UNE JOURNÉE INOUBLIABLE DANS LE CŒUR DU TOUR AUTO.

Tour Auto 2016 - Petite pause pour déjeuner dans une magnifique abbaye - Photo Jean Martin

 

 

 Tour-Auto-Optic-2000-2016-Enorme-plateau-sous-la-Coupole-du-Gran-Palais-a-PARIS-avant-le-départ-Photo-Jean-Martin


Tour-Auto-Optic-2000-2016-Enorme-plateau-sous-la-Coupole-du-Gran-Palais-a-PARIS-avant-le-départ-Photo-Jean-Martin

 

Il est des personnes qui ont des idées géniales.

Olivier Monot, l’un des Directeurs de Alphabet France, le loueur longue-durée, filiale de BMW, est assurément de ceux-là.

Passionné de voitures et plus particulièrement de voitures anciennes, les « Mamies » comme il les appelle affectueusement, il s’engage pour la septième fois au Tour Auto.

 

Tour-Auto-2016-Olivier-Monot-Photo-Jean-Martin

Tour-Auto-2016-Olivier-Monot-Photo-Jean-Martin

 

Les premières années, il a couru sur une Dino Ferrari, mais depuis qu’il travaille chez Alphabet, il a reporté son affection sur une magnifique BMW 3.0 CSL de 1972, préparée et peinte à l’identique des Groupes 2 d’usine de l’époque, et qui courraient ainsi gréées les 24 Heures du Mans ou les 24 Heures de Spa Francorchamps.

C’est l’Atelier46 dirigé par Olivier Poelaert, qui en assure la préparation. Et quelle préparation. Le 6 en ligne développait plus de 280 ch au banc avant son rodage et doit donc en délivrer un peu plus de 300 maintenant. Et cela dans un bruit énorme, dû au volumineux échappement quasi direct, un 6 en 2 qui débouche sur le côté, sous la porte passager.

Les suspensions sont adaptées en prévision des routes départementales qu’emprunte l’épreuve. La carrosserie est bien celle des Groupe 2, avec des élargisseurs arrondis et non pas une nouvelle forme d’aile comme sur les Groupe 5 qui arriveront un peu plus tard.

 

 Tour-Auto-2016-Le-tableau-de-bors-de-la-BMW-3.0-CSL-Photo-Jean-Martin.


Tour-Auto-2016-Le-tableau-de-bors-de-la-BMW-3.0-CSL-Photo-Jean-Martin.

 

A l’intérieur, seule la planche de bord rappelle que le Groupe 2 est une voiture dérivée de la série : plus aucune garniture, plus aucun tapis ne vient réchauffer l’atmosphère. Les tôles sont nues et la chaleur dégagée par le moteur et la transmission s’en chargeront. Un énorme arceau peint en bleu vient protéger pilote et copilote mais vient également assurer un maximum de rigidité à la voiture.

Seul bémol sur cette 3.0 CSL : le spoiler (répondant toujours aux spécifications de l’usine en 1972) a une fâcheuse tendance à venir racler le bitume sur les innommables et hélas innombrables ‘gendarmes couchés’ qui jalonnent nos nationales depuis quelques années.

Olivier Monot, donc, a des idées géniales.

Et parmi celles-ci, la meilleure sans aucun doute  est d’inviter quelques-uns de ses clients à faire le copilote d’un jour durant le Tour Auto.

C’est ainsi que nous avons connu la grande joie de nous installer dans le baquet de droite, dès mercredi matin, dans l’étape Beaune – Lyon.

 

Tour-Auto-2016-La-plaque-du-Rallye-avec-le-n°-108-de-la-BMW-Photo-Jean-Martin.

Tour-Auto-2016-La-plaque-du-Rallye-avec-le-n°-108-de-la-BMW-Photo-Jean-Martin.

 

Engagée en régularité « rapide », le départ se fait relativement tard, vers 9 h 30 depuis le parc fermé de Beaune. En quelques minutes, il faut se familiariser avec le Road Book, énorme livre, de près de 1000 pages sans doute, qui décrit embranchement par embranchement la totalité du parcours du Tour jusqu’à dimanche.

Bien entendu, au deuxième  rond-point, je compte mal les sorties.

Heureusement Olivier Monot gardait un œil sur la route et un œil sur le road book posé sur mes genoux. L’erreur ne se reproduira plus !

Les kilomètres s’enchaînent vers le circuit de Bresse qui accueille la première épreuve de la journée.

 

 Tour-Auto-2016-La-BMW-3.0-CSL-laisse-jamais-indifférent-Photo-Jean-Martin..


Tour-Auto-2016-La-BMW-3.0-CSL-laisse-jamais-indifférent-Photo-Jean-Martin..

 

Les spectateurs sont étonnamment nombreux. Une preuve de plus – au risque de contrarier tous les « pisse-froids » anti automobile qui mènent un lobbying farouche pour tenter d’éradiquer la noble race des 4 roues – que le sport automobile, et les anciennes, suscitent un engouement populaire qui réchauffe le cœur.

Ici ce sont les applaudissements, là ce sont les photographes qui mitraillent à grand coups d’appareils sophistiqués ou même de smartphones.

 

 Tour-Auto-2016-Ce-que-voit-le-copilote-depuis-le-cockpit-de-la-BM-Photo-Jean-Martin


Tour-Auto-2016-Ce-que-voit-le-copilote-depuis-le-cockpit-de-la-BM-Photo-Jean-Martin

 

La liaison se poursuit, au rythme des belles départementales, des coteaux de vignes et des prairies de la Bresse détrempées et même inondées par les pluies des derniers jours. Heureusement ce jeudi, le soleil brille sans failles au-dessus de la Bourgogne.

rrivé au parc du circuit de Bresse, il faut attendre que les concurrents engagés en mode « compétition » fassent leur course sur ce circuit.

La Ligier JS2 Cosworth ne s’en laissa pas compter face à une Porsche RSR, tandis qu’Antony Beltoise, s’amuse comme un fou avec sa Corvette. Mais c’est le cas de tous ses camarades de jeux également !

 

 Tour-Auto-2016-Olivier-Monot-prêt-à-prende-la-piste-sur-le-circuit-de-Bresse-Photo-Jean-Martin


Tour-Auto-2016-Olivier-Monot-prêt-à-prende-la-piste-sur-le-circuit-de-Bresse-Photo-Jean-Martin

 

C’est ensuite le tour des voitures engagées en régularité. Pilotes et copilotes sont bien entendu casqués. Durant 10’, les voitures s’entraînent pour apprendre le circuit. Ensuite le drapeau vert est abaissé et les voitures doivent couvrir cinq tours minimum en 15’, dans les mêmes temps que le premier tour bouclé qui sert de temps de référence!

La BMW semble survoler le circuit aux mains expertes d’Olivier Monot.

Soucieux de la bonne santé de sa « Mamie », il vérifie d’un coup d’œil accompagné d’un geste de la main, les différentes températures et pressions de son moteur, à  chaque tour, dans la ligne droite.

Les cinq tours chronos sont avalés sans pression, la voiture étant capable d’en parcourir au moins deux de plus. Et inutile de titre plus de 5000 tr/mn au gré des dépassements et des enchainements de virages. On préserve ainsi la mécanique.

Lors d’un nouveau parc fermé, un petit garçon de cinq ans reste bouche bée devant la voiture. Au moment de suivre le reste des autres voitures en file indienne avant le départ, il nous aide de ses petits bras, à pousser la bête (on évite ainsi de la faire surchauffer en tournant trop longtemps au ralenti). Pour le remercier, Olivier l’installe au volant de la BMW !

Son émerveillement se lisait sur son visage. A mon avis dans une dizaine d’année, on le reverra sur un karting, avant d’attaquer les voitures  un peu plus tard.

Une telle expérience à cinq ans, ça laissera forcément des traces !

 

Tour-Auto-2016-Dans-les-embouteillages-Attente-avant-le-départ-dune-spéciale-Photo-Jean-Martin

Tour-Auto-2016-Dans-les-embouteillages-Attente-avant-le-départ-dune-spéciale-Photo-Jean-Martin

 

Nous repartons vers la première épreuve spéciale située une soixantaine de kilomètres plus loin.

C’est alors qu’Olivier s’arrête sur une place de parking, à la sortie de la ville, et se dessangle. « A toi le volant pour la liaison » me dit-il.

Evidemment je ne peux pas dire non. Prendre le volant d’une 3.0 CSL Gr2 qui me faisait rêver lors de mes deuxièmes 24 Heures du Mans en 1973, quelle émotion !

Pas moyen de régler le siège boulonné, ni le pédalier. On ajuste seulement le harnais… et le rétroviseur intérieur dont la vision est barrée par l’énorme aileron. Les glaces étant fixes difficile effectivement de régler ceux à l’extérieur. Les pieds sont un peu loin de l’embrayage, mais on va faire avec, on ne va pas se plaindre.

La boite est une Getrag inversée. La première est donc en bas à gauche et les 4 vitesses suivantes en H. Le verrouillage de la première, est ferme, très ferme, à tel point qu’il est recommandé de mettre les deux mains pour la passer à l’arrêt. Heureusement elle ne sert que pour lancer la voiture et plus du tout ensuite. On lâche progressivement l’embrayage et la voiture démarre toute seule…

 

 Tour Auto 2016 - Petite pause pour déjeuner dans une magnifique abbaye - Photo Jean Martin


Tour Auto 2016 – Petite pause pour déjeuner dans une magnifique abbaye – Photo Jean Martin

 

Le 6 en ligne est étonnamment souple pour un moteur de course. Toujours dans le but de préserver la mécanique, je ne tirerai pas plus de 4000 tours, bien suffisant sur nos départementales. Si l’on doit bien évidemment respecter le code de la route, le rythme reste soutenu pour rester dans les temps impartis pour la liaison. Les spectateurs sont toujours aussi présents. Nous participons même à une séance de shooting en roulant, un peu improvisée, en rejoignant un convoi composé de la voiture d’un photographe d’un magazine automobile, de la toute nouvelle BMW M2 et d’une 3.0 CSI de série.

Notre Groupe 2, venue se mettre en décalage sur la route n’a pas dépareillé les photos.

Arrivés (et dans les temps s’il vous plait) sur les lieux de la première spéciale, je rends à regret le volant à son pilote…  Je commençais sérieusement à y prendre goût, à apprécier la souplesse et la puissance du moteur, ainsi que l’excellente tenue de route (un peu de sous-virage dans les serrés ?) bien aidée par les Michelin TB15 (historique eux aussi !).

Nous chaussons à nouveau le casque et en avant. En régularité, une spéciale c’est finalement moins spectaculaire que la liaison. En effet, il faut tenir une moyenne de 63 km/h sans autre instruments que le compteur de vitesse. Dès lors, si les virages serrés se prennent à allure soutenue, les grandes courbes et les lignes droites sont avalées à… 80 km/h pour respecter la moyenne. Il en sera de même pour la deuxième spéciale du jour.

Les performances seront moyennes. La BMW d’Olivier Monot occupait la 3ème place au matin de cette étape et se retrouve 34ème le soir. Sans doute un peu trop de gaz dans les spéciales. Mais elle se rattraper en regagnant 20 places le lendemain.

Lors de la descente vers Lyon, Olivier me confiera de nouveau le volant. Quelques dépassements me permettront de constater que les 300 ch sont vraiment là et que la « Mamie » ne demande pas mieux que de prendre des tours.

 

 Tour-Auto-2016-Moment-magique-de-larrivée-au-parc-fermé-le-soir-Photo-Jean-Martin


Tour-Auto-2016-Moment-magique-de-larrivée-au-parc-fermé-le-soir-Photo-Jean-Martin

 

A l’arrivée à Lyon, il sera temps de remplir le réservoir de 100 litres à la pompe, sous l’œil ébahi des autres personnes remplissant leur réservoir de 40 l de gasoil.

L’arrivée au parc fermé, vers 20 h 30 est impressionnante, avec tous ces flashs qui vous illuminent au moins autant que cette fabuleuse journée.

Hélas c’est terminé…

Un autre va prendre ma place demain, et même si il semble sympathique, je ne le salue que du bout des doigts !

Il va prendre « ma » voiture demain…  et moi le train pour rentrer sur Paris !

Heureusement c’est un…TGV.

Dis, Monsieur Olivier, on ne pourrait pas prolonger, ou encore recommencer ???

C’était TROP bien !!!

 

Texte et Photos : Jean MARTIN

 

Tour-Auto-2016-La-BMW-n°-108-dOlivier-Monot-Photo-Jean-Martin

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