MOTOGP 2016 : NICOLAS GOUBERT FAIT LE BILAN DE L’AN 1 DE MICHELIN

 

 

« NOUS AVONS CRÉÉ UNE CONCURRENCE ENTRE LES DIFFÉRENTS CHOIX DE PNEUS MÊME DANS UNE SITUATION DE MONO-MARQUE. »

 

Sept ans d’absence, c’est énorme, surtout dans un milieu qui évolue chaque jour !

Avec des motos qui n’ont absolument plus rien à voir, bref une arrivée dénuée de toute info, c’est sûr qu’en pleine guerre permanente, les commandos Michelin ont fait un boulot colossal.

2016 année compliquée en plus, avec des météos carrément immondes sur plusieurs circuits, des motos de conception totalement différentes, avec des réglages différents, avec des pilotages différents, il a fallu tenter de contenter tout le monde, or on sait qu’en matière de pneus, les pilotes sont assez contrariants !

Année incroyable, qui a vu neuf vainqueurs différents en MotoGP, soit un toutes les deux épreuves, où justement le choix de pneus a souvent été déterminant.

Pourtant, Michelin a battu des records, alors bonne année ou « annus horribilis » ?

Le bilan de Nicolas Goubert, chef de projet du programme MotoGP chez Bibendum.

 

 

  

« Je suis très satisfait de cette première saison de Michelin en MotoGP après sept ans d’absence. Le défi était énorme et nous l’avons relevé avec succès : la saison a été animée par de très belles batailles sportives, neuf pilotes ont remporté au moins un grand prix et de nouveaux records ont été établis sur des circuits aux caractéristiques très différentes. Et pourtant, si nous remontons le temps et revenons un an en arrière, notre retour en MotoGP était un saut dans l’inconnu : des nouveaux pilotes, des nouvelles motos, des nouveaux circuits… un style de pilotage qui a évolué au fil des saisons et une électronique encore méconnue par les équipes. En tant que Directeur Technique de Michelin Motorsport, je suis fier de l’exceptionnelle capacité de réaction démontrée par nos équipes de développement et industrielles tout au long de la saison. Chaque fois que nous avons rencontré une difficulté, nous avons modifié nos pneus en un temps record pour améliorer la situation. Quand il a fallu réagir après le GP d’Argentine,  nous avons préparé de nouveaux pneus arrière en l’espace de trois jours ! Nombreuses ont été les évolutions et notamment au Grand Prix des Amériques, au Grand Prix de France et au Grand Prix d’Allemagne : à chaque fois, les améliorations proposées ont été validées par les pilotes et confortées par le chronomètre.

 

 

Nous avons conçu plus d’évolutions pendant cette année en MotoGP qu’en sept ans de travail dans d’autres disciplines Moto. Nous avons testé de nouveaux mélanges de gommes et des nouveaux matériaux, dessiné de nouveaux profils, réalisé des nouvelles structures. Grâce à ce travail, nous avons pu proposer aux pilotes une sélection de pneus adaptés à un large spectre de conditions et de températures, cela leur a donné plus d’options pour bâtir leurs stratégies de course. Ainsi, nous avons créé une concurrence entre les différents choix de pneus même dans une situation de mono-marque.

 

 

Cet éventail de pneus différents a également contribué à donner neuf vainqueurs à la saison. Certains pilotes ont mis en œuvre la bonne stratégie pour les conditions spécifiques du moment, d’autres ont parié sur un choix décalé et ont surpris l’ensemble de leurs concurrents, comme cela a été le cas, par exemple, d’Andrea Iannone en Autriche, de Dani Pedrosa à Misano et Cal Crutchlow, qui s’est imposé à Brno sur une piste séchante.

 

 

La saison 2016 vient de s’achever à Valence sur une note positive : nous avons proposé aux pilotes d’utiliser les pneus avant prototypes de la saison 2017 pour le week-end et plus de 75% du plateau a sélectionné ce nouveau profil. Ainsi, nous avons confirmé en course que nos équipes de développement travaillent dans la bonne direction. »

Voilà, dans cet univers impitoyable des GP, Michelin n’est évidemment pas à l’abri de tout reproche mais fondamentalement, le défi a été relevé, et bien relevé.

Cela dit, quand on voit comment par exemple Honda a pataugé, et patauge encore avec son électronique moteur, comment Ducati n’arrive pas à se séparer de ses ailerons, comment en fin d’année, Vinales, au guidon de la Yamaha 2016, a été plus rapide que Rossi testant une hybride 2016/2017, on se dit qu’arriver à faire ce qu’à fait Bibendum sur chaque GP, c’était pas de la tarte!

Jean Louis BERNARDELLI

Photos MotoGP  

 

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