‘LE MANS CLASSIC’ 2016 – LES MOTS DE JEAN-PIERRE GAGICK

Jean-Pierre GAGICK

Jean-Pierre GAGICK

Depuis une dizaine d’années, Jean-Pierre Gagick est l’animateur vedette de l’émission « AutoMoto » sur TF1.

Il officie sur le ‘Mans Classic’ parce qu’il est véritablement passionné de vieilles automobiles mais également en raison de la participation de Julien Beltoise, auprès de Pescarolo sur la Rondeau Inaltera de 1976.

Jean-Pierre GAGICK et Julien BELTOISE

Jean-Pierre GAGICK et Julien BELTOISE

Rencontré en Salle de Presse, Gagick, Grand Reporter façon ‘globetrotter’ du Monde de l’Automobile fantastique… voire Extrême, est tout à fait légitime pour livrer ses impressions en tant qu’acteur dans le contexte de cette célébration qu’est la cuvée ‘Mans Classic 2016‘…

« Mes trois autos préférées… sans hésitation, en numéro un, parce que nommée Voiture de Compétition du Siècle, c’est le prototype de course le plus mythique de tous les temps… la Porsche 917, pour tout ce qu’elle représente et ce qu’elle a fait surtout ici au Mans, même si malheureusement, victime de la nouvelle réglementation de 1972, elle se retire prématurément du paysage des podiums. »

24 HEURES DU MANS 1970 Porsche 917K Gulf

24 HEURES DU MANS 1970 Porsche 917K Gulf (image archives Porsche)

« Puis en numéro deux, la Ford GT40 on fête ici le cinquantième anniversaire du triplé de 1966, et l’histoire de cette voiture et de son développement est juste extraordinaire, et puis j’ai une affection toute particulière pour Carroll Shelby, et surtout pour un pilote qui conduisait la numéro un et qui a fini deuxième des ‘Vingt-Quatre Heures du Mans’ 66 qui s’appelait Ken Miles, un pilote extraordinaire à qui on a un peu volé la victoire…

(ndlr.: vainqueurs Bruce McLaren et Chris Amon, seconds… et avec exactement le même nombre de tours Ken Miles et Denny Hulme – deux GT40 Mk.II de Shelby-American, troisième à douze tours la GT40 Mk.II Homan & Moody/Essex Wire de Ronnie Bucknum et Richard Hucheron –  Explications : lors du dernier relais, alors que Ken Miles mène confortablement la course avec quelques grosses minutes d’avance, Carroll Shelby lui demande de ralentir pour que les trois Ford GT 40 Mk.II passent la ligne d’arrivée regroupées pour la photo.

24 HEURES DU MANS 1966 Arrivée triomphale des trois FORD GT 40 (image archives Shelby-American)

24 HEURES DU MANS 1966 Arrivée triomphale des trois FORD GT 40 (image archives Shelby-American)

Malheureusement l’équipage Miles/Hulmes est de ce fait « rétrogradé » deuxième, car en ce temps là, le système de classement prend en compte les différentes distances couvertes par les voitures en fonction des positions sur la grille de départ, la voiture de McLaren/Amon – 4ème temps aux essais, ayant débuté la course plus en arrière de huit mètres que celle de Miles/Hulmes – 2ème temps – NB : la pole revenant au tandem Gurney/Grant sur GT40 Mk.II également du team Shelby-American)

FORD GT40 MKII classée deuxième en 1966 (image Thierry Thomassin) Laguna-Seca

FORD GT40 MKII classée deuxième en 1966 (image Thierry Thomassin) Laguna-Seca

…et qui d’ailleurs malheureusement a trouvé la mort peu de temps après le ‘Mans’. »

(ndlr. : le 17 août 1966 lors de tests privés sur le Riverside International Raceway au volant de la nouvelle « Ford J » destinée à remplacer la Mk.II, Ken Miles fait une brutale sortie de piste à très grande vitesse, la voiture s’embrase. Éjecté, Miles est tué sur le coup).

« En troisième, alors celle là, elle n’a jamais couru, c’est la Jaguar XJ13, que l’on n’a pas l’habitude de voir, c’est un modèle unique que Jaguar a fait venir spécialement pour l’événement, et en plus, fabuleux, elle est totalement accessible, il n’y a pas de barrière, aucune protection, c’est une voiture unique au monde qui doit valoir quinze peut être vingt millions d’€, peut-être même encore plus et les gens peuvent l’approcher, la photographier, la toucher… admirer le douze cylindres qui est magnifiquement visible sous le capot arrière transparent. »

Jaguar XJ13 totalement accessible

Jaguar XJ13 totalement accessible

« Côté hommes, tout d’abord, en premier, c’est François Fillon. Je ne veux surtout pas faire de politique, mais je trouve qu’un homme aussi exposé, proche du Pouvoir avec de futures ambitions très affirmées, qui avec son petit frère Pierre (ndlr.: Président de l’Automobile Club de l’Ouest), montre franchement sa fierté et son plaisir de venir courir ici au ‘Mans Classic’, par les temps qui sont loin d’être aisés, particulièrement en France, je trouve ça très courageux et très très très très très bien. »

Pierre & François Fillon avec Jean Ragnotti Le Mans Classic 2016

Pierre & François Fillon avec Jean Ragnotti – Le Mans Classic 2016

« Et puis, en seconde place, je choisis Patrick Peter, parce que ce personnage discret est un Monsieur qui a pris en main les destinés des compétions des véhicules historiques ; cette profonde conviction l’a conduit à construire une réalité économique que sont devenus tous les événements articulés autour du passé. Il est d’autant plus respectable, sachant que tout a commencé à une époque à laquelle ce n’était pas du tout évident ; quand on voit aujourd’hui l’engouement du public venu de plus en plus nombreux autour de ce type de manifestations, c’est tout simplement prodigieux ; à noter au passage que nous sommes en présence d’un public surprenant et extrêmement connaisseur, donc par définition, un public devenu difficile, mais surtout pas blasé. Réinventer les courses de notre enfance, revoir nos petites Dinky Toys en vrai à l’échelle un, et les pilotes qui étaient nos héros, en chair et en os, après tant d’années… C’était la recette miracle avec tous les ingrédients qui font que dans ce contexte, à présent évident, la mayonnaise prendra toujours délicieusement bien. Je crois que globalement, il n’a plus à être complexé face à la manifestation outre-Manche qui fait référence depuis des années… le ‘Revival de Goodwood’. »

Le "Big Boss" du Mans Classic: Patrick Peter (Pharrell Williams en second plan)

Le « Big Boss » du Mans Classic: Patrick Peter (Pharrell Williams en second plan)

« En troisième, qui pourrais-je dire en troisième… c’est un peu un hommage collégial décerné à tous les pilotes du plateau numéro 1, les véhicules les plus anciens, avec ces vieilles Bugatti, ces vieilles Bentley, Talbot, Delahaye, Delage… qui ici, s’amusent bien, ils font un tour, je ne sais pas en combien de minutes, on les voit passer une ou deux fois, et ça c’est fabuleux de voir ces premières voitures encore courir… respect ! »

"ces vieilles Bentley c’est fabuleux de voir ces premières voitures encore courir… respect !"

« ces vieilles Bentley… c’est fabuleux de voir ces premières voitures encore courir! »

« Pour conclure, j’ai envie de dire… pourvu que ça dure… pourvu que ça dure… parce que on est dans un pays qui a une énorme tradition automobile qui malheureusement par de sombres jeux politiques, avec des élections qui approchent, on a tendance, encore une fois à taper sur la figure de l’Automobile en général et de la vieille voiture en particulier, surtout en ce moment sur Paris, avec des mesures qui sont complètement hors du temps pour des gens… euh, alors, nous, amateurs de voitures de collection on a pas trop à se plaindre, par contre, pour tous ceux qui ont des voitures des années 80-90 et qui n’ont pas les moyens de ce payer d’autres voitures plus récentes, je trouve ça complètement hallucinant de frapper sur la vieille voiture en général ; la France est un pays d’Automobiles, de créateurs d’Automobiles, et il faut que ça dure, et ça c’est important… d’ailleurs je tiens à insister… j’ai manifesté le premier juillet à la Mairie de Paris où j’ai amené mon Alfa à l’aventure au milieu de milliers d’automobilistes et de motards également mécontents de ces nouvelles dispositions aussi radicales qu’inattendues. »

François Fillon également photographe

François Fillon également photographe

Dès la rentrée de septembre prochain, ‘AutoMoto’ reprendra le cours de ses émissions et diffusera un large reportage sur l’édition 2016 du ‘Mans Classic’ … avec en vedette le retour de l’équipage ‘Pesca/Bébel’ sur la Rondeau Inaltera de 1976.

La RONDEAU INATLERA de 1976 quarante ans plus tard... en 2016

La « RONDEAU INATERA » de 1976 quarante ans plus tard… en 2016

 

Propos recueillis par :
Jacques SamAlens (Strategies AutoMotive Communications)

Images © :
Thierry Thomassin, Christophe Labédan, Fabien Sarrailh & Jacques SamAlens

Archives :
Shelby-American, Porsche, Robert Sarrailh

 

 

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