les dunes.

Sella ne mollit pas.

Pilote vraiment exceptionnel.

Mais la vitesse tombe, 30 km/h…

Au CP2, Sella a encore plus de deux minutes d’avance sur Ulle.

Ceci est trois.

On sort du sable en biais, et on roule à 150 km/h…

Au CP4, l’avance de Sella a encore augmenté, pas loin de quatre minutes sur Ulle, c’est peu mais c’est clair et net…

On termine comme des boulets (d’artillerie) Sella est flashé à 173 km/h, ce garçon ne cache pas sa joie d’envoyer du lourd.

 

SELLA ULTRA VAINQUEUR

 

Et puis il a été toute la journée devant Ullevalster, ça donne envie aussi !

Il n’y a pas eu une erreur dans sa navigation, à moins de100 km de l’arrivée, la vie est juste belle.

À l’arrivée, Sella a huit minutes d’avance sur Ullevalseter, c’est une belle journée qui se termine en apothéose, Gabari a encore cassé son moteur, Ceci est trois, on reprend les bonnes habitudes, c’est ça le bonheur de l’Africa Race, on peut rater des CP, finir au camion balai et si l’on a réparé, repartir le lendemain.

Et figurer en bonne place au classement du jour, même si pour la course, c’est out.

Vu que ça coûte des sous, on a le droit d’en profiter un max, même en cas de scoumoune.

Au Général, Sela est en tête avec 44 minutes d’avance sur Ullevalseter, 5 h 40 sur Benko qui va faire un podium à Dakar si ça continue !

 

AUTOS : SIREYJOL, ENFIN !

 

Serradori est lâché derrière Vasilyev, le début de spéciale est une piste largement tracée, et les 4X4 y font merveille. Vasilyev a très vite le commandement des opérations, devant Cherednikov, les deux ont raté la spéciale de la veille et les Russes et les Kazakhs en colère, plus des autos sur-préparées, ça dégage fort !

Serradori et Sireyjol suivent, mais loin…

TRÈS BEAU DÉBUT DE SPÉCIALE POUR VASILYEV

 

Devant eux, il ya le camion Kamaz de Karginov, qui tient à sa deuxième place au général, il dioit pour cela reprendre 17 secondes au buggy MD de Thomasse.

Cherednikov ne tient pas le rythme, Serradori est devant le Kamaz de Karginov mais derrière Vasilyev, c’est le CP1 qui va donner les vrais écarts !

Serradori a une minute d’avance sur Zapletal, une quarante sur Vasilyev.

Syreyjol est dans même minutage que Vasilyev, et Thomasse est cinq secondes derrière.

C’est, comme la veille, une baston à distance, seuls Serradori et Vasilyev se voient…

Mais la belle histoire va s’arrêter pour Serradori, qui arrache son train arrière sur de la grosse caillasse.

Karginov a perdu un temps fou, probablement une crevaison, ce qui prend un temps fou sur un camion, il est cinq dans cette catégorie des monstres et a 20 minutes de retard sur Thomasse, qui conforte ainsi sa deuxième place au général, sauf pépin bien sûr.

 

THOMASSE Y A CRU UN MOMENT MAIS…

 

Sireyjol, qui passe neuf minutes devant Vasilyev au CP2, est peut-être le patron de la journée.

Mais il  a eu des problèmes mécaniques en début de rallye, il n’est donc pas dans la course à Dakar, mais une victoire d’étape serait une rude récompense pour un pilote qui n’a jamais rien lâché.

Thomasse crève.

Coincé au pied d’une dune il mettra une heure à se sortir de cette p… de situation!

Kuprianov est loin, mais 20 minutes c’est vite perdu, surtout si c’est un pépin mécanique.

Serradori est out,  on a donc le classement suivant au CP2, Sireyjol, Zapletal (à quatre minutes), Housieaux (dans le même temps que Zapletal), Gomez(à 5 minutes) Sabatier (à six minutes), puis Vasilyev à neuf minutes.

Thomasse est à dix sept minutes, il a effectivement laissé des plumes dans sa crevaison.

Karginov est loin, mais ce n’est pas à  refaire…

Hélas, l’histoire va partir en os de chameau.

Coincé au pied d’une dune il mettra une heure à se sortir de cette p… de situation!

Puis Karginov prend un retard  énorme.

En fait il a aidé son compatriote Kuprianov à se désensabler et sur un camion, ça prend beaucoup de temps.

Tiens, anecdote, quand Jean Louis Schlesser, de son avion, a vu Alain Rossignol, notre photographe, il s’est amusé à faire du radada, ça donne quelque chose qui me plait, y’a pas que le chrono dans la vie!

 

 

Retour à la course.

Le problème du sous-gonflage est clair.

Cela permet de passer magnifiquement dans le sable mais à la première caillasse boum.

Les buggies ont un gonflage depuis le cockpit, mais impossible de gonfler assez vite quand on arrive dans une zone caillouteuse !

Quant aux calmions, c’est pire, en sous-gonflage, indispensable pour passer dans les dunes, ils risquent de déjanter s’ils accélèrent un poil fort…

CP3, Sireyjol tient bon, en tous cas il est le premier à passer la table de chrono.

 

MAGNIFIQUE ZAPLETAL

 

Zapletal et son énorme Hummer est deux, à moins de deux minutes, Gomez est à presque cinq minutes, Sabatier à huit minutes, Cherednikov à trente seconde de plus, Vasilyev à 13 minutes, le pire est qu’il s’en fout, vu son avance au Général…

Mais la course de Sireyjol est exceptionnelle, comme celle de Serradori la veille, qui lui était en panne de système de gonflage et a envoyé comme un malade pour ne pas se planter, la méthode est bonne… parfois.

Il faut tenir, Sireyjol déboule à 145 km/h, l’arrivée est à cent bornes, il est physiquement en tête des autos, ça doit être son jour.

Autre ambiance de feu dans les camions, c’est le Tatra de Valtr, ce n’est pas la première fois d’ailleurs, qui est en tête de la série, deux minutes devant le Tatra de Tomecek, dix sept minutes devant le Scania de Kovacs, trente trois minutes devant le Kamaz de Kuprianov et quarante quatre minutes devant Karginov.

 

VALTR VAINQUEUR EN CAMIONS

 

La bataille va être serrée, mais superbe, avec là encore, comme dans l’auto de Syreyjol, une obsession, tenir bon…

Sireyjol a tenu bon, il passe première auto sous la banderole, maintenant, l’attente infernale commence…

Vasilyev est deuxième à passer, il a dix minutes trente de retard au chrono.

 

VASILYEV EN BASTON

 

Mais quoi qu’il arrive il restera premier au Général.

On a tellement envie que Sireyjol gagne sa première spéciale, c’est semble t’il fait mais il ya encore un paquet de monde à arriver.

Zapletal, qui n’a que cinquante secondes de retard, Gomez, six minutes. Cherednikov 7 minutes, Sabatier neuf minutes, Vasilyev 10 minutes trente.

Thomasse a raté sa fin de journée, retard qui lui coûte largement la deuxième place au général.

 

HOUSIEAUX DEUXIÈME AU GÉNÉRAL

 

Bref, derrière Vasilyev l’indémontable, le classement général va encore bouger !

Housiaux est deuxième, Zapletal trois, un buggy coincé entre deux énormes 4X4, la vie ne va pas être facile !

 

 

Jean Louis BERNARDELLI


Photos :
Desert Runner/ Alain Rossignol et Jorge CUNHA

 

RÉSULTAT ET CLASSEMENT GÉNÉRAL
AFRICA RACE 2017 JOUR 10

http://www.africarace-live.com/index.php/fr/cla-etp9

 

 

 

 

Moto Motocross Sport

About Author

jeanlouis