POUR MICHELIN, MEXICO ET L’ALTITUDE, PAS UN PROBLÈME

WEC 2016 MEXICO - Bruno MONDAIN Responsable du département endurance chez MICHELIN - Photo Roamhy HERAS MACHOIR.
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WEC 2016 – Jérôme MONDAIN de MICHELIN, entretien avec Gilles GAIGNAULT- Photo Thierry COULIBALY.

 

La course Mexicaine, cinquième des neuf manches du Championnat du monde d’endurance WEC, se déroulant à 2300 mètres d’altitude dans la ville de Mexico City,  rencontre avec Jérôme Mondain, Responsable du secteur de l’endurance chez Michelin., comprenant le Championnat Européen ELMS et le Mondial WEC.

Pour la 1ére fois, le WEC depuis sa création en 2012 e produit en altitude ici a Mexico. Quel genre de problèmes, cela pose t-il à Michelin ?

« En fait, on traite cette course comme toutes les autres. L’altitude n’a pas une très grande influence sur la performance de nos pneus. Les voitures doivent par contre et par conséquent, elles, bien être adaptées à la situation. Le pneu dans sa définition doit faire passer ses efforts au sol. Aprés, la voiture du coup, elle, est plus affectée par l’altitude. Donc, on en revient à des réglages de châssis différents mais côté gommes, les voitures essaient de fournir ce dont a besoin celui-ci, pour bien fonctionner. En fait, vu le circuit de Mexico situé en altitude, à 2300 mètres, les ingénieurs des Teams travaillent sur le moteur et l’aéro aussi, à cause essentiellement de la longue ligne droite qui fait 1,2 km, soit la plus longue de l’année en WEC, hormis Le Mans bien sur. Pour le staff technique des équipes, il s’agit d’un challenge car la longue ligne droite exige de la vitesse de pointe et de la puissance mais il faut aussi évidemment une grande stabilité au freinage, de la maniabilité car il y a ici beaucoup de virages lents et il faut aussi travailler naturellement sur une bonne motricité en sortie de virage. Donc ici, Michelin propose la même gamme de pneus que ceux utilisés au Mans et de toute façon, on n’a pas le choix car on est contraint de manière réglementaire d’utiliser la même gamme de pneumatiques toute l’année (LMP2 et GTE AM). Il n’y a qu’en LMP1, ou on est libre mais on utilise néanmoins rigoureusement la même gamme, laquelle apporte toute satisfaction et qui du reste répond à nos attentes en termes de perfs et de constance. L’altitude pour Michelin, par conséquent, n’ a pas de fort impact.

Combien de pneumatiques, Michelin, a t-il apporté pour cette épreuve au Mexique?

A Mexico, on est venu avec 2200 pneus. Soit un peu plus que d’habitude. Cela est du au fait qu’il y a eu jeudi matin, la séance collective supplémentaire et destinée à permettre aux équipes, au staff technique et aux pilotes bien sur de s’acclimater à cette nouvelle piste qu’ils découvraient tous. Cela explique le supplément de pneus pour nos dix-neuf clients – trente deux étant en piste – on avait donc mis à leur disposition 300 pneus.

Quelle est la répartition exacte du package ?

Procédons par catégorie.

En LMP1, nous équipons six voitures (Audi-Porsche-Toyota). Pour nos équipes, nous disposons de 700 pneumatiques. Répartis entre les Slicks (450), les pluie (200) et l’hybride (50).

Pour la catégorie LMP2, nous chaussons deux autos, les deux Ligier JSP2 du Team Américain Tequila Patron Extreme Speed. Pour eux, nous avons 230 pneumatiques, répartis entre 150′ Slicks’ et 80 ‘pluie’.

Concernant le LMGTE Pro, Michelin équipe cinq voitures.  Les deux Ferrari AF Corse, les deux Ford GT et Porsche Proton. 600 pneus sont disponibles. Dont 400 ‘Slicks’ et 200 ‘pluie’.

Enfin, pour ce qui est des LMGTE AM, nous chaussons six autos. La Ferrari AF Corse N°83 , l’Aston Martin N° 98  et les trois Porsche, de KCMG, Abou Dhabi et Gulf. Pour eux, nous disposons de 650 pneumatiques, dont 420 ‘Slicks’ et 230 ‘pluie’.

 

WEC-2016-MEXICO-Jerome-MONDAIN-avec-lun-des-techniciens-MICHELIN.

WEC-2016-MEXICO-Jérôme MONDAI, avec l’un des techniciens MICHELIN.

 

Comment, jugez-vous le résultat des essais de la première journée ce jeudi?

Après les deux 1éres sessions, le niveau de grip de la piste est assez faible. Cela provient du fait qu’il a déjà peu de courses ici sur cette piste et en plus l’asphalte y est très peu abrasif. En fait, on avait l’info, suite à la manche Mexicaine du Championnat des monoplaces électriques de la Formula e ou nous sommes le fournisseur. Cela ne nous pose pas de problème, ce type de revêtement, finalement peu usant, bien au contraire. Cela ouvrant la voie a des stratégies de double relais, quelque soit les catégories en WEC. Sachant que le Mans est un cas particulier avec quatre relais mais sinon la norme c’est de faire simple, voire parfois des doubles relais. A la suite de cette 1ére journée ce jeudi, on a fait une 1ére évaluation, laquelle nous autorise a déjà envisager justement une stratégie de double relais qui doit toutefois être encore validée d’ici les qualifications avec les deux dernières sessions libres.

 

 WEC 2016 MEXICO - Bruno MONDAIN Responsable du département endurance chez MICHELIN - Photo Roamhy HERAS MACHOIR.


WEC 2016 MEXICO – Bruno MONDAIN Responsable du département endurance chez MICHELI – Photo Roamhy HERAS MACHOIR.

 

Mais Bruno Mondain, tient à nous préciser:

Cependant tout pourrait bien être finalement remis en cause par une  météo qui pourrait se montrer capricieuse. Car on nous annonce en effet des orages durant la course samedi après-midi. La, cela change la donne et il faudra répondre alors aux conditions de piste, fournis par les conseils venant de la part de nos conseillers techniques, un par team et adaptées à la condition du moment. Et notamment, rapidement fournir et donner le bon choix du pneu (3 types de gommes) avec une pression d’utilisation adaptée a une piste mouillée, détrempée puis séchante. Le but du jeu restant dêtre performant sur l’ensemble du relais et donc de faire le bon choix, lors de l’arrêt, et qui reste donc primordial;

Concernant 2017, quid ? Y aura-t-il des nouveautés chez Bibendum?

On attend de connaitre la réglementation finale concernant le nombre de pneus utilisables en course. Il semble que pour les catégories LMP1 et LMGT PRO, la règle pourrait changer. On devrait descendre de 6 à 4 trains par course. Le challenge pour Michelin est des plus intéressants pour nous, car cela signifie une stratégie de double relais. Cela annonce un casse tête cet hiver pour nos ingénieurs qui devront augmenter la durée et la constance des pneumatiques et ce sans pour autant compromettre la performance absolue de nos gommes et donc par déduction, les chronos.

Rappelons qu’actuellement la règle en vigueur et qui ne devrait pas changer pour les LMP2, est de quatre trains et pour les LMGTE AM de six trains.

Par contre, si actuellement pour les LMP1 et LMGTE PRO, le règlement autorise six trains par course entre les qualifications et la course, la future réglementation à partir de la saison 2017, devrait faire descendre de six  à … quatre, le nombre de trains de pneumatiques!

 

Propos recueillis par Gilles GAIGNAULT

Photos : Roahmy HERAS -MACHOIR et DPPI

 

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