ESSAI CASQUE J-O DE SHOEI : J’AI 20 ANS ET C’EST GÉANT !

 

C’est un rêve mais cela a bel et bien existé.

J’ai en effet 20 ans, je suis à Deauville et je sors de boîte, il est disons le… petit jour, je suis dans cette rue où a été tournée une scène magique du «Baron de l’Écluse» avec un Gabin magistral.

Un copain me propose de me ramener chez moi à moto.

C’est une Triumph TR6, au son vibratoire qui aurait du réveiller toute la ville, mais pour faire bouger Deauville à cette heure-là, un train de bombes nucléaires ne suffirait pas.

On fonce à travers les carrefours, je n’ai évidemment pas de casque mais mon pote en a un.

C’était mon initiation à la moto, addiction que ne m’a plus quittée, et l’image de ce casque est inscrite dans ma mémoire comme la Marseillaise de Rude sur l’Arc de Triomphe de l’Étoile…

C’est tout ce vécu qui m’arrive dans la g… quand j’ouvre le carton du casque J-O qui vient d’arriver.

 

LA TECHNOLOGIE AIM

LA TECHNOLOGIE AIM

 

Shoei fait du très haut de gamme en matière de design, de sécurité et de confort, et a fait le pari de proposer la même chose sur un casque Classic.

Sécurité grâce à la technologie de la fibre AIM de la maison (pour Advanced Integrated Matrix), une superposition de matériaux qui apporte à la fois solidité et élasticité.

Trois couches de fibres organiques, prises en sandwich entre deux strates de fibre de verre, ces cinq épaisseurs sont évidemment une grosse sécurité s’il ya choc, même choc sur un objet un peu pénétrant.

Voici donc l’argument moderne de ce J-O, dont le «J» signifie bien sûr «Jet», je ne saurai jamais ce que signifie le «O» ?!

En revanche, comme c’est un produit qui, sur le plan esthétique, est inspiré des fabuleuses sixties anglaises, on devrait prononcer son nom à l’anglaise, à savoir « Djèye-oew »

Libre à vous de prononcer J.O. comme les Jeux Olympiques, en revanche «jo» ça craint un peu…

Esthétiquement, il est carrément torride, façon jet ouvert, dans le plus pur style anglais des sixties, avec un béquet arrière que l’on retrouve d’ailleurs sur le casque de compète de Marc Marquez…

 

LE BÉQUET ARRIERE

LE BÉQUET ARRIÈRE

Spécialité de Shoei, la visière est relevable à l’intérieur du casque dans sa partie frontale et ce sans altérer du tout la sécurité, vitale à cet endroit en cas de choc.

Pour rouler, la solution est idéale.

On peut aussi porter des goggles « Aviator » , ça continue d’être torride.

Il y a une boucle en cuir sur l’arrière du casque qui permet des les maintenir en place.

 

 

Vous achetez ça au hasard chez Davida, marque phénoménale dans tout ce qui est Classic…

On peut aussi changer de visière, il y en a trois en option, elles coûtent 39 €.

Claire, fumée, jaune.

 

LES RÉGLAGES EN HAUTEUR DE LA VISIERE

LES RÉGLAGES EN HAUTEUR DE LA VISIERE

 

La visière est réglable en hauteur, en trois positions, par deux ergots qu’il faut juste écarter, c’est génial car cela va sur toutes les formes de nez, on peut même quand il pleut, la descendre au max, et recouvrir le bout du nez…

Pour en changer, je suis allé demander conseil à la Centrale du Casque, je vous en parle souvent, c’est une boutique géniale tenue par des gens adorables et très experts qui se trouve à Paris, 89 rue de Rome, 75017.

T 01 42 93 61 30
http://www.centrale-du-casque.com/

C’est hyper simple, il faut régler la visière au point le plus bas, ensuite il y a en haut, dans le coin, deux autres ergots qui se soulèvent, on relâche et on tire…

La nouvelle visière s’implante direct, on entend les deux crans s’enclencher, on la remet à la hauteur voulue et hop, vous voilà en jaune, en fumé, en clair…

Quand on enfile le J-O, c’est simple, c’est douillet comme un fauteuil anglais…

 

INTERIEUR DEMONTABLE ET LAVABLE

INTÉRIEUR DÉMONTABLE ET LAVABLE

 

L’intérieur, démontable et lavable, est en doudou «chment» agréable, et la bordure du casque est en cuir.

Détail, devant, pour qu’il n’y ait pas de reflets dans la visière, elle est en nubuk, en cuir gratté.

Sur l’arrière c’est du beau cuir lisse type siège de Jaguar…

Il s’ouvre et se ferme par boucle double D, système facile à ôter grâce à la tirette qui va bien, et tout à fait dans l’air du temps «sixties».

Quand on roule, le truc génial, c’est qu’il n’y a sous la visière aucun courant d’air, phénomène hélas fréquent sur des jets.

On ne se brûle pas les yeux, on ne devient pas rouge comme une écrevisse à cause des frottements de vent sur la peau.

J’ai même essuyé une sorte d’averse-ouragan dont Paris a eu le secret au début du printemps, ce n’est désagréable que sur la partie basse du visage, qui n’est pas protégée.

C’est comme ça, si vous trouvez que ça pique comme des aiguilles, pensez à Read, à Ago, à Nieto, qui enquillaient l’Eau Rouge à Spa sous des trombes d’eau, à plus de 150 km/h, avec sur la tête encore moins de surface protégée que sur ce jet…

 

 

C’est sûr, ça calme, et puis c’est sûr ce casque n’est pas fait pour rouler à 200 km/h.

D’abord, à part sur circuit et sur quelques portions autoroutières allemandes, c’est interdit.

Ensuite sur une moto Classic, on envoie pour les vibrations, pas pour filer son fric aux radars…

Bref, en usage urbain et routier Classic, le J-O est parfait.

Il l’est tellement que Shoei, connu pour le silence de ses casques, a au contraire fabriqué un jet qui, à l’image de ses ancêtres, étouffe sous le bruit du vent tout bruit de moteur au-delà de 50 km/h…

C’est vrai que faire 800 bornes comme ça, on n’est plus habitué, mais sur de beaux parcours, la sensation est hyper agréable, très légitime. En fait, sur les motos Classic, Bonneville , Thruxton et Commando, les vraies j’entends, ce sont les vibrations qui font office de sensation de vitesse, le moteur est vite inaudible.

Le vent dans les oreilles n’est plus l’apanage des pilotes de GP, il revient dans les moeurs motardes historiques, c’est génial.

Pour les adeptes du style Classic qui fait fureur depuis des années, ajouter une grosse sécurité et un confort absolu, c’est une bonne idée.

 

LES COLORIS PROPOSÉS

LES COLORIS PROPOSÉS

 

Ce casque existe en plusieurs coloris, unis ou pas.

J’ai fait une petite erreur, je l’ai demandé en noir mat, cela fait longtemps que je voulais tester ça, mais c’est assez délicat, la moindre tache de graisse, de peau des doigts ou même de gouttes d’eau laissent des traces désagréables.

On s’y fait à la longue, c’est un casque, pas un diamant ou un objet de musée, ça prendra donc des mouches, des cailloutis, c’est d’ailleurs là qu’il acquiert sa patine, tellement essentielle à un vrai look Classic.

En ce qui concerne le casque, tout est dit sauf son poids, 1050 grammes, ce qui est génial, et son prix, 329 euro en coloris uni, 379 en coloris multiples.

Ce n’est pas donné mais c’est le prix du marché quand on veut rouler avec du très beau et du très sûr.

Et puis, le printemps est là, les cerisiers japonais commencent à fleurir, les beaux jours arrivent, c’est exactement le moment choisi par Shoei pour mettre ce J-O en vente, et c’est bien vu.

Au fait… Je vais encore voir sous la plume de confrères ce mot totalement dévoyé, à côté de la plaque,qui évoqueront le  style «hipster».

Non !

Le style « hipster » aujourd’hui c’est juste du marketoche.

Il signifie simplement que l’on suit la mode.

Mon fils a trouvé quelque part cette superbe définition, c’est un mec qui claque des fortunes pour faire précaire…

«Hipster» est un mot magique que l’on voit entre autres sous la plume de Jack Kerouac dans ce magnifique livre culte «Sur la route»…

 

JACK KEROUAC,L'HOMME QUI M'A DONNÉ ENVIE DE ROULER

JACK KEROUAC,L’HOMME QUI M’A DONNÉ ENVIE DE ROULER

 

Dans les années quarante et cinquante, un «hipster», c’est un jeune qui porte le jean bas, sur les hanches (hips), par opposition au code vestimentaire de l’époque qui voyait les hommes américains porter des pantalons larges comme la Cinquième Avenue  de New York, et en taille haute.

Sur le jean, le vrai « hipster » porte un tee shirt.

L’américain «tradi» porte des chemises à col raide et des cravates…

En fait le «hipster » c’est un rebelle, on retrouve un peu cette idée de révolte vestimentaire chez les Zazous de la fin de la guerre dans les boîtes de St Germain.

 

 

Ou chez James Dean dans «La fureur de vivre », Brando dans «L’équipée sauvage».

En aucun cas un vrai «hipster» ne peut être ce suiviste que les marketeurs cherchent absolument  à récupérer.

Je n’ai pas vu ce mot dans les Com de Presse de Shoei mais encore une fois, cela n’empêchera pas les susdits confrères d’utiliser des expressions  dont ils ne connaissent pas le sens, ça doit donner l’impression d’être branché.

Bref ce casque J-O n’a rien à voir avec ce verbiage, c’est une vraie belle réussite, un vrai beau coup de crayon, un vrai confort, une vraie sécurité, un vrai plaisir pour rouler, le truc qui met de bonne humeur avant même de monter en selle…

Bravo à ses concepteurs…

 

Jean Louis BERNARDELLI

Photos :
Constructeur et Boris Meyer

 

 

 

 

 

 

 

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