AFRICA RACE 2017 : JOUR 5 AU MAROC, AGOSHKOV ET MAGNALDI GAGNENT UNE BASTON DE FOLIE !

VENDREDI 6 JANVIER 2017
REMZ EL QUEBIR/DAKHLA

Liaison 180 km
Étape : 696 km
Secteur Sélectif LE TAPIS/JREIFIFA : 277  km

Liaison JREIFIFA/DAKHLA : 239 km

René Metge a annoncé des changements la veille, au bivouac.

Pour des raisons expliquées ci-dessous, la spéciale du jour partira du fameux tapis.

 

LE TAPIS VU PAR SATELLITE

 

C’est un ouvrage énorme, un tapis roulant qui transporte le phosphate de Boukraa jusqu’à la mer, sur 100 km à travers le désert.

Les traînées blanches sur le côté viennent de la poussière dégagée durant le transport à cause du vent.

De là, la spéciale mettra cap plein sud au cœur des grands espaces exempt de tout relief et donc sans grosse difficulté à signaler au niveau pilotage.

En revanche, la navigation sera compliquée avec la présence d’une multitude de pistes parallèles mais, évidemment, une seule sera la bonne.

Les cinquante derniers kilomètres seront entièrement nouveaux et plutôt rapides.

Nous publions donc seulement  la carte de l’avancée de l’Africa Race 2017 jusqu’à Dakar.

 

 

Au fait, pourquoi ces changements ?

Quand il pleut dans le désert, c’est bref mais c’est violent.

Une partie du parcours prévu ce cinquième jour, qui doit amener le rallye à Dakhla, au bord de la mer, à 700 km du départ, a été raccourcie.

La spéciale de 457 kilomètres initialement prévue est amputée des 180 premiers kilomètres puisque cette partie du parcours, composée notamment de l’Oued Amra, est inaccessible en raison de la rupture d’une digue à Laayoune lors de récentes inondations.

Ce qui me donne le temps de faire un joli aparté.

CHOSES VUES ET PARFOIS RARES

LE BIVOUAC, REFUGE MAGNIFIQUE ET MÊME LUXUEUX

 

J’ai reçu une série de photos sympas qui montrent ce que l’on ne montre jamais, l’ambiance d’un Rallye Africa Race.

Et les clins d’oeil qui vous sautent à la g… au gré du terrain..

Comme si vous y étiez le matin, le soir, dans la journée durant la spéciale, avec des visions parfois étranges, toujours étonnantes…

Quelques exemples de la vie à bord de ce formidable vaisseau qu’est l’Africa Race…

Celle-ci par exemple, où l’on voit cohabiter deux systèmes de vaisseaux du désert, on utilise toujours les deux dans toute l’Afrique du Nord.

 

 

Cette autre, qui montre à quel point on prend soin des concurrents, avec ce breakfast anglais le matin vers 6 heures, ça doit remplir l’estomac pour la journée….

 

 

L’Assistance Kamaz est aussi colossale que les performances des monstres durant la journée….

 

 

Un avion ?

Oui, il sert aux relais de transmission radio sur le rallye, on connaît ça sur le Tour de France, moins sur les rallyes raids, de façon accessoire, il voit aussi ce qui se pass en dessous, peut donc alerter les PC voire atterrir pratiquement partout, regardez le terrain sur lequel il s’est posé !

Façon Mermoz !

 

 

Jean Louis Schlesser ne gagne plus le rallye, il le survole, aux commandes de son ULM tout terrain.

 

Un autre avion, avec sa tour de contrôle/bar des pilotes/salle de briefing roulante

 

Une partie du bivouac, désert d’ailleurs, vue d’avion…

 

 

J’aime beaucoup celle-ci, que j’intitule « Les vaches regardent passer les trains » en version désert…

 

 

Voilà, après 250 bornes de laison, il est 10 h 30 au Maroc quand motards et autos sont au départ.

 

MOTOS : AGOSHKOV AU SCRATCH, SELLA JARDINE ET SAUVE LES MEUBLES

 

L’Italien Ceci, sur sa puissante Honda Africa Twin, a repris sa deuxième place au scratch la veille et au général derrière l’incroyable nouvelle star de 18 ans, l’Israélien Sella, qui participe à son premier rallye raid, il est clair qu’il a un très gros potentiel.

Ceci a une heure de retard au général, Ullevalseter, multiple vainqueur de ce rallye, est allé deux fois au tas en quatre jours, il a donc perdu du temps, probablement un peu aussi de sa niaque, mais il fait se méfier de l’eau qui dort dit on…

Pal est à une heure et demi du leader.

Et c’est parti.

À près de 140 km/h, René Metge avait annoncé que ce serait souvent du billard, Sella mène devant Ceci, Ullevalseter et le Marocain Gabari roulent très proches l’un de l’autre, derrière les deux premiers, comme d’habitude, chaque motard part de deux minutes en deux minutes, le leader ouvre. Ce qui est rarement un avantage.

Ulle n’est manifestement pas  à ‘donf‘, on l’a dit, d’une part il sent vieux, il est vrai qu’il a cinquante piges, et d’autre part ses deux chutes peuvent être des prémonitions du genre que l’on déteste chez les motards.

 

ULLEVALSETER VA FAIRE UNE BONNE AFFAIRE

 

Au contrôle qui fait aussi office de ravito, rejoint en un peu plus de trente minutes, Sella passe en tête et les quatre premiers pilotes sont sur trois minutes, bref, on roule  en se contrôlant les uns les autres, on sait que la nav est parfois compliquée parce que les pistes sont nombreuses, et tout le monde, en fait, suit un peu à la trace le jeune Sella…

Cela dit, Ulle a une grosse habitude de la nav, cela confirme les options du leader.

Ceci s’accroche littéralement à Sella, c’est sa méthode depuis le début du rallye, quand il gagne c’est parce qu’il a repris les deux minutes qui le séparent du leader au départ …

Mais bon, depuis le tout premier (vrai) Paris-Dakar, c’est comme ça, le tout est de savoir à quel moment du rallye cela va changer, car ça va changer.

Au deuxième CP, il y a une minute et demi entre les deux motos, Sella devant…

Ullevalseter est plus loin, à sept minutes, mais  il a passé Gabari, il est donc troisième dans cette spéciale, on est à quarante km de l’arrivée….

Mais devant, Sella et Ceci se gourent en nav, au total un beau crochet de 10 km pour Ceci, ce qui bien sûr va redonner du suspense à l’arrivée, d’autant plus que derrière, ça pousse de partout !

En plus, Sella continue dans l’errance, découvrant l’horreur d’une perte incompréhensible, et il ne gagnera pas la spéciale, loin de là, il s’est fait un énorme «jardinage»….

 

SELLA GARDE LA TÊTE AU GÉNÉRAL

 

Et en effet, l’arrivée n’est pas triste !

Agoshkov gagne la spéciale, devant Ullevalseter et Gabari, et au général, Ceci, qui a terminé quatre, prend d’abord la tête au général, dix sept minutes devant Ullevalseter.

Puis Sella arrive enfin, il a perdu quarante minutes,  mais il avait une heure et demi d’avance le matin, il garde donc la tête au général.

Ullevalseter a quand même réalisé la bonne affaire du jour, il était à plus d’une heure de Ceci au départ, à une heure et demi de Sella, il est trois au général mais avec  moins d’une heure de retard…

Quand j’ai écrit quelques lignes plus haut que rien n’était jamais acquis dans le désert, je ne croyais pas si bien dire !

Contrairement à ce qui se fait d’habitude, Ulle  et Gabari prennent tout de suite la route, le bivouac est encore à 240 km et à moto, rouler de jour, c’est un grand luxe…!

On va faire du plein ouest jusqu’à trouver la route côtière puis plein sud vers Dakhla.

AUTOS : MAGNALDI, LA DEUXIÈME EN DEUX JOURS ! 

 

C’est donc Thierry Magnaldi qui va avoir la lourde charge d’ouvrir mais il ya les traces des motos, ça peut aider.

Cela dit, il ya aura parfois des hésitations et Vasiliyev, parti la bave aux lèvres deux minutes derrière, dont la Mini est beaucoup plus puissante que le buggy de Thierry, aura peu de mal à le passer.

Pas marrant de partir comme lièvre mais that’s race!

Ensuite, le tout sera de savoir ce que les poursuivants, Cherednikov le Kazakh, Sireyjol, Thomasse et bien sûr Magnaldi  pourront faire derrière, et puis encore une fois, dans le désert, rien n’est acquis d’avance.

La preuve, Magnaldi tient le coup devant, il s’accroche, on sait que le garçon est un pilote phénoménal et les traces des motards devant sont nettes, pas d’hésitation, le pilote peut tout envoyer.

Il a encore 46 secondes d’avance au premier CP !

Et ça pousse derrière eux, Zapletal est à une minute, Cherednikov à une minute trente, Thomasse à deux minutes, Sireyjol deux minutes vingt ….

 

CHEREDNIKOV QUATRE AU SCRATCH

 

Puis belle surprise, même s’il n’a plus aucune chance au général, Serradori  est, en temps, quatrième.

Zapletal qui, on le rappelle roule en Hummer, aujourd’hui la puissance compte, et il sent que la victoire est à portée.

Derrière cette fabuleuse baston de tête, gros duel entre les deux Kamaz, la veille Karginov a crevé et sur un camion ce n’est pas de la gnognotte de changer une roue, il est donc arrivé tard et c’est Kuprianov qui a a gagné la spéciale camions devant lui.

Du coup, les mastodontes roulent à vue, ça doit déménager un peu dans le secteur, on doit entendre le sol vibrer comme quand dans le Wyoming les troupeaux de bisons se mettent à galoper…

Karginov est déchaîné, au premier contrôle il passe avec le cinquième temps au scratch !

Magnaldi continue d’envoyer du lourd énorme, il est vrai que la première victoire en spéciale est une libération, sportivement parlant, au deuxième CP, il a deux minutes trente d’avance sur Vasilyev.

Cherednikov est à cinq minutes, Sireyjol à six, il faut attendre Zapletal, Thomasse et le camion de Karginov pour faire un vrai point.

Zapletal passe, troisième temps, et Karginov est passé quatrième temps !

 

KARGINOV EST TROIS AU SCRATCH ET AU GÉNÉRAL

Fin de spéciale de folie, comme chez les motards !

On est en toute fin de spéciale, Magnaldi tombe dans une zone difficile où il roule à 50 km/h, derrière Vasilyev est à 180 km/h, la fameuse théorie de l’élastique commune à tous les sports mécaniques…

Une heure cinquante six minutes de course, Magnaldi passe sou la banderole en premier.

Maintenant, c’est l’horrible attente….

Et c’est l’explosion, il a battu Vasilyev de cinq minutes et gagne l’étape, deux fois en deux jours, pas mal…

 

VASSILYEV EST BATTU

 

Même si le gain de temps est faible, pour le moral et avant d’attaquer les dunes mauritaniennes, ça fait un bien fou…

Et au général, il est à 22 minutes du Russe, autrement dit «peanuts» avant l’océan de sable…

Karginov arrive, troisième au scratch et troisième au général, une heure quinze derrière Vasilyev, cinquante quatre derrière Magnaldi.

Voilà, demain, on est en repos, enfin les pilotes, les mécanos, eux, ont 24 heures pour tout refaire à neuf, enfin dans les grosses écuries…

Jean Louis BERNARDELLI


Photos :
Desert Runner/ Alain ROSSIGNOL et Jorge CUNHA

RÉSULTATS ET CLASSEMENT GÉNÉRAL JOUR CINQ AFRICA RACE 2017

http://www.africarace-live.com/fr/cla-etp5.html

 

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