‘NEIGE ET GLACE’ 2016 : VOUS AVEZ DIT BLIZZARD ?

 

Enfin !

Il était temps…

Le matin de ce dernier jour, une pluie très fine mais translucide tombe sur le départ, à un rien on sait que ce sera de la neige, les flocons apparaissent très vite et nous constatons un phénomène étrange au fur et à mesure que nous entrons dans les spéciales pour y trouver les bons axes photo, à 50 mètres d’altitude près, tout change.

Par endroits, de la pluie très fine et des prés verts fluo.

Plus haut tout est blanc, les sapins et leurs cousins deviennent magiques, immenses, peints par Van Gogh…

Encore un peu plus sur les plateaux, le vent se met de la partie et la neige passe à l’horizontale, c’est ça le blizzard, on gèle très vite à y rester sans pouvoir trop bouger car la route est étroite, fascinés par cette p… de neige que l’on attend depuis deux jours.

 

GIORGIO MOROSINI, UN ITALIEN A FAILLI GAGNER LE NEIGE ET GLACE!

GIORGIO MOROSINI, UN ITALIEN A FAILLI GAGNER LE NEIGE ET GLACE!

 

Gelés mais heureux comme des gosses, et nous le savons, même chose dans les cockpits, on est venu pour ça…

Au déjeuner à Malbuisson, je retrouve Henri Pescarolo qui me dit qu’il y a eu une erreur de rue dans un village, faire demi-tour dans une zone limitée à 30 km/h pour raisons de sécurité coûte une fortune en points.

 

HENRI PESCAROLO ET MICHEL PERRIN

HENRI PESCAROLO ET MICHEL PERRIN

 

Michel Perrin a déjà calculé que cette seule erreur ne leur coûterait rien, il y a pour tout le monde un joker qui ôte la plus grosse pénalité du rallye.

Et les deux compères vont finir le rallye en beauté !

Heureux !

 

SANSEIGNE : LA COULEUR ROUGE 

 

C’est que tout se joue sur quelques points, les deux premiers jours sur goudron noir ou chemins forestiers sans neige ont permis aux instruments de contrôle à bord des autos, les tripmasters, alias «trips», d’être très précis, et les écarts, entre les tous bons qui se battent devant, sont de quelques secondes .

Et la neige a un effet étonnant…

Comme tout instrument, fût-il électronique, ne peut mesurer que la distance parcourue par les roues, le GPS est interdit, tant que c’est sec et qu’il n’y a pas de glissade, tout est précis.

Quand la neige arrive et que pour tenir la moyenne il faut parfois envoyer en virage, on glisse et les roues patinent, les instruments de bord disent alors n’importe quoi…

Il devient donc urgent de changer de pneus, de passer aux clous,  pour tenter d’éviter au maximum toute glissade m’explique Joël Sanseigne, formidable vainqueur de la catégorie 4X4, sinon les trips sont précis comme un éléphant dans un magasin de porcelaine…

Joël et son épouse Corinne qui s’étaient déjà battus magnifiquement l’an dernier, en sont à leur cinquième Neige et Glace, ils sont obsédés par la victoire, comme tout équipage d’ailleurs…

Mais quand on change de pneus, on change aussi de diamètre de roue et les trips ne sont plus réglés, les quelques km de liaison entre deux spéciales servent à tenter de tout recaler autant que possible.

C’est cette alchimie étrange qu’a réussi le couple Sanseigne, sur sa Lancia Autobianchi Y10 quatre roues motrices, au matin il y avait un point entre eux et le leader, Torrejon.

Joël a décidé de changer de pneus, de passer les clous après la première spéciale où la neige tombait mais la route n’était pas couverte.

C’est à l’entrée de la deuxième qu’il passe les clous.

Son adversaire, Torrejon le fait une spéciale plus loin, une spéciale de trop.

Ensuite, il faut que la navigatrice ne se goure jamais, elle ne s’est pas gourée, l’avantage pris grâce aux clous passés au bon moment a été gardé.

Joël et Corinne Sanseigne ont enfin gagné leur rallye, je les trouve à la fois tellement sympas et tellement appliqués que j’avais publiquement ici prédit leur possible victoire, si j’ai pu leur porter chance j’en suis ravi mais ils n’avaient pas besoin de cela, c’est un équipage vraiment très affûté.

Ah oui au fait, le jeu de mots de mon titre de paragraphe…

L’enseigne, aux cartes, c’est plus souvent appelé « la couleur ».

 

ATTENTION UN BELGE PEUT EN CACHER UN AUTRE… !

VAN PEER ET CHAPA, VAINQUEURS BELGES AU FINISH!

VAN PEER ET CHAPA, VAINQUEURS BELGES AU FINISH!

 

Pour les  deux roues motrices, on attend un peu,  les 4X4passent les premiers pour déblayer un chouia le terrain, quand il tombe des pattes de lapin (de la neige géante) cela peut servir, les autres arrivent ensuite.

De façon non accessoire, les 20 concurrents inscrits en 4X4 risquent moins de se mettre en travers et de bloquer tout le rallye, l’idée de les faire courir à part est donc évidente et géniale à la fois.

Les deux stars belges de ce rallye et de la régularité mondiale, Jean Pierre Vandewauver et Yves Deflandre, ont été victimes de problèmes mécaniques, l’un a cassé et l’autre, Deflandre, a des soucis de tenue de régime moteur, très handicapant quand on doit suivre un moyenne au mètre près !

Mais devant, cela a libéré l’espace… pour d’autres belges !

On a parlé la veille de Van Rompuy, qui était en tête ce dernier jour mais qui a fait trois erreurs de navigation qui lui coûtent des valises de points, le joker, c’est une seule fois une fois…

Du coup apparition d’un italien, Morosini, deuxième au classement, qui prend la tête au général à ce point de la course.

Puis dans la dernière spéciale, les Belges en font un point d’honneur, on les comprend, ne pas gagner le Neige et Glace, devenu un bijou sportif, serait une honte.

Et c’est finalement la BMW2002 TII de Erik Van Peer et Eric Chapa qui décroche le pompon ric-rac…

Autre pilote belge qui est le roi du jour, Yves Deflandre voit la neige le matin au petit dej et un sourire façon banane jusqu’aux oreilles…

 

YVES DEFLANDRE EST LE PILOTE DU JOUR

YVES DEFLANDRE EST LE PILOTE DU JOUR

 

C’est qu’il a souffert sur terrain sans neige, mais le grand blanc c’est sa spécialité, il a gagné plusieurs fois le Neige et Glace.

Il me dit même qu’il espère que le rallye partira en retard, comme ça la neige va s’accumuler et il se sentira de mieux en mieux…

Il fait le meilleur résultat du jour et remonte quatre places au général, battant Pescarolo et Perrin d’un cheveu.

Mais je le répète, ces deux équipages ne jouent pas dans la même catégorie, Yves Deflandre est un monstre sacré de la régularité, il a un cockpit qui ressemble à un Airbus et quelques moyens techniques à l’assistance, nos deux héros français sont ici par passion mais roulent en artistes.

Décrocher une sixième place est donc un triomphe personnel pour eux.

L’AUTO QUI NE ME QUITTE PAS  ET L’AUTO REINE DU CRU

NE ME QUITTE PAS...

NE ME QUITTE PAS…

 

De petites ou grandes anecdotes glanées ici et là…

«Ne me quitte pas», la chanson  m’est passé dans la tête quand j’ai vu rouler la très jolie MGB Roadster rouge de Pierre Barré.

En 1972, après son énorme succès à l’Olympia, Jacques Brel s’était vu offrir cette auto par sa compagne de l’époque.

Il l’adorait, au point de l’emmener sur un tournage de film dans un petit village.

Là, les freins (Jacques n’était pas tendre dans ses chansons, il ne l’était pas probablement pas non plus avec son auto…) ont lâché et Grand Jacques a laissé l’automobile qui est restée des années chez le curé du village.

Puis Brel est mort, et le curé a considéré que l’objet (culte ?) était inaliénable.

Un collectionneur a réussi, après des mois et des mois de discussions, à lui faire comprendre que ce serait encore mieux si l’auto roulait, et la voici, minuscule et terriblement élégante, dans un pays qui n’est pas plat et donc pas le sien, mais le pays de Brel, c’est le monde entier !

L'AUTO QUI VA MANGER DU BOIS

LES TROPEZIENS SANS GENDARMES MAIS AVEC UN HUMOUR ET UN TALENT DE RÊVE

 

L’auto Citroën Visa 1000 Pistes GR.B No 2 est celle de Jean Christophe Sybelia et Karim Jeribi.

J’ai discuté avec eux la veille à Ornans, juste avant les spéciales de nuit, et des spéciales, ils en ont gagné, ce qui n’est pas évident dans cette marée de talents hyper pointus qui courent ce rallye.

Eux sont du sud, ils produisent un vin connu dans le monde entier, le domaine de Bertaud Belieu, et ce dans un endroit de rêve, la presqu’île de St Tropez.

Ils sont d’ailleurs parrains des événements organisés par la famille Zaniroli, ce Neige et Glace comme le Rallye des Princesses déjà complet des mois car tellement bien organisé qu’il aura en plus  cette année sa session d’automne…

Bref des gens enthousiastes, sympas et performants, des vedettes sur ce rallye Neige et Glace.

Leur voiture est évidemment aux couleurs de leur domaine.

Et ce dernier jour, elle s’est pris un arbre la Visa, et une auto connue pour son vin qui prend un arbre de face a forcément… la gueule de bois !

Pardon amigos, c’est de l’humour de garçon de bain, vous restez des gens formidables…

Et il n’y a pas que vous à l’être !

FORMIDABLES !

 

Des commissaires que j’ai vu passer la nuit sous une pluie battante et froide ou la journée sous des rafales de neige, créant parfois dans la magie du Haut Doubs et Jura des univers incroyablement colorés…

 

 

Des concurrents enthousiastes même quand ils se gourent…

Des gens exceptionnels et des endroits exceptionnels …

 

FORMIDABLE REGION,AVEC HABITANTS...

FORMIDABLE REGION,AVEC HABITANTS…

 

OU SANS HABITANTS...

OU SANS HABITANTS…

La ville de Pontarlier et celle de Malbuisson (son Grand Hôtel du Lac reçoit le rallye et le traite comme un prince), j’ajoute un mot pour les Zaniroli qui sont devenus les spécialistes absolus, souriants en plus, de ce genre de rallye, à toutes et à tous, merci d’exister, avec vous et grâce à vous, j’ai vécu ce que St Ex. appelle la construction d’un village d’hommes.

Génial, à vivre absolument !

MA POMME ET RICHARD? HEUREUX COMME DES GOSSES QUAND ARRIVE LA NEIGE

MA POMME ET RICHARD,  HEUREUX COMME DES GOSSES QUAND ARRIVE LA NEIGE

 

Jean Louis BERNARDELLI

Photos Richard BORD

Résultats sur http://www.zaniroli.com/

 

 

 

 

 

Neige et Glace Sport

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