LA CARRERA PANAMERICANA 2016 : ENTRE DEUX EAUX… À LA CROISÉE DES CHEMINS

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La Carrera Panaméricana a-t-elle encore un avenir?

Alors que l’ère moderne de la Carrera Panamericana soufflera ses 30 bougies l’année prochaine en 2017, elle se trouve à la croisée des chemins et devra faire face à certains défis pour assurer sa pérennisation et attirer davantage encore de participants, ce qu’elle mérite amplement…

Difficile d’être totalement objectif pour vous parler de la Carrera Panamericana, sachant que son organisateur, Lalo Leon, est un ami… mais il m’est impossible de vous parler de l’édition  2016 qui vient de démarrer en ce début de semaine, sans aborder un certain nombre de points qui ne peuvent échapper à de vrais passionnés de courses historiques!

Tout d’abord une première constatation s’impose concernant son tracé, totalement original cette année…

En effet, la Carrera Panamericana faisait jusqu’à présent route sur un axe sud-nord, suivant le tracé de la « carretera panamericana », route traversant tout le continent Américain du nord au sud, tout comme la fameuse et célèbre Route 66, traverse les USA d’est en ouest.

 

UN PEU D’HISTOIRE…

 PANAMERICANA 2016 - La carte du parcours.


PANAMERICANA 2016 – La carte du parcours de l’édition 2016

 

Pour fêter l’achèvement de son tronçon au Mexique, la Carrera du même nom vit le jour en 1950 et se déroula jusqu’en 1954, avant d’être suspendue officiellement pour des raisons de sécurité, mais surtout pour des motifs politiques, son créateur, le Président de la République en exercice en 1950, Miguel Aleman, étant malheureusement remplacé en 1952 par Adolfo Ruiz, qui mit fin à la belle aventure… deux ans plus tard!

Ensuite, après une longue, très longue période sans que la Carrera ne soit plus jamais organisée, la Panamericana, renaissait en 1988.

 

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PANAMERICANA-2016-Le-départ à Queretaro

 

Depuis vingt-huit éditions se sont écoulées, lesquelles annuellement respectait le format initial, jusqu’à cette édition 2016, ou elle fait une sorte de grande boucle autour de Mexico, avant de remonter vers le nord- ouest pour se terminer à Durango, avec le tracé suivant :

 

13/10 : Querétaro. Prologue

14/10 : Querétaro – Puebla

15/10 : Puebla – Mexico

16/10 : Mexico – Etat de Mexico (Toluca)

17/10: Etat de Mexico – Morelia

18/10 : Morelia – Guanajuato

19/10 : Guanajuato – Zacatecas

20/10 : Zacatecas – Durango

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PANAMERICANA-2016-Somptueuse-l’étape-à-MEXICO.

 

D’aucuns diront et estimeront que ce tracé est plus pratique au niveau logistique, ce qui n’est pas faux, mais en fait les organisateurs, n’ont pas eu trop le choix, une situation actuellement politiquement « complexe » rendant la zone de Oaxaca, où devait démarrer la course, peu propice à un déroulement sûr de l’épreuve…

Sans s’immiscer dans la vie politique Mexicaine, force est de constater que le Président Mexicain actuel, Enrique Peña Nieto, est confronté à de très grosses difficultés et doit de plus faire face à une impopularité croissante, ça ne vous rappelle rien, ni personne…?

Néanmoins, si l’organisation veut préserver « l’esprit » de la course et sa tradition, il faut espérer que la situation s’améliore au Mexique et que l’on puisse revenir rapidement à un tracé plus ‘conventionnel’.

 

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PANAMERICANA-2016-Le-départ à Queretaro

 

Deuxième particularité, hélas malheureusement, un nombre décroissant de participants, avec cette année un ’petit plateau’  de seulement … soixante voitures inscrites, dont cinq voitures en ‘exhibition’ et ne rentrant donc pas dans le classement.

Vous me direz que beaucoup d’épreuves aimeraient compter sur le même nombre de voitures, mais si l’on compare aux éditions d’il y a quelques années, où régulièrement jusqu’à 110 voitures étaient admises et une vingtaine restaient en liste d’attente, force est de constater que la Panamericana est victime d’une certaine érosion!

Plusieurs explications à cela, à commencer par la situation politique du pays, qui comme précisé précédemment, est assez ‘trouble’ et occasionne de nombreux mouvements sociaux, des barrages routiers organisés par des groupes plus ou moins bien intentionnés, de même qu’une insécurité latente, que le gouvernement est en train d’essayer d’endiguer.

Nul doute que de ce fait, même de nombreux Mexicains hésitent à participer, attendant des jours meilleurs… Mais néanmoins le succès populaire est indéniable à chaque départ et arrivée d’étape avec toujours la grande foule venu rêver!

 

 PANAMERICANA-2016-Partout-tout-au-long-du-parcours-le-même-succés-populaire


PANAMERICANA-2016-Partout et tout au long du parcours, le même succès populaire

 

Si l’on ajoute que le pays connaît également une situation économique plus difficile que ces dernières années de croissance, avec notamment une forte dévaluation du peso par rapport au dollar et forcément l’argent est plus difficile à trouver, que ce soit au niveau personnel pour certains, qu’à celui de possibles sponsors!

Inutile de dire que du côté du voisin Américain, la situation n’est pas non plus au beau fixe et que les « gringos » hésitent de plus en plus à franchir la frontière, le gouvernement multipliant si besoin était les mises en garde à ses citoyens, leur déconseillant de voyager au Mexique.

 

PANAMERICANA 2016 La STUDEBAKER du Français de Mexico, Hilaire DAMIRON.

PANAMERICANA 2016 La STUDEBAKER du Français de Mexico, Hilaire DAMIRON.

 

Difficile dans ces conditions de faire le plein de pilotes Yankees et c’est presque un exploit d’avoir réussi à attirer tout de même … 13 pilotes US cette année, même si avec la proximité de ce pays voisin la moitié du plateau devrait venir de là-bas…

Pour ce qui est de l’Europe, ce n’est guère mieux, pour ne pas dire pire, même si l’éloignement explique en partie un faible contingent Européen, avec seulement neuf pilotes, dont deux Français, Jean Marc Taboulet et Hilaire Damiron, le Français de Mexico.

 

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PANAMERICANA-2016-Une MINI moderne avec Benito GUEERA, pilote Mexicain en WRC

 

Pour tenter de pallier en partie à cela, cette année une catégorie « MINI » a été créé, à la demande de l’importateur local de la marque, qui a aligné au départ la bagatelle de …  neuf voitures vendues a des « clients » intéressés par la Panamericana, mais ne disposant pas de véhicules adaptés.

Du coup ce sont 69 voitures qui ont pris le départ, mais est-ce une bonne solution et surtout une solution d’avenir ?

 

PANAMERICANA 2016 En attendant le depart d'une épreuve spéciale.j

PANAMERICANA 2016 En attendant le depart d’une épreuve spéciale.j

 

La course ne risque-t-elle pas du coup de perdre son ‘cachet’ et sa réelle identité et de se fondre dans la masse de nombreuses autres épreuves de par le monde, ouvertes à tout type de véhicules ?

Ne vaudrait-il pas mieux, si le nombre de véhicules « panaméricains » continue de diminuer, d’ouvrir plutôt l’épreuve à des « old timers », plus dans l’esprit de la course ?

 

 PANAMERICANA 2016 Autre particularité cette année, la présence de concurrents motos.


PANAMERICANA 2016 Autre particularité cette année, la présence de concurrents motos.

 

Toujours dans le même but et parce que l’organisateur est un passionné de motos, onze bécanes, toutes « modernes » étaient également au départ et là, franchement mélanger des véhicules qui en plus de ne pas être des « classiques », n’ont que deux roues, me semble être carrément une mauvaise idée et semer un peu plus la confusion dans l’esprit des participants…

Il faut dire qu’avant d’organiser la Carrera Panamericana, Lalo Leon organisait en Base Californie une course totalement folle, « La Carrera Classic », tous véhicules (autos et motos), toutes catégories et toutes années confondues, qui était un authentique succès et faisait le plein absolu de participants!

 

GILLES-GAIGNAULT-avec-Edoardo-LALO-LEON-A-la-PANAMERICAINE-en-2012

GILLES-GAIGNAULT du site Autonewsinfo avec Edoardo LALO-LEON lors de la PANAMERICAINE en 2012

 

Mais toute médaille a son revers et chaque année, plusieurs participants trouvaient la mort, ce qui était déjà difficilement « soutenable » il y a plus de 30 ans, mais carrément impossible aujourd’hui…

Autres époques, autres mœurs et seule l’île de Man se permet encore ce type d’épreuve « extrême » continuant d’organiser chaque fin de printemps son  célèbre mais mortel TT (Tourist Trophy) Plus de 150 morts depuis sa création !!!

Or, malheureusement cette année, ici sur la Carrera Panamericana, un de ces neuf motards s’est déjà malheureusement tué dans la troisième étape, heurtant un véhicule qui s’était engagé à contresens depuis un chemin dans une spéciale, causant forcément un malaise profond parmi les participants…

Voilà, sinon malgré toutes ces réserves, la course est toujours une excellente occasion pour découvrir de magnifiques véhicules, le tout entouré de pilotes sympas, dans un environnement exotique ainsi que des paysages somptueux…

Alors, en attendant un résumé de la course, je vous laisse avec quelques images pour vous mettre en appétit.

 

Texte et photos : José Luis CAPARROS

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 PANAMERICANA 2016 La STUDEBAKER reste toujours et encore l'arme absolue, ici celle de l'un des favoris Gabriel PEREZ


PANAMERICANA 2016 La STUDEBAKER reste toujours et encore l’arme absolue, ici celle de l’un des favoris Gabriel PEREZ

 PANAMERICANA 2016 Sur la route de la Carrera.


PANAMERICANA 2016 Sur la route de la Carrera.

PANAMERICANA-2016-Curiosité-la-BUICK-Centurion-de-Jorge-SEMAN.

PANAMERICANA-2016-Curiosité-la-BUICK-Centurion-de-Jorge-SEMAN.

PANAMERICANA-2016-Stéfan-JOHANNSSON-lancien-brillant-pilote-de-F1-invité-cette-année-comme-Grand-Marschall

PANAMERICANA-2016-Stéfan-JOHANSSON, l’ancien brillant pilote de F1 chez FERRARI et McLAREN, notamment, invité cette année comme Grand Marschall

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