AU GRAND PRIX D’AUSTRALIE À MELBOURNE, LE GRAND RETOUR DE RENAULT EN F1.

F1-2016-La-future-RENAULT-avant-sa-présentation-le-3-fevrier-au-TECHNOCENTRE-RENAULT
F1-2016-La-future-RENAULT-avant-sa-présentation-le-3-fevrier-au-TECHNOCENTRE-RENAULT

F1-2016-La-future-RENAULT-avant-sa-présentation-le-3-fevrier-au-TECHNOCENTRE-RENAULT

 

Renault Sport Formula One Team effectue son come-back en Formule 1 ce week-end, à l’occasion de la traditionnelle manche d’ouverture du Championnat du Monde, le Grand Prix d’Australie, première course de la Saison 2016 de Formule 1, laquelle après s’être déroulée des années durant, une décennies entre 1985 et 1995 à Adelaïde, se dispute désormais depuis, sur la piste urbaine de l’Albert Park à Melbourne.

L’occasion, à deux jours des premiers tours de roues officiels, de faire un tour d’horizon général avec tous les acteurs de cette nouvelle équipe Renault.

Le management et le staff technique, nous livrent les dernières informations sur l’équipe et sur l’ensemble R.S. 16-R.E. 16.

 

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F12016-Présentation-Equipe RENAULT avec Carlos GHOSN-Président du Groupe entourant les nouveaux pilotes ainsi que Fred VASSEUR et Cyril ABITEBOUL – Photo:  autonewsinfo

 

Tout d’abord, Cyril Abiteboul, l’homme qui supervise tous les hommes qui forment la nouvelle ossature de Renault en F1, à Enstone et à Viry-Chatillon, confie :

« Nous possédons tous les ingrédients pour construire un futur prometteur. À Enstone comme à Viry, on sait construire des voitures qui gagnent. Cela dure depuis plus de vingt ans à Enstone, et bientôt quarante à Viry. Nous avons un fantastique groupe de collaborateurs, tous animés d’un excellent esprit d’équipe, que nous devons entretenir et développer encore plus. Nous voulons être l’un des meilleurs endroits où travailler en F1. Pour cela, nous devons parvenir à un bon équilibre, un bon encadrement et une bonne atmosphère, sans oublier de mettre en place les outils qui motiveront les gens pour fournir le meilleur travail.»

Il poursuit :

« Nous savions que nous débuterions l’année en retrait après le rachat tardif de l’écurie fin 2015. Mais tout récemment dès le premier jour des essais collectifs sur la piste de Catalunya, notre voiture était prête à prendre à la piste à 9h00 précises. L’équipe affichait sa nouvelle identité et produisait une image professionnelle. De bonnes améliorations arrivent sur le groupe propulseur, tout comme d’importantes évolutions mécaniques et aérodynamiques en provenance d’Enstone. Les podiums ne seront pas forcément au menu de cette saison, il nous faudrait probablement un concours de circonstances pour y parvenir. Mais nous devrions batailler pour les points au cours de l’année. Notre objectif principal reste de poser les fondations en vue de 2017..»

Avant d’indiquer :

« J’estime que nous possédons un fantastique duo de pilotes. Ils insufflent l’énergie des jeunes qui en veulent. Tous deux désirent prouver leur valeur ; ils méritent d’être en F1 et gagneront autant d’expérience que nous. Au cours de leurs carrières respectives, ils ont démontré qu’ils avaient des tempéraments de vainqueurs. Jolyon s’est imposé en GP2 tout comme Kevin en Formula Renault 3.5 Series. Kevin dispose d’un talent inné et de l’expérience nécessaire pour mener l’équipe sur le plan technique. Jolyon tirera profit d’un équipier aussi fort..»

Puis de conclure :

« Leur grande intelligence nous permettra de bien négocier les nouveautés introduites cette saison, comme l’interdiction des communications radio entre les stands et la voiture, ou encore le format des qualifications. Je suis persuadé que nous avons deux pilotes assez ingénieux pour s’adapter à cette nouvelle philosophie et j’ai hâte de voir ce que cela va donner en piste.

 

 F1-2016-Présentation-Equipe-RENAULT-F1-Frédéric-VASSEUR-nouveau-Team-principal -Photo Antoine CAMBLOR


F1-2016-Présentation-Équipe-RENAULT-F1-Frédéric-VASSEUR-nouveau-Team-principal -Photo Antoine CAMBLOR

 

Quant à Fred Vasseur, l’ancien brillant patron de l’équipe ART GP en  GP2 et GP3 et enrolé au cours de l’inter-saison, comme Team-principal, précise :

« Nous partons pour Melbourne dans une relativement bonne forme avec de la jeunesse et de l’ambition. »

Àl’épineuse question, où situez-vous l’équipe avant le début de la saison ? il lâche sereinement :

« Le bilan des essais est positif. La voiture dispose d’une base saine, son équilibre est bon et les retours des pilotes sont positifs et optimistes. À ce stade, les premières impressions sont prometteuses. C’était un grand défi d’être à Barcelone étant donné la reprise tardive de l’écurie, mais nous étions prêts à rouler dès le premier jour. Nous n’avons pas rencontré de problème majeur et nous avons pu résoudre de petits soucis de fiabilité la première semaine. Cela nous a permis de travailler sur la performance lors de la seconde séance. S’il nous reste beaucoup de travail, tout va dans la bonne direction. Nous devons identifier les domaines dans lesquels la marge de progression est la plus importante, mais nous partons pour Melbourne dans une relativement bonne forme.»

Cela fait maintenant trois mois que vous occupez votre nouveau rôle et vous avez assisté aux deux semaines d’essais. Comment jugez-vous l’équipe ?

«  Nous savons très bien que nous avons entamé ce projet extrêmement tard. Nos objectifs sont ambitieux, mais nous n’avons pas encore la pression du résultat. La feuille de route fixée par Carlos Ghosn est très claire : nous devons être en mesure de nous battre pour les podiums lors de notre troisième saison. Avant cela, nous devons prendre des décisions judicieuses, plutôt que de nous précipiter pour délivrer une performance à Melbourne. Si nous voulons suivre cette feuille de route et viser régulièrement le podium dans trois ans, nous devons observer nos adversaires en étudiant leurs ressources et leurs personnels. Ensuite, il faut se fixer les mêmes objectifs pour rivaliser avec eux. Je suis satisfait de la qualité de notre effectif, qui se montre impliqué et concentré sur son travail. Nous devons désormais le renforcer, mais nous le ferons correctement, avec les bonnes personnes.»

Où pensez-vous être sur la grille ?

« C’est toujours délicat de prédire où l’on se situe avant le début de saison. Nous devons nous focaliser sur notre travail en tentant d’améliorer ce qui peut l’être, plutôt qu’en perdant du temps à analyser notre position relative. Nous affrontons l’ensemble de la grille. Tout le monde partage un seul but : aller plus vite que les autres. Il faut maintenir nos adversaires sous pression et ne jamais abandonner. Ce ne sera pas chose aisée cette année avec notre lancement tardif, mais nous verrons en 2017. Au final, peu importe d’où nous partons. Nous devons obtenir des résultats conformes à nos objectifs. Nous viserons inlassablement les points tout en gardant à l’esprit que l’écurie est née en décembre. Nous devons être réalistes et ne montrer personne du doigt.»

Comment les deux pilotes travaillent-ils ensemble ?

« Je suis satisfait de nos deux pilotes. Ils sont jeunes et ambitieux, ce qui nous place dans une bonne dynamique. Ils sont pleinement focalisés sur leur travail et ils nous ont aidé à progresser durant les deux séances d’essais. Jolyon a connu plus de problèmes de fiabilité que Kevin, mais tous deux semblent à l’aise. Ils sont totalement concentrés sur l’exploitation optimale de leur matériel et participent à la motivation de l’équipe.»

 

 F1 2016 - MONTMELO - Stand RENAULT -Bob BELL - Lundi 22 fevrier sur le circuit de CATALUNYA


F1 2016 – MONTMELÓ – Stand RENAULT – Bob BELL – Lundi 22 février sur le circuit de CATALUNYA

Bob Bell :  « Nous savons que l’équipe est solide et que nous irons encore plus loin dans le futur. »

 

Comment s’est déroulée votre prise de fonction ?

« La transition a été relativement facile. Je connaissais les deux sites et de nombreuses personnes. Tout s’est donc passé assez simplement. Une montagne de travail nous attend et je ne me fais aucune illusion. Mais nos débuts n’en ont pas moins été extrêmement positifs.»

Quelles sont les prochaines étapes de votre feuille de route ?

« Nous sommes en train de redonner des ressources à Enstone. Il est clairement indiqué dans notre plan que nous devons y parvenir en deux ans. À ce jour, nous sommes environ 470 et ce chiffre doit tendre vers 650 à l’avenir. Cela nous prendra plus de dix-huit mois pour y arriver. Concernant Viry, nous sommes plus dans une opération de restructuration pour harmoniser et adapter l’organisation à celle d’Enstone en vue du futur. En parallèle, nous travaillons sur le design de la voiture tout en tenant compte de nos priorités. Nous devons vérifier où se situent les gains les plus importants pour 2017… tout en pensant déjà à 2018. C’est un processus qui nécessite de l’anticipation pour atteindre nos fins, mais dans le même temps nous devrons démontrer des progrès dans tous les domaines.»

Quel type de personnel recherchez-vous ?

« Le recrutement vise à constituer la combinaison parfaite de talents. Nous avons autant besoin de sang jeune que de personnes plus expérimentées. Il faut parvenir au juste équilibre en évitant de précipiter parce qu’une personne est disponible ou parce que nous avons une case à remplir. À nous de trouver la bonne recette.»

Le premier fruit du travail commun entre Enstone et Viry n’est autre que la voiture vue en piste. Quelles sont les conclusions que vous avez pu tirer des essais ?

« La première, la plus évidente, est que nous possédons une équipe forte et dévouée, capable de construire une voiture en très peu de temps ! Nous n’avons évidemment pas atteint le summum de l’intégration auquel nous aspirons. Nous y arriverons. Nous savons avant tout que l’écurie est solide et nous permettra d’aller toujours plus loin dans le futur. Nous sommes en bonne forme. À Barcelone, nous avons pu effectuer des contrôles approfondis avec une voiture similaire à celle qui courra à Melbourne. Nous étions agréablement surpris. Si nous sommes en retrait sur l’aérodynamique et la puissance, elle est bien équilibrée, stable et idéale en vue du développement. Nous n’avons pas perdu beaucoup de temps en cherchant l’équilibre. Nous sommes donc très confiants sur notre capacité à être rapidement dans le rythme. Si nous pouvions nous glisser dans le top dix à Melbourne, nous serions assez satisfaits.»

Que changerez-vous sur la voiture à l’avenir ?

« Nous devons répartir les ressources tout en nous améliorant dans chaque domaine. Cela dit, c’est beaucoup plus facile d’y parvenir avec une voiture bien équilibrée, car la ‘vraie’ performance vient de cet aspect et de la facilité de conduite. Nous y avons déjà fait de bons pas en avant dans ce domaine. Nous devons désormais concentrer nos efforts là où ce sera le plus payant.»

 

 F1-2016-Equipe-RENAULT-NICK-CHESTER.


F1-2016-Equipe-RENAULT-NICK-CHESTER.

 

Nick Chester : « retenir les leçons ! Nous avons appris que nous disposions d’une bonne base.»

Êtes-vous satisfait ce vos huit jours d’essais ?

« Dans l’ensemble, oui. Nous pouvons être ravis de leur déroulement étant donné le peu de temps dont nous disposions après le changement de groupe propulseur. Nous avons beaucoup appris sur les réactions de la voiture aux différents réglages, tout en accomplissant un important travail aérodynamique destiné à valider les résultats en soufflerie. Nous avons parcouru de nombreux kilomètres, ce qui était satisfaisant du point de la fiabilité. Si Kevin a pu effectuer beaucoup de tours, Jolyon a été un peu plus malchanceux. Nous avons néanmoins pu faire un gros roulage avec eux. Le ressenti des pilotes est positif. Tous deux sont contents et nous indiquent que la R.S.16 est facile à piloter. Il nous faut désormais trouver plus d’adhérence et de puissance pour extraire le plein potentiel.»

Y a-t-il eu des mauvaises surprises lors des essais ?

« Par nature, on rencontre forcément quelques soucis en essais. Jolyon en a hélas été le plus souvent victime, sans raison particulière. Il reste des domaines sur lesquels nous devons travailler, mais tout va plutôt bien sur le reste. Tous les principaux éléments fonctionnent raisonnablement bien.»

À quoi devons-nous nous attendre en Australie ?

« Nous avons appris que nous disposions d’une bonne base avec laquelle nous pourrons courir et faire du développement tout au long de l’année. Après les tests hivernaux, nous voulons régler quelques détails, comme toutes les équipes. Notre but est de régler tout cela avant Melbourne, pour pouvoir nous concentrer sur les suspensions et le développement aérodynamique habituel.»

Quel est le programme de développement cette année ?

« Nous avons un plan global sur l’année : nous planchons actuellement sur le volet aérodynamique afin d’introduire des évolutions sur la carrosserie et obtenir plus d’appui. En parallèle, nous travaillons sur les suspensions avec le but d’apporter la première amélioration importante lors des essais qui suivront le Grand Prix d’Espagne.»

Quels seront les objectifs techniques en 2016 ?

« Nous sommes focalisés sur le développement d’outils qui vont nous aider à progresser en 2017. Nous voulons améliorer la fiabilité et poursuivre l’intégration entre le châssis et le groupe propulseur pour obtenir à terme un ensemble homogène. Nous portons aussi beaucoup d’attention à la construction de l’équipe et de l’infrastructure. En 2016, nous tirerons les leçons de la piste tout en bâtissant l’écurie, plutôt qu’en ayant fixé des objectifs préalables.»

 

 F1-2016-Equipe-RENAULT-REMI-TAFFIN


F1-2016-Equipe-RENAULT-REMI-TAFFIN

Rémi Taffin :  « un bon sentiment. Nous savons que nous pouvons faire un excellent travail en très peu de temps. »

 

Qu’avez-vous appris sur l’ensemble R.S.16-R.E.16 durant les essais hivernaux ?

« Nous savons que nous pouvons faire un excellent travail en très peu de temps. Il fallait rapidement associer le moteur et le châssis. Cela s’est globalement très bien passé. Nous avons installé le groupe propulseur et procédé au premier démarrage avant les premiers tests, ce qui n’est pas toujours gagné d’avance. Nous avons eu quelques soucis lors des deux premiers jours à Barcelone, mais rien d’alarmant puisque nous avons enchaîné avec des journées productives. Je dois souligner l’excellente relation de travail entre les usines d’Enstone et de Viry. Nous devons nous appuyer là-dessus.»

Le R.E.16 représente-t-il un progrès par rapport à ses prédécesseurs ?

« Tout au long des deux semaines, nous avons utilisé le même groupe propulseur, à l’exception d’une journée où il était plus simple de changer l’ensemble plutôt qu’un seul élément problématique. Hormis quelques pépins, aucune grosse alerte n’a été recensée. Nous avons su trouver une réponse pour chaque problème tout en travaillant sur des améliorations. Nous avons testé le groupe propulseur dans la configuration de Melbourne et tout s’est presque bien déroulé. À l’exception de quelques détails, nous tenons nos objectifs.»

Quel sera le programme de développement cette saison ?

« Nous sommes conscients de nos besoins en puissance, mais nous visons la mi-saison pour progresser dans ce domaine. Des évolutions arriveront régulièrement, dès Melbourne, avant un package plus important en cours d’année. Si l’occasion d’introduire de nouveaux composants se présente d’ici la fin de la saison, nous le ferons. Néanmoins, le plus important arrivera au milieu de l’année. Après de bons essais, nous devons nous concentrer sur la préparation des pilotes pour les courses et leur intégration au sein de l’équipe.»

Quels résultats ambitionnez-vous cette année ?

« Nous avons une bonne sensation. Malgré deux années difficiles, nous avons su stabiliser la situation. L’objectif est d’obtenir un bon ensemble voiture-groupe propulseur en 2017 pour jouer les podiums. Nous n’avons pas fait une croix sur cette année cependant. Si nous pouvons nous battre pour des podiums, nous le ferons, mais nous devons rester réalistes.»

Comme on le constate, c’est une équipe, un commando sacrément motivé qui a pris les commandes de cette équipe Renault ‘new look’ avec à chaque poste des hommes très expérimentés et surtout extrêmement motivés.

 

 François-Guiter-pose-avec-la-photo-des-pilotes-ELF


François Guiter pose avec la photo des pilotes ELF en F1 – Photo Manou ZURINI

 

Le regretté François Guiter, le grand patron du service compétition du pétrolier ELF, l’homme qui a relancé le sport automobile en France et mis le pied à l’étrier en 1977 aux dirigeants de Renault de l’époque pour que la Régie – son nom autrefois – se lance en Formule 1, avait en ce temps-là, coutume de dire à ses jeunes pilotes :

« Une année pour apprendre, une autre pour gagner! »

Laissons à cette jeune équipe en devenir le temps cette année de prendre ses marques et d’acquérir avec des hommes frais et motivés, les fruits d’une première saison d’apprentissage, avec à la clé, on l’espére et en tout cas le souhaite, quelques coups d’éclats …

 

Gilles GAIGNAULT

Photos : Max MALKA et Antoine CAMBLOR-Manou ZURINI et TEAM

 

 F1-2016-MONTMELO-Jeudi-3-mars-RENAULT-JOLYON-PALMER-Photo-ANTOINE-CAMBLOR


F1-2016-MONTMELÓ-Jeudi-3-mars-RENAULT-JOLYON-PALMER-Photo-ANTOINE-CAMBLOR

 F1-2016-MONTMELO-Jeudi-25-Fevrier-KEVIN-MAGNUSSEN-RENAULT-Photo-Max-MALKA-


F1-2016-MONTMELÓ-Jeudi-25-Fevrier-KEVIN-MAGNUSSEN-RENAULT-Photo-Max-MALKA-

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