HECTOR REBAQUE : LE MEXICAIN SEXAGÉNAIRE SANS… ‘SOMBRERO’ !

F1-1981-Hector-REBAQUE-Brabham-BT-49C-au-GP-dAutriche-1981©-Manfred-GIET

 

F1-1978-Hector-REBAQUE©Publiracing

F1 1978-Hector REBAQUE©Publiracing

 

 

Pour Hector Rebaque… ce 5 février, c’est clap ‘soixantième‘ !

Mais comme dans l’incontournable succès de Pierre Vassilieu « Qui c’est celui-là », qui est en fait  : Hector Rebaque ?

Mexicain, natif de la mégapole Mexico City, Hector Rebaque, est le fils d’un richissime industriel Mexicain et qui entre 1977 et 1981, est parvenu à trouver une place sur l’échiquier de la Formule 1 de cette époque.

Et son quinquennat dans la catégorie reine du Sport Automobile, il l’a terminé précisément l’année où naissait un certain… Alonso, le double Champion du Monde, et pour ne rien inventer, ce nom de Rebaque le porte comme deuxième prénom en référence à ses origines Hispaniques !

Après une scolarité normale dans un des meilleurs collèges de la capitale Mexicaine, le jeune Rebaque s’exerça rapidement à la conversion du Peso en $ US, avec une idée bien précise en tête, celle de faire carrière en Sport Automobile.

Si le pays des Aztèques n’avait jusque-là pas produit beaucoup de grands noms en sport automobile, il en étaient cependant deux qui avaient su captiver les foules un peu partout sur tous les circuits à travers le monde : les inoubliables frangin, la paire des frères Pedro et Ricardo Rodriguez et qui tous deux ont hélas trouvé la mort en course.

Ricardo lors d’essais au volant d’une Lotus  sur son circuit national de Mexico en 1962, après que la Ferrari 156 de la Scuderia ne lui donna plus satisfaction, et Pedro en 1971, lors d’une épreuve Inter-Series au Norisring, en Allemagne, au volant, lui, d’une Ferrari 512 M.

Depuis, le circuit de Mexico City porte d’ailleurs le nom de Hermanos Ricardo e Pedro Rodriguez, c’est dire à quel point ces deux pilotes ont fasciné toute une nation durant leur brillante mais hélas trop courte carrière.

Incontestablement, le jeune Hector Rebaque a aussi été marqué par ces deux-là, puisque dès ses 15 ans, il prit résolument la trajectoire des sports mécaniques, d’abord dans son pays, en touchant pratiquement à tout, du Rallycross aux diverses formules monoplaces nationales, avant de s’exiler partiellement aux États-Unis pour disputer le Championnat de Formule Atlantic discipline où il croisa la route d’un certain Gilles Villeneuve, tout en roulant aussi en Europe, participant au Championnat de F2, s’offrant aussi le bonheur de découvrir les 24 Heures du Mans en 1974 au volant d’une Porsche 911 Carrera RSR.

 

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F1-1977-Hector REBAQUE dispute son premier GP mais non qualifié au GP de Belgique à Zolder en 1977-©-Manfred GIET.

 

Venu au Sport Automobile relativement tard, dès sa majorité, il décida de griller les étapes en se lançant directement tel un artiste travaillant sans filet dans l’absolu, c’est-à-dire, la F1. Et ce à une époque où on pouvait s’offrir un baquet dans n’importe quelle écurie !

Naturellement, les Pesos du paternel aidant, Hector n’avait qu’une envie : devenir le nouveau « Speedy Gonzales » Mexicain.

Et comme à l’époque, le Groupe Philip Morris à travers sa célèbre icône, le fameux cow-boy, jouait un peu le rôle que tient aujourd’hui l’aussi célèbre boisson énergétique à l’effigie du taureau ailé, Rebaque bénéficia de ce soutien et de sa manne pour effectuer ses débuts en F1, à l’occasion du GP de Belgique en 1977, disputé en ce temps-là, dans le Limbourg sur le circuit de Zolder et ce au sein du Team de Lord Heskhet, avec la Heskeht 308 E conçue par Frank Dernie et Nigel Stroud.

Ses débuts furent toutefois, tout sauf tonitruants, puisqu’en six tentatives, le jeune richissime Mexicain, ne se qualifia qu’une seule fois, lors du GP d’Allemagne, à Hockenheim, où il abandonna.

 

F1-1978-Hector-REBAQUE-Lotus 78 au GP de Belgique-1978©Manfred-GIET

F1-1978-Hector-REBAQUE-Lotus 78 au GP de Belgique-1978©Manfred-GIET

 

Loin de se décourager, le petit Hector au teint halé, décida l’année suivante de gravir un échelon supplémentaire, en montant carrément son propre Team, via le rachat à Colin Chapman d’une Lotus 78 ex-Mario Andretti.

Mais même avec à la base du matériel de qualité, il ne parvint à qualifier la voiture qu’à neuf reprises sur seize participations devant même renoncer au GP du Brésil, au motif… d’épuisement physique !

Au GP d’Allemagne de la même année, il parvint néanmoins à sauver sa saison, en terminant à une belle sixième place, synonyme à l’époque de premier point au Championnat du Monde. Les points attribués l’arrivée d’un GP, étant aux premiers en ce temps-là !

 

F1-1979-Hector-REBAQUE-Lotus-79-au-GP-dAutriche-en-1979-devant-Ricardo-PATRESE-lequel-le-remplacera-chez-Brabham-en-1982-©-Manfred-GIET

F1 1979-Hector REBAQUE-Lotus 79 au GP d’Autriche en 1979 devant Ricardo PATRESE, lequel le remplacera chez Brabham en 1982©-Manfred GIET

 

En 1979, toujours pour son team éponyme, il acquiert avec les Pesos de papa et quelques sponsors Mexicains comme les « Cafés de Mexico « , la brasserie « Carta Blanca » et le cigarettier Philip Morris International, une Lotus 79, la monoplace sacrée Championne du Monde en 1978, avec Mario Andretti.

Les résultats se faisant attendre, le gentil Hector perd patience et décide alors de faire construire sa propre voiture, la HR 100, construite par Penske et Geoff Ferris et qu’il engage dans les trois derniers GP mais sans plus de succès, avec une seule qualification !

Il termine ainsi la saison sans avoir marqué le moindre point mais bien les esprits au GP de Monaco !

 

CABALLERO

 Hector-REBAQUE-Portrait-©-Manfred-GIET

Hector-REBAQUE-Portrait-©-Manfred-GIET

 

En effet, lors du GP de Monaco ’79, la FISA (Fédération Internationale du Sport Automobile) avait décidé de limiter les places sur la grille de départ à vingt partants vu l’ambiguïté des installations monégasques, ce qui impliquait une séance des pré-qualifications pour au moins six pilotes.

Comme il avait été décidé avant saison que cela ne concernerait que tous les pilotes n’ayant pas inscrits de points la saison précédente, Rebaque n’était par conséquent pas concerné par ce règlement, suite à son point décroché en Allemagne en 1978.

Mais juste avant le GP de Monaco, la FISA  finalement d’envoyer en pré-qualification, toutes les écuries n’ayant pas encore inscrits de points dans l’année avec comme exception, les Teams faisant partie de la sacro-sainte FOCA (Association des Constructeurs de la F1) et à laquelle n’adhérait pas le Team Rebaque.

Et là, le petit Hector se sentit ‘roulé dans la farine’ et de dépit, il décida tout simplement de boycotter le GP en ne se présentant pas, prouvant par la même occasion que le Mexicain, tel que l’a décrit Marcel Amont dans sa chanson à succès n’était pas qu’allongé avec un sombrero sur le nez !

Même Bernie Ecclestone, patron du Team Brahban à l’époque mais aussi de cette FOCA, en resta baba…

 

LA COURSE DE SA VIE

F1-1980-Hector-REBAQUE-Brabham-BT-49©-Manfred-GIET

F1-1980-Hector-REBAQUE-Brabham-BT-49©-Manfred-GIET

 

À l’entame de la saison 1980, plus de trace d’Hector Rebaque, qui suite au désastre de la HR 100, qui encore à ce jour est la seule monoplace de construction Mexicaine dans l’histoire de la F1, avait tout simplement jeté l’éponge.

Et alors qu’il lorgnait vers la Formule CART devenue INDYCAR aux USA, il se retrouva tout d’un coup sous les ordres de son ennemi d’hier : Bernie Ecclestone.

En effet, Bernie avait éjecté le fade Argentin Ricardo Zunino aux côtés de son chef de file, le Brésilien Nelson Piquet, pour le remplacer par un pilote libre et avec des… dollars, en veux-tu, en voilà !

Et là, oublié la mésaventure de Monaco de ’79, car Bernie savait que le petit Mexicain Rebaque était libre et en plus avait un confortable matelas financier…

Et vite fait, bien fait, dès le GP d’Angleterre ’80, c’est-à-dire, au début de l’été, à mi-saison , le Mexicain se retrouvait dans le baquet de la Brahbam BT 49 et ratait le point de la sixième place d’un fifrelin pour son premier GP au volant de sa nouvelle monoplace plutôt performante.

Et si au cours des six Grands Prix restants, il abandonna à quatre reprises sur problèmes mécaniques, au GP du Canada, il empocha le point de la sixième place.

 

F1-1980-Hector-REBAQUE-Brabham-BT-49-devant-son-chef-de-file-Nelson-PIQUET-au-GP-dAllemagne-1980©-Manfred-GIET

F1 1981-Hector REBAQUE-Brabham BT-49 devant son chef de file Nelson PIQUET, futur CHAMPION du Monde à LAS VEGAS, le 17 octobre©-Manfred-GIET

 

 

1981, et toujours chez Brahbam au volant d’une BT 49 C encore améliorée, Rebaque vécut enfin une bonne année, sa meilleure saison malgré neuf abandons et une non-qualification.

Effectivement, lors des GP de St Marin, d’Hollande et d’Allemagne, Hector manqua à trois reprises le podium d’un rien, terminant à chaque fois quatrième, sans oublier une cinquième place au GP d’Angleterre résultats qui firent monter son compteur points à onze.

Mais ce qui demeure, la course de sa vie, le GP de sa vie, il le vécut la même année lors du 3 ème GP de la saison en Argentine à Buenos-Aires, où l’air paraissait vraiment bon pour lui puisqu’après une qualification au sixième rang, sa course au volant de la Brahban à effet de sol semblait vraiment parfaite.

En effet, après s’être payé des clients comme Arnoux (Renault), Patrese (Arrows), Jones (Williams), Reutemann (Williams) et même Alain Prost avec la seconde Renault, sa chevauchée fantastique lui aurait permis de compléter un beau doublé derrière son chef de file et futur vainqueur Piquet, si la mécanique n’en avait décidé autrement, en toute fin d’épreuve !

 

 F1-1980-Hector-REBAQUE-au-GP-Autriche-1980-avec-un-nouveau-casque©-Manfred-GIET.


F1 1982  Hector REBAQUE au GP d’Autriche 1980 ©-Manfred GIET.

 

Sa meilleure de ses cinq saisons en F1, ne l’aura cependant pas sauvé pour la suite de sa carrière puisque Bernie Ecclestone, décida en fin de saison 1981 de le remplacer par un vrai pilote N°2, Riccardo Patrese en l’occurence, pour seconder Nelson Piquet, couronné Champion du Monde, le 1er de ses trois titres.

Par la suite, Rebaque tenta de rebondir aux USA dans la Formule CART, un autre rêve de sa part où pour le Team FORSYTHE RACING, il réalisa d’ailleurs des débuts prometteurs en 1982, en remportant la manche d’ELKHART LAKE, avant de connaître une violente sortie de route sur l’ovale de MICHIGAN, laquelle allait hélas mettre un terme prématuré à sa carrière à haut niveau.

 

 F1-1981-Hector-REBAQUE-Brabham-BT-49C-au-GP-dAutriche-1981©-Manfred-GIET


F1-1983 -Hector REBAQUE-Brabham BT 49C au GP d’Autriche©-Manfred GIET

 

Hector tenta bien un timide essai lors d’une manche F1 ‘hors championnat’ à la RACE of CHAMPIONS à Brands-Hatch en 1983, avec une Brabham BT 52, course où il abandonna après quelques tours, se rendant finalement compte que pour lui, même s’il adorait la F1, celle-ci était devenue une pointure trop grande pour lui et dès lors, il raccrocha définitivement son casque pour se consacrer depuis à l’architecture.

Les années ont passé mais on ne l’oublie pas.

Lui qui en ce 5 février fête ses… 60 printemps étant né le 5 février 1956.

¡feliz cumpleaño!

 

Manfred GIET

Photos : Publiracing Agency

F1-1977-Hector-REBAQUE-Hesketh-308-E-au-GP-de-Hollande-1977©-Manfred-GIET.

F1 1977-Hector REBAQUE-Hesketh 308-E au GP de Hollande 1977©-Manfred GIET.

 

F1-1981-Hector-REBAQUE-Equipe-BRABHAM-©-Manfred-GIET

F1-1981-Hector-REBAQUE-Equipe-BRABHAM-©-Manfred-GIET

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