MAYLÄNDER PILOTE DU ‘SAFETY CAR’ : LES ANGES GARDIENS DE LA F1

F1 2016 BTITISH GP - Depart derriere le Safety car.j

 

 

 

F1 2016 BTITISH GP - Depart derriere le Safety car.j

F1 2016 BTITISH GP – Départ derrière le Safety Car

 

Imposée par la FIA (Fédération Internationale de l’Automobile) depuis 1993, la présence d’un Safety Car à chaque GP, la première entrée en scène d’un véhicule de sécurité remonte au 28 mars 1993, lorsque durant le GP du Brésil, les vannes célestes s’ouvrirent  subitement au point de rendre la piste trop dangereuse pour la poursuite du GP, suite à l’effet combiné de trombes d’eau s’abattant sur un asphalte surchauffé à plus de 40° et créant un phénomène assimilable à du verglas !

C’est à cette occasion que la Direction de Course trancha pour faire entrer en piste pendant neuf tours une FIAT TEMPRA 1,6 SX de… 84 cv, pouvant atteindre les… 170 Km/h, avec le vent dans le dos, pour neutraliser l’épreuve, le temps de voir le déluge cesser sur le Circuit d’Interlagos (entre les Lacs) de Sao Paulo et qui pour l’occasion faisait honneur à son nom.

 

 F1 6 28 Mars 1993-1ère intervention d'une Safety Car au GP du Brésil-© Manfred GIET.


F1 –  28 Mars 1993-1ère intervention d’un Safety Car au GP du Brésil-© Manfred GIET.

 

Cette première en GP de F1, en réalité n’en était qu’une demie, puisque lors du Grand Prix du Canada, le 23 septembre 1973 à Mosport, et suite à une violente sortie de route de la Tyrrell du regretté pilote Français François CEVERT, une  PORSCHE 914 entra en piste pour neutraliser l’épreuve le temps nécessaire pour dégager l’épave de la monoplace de l’infortuné CEVERT, lequel allait se tuer quelques jours plus tard le 6 octobre loirs des essais du GP des USA sur la piste de Watkins-Glen !

L’intervention de Pace Car lors des compétitions automobiles était en effet une tradition déjà bien ancrée en Amérique du Nord à cette époque.

 

 F1 1994-Imola-au sinistre GP de San marino une modeste OPEL Vectra sert de Safety Car-© Manfred GIET


F1 1994-Imola-au sinistre GP de San Marino une modeste OPEL Vectra sert de Safety Car-© Manfred GIET

 

En 1994, lors du dramatique Grand Prix de SAN MARINO de sinistre mémoire, c’est une OPEL VECTRA à peine plus véloce que la FIAT de l’année précédente qui fut utilisée comme Safety Car et ce n’est qu’un an plus tard, après l’intermède au GP de Hongrie avec une TATRA 613 qui envoya le pilote Taki INOUE sur le capot de la voiture Tchèque lors d’un remorquage, que la FIA décida finalement à partir du GP de Belgique 1995 à Spa, d’opter pour un modèle de voiture mieux adapté aux contraintes de la F1, en l’occurrence une PORSCHE 911 GT2. Et conduite par le pilote Belge Marc DUEZ.

 

Safety-Car-Porsche-911-GT-2-au-GP-de-Belgique-1995-pilotée-par-le-régional-Marc-DUEZ-©-Manfred-GIET

Safety-Car Porsche 911 GT 2-au GP de Belgique 1995 pilotée par le régional Marc DUEZ-©-Manfred-GIET

 

1996 vit tout d’abord une RENAULT CLIO WILLIAMS faire office de Safety Car avant que MERCEDES ne prenne le relai, avec son modèle AMG C36 à partir du GP de Belgique à Spa.

 

 F1 ( 1997 GP de Belgique-1ère intervention d'une Saety car Mercedes AMG CLK 55-© Manfred GIET.


F1  – GP de Belgique 1997 -1ère intervention d’un Mercedes AMG CLK 55-© Manfred GIET.

 

À partir de 1997, la FIA finalisa un deal avec le constructeur MERCEDES pour l’utilisation d’une AMG CLK 55 durant toute la saison, un deal qui est toujours d’actualité tant pour ce qui est du Safety Car que la voiture d’intervention médicalisée sous forme de break.

 

 F1-Oliver-GAVIN-1er-pilote-officiel-Safety-Car-en-F1-©Manfred-GIET.


F1-Oliver-GAVIN-1er-pilote-officiel-Safety-Car-en-F1-©Manfred-GIET.

 

Au niveau des pilotes de ces voitures, si le Britannique Oliver GAVIN en fut le pilote précurseur entre 1998 et 1999, depuis 2000 c’est l’Allemand Bernd MAYLÄNDER qui en est le pilote attitré.

Domicilié à Waiblingen, dans le Bade-Würtemberg, entre Sindelfingen et Zuffenhausen, où sont situés les sièges des constructeurs Mercedes et Porsche, l’Allemand était loin d’être une star par son palmarès en Sport Automobile.

 

 F1-Oliver-GAVIN-1er-pilote-officiel-Safety-Car-en-F1-©Manfred-GIET.


F1-Oliver-GAVIN-1er-pilote-officiel-Safety-Car-en-F1-©Manfred-GIET.

 

Après une filière classique via le Karting et la Formule Ford, MAYLÄNDER opta d’abord pour la Porsche Super Cup, avant de s’orienter vers le DTM Allemand et des épreuves de FIA GT sur des MERCEDES, avec une petite exception en 1996 lorsqu’il remporta les ’24 Heures du Nürburgring’ au volant d’une PORSCHE 996 GT3.

Depuis son entrée en service à la FIA en tant que pilote attitré du Safety Car en 2000, 300 GP se sont déroulés jusqu’au dernier GP de Hongrie et son compteur personnel en affiche 295, n’ayant manqué à l’appel qu’à cinq reprises pour cause de maladie ou d’ordre privé.

D’ici à fin 2017, il dépassera par conséquent le chiffre de 323 Grand Prix, le record de participation du Brésilien Rubens BARRICHELLO, recordman absolu des départs en GP, et dont il devrait au moins égaler le nombre de tours parcourus en tête d’un GP, même si le tableau de comparaison est naturellement bien différent !

Pourtant, en 1994 à Imola, lors du week-end le plus sombre de l’histoire de la F1, avec pour rappel le terrible accident de BARRICHELLO aux essais et qui s’en sortait miraculeusement, l’accident mortel de RATZENBERGER aux qualifs suivi de l’accident fatal de SENNA durant le GP, précédé de spectateurs blessés en tribune par une roue baladeuse de la Lotus de Pedro LAMY, avant que des mécanos du Team Lotus soient blessés à leur tour  par la perte d’une roue de la Minardi de Michele ALBORETO en quittant son stand après changement de pneumatiques, Bernd MAYLÄNDER, qui avait remporté la manche de la Porsche Super Cup le matin avant le GP, a failli remiser casque et gants pour toujours…

 

 F1-Bernd-MAYLÄNDER-Pilote-officiel-de-la-Safety-car-epuis-2000-©-Manfred-GIET


F1-Bernd-MAYLÄNDER-Pilote-officiel-du-Safety-Car-depuis-2000-©-Manfred-GIET

 

Bien plus tard, il expliquera son ressenti lors de ce fameux 1er mai 1994 :

« Le goût du champagne sur le podium après ma victoire fut amer car la tristesse qui envahissait le paddock après le décès de Roland Ratzenberger la veille pesait comme une chape de plomb. Survinrent alors toute une série d’incidents, dont la sortie de piste de Senna durant le GP, et lors duquel et à la vue des images télévisées, j’avais immédiatement compris que c’était très grave au point de dire à ma copine de l’époque qu’il valait mieux de lever l’ancre et d’entamer le chemin du retour et ce que nous fîmes illico presto. C’est dans le Tunnel du Gothard que j’appris alors par la radio vers 18 H 30 que Senna n’avait pas survcu à ses blessures ce que j’avais  d’ailleurs pressenti immédiatement. À l’annonce du décès tragique de ce monument du sport automobile, je me suis dit maintenant « stop » j’arrête. Mais finalement c’est la passion qui a repris le dessus et depuis 2000,  je ne prends plus de risques et ce job de pilote de Safety Car me plaît énormément. »

Unanimement apprécié pour ses compétences par tous les acteurs de la F1, MAYLÄNDER en est déjà à sa 17ème saison au volant du Safety Car qui, si elle porte toujours le sigle étoilé de la célèbre marque de Stuttgart, elle n’en a pas pour autant cessé d’évoluer au fil des années.

 

F1 - Safety Car 2014 une Mercedes AMG SLS-© Manfred GIET-

F1 – Safety Car 2014 une Mercedes AMG SLS-© Manfred GIET-

 

Le modèle CL 55 AMG de 2000 a fait place entre temps à … sept autres versions dont la dernière, la GTS AMG, active en GP depuis 2015 et qui est une véritable voiture de compétition avec son moteur 4 litres bi-turbo V8, délivrant 510 cv, son couple de 650 Nm qui lui permettent d’atteindre le 0-100 Km/h en 3,8 secondes et une vitesse de pointe de … 310 Km/h !

Des performances, qui font du Safety Car, une vraie bête de course et en total décalage avec les « voitures familiales » du début de l’ère des voitures de sécurité.

 

 F1 - Safety Car 2015- Mercedes GT S AMG© Manfred GIET.


F1 – Safety Car 2015- Mercedes GT S AMG© Manfred GIET.

 

Entièrement préparée à Affalterbach, dans l’unité de production du préparateur « maison » et depuis 1999 filiale du constructeur « Premium » Allemand MERCEDES, AMG (abréviation de AUFRECHT, le créateur-MELCHER, le financier et GROSSPACH, la ville natale d’AUFRECHT), est donc désormais et depuis 2000, le fournisseur de la FIA, pour ce qui est des véhicules d’intervention, construits en double exemplaires et présents lors de chaque GP.

 

 F1 - Safety Car 2015- Mercedes GT S AMG© Manfred GIET.


F1 – Safety Car 2015- Mercedes GT S AMG© Manfred GIET.

 

Si Bernd MAYLÄNDER est depuis 16 ans fonctionnaire auprès de la FIA et seul pilote habilité à conduire le Safety Car, rares sont les GP où le Directeur de Course Charlie WHITING ou son adjoint Herbie BLASH, qui partira à la retraite à la fin de l’année 2016 et sera remplacé par le Français Laurent MEKIES, ne fait pas appel à ses services.

 

 F1-Herbie-BLASH-Directeur-de-course-adjoint-de-Charlie-WHITING-Photo-Mandred-GIET.


F1-Herbie-BLASH-Directeur-de-Course-adjoint-de-Charlie-WHITING-Photo-Mandred-GIET.

 

Sur certains GP, ses interventions sont parfois répétitives en fonction des conditions météo ou de l’évolution de la course.

Si c’est le directeur de course qui décide du moment où la Safety Car doit s’effacer pour rendre la piste aux acteurs après un fait de course, en conditions de pluie, c’est plutôt MAYLÄNDER, en liaison permanente avec la Direction de Course, qui détermine en fonction du niveau d’adhérence, du moment propice au départ proprement dit, ou de fin de neutralisation.

Pour lui, chaque intervention est un vrai challenge, lié à l’état de la piste lorsque celle-ci est jonchée de débris ou inondée par la pluie, en imposant un rythme suffisamment élevé  pour ne pas trop perturber la température des pneumatiques et le bon fonctionnement des moteurs des véhicules qu’il précède, parfois durant de nombreux tours.

À cet effet, le pilote de la voiture à la meilleure sonorité en F1, peut se familiariser à sa monture et aux caractéristiques du circuit où la F1 se produit, le jeudi avant chaque GP.

C’est la seule occasion qu’il lui est donnée de pousser la MERCEDES  GT S « Safety Car » à ses limites sans toutefois les dépasser, car ne l’oublions pas, il doit rester l’ange gardien de la F1, en toutes circonstances…

 

Manfred GIET

Photos :
Publiracing Agency

F1-Medical-Car-1994-©-Manfred-GIET

F1-Medical Car MERCEDES des 1994-©-Manfred-GIET

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