ALAN JONES, LE PILOTE A LA CARRIÈRE AGITÉE REJOINT LE CERCLE DES SEPTUAGÉNAIRES

 

Alan-JONES-Champion-du-Monde-1980-©-Manfred-GIET-

Alan-JONES-Champion-du-Monde-1980-©-Manfred-GIET-

 

L’ancien pilote de F1, sacré Champion du Monde de la discipline en 1980, vient de fêter son septantième anniversaire ce 2 novembre.

Né à Melbourne, l’amour du sport automobile, lui a été déposé dans le berceau puisque le papa, Stan JONES était lui-même, un bon pilote  automobile, la-bas chez lui aux antipodes.

Et une fois que le « jouet » a été déposé dans ses mains, pour le jeune Alan, il était ainsi dire déjà trop tard!

En tant que jeune adolescent, au lieu de pratiquer le surf ou le rugby très populaires au pays des kiwis, son inspiration héréditaire se porta tout naturellement vers le sport auto, en commençant naturellement bien évidemment par l’inévitable pratique du Karting.

Son  souhait et désir le plus ardent était déjà à l’époque d’essayer de tenter d’arriver un jour en Formule 1, l’Everest du sport automobile.

Et pour ce faire, le jeune JONES âgé alors de 21 ans, décida alors de s’exiler sur le vieux continent et précisément en Angleterre qu’il considérait comme la Mecque du sport auto, transition incontournable pour un jour atteindre son objectif, le baquet d’une monoplace de Grand PRIX de F1.

L’ancien journaliste, auteur et commentateur Canadien, Gerald DONALDSON, écrit dans la biographie qui lui a été consacrée, que le jeune JONES qui avait à peine atteint l’âge de la majorité à l’époque, débarqua à l’aéroport Londonien de Heathrow avec tout juste 50 livres stirling en poche, de quoi tout juste se sustenter un jour ou deux.

Le caractère d’acier aidant, JONES se mit rapidement à la recherche d’un job et d’un volant dans les catégories promotionnelles qu’offrait le Royaume-Uni.

Ses débuts sur des voitures de Tourisme au volant des Mini ou Mini Cooper, s’avérèrent tout sauf prometteurs, par contre en dehors des compétitions, il arrivait à financer son quotidien en vendant des voitures et mini-vans  d’occasion, principalement à des compatriotes, ou Néo-Zélandais à la découverte du vieux continent.

 

 Alan-JONES-SURTEES-TS-19-1976-©-Manfred-GIET


Alan-JONES-SURTEES-TS-19-1976-©-Manfred-GIET

 

Après un break et un retour en Australie durant quatre ans, pour JONES, l’année 1973 fut véritablement l’année de son vrai départ, après son retour en Europe et une victoire dans le Championnat anglais de Formule Ford, toutefois empreinte de tristesse puisque son père venait de décéder peu de temps avant…

Vint alors un certain Harry STILLER, ancien pilote anglais retiré et fana de sport automobile, qui persuadé de son talent ? lui monta un programme en Formule Atlantic pour la saison 1974.

Un an plus tard, STILLER racheta à Lord HESKETH – le richissime mécéne qui finançait un certain James HUNT – une ancienne HESKETH de F1 et installa le trapu « Wallaby » JONES à son volant.

Celui-ci se fit remarquer d’emblée en terminant 7ème d’une manche ne comptant pas pour le Championnat du Monde F1.

Son premier vrai GP se déroula en Espagne en 1975 sur la vieillissante HESKETH 308, mais pour une première, il l’accidenta.

S’ensuivit un transfert vers l’Ecurie du grand et illustre Graham HILL, Team où il pilota la HILL EMBASSY en remplacement de Rolf STOMMELEN, accidenté à Jarama et avec une première récolte de deux points pour sa 5ème place décrochée au GP d’Allemagne mais qui ne fut qu’un feu de paille, suite au retour aux affaires de STOMMELEN et surtout à la disparition de l’Ecurie HILL en fin d’année, suite à l’accident d’aviation tragique dont furent victimes  Graham HILL et son autre pilote, le jeune espoir Britannique Tony BRISE.

Entre-temps, l’Australien avait trouvé refuge dans la série Formule 5000, avant d’être intégré au Team SURTEES en suivant une progression constante qui lui rapportera sept points au Championnat Pilotes.

 

Alan-JONES-1977-sur-Shadow-©-Manfred-GIET

Alan-JONES-1977-sur-Shadow-©-Manfred-GIET

 

Pour la saison 1977, le Team Américain SHADOW de Don NICHOLS, fait appel à lui en remplacement du malheureux pilote Gallois Tom PRYCE qui s’était tué lors du GP d’Afrique du sud à Kyalami en début de saison, après avoir heurté avec sa tête l’extincteur d’un commissaire qui traversait la piste devant sa monoplace lancée à très haute vitesse dans la ligne droite des stands!

Ce team SHADOW sera sa véritable rampe de lancement puisqu’à la surprise générale il remportera le GP d’Autriche sous une pluie battante, une victoire qui éveilla alors l’intérêt d’un certain… Frank WILLIAMS, qui était en passe de faire sortir de son anonymat l’écurie éponyme grâce à l’appui de capitaux provenant d’Arabie Saoudite.

Et notamment d’un certain Baroom Ben LADEN, l’un des fils … d’Oussama Ben LADEN (voir inscription sur la carrosserie de sa monoplace – photo ci dessous)

 

 Alan-JONESWilliams-FW-06-de-1979avec-inscription-Baroom-Ben-Laden-lun-des-fils-du-cèbre-Oussama-BEN-LADEN-©Manfred-GIET


Alan-JONESWilliams-FW-06-de-1979 avec-inscription-Baroom-Ben-Laden-lun-des-fils-du-cèbre-Oussama-BEN-LADEN-©Manfred-GIET

 

Enrôlé par WILLIAMS pour 1978, considérée comme saune année de transition, JONES termine la saison avec un score de 11 points, avant de passer véritablement à la vitesse supérieure un an plus tard avec la fameuse monoplace FW 07 qui allait devenir la terreur des pelotons de F1.

La même année, Alan réussira en parallèle à remporter le titre de Champion en Série CANAM US au volant d’ une LOLA T333.

Sa carrière est alors véritablement lancée.

 

Alan-JONESWilliams-FW-06-1979-©-Manfred-GIET

Alan-JONESWilliams-FW-06-1979-©-Manfred-GIET

 

Si feu Clay REGAZZONI fut le pionnier en tant que vainqueur pour le Team de Frank WILLIAMS, il n’en reste pas moins que JONES monta à quatre reprises sur la plus haute marche des podiums cette année-là et finira 3ème au classement final du Championnat du monde derrière les pilotes FERRARI, Jody SCHECKTER le Sud-Africain  et Gilles VILLENEUVE, l’inoubliable petit pilote Canadien.

En 1980, Franck WILLIAMS et son pilote Australien Alan JONES en remirent une couche puisqu’à l’issue de la saison, Alan JONES pouvait ceindre les lauriers de Champion du Monde.

 

 Alan-JONESWilliams-FW--©-Manfred-GIET


Alan-JONES devient CHAMPION du MONDE en 1980 ave sa Williams-FORD Cosworth ©-Manfred-GIET

 

Un an après avoir remporté la couronne mondiale, JONES, que tout le monde voyait récidiver, ne termina cependant que sur la troisième marche du classement final « pilotes », un résultat décevant compte tenu de la qualité du matériel mis à sa disposition mais entre lui et son équipier, l’Argentin Carlos REUTEMANN, c’était l’eau et le feu, surtout depuis le clash monumental entre l’Australien et le très lunatique Argentin, survenu lors u GP du Brésil 1981, où celui que l’on surnommait ‘ El Lole’ ne respecta pas l’accord conclu entre Frank WILLIAMS et ses pilotes, imposant à celui qui serait en tête d’un GP devant son équipier proche de l’arrivée, de lui céder le rang si celui-ci était mieux classé au Championnat et pour autant que l’écart sur la piste entre les deux n’excède pas cinq secondes.

Accord que Carlos REUTEMANN, alors leader devant son équipier ignora totalement lors de ce GP et qui par la suite coûta probablement le Titre-Pilotes à l’un des deux pilotes WILLIAMS au profit du Brésilien Nelson PIQUET la même année, sacré à l’occasion de l’ultime GP et disputé sur le gigantesque parking de l’hôtel Caesar Palace à Las Vegas et transformé en circuit de F1!

Dépité et déçu, Alan JONES ira même jusqu’à « sécher » la cérémonie du podium à Rio.

La saison 1981 terminée, Alan JONES s’en retournera dans son Australie natale pour s’occuper de son ranch et de sa ferme, lassé de toutes les tensions vécues durant deux ans et du climat anglais qui le rendait dépressif.

 

Alan-JONES-Lola-Haas-Beatrice-THL-2-en-1986-©-Manfred-GIET

Alan-JONES-Lola-Haas-Beatrice-THL-2-en-1985-©-Manfred-GIET

 

Après un an de « farniente » Australien sous le soleil des Antipodes, il revint pourtant rapidement non seulement à de meilleurs sentiments mais également tenter de refaire un comeback, d’abord chez ARROWS en 1983 et LOLA HAAS BEATRICE ensuite, en 1985 et 1986.

Lorsqu’il réapparut dans les paddocks à cette époque , sa surcharge pondérale due aux canettes de FOSTER’S et aux fréquents BBQ, était indéniable et sa démarche déhanchée, suite à une chute à cheval alors que durant sa carrière de pilote  il avait pourtant maîtrisé jusqu’à 800 CV en course, laissaient plutôt augurer que son retour serait difficile.

 

Alan-JONES-Lola-Haas-Beatrice-THL-2-en-1986-©-Manfred-GIET

Alan-JONES-Lola-Haas-Beatrice-THL-2-en-1986-©-Manfred-GIET

 

Peu  après, il trouvera comme excuse que d’une part son dos était fracassé à cause des F1 à effet de sol et sans suspension et que tant l’ARROWS que la LOLA HAAS BEATRICE étaient mal conçues, sous motorisées en plus d’une mauvaise organisation au sein de ces deux équipes.

Avec son air bourru, Alan JONES tourna dès lors définitivement la page sur la compétition de haut niveau pour à nouveau s’en retourner à « Down Under », où il roulera encore de 1990 à 2002, en Championnat Australien de voitures de Tourismes et V8 Supercars devenant d’ailleurs vice-champion en 1993.

Retiré depuis, il réapparait néanmoins encore à l’occasion sur les GP de F1 en tant que Commissaire Sportif FIA et comme commentateur-analyste des GP pour la chaîne TV Australienne, CHANNEL 10.

 

Happy Birthday Alan !

 

Manfred GIET

Photos : Publiracing Agency

Alan JONES en AUSTRALIE en 2015

Alan JONES en AUSTRALIE en 2015

 

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