ÉMILIO DE VILLOTA SOUFFLE 70 BOUGIES APRÈS UNE CARRIÈRE AU GOÛT INACHEVÉ

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Emilio de VILLOTA©-Manfred-GIET

 

Né à Madrid le 26 juillet 1946, une date de la directe après-guerre, située cette année-là, entre celles de Sylvester STALLONE (06-07-1946) et Bill CLINTON (19-08-1946) Emilio de VILLOTA, fête son septantième anniversaire… ses 70 printemps!

Attiré par les sports mécaniques une fois ses études terminées, il enfila rapidement casque et gants pour défier toutes les limites d’adhérence au début des années ’70.

Dans une Espagne, où  Corrida et Pelote Basque étaient les événements sportifs marquants, de VILLOTA a très vite touché à tout ce qui avait un moteur pour débuter en compétition par les voitures de tourisme, où brillait à l’époque un certain Alex SOLER-ROIG, fils d’un des plus prospères chirurgiens de Barcelone, pilote complet , à l’aise dans toutes les catégories du sport automobile ,et au palmarès remarquable.

Voulant lui emboîter le pas, le jeune Madrilène se mobilisa pour dompter plutôt les chevaux d’une FORD CAPRI RS 2000, que des taureaux dans les arènes.

Participer conjointement à des disciplines aussi variées que les Rallyes, Courses de Côte et de circuits, lui permirent de révéler son talent au grand jour.

Après un titre de vice-champion d’Espagne Tourisme, son obsession fut d’accéder à la Formule 1, malgré des moyens financiers très limités.

 

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Emilio de VILLOTA au GP de Belgique en 1977©-Manfred-GIET.

 

Dès 1976, de VILLOTA, tenta de se qualifier pour le GP d’Espagne de F1, au volant d’une vieillissante BRABHAM BT44, du RAM Racing de John Mc DONALD.

Un vrai défi qui s’avéra être un échec total, vu que cette voiture servait comme monoplace de location à de nombreux pilotes pour permettre d’assainir les budgets de John Mc DONALD, en proie à des ennuis financiers et judiciaires dans le courant de cette même année 1976!

Celui que l’on considérait comme l’espoir Espagnol , décida alors en 1977, de créer sa propre structure.

Avec un budget dérisoire de quelque 2.000.000 de Pesetas (96.000€) il loua  pourtant une Mc LAREN M23 identique au modèle qui avait remporté le titre mondial, lors de l’ultime GP au Fuji en 1976, aux mains du Britannique James HUNT.

Cependant cette Mc LAREN s’avéra, elle aussi, être un fiasco total, puisqu’en deux saisons, Emilio ne se qualifia qu’à deux reprises avec comme meilleurs résultats une 13ème place à cinq tours du vainqueur au GP d’Espagne 1977 et un tout aussi anonyme 17ème rang au classement final du GP d’Autriche après abandon.

Une désillusion totale après tant d’efforts en quatre saisons pour s’établir en F1!

 

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Emilio de VILLOTA en Formule AURORA avec la Lotus F1 Cosworth en 1978-©-Manfred-GIET

 

Raison pour laquelle il s’orienta alors vers la série AURORA F1, qui se déroulait en Angleterre avec quelques manches sur le continent  et notamment  à Zolder, Zandvoort ou Nogaro.

Ce Championnat disputé de 1978 à 1982, avec une interruption en 1981, était en quelque sorte un substitut au Championnat du monde de F1, mais sans statut mondial, qui permettait de revaloriser du matériel obsolète de la F1 et F2 et ainsi permettre aux aspirants à la catégorie reine de pouvoir se faire les dents.

Rayon acteurs, on y retrouvait des pilotes affûtés et ambitieux, tels Elio de ANGELIS, Teddy PILETTE, Rupert KEEGAN, David KENNEDY, Derek WARWICK, Guy EDWARDS, Tiff NEDELL, David PURLEY, Gianfranco BRANCATELLI ou encore le Chilien Eliseo SALAZAR,  ainsi que le ‘ ROI ‘ des GP moto,  passé à l’automobile, le Campionissimo Giacomo AGOSTINI.

 

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Emilio de VILLOTA au GP d’Allemagne 1977 ©-Manfred-GIET.

 

 

Refroidi par son expérience avortée en F1, Emilio de VILLOTA, pour garder la main en espérant des temps meilleurs, se refugia dans ce Championnat AURORA AFX F1 SERIES, une discipline que d’aucuns qualifiaient  de refuge pour pilotes franchisés… et fortunés!

Dans cette série, le pilote Ibérique retrouva toutes ses sensations et en trois éditions, parvint enfin à marquer les épreuves de son empreinte.

3ème en 1978 avec deux podiums au volant d’une Mc LAREN M25, un an plus tard, cette fois avec une LOTUS 78, sa récolte fut nettement meilleure avec six podiums , dont quatre victoires, même si au décompte final, il dut se contenter à nouveau de la troisième place.

Partie remise, puisqu’en 1980, à bord cette fois d’une WILLIAMS FW07, il remportait enfin le titre devant Eliseo SALAZAR et Guy EDWARDS, grâce à neuf podiums, dont cinq victoires.

 

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La Lola T600 du duo Emilio de Villota-Guy Edwards©-Manfred-GIET.

 

La série AURORA AFX F1 étant interrompue en ’81, de VILLOTA décida de franchir un palier supplémentaire en optant pour l’endurance, s’engageant une LOLA T600 avec Guy EDWARDS, comme équipier.

Après des débuts laborieux, une 8ème place aux 1000 Km du NÜRBURGRING, ainsi qu’une 15ème place au classement final des 24 HEURES du MANS, encouragea le duo à persévérer pour la suite, malgré des moyens financiers limités.

Les deux victoires décrochés en 1981 à Enna, aux 6 Heures de Pergusa en Sicile et aux 1000 Km de Brands-Hatch, remirent cependant du beurre dans les épinards, si bien qu’Emilio di VILLOTA, mis à part à nouveau quelques piges en F1 pour le Team LBT sur une MARCH 821, mais qui s’avérèrent un coup dans l’eau, puisque s’ensuivirent autant de non-qualifications, il switcha complètement vers l’endurance et le Groupe C.

 

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Emilio de VILLOTA-  24 Heures du Mans 1986-4ème avec- Firmin VELEZ au volant d’une Porsche 956 B ©-Manfred-GIET

 

Après avoir piloté des GRID S1, VW Golf GTi en ETCC en 1985, PORSCHE 956 et PORSCHE 962 en 1986 et 1987, le Madrilène associé à son compatriote Firmin VELEZ, parvint à quelques reprises à se projeter sous les feux de la rampe, en signant  en 1986 quelques belles places d’honneur comme aux 24 Heures du Mans (4ème), 1000 Km de SILVERSTONE (5ème), 1000 KM du NÜRBURGRING (3ème) et 1000 KM de SPA (11ème).

 

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De Villota avec Alain de Cadenet et la Sud Africaine Désiré Wilson aux 24 Heures du Mans en 1982 avec la GRID S1-©-Manfred-GIET.

 

Retiré du sport automobile international depuis 1988, de VILLOTA disputa encore le Championnat Espagnol du PORSCHE CARRERA CUP, ainsi que quelques épreuves du BPR avec Fulvio BALLABIO sur une PORSCHE 911 Bi-Turbo avant de tirer définitivement un trait sur sa carrière pour se consacrer  exclusivement à celle de ses enfants, Maria et Emilio Jr via son propre Team de F3.

 

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Emilio de VILLOTA et sa fille Maria de VILLOTA-©-Manfred-GIET-

 

Alors que sa fille Maria et son fils Emilio Jr, marchaient sur ses traces, le sort s’acharna sur celui qui en Espagne, après Alfonso de PORTAGO et Alex SOLER-ROIG, a certainement remis le sport automobile en vogue dans son pays, au point de voir s’éclore depuis de jeunes pilotes talentueux comme  les frères GENE, PEREZ-SALA, CAMPOS, ALGUERSUARI, de la ROSA ou bien sûr, le plus illustre d’entre eux, le double Champion du monde, Fernando ALONSO.

En effet en 2012, sa fille Maria, qui aspirait à devenir la 6ème femme à piloter en F1, et qui avait été engagée comme pilote d’essais chez MARUSSIA F1, fut victime, lors d’une séance d’essais le 3 juillet 2012 en Angleterre, d’un très grave accident avec des séquelles qui lui furent fatales un an plus tard, alors qu’elle faisait la promotion de son livre « La Vie est un cadeau ».

Sa mort tragique le 11 octobre 2013, où elle fut retrouvée dans un hôtel de Séville en Andalousie, plongeant du coup la Famille de VILLOTA, dans un traumatisme dont elle ne se remettra que difficilement et qui refera certainement surface en ce jour d’anniversaire de celui qui n’aura vécu que pour le sport automobile, qui ne lui a malheureusement pas toujours rendu ce que lui a pu lui donner!

I Feliz cumpleanos Emilio !

 

Manfred GIET

Photos : Publiracing Agency

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Emilio de VILLOTA-1000 KM du Nürburgring 1986-3ème avec VELEZ et la Porsche 956-B-©-Manfred-GIET.

 

Histoire des Glorieux anciens

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