AFRICA RACE 2016 : JOUR DE FOLIE À CHINGUETTI, SERRADORI RIT, LE VIKING FAIT LA RAZZIA.

 

SERRADORI A MENÉ DE BOUT EN BOUT

SERRADORI A MENÉ DE BOUT EN BOUT

ULLEVALESTER VOIT TOUT DE HAUT

ULLEVALESTER VOIT TOUT DE HAUT

 

Boucle AMODJAR > AMODJAR

6 janvier 2016

ÉTAPE 8 : 498 km

LIAISON : AMODJAR / CHINGUETTI : 79 km

SPÉCIALE : CHINGUETTI / AMATI : 377  km

LIAISON : AMATI / AMODJAR : 42 km

 

On est en plein cœur de l’histoire du vrai Paris-Dakar, celui qu’ont d’ailleurs gagné les deux boss de l’Africa Race, Jean Louis Schlesser et René Metge, dont je publie la photo plus bas.

Le bivouac est près de la passe d’Amodjar, et le rallye traverse ce jour Chinguetti, qui sont les décors naturels du film ‘Fort Saganne’, ça ne remonte pas à hier mais cette histoire africaine est traversée de légendes partout où l’on tourne la tête.

 

LA PASSE D'AMODJAR

LA PASSE D’AMODJAR

 

Chinguetti est aussi la ville célèbre pour ses bibliothèques familiales et ses manuscrits datant parfois de cinq siècles, que les concurrents du rallye ne verront pas, en tous cas pas ce coup-là, mais ils reviendront rien que pour ça, pour vivre encore cet endroit… où l’Africa Race est déjà  passé lors d’éditions précédentes.

Chinguetti, une localité Mauritanienne et comme nous le rappelait Gilles Gaignault, qu’adorait le regretté Thierry Sabine, le père créateur des vrais Paris-Dakar ! Ceux qui se déroulaient jadis en terre d’Afrique…

 

 

Si vous n’avez pas vu ‘Fort Saganne’, après tout le film est de 1984, c’était la pleine grande période du Dakar, trouvez-le sur vos machins modernes qui servent à tout, si les intrigues amoureuses, les uniformes et le sourire de Sophie Marceau vous indiffèrent, regardez au moins le décor, c’est exactement ce que St Ex. définissait comme « un paysage de création du monde… »

 

CHINGUETTI

CHINGUETTI

 

René Metge sur ce parcours légendaire et sublimissime nous confie.

 

SCHLESSER ET METGE

SCHLESSER ET METGE, les deux boss de l’Africa race

 

« Une liaison matinale de 80 km vers Chinguetti terminera de réveiller les pilotes et les mettra en forme pour une journée copieuse qui commencera par la descente complète de l’oued Chinguetti. Après le passage d’une montagne plutôt caillouteuse, une portion à vitesse réduite sur les travaux de la nouvelle route d’Atar à Tichit permettra de reprendre ses esprits et surtout d’admirer le paysage, notamment dans la descente dans un oued surplombé par un immense viaduc qui devrait attirer l’attention des cameramen du rallye.Viendra ensuite une véritable autoroute tracée par le ruissèllement des eaux de pluie au milieu des dunes. Ceux ayant participé à l’Africa Race 2014 connaissent les lieux puisque c’est à cet endroit précis, devenu hyper roulant, que le rallye avait dû être neutralisé tant le terrain était infranchissable. Ensuite, un col étroit et empierré pourrait provoquer quelques crevaisons à ceux qui seraient trop enthousiastes avec l’accélérateur. La magnifique passe de Tifoujar, la descente vers El Gleita puis une portion de piste serpentant au cœur d’une végétation assez dense et le contournement d’un gros cordon de dunes, le tout avec beaucoup de navigation, ramèneront les véhicules vers l’arrivée installée non loin d’Atar ». 

 

Le profil de la journée (compliqué le profil… )

 

Le menu du jour à la carte

 

Et l’endroit où l’on est en Afrique (brin 06/01)

 

Bon, la liaison de 80 bornes est tellement belle qu’il faudra surtout faire gaffe à regarder la route de temps en temps…

MOTOS : « ULLE » DÉCROCHE LE POMPON, DUBOIS DEUX AU GÉNÉRAL.

 

Le bonheur pur commence à 9 h 09, quand le premier motard est lâché.

Bonheur d’autant plus grand que les autos du raid sont parties avant le rallye et ont laissé de très belles traces.

Ce qui fait bien l’affaire de Newland, enduriste de talent et donc plus habitué aux parcours balisés qu’à la navigation au milieu de « nowhere« ....

Il est parti premier puisqu’il a gagné la spéciale de la veille…

 

ANDREW NEWLAND

ANDREW NEWLAND

 

Dubois et Ullevalseter ont été lâchés ensuite, dans l’ordre de la spéciale la veille, de deux minutes en deux minutes.

On roule d’abord fort, 120 km/h, puis la descente de l’oued de Chinguetti se complique, la vitesse tombe à moins de quarante km/h.

C’est dans ce type de terrain que l’on peut faire la différence, les motos et les pilotes souffrent et on est en début de spéciale, mais le Viking veut sa revanche et il passe Dubois et Newland.

Derrière, Nifontova est partie quatre, elle a eu un gros souci la veille, un plantage énorme, enlisée jusqu’au moteur dans une montée de dune et les garçons qui arrivaient derrière l’ont aidée à repartir dans le sens de la pente.

 

NIFONTOVA MET GAZ POUR S'EN SORTIR, C'EST SUPERBE MAIS C'EST UNE ERREUR.

NIFONTOVA MET GAZ POUR S’EN SORTIR, C’EST SUPERBE MAIS C’EST UNE ERREUR.

 

Alain Rossignol en a fait un document magnifique mais la jeune pilote russe en a bien bavé, cela dit, elle a terminé quatre la spéciale de la veille et reste deuxième au classement général.

Comme quoi, sur ce rallye, il y a aussi des gentlemen…

On approche du Km 65, où se trouve le CP1 et sur une distance aussi courte, et compliquée on l’a dit, copieuse selon les termes de Metge, Ullevalseter est meilleur temps, il n’a pas fait dans le détail, il a collé cinq minutes à Dubois et sept à Newland, le pilote anglais a d’ailleurs été passé par les russes Agoshkov et Nifontova.

 

DMITRY AGOSHKKOV

DMITRY AGOSHKKOV

 

Dubois est deuxième de l’étape, il roule vite mais il sait que sauf erreurs (et elles ont été nombreuses depuis le départ) d’Ullevalseter, le Viking est intouchable.

Il s’arrête bien un petit coup de temps en temps, chute légère ou vérification de cap, mais il reste devant.

Au fil des CP2 et 3, il a repris 20 minutes à Newland, Dubois est troisième 24 minutes derrière notre champion norvégien.

On est alors au km 207, une grosse moitié de la spéciale a été couverte.

Quatre heures pour 200 km, c’est beaucoup mais effectivement, c’est compliqué en ce qui concerne le terrain, Metge a aussi prévenu qu’en fin de spéciale, c’est la navigation qui allait devenir costaud.

Nifontova a eu aussi des soucis, elle est neuvième derrière son compatriote Agoshkov.

Au CP4, Ullevalseter arrive le premier et on attend un gros bout de temps avant de réentendre du bruit… On est au km 283, il reste un peu moins de cent bornes à enquiller.

 

NORBERT DUBOIS

NORBERT DUBOIS

 

Norbert Dubois est passé deux mais à 25 minutes, Newland est carrément largué, il est derrière De Jesus Sousa, qui roule ultra pépère en famille, père et fis, ils ont le même prénom, José Fernando, l’un a eu la bonne idée d’ajouter Moreira à son nom comme ça on ne les confond pas.

Superbe tandem quand même, et qui roule, la preuve, Newland est battu !

Un Portugais devant, un autre derrière lui, plus exactement Newland est donc encadré…

Devant, « Ulle » coupe le premier la ligne d’arrivée, au général il était déjà peinard il va l’être encore plus, en revanche son envie de gagner toutes les étapes, ça c’est fichu, la veille, il a jardiné un peu et Newland a gagné la spéciale, de façon très inattendue c’est vrai, mais il a gagné…

 

JOSE FERNANDO JESUS DE SOUSA

JOSE FERNANDO JESUS DE SOUSA

 

Et ce huitième jour, Newland finit deux.

Mais Dubois ?

Il s’est gouré juste avant la ligne d’arrivée !

Du coup, il se fait passer non seulement par Newland mais aussi par la famille portugaise, dans l’ordre Jose Fernando  Jesus de Sousa devant Jose Fernando Moreira de Sousa.

Bon, c’est assez drôle parce qu’il arrivera un peu la même chose en autos, la fin de la journée mùanque de panache mais le résultat valait la peine, Dubois est deuxième au Général.

Il aura du mal à faire mieux, Ullevalseter a pratiquement quatre heures d’avance, mais c’est le désert et le destin qui décident, pas toujours la poignée de gaz…

Les chronos sont mauvais pour Anastasiya Nifontova et Dmitry Agoshkov, ce qui explique que Dubois ait pris la deuxième place au Général.

Nous aurons des détails beaucoup plus tard dans la soirée.

 

AUTOS : SERRADORI ET THOMASSE MAIS TOUT JUSTE…

 

SERRADORI VAINQUEUR MALGRÉ UN GROS PLANTAGE

SERRADORI VAINQUEUR MALGRÉ UN GROS PLANTAGE

 

9 h 30 local time, l’infernal Shagirov est lâché.

Infernal parce que sa voiture est sublimement efficace, un Toyota, sublimement préparée, parce que le pilote est excellent, parce son navigateur ne fait pas d’erreurs, parce que les crevaisons ou les ennuis c’est pour les autres, la veille, Sabatier et Serradori, qui sont vraiment capables de battre notre leader Kazakh, ont tous deux été retardés par des ennuis de courroie.

 

SHAGIROV PENSAIT AVOIR PLANTÉ DES CHOUX, DIVINE SURPRISE A L'ARRIÉE!

SHAGIROV PENSAIT AVOIR PLANTÉ DES CHOUX, DIVINE SURPRISE À L’ARRIVÉE !

 

Derrière lui, part Grigorov, ce dernier auteur d’une magnifique spéciale la veille, qui pilote de façon très agressive un Oscar qui semble indestructible !

C’est Choiseau, auteur du deuxième temps la veille qui aurait du partir deux mais il a du avoir un pépin sur la ligne de départ, il est parti avec dix minutes de retard.

Et chaque jour voit ceux qui ont souffert la veille et inversement rouler sans problèmes le lendemain et inversement…

Ce huitième jour des spéciales, Shagirov est moins rapide, en revanche Serradori roule l’enfer, il est meilleur temps au CP1, trois minutes devant le Toyota de Shagirov.

Au  CP2, Serradori a repris une minute de plus…

Shagirov n’est d’ailleurs pas second au Général, dans l’ordre aux chronos, on voit  revenir… des revenants, j’ai dit qu’un Khazakh peut en cacher un autre, c’est Sazonov et son gros Hummer, disparu en fond de classement dans les jours précédents, qui passe deuxième temps, Thomasse est trois.

 

RETOUR (RATÉ!) POUR SAZONOV

RETOUR (RATÉ !) POUR SAZONOV !

 

Mais la suite change encore la donne.

Au point le plus sud du parcours, il y a un merdier monstre, avec un paquet d’enlisements au même endroit, Sazonov est collé, de même que Leal Dos Santos, Fromont, le camion de Kovacs et encore d’autres concurrents…

 

PASCAL THOMMASSE RATE L'ARRIVÉE MAIS PAS LA JOURNÉE

PASCAL THOMMASSE RATE L’ARRIVÉE MAIS PAS LA JOURNÉE

 

Du coup, au CP3, 200 km après le départ, Serradori arrive le premier, et derrière lui, Pascal Thomasse est deux, malgré un arrêt, rapide d’ailleurs crevaison ou plantage.  Housieaux le suit au classement, Shagirov est six à douze minutes, cette première moitié de spéciale a donc vu les buggies prendre le dessus sur leurs gros camarades 4X4.

Bon, entre les buggies et Shagirov, il y a quand même les deux camions Kamaz, Kuprianov précédant Shivalov de trois minutes.

Comme le terrain est du genre piège à tous les grains de sable, les deux Russes roulent ensemble.

Thomasse, on rappelle qu’on est à mi course comme on dit en GP, a repris onze minutes au camion de Shibalov, il peut donc  grignoter une place au général, et se retrouver second.

Mais bon, ce serait du rallye-raid fiction, à la moitié de la spéciale, c’est comme un sondage en politique, c’est une vision à un temps « T » et juste après tout peut changer…

Part exemple ceci…

Le Russe Terentyev a mené la catégorie T2 sur son Ford Raptor durant tout le début du rallye, les T2 ce sont les voitures de série, et il est arrêté depuis un paquet de temps, je n’ai aucune indication me permettant de savoir si c’est une panne ou un accident.

Il faudra attendre pour cela le com officiel vers 23 heures.

Ce qui est sûr en revanche, c’est qu’il n’est plus en tête de la catégorie !

(22h47… Et toc Bernardelli, mauvais pronostic. Il est toujours en tête, les autres ont pris des pénalités colossales et lui a fin, tard, mais fini… )

 

DÉCHAÎNÉS LES KAMAZ!

DÉCHAÎNÉS LES KAMAZ!

 

Par ailleurs, Shibalov a bien compris que s’il reste avec Kuprianov, il va perdre beaucoup de temps, et il y a une place au général en jeu…

Il a donc remis gaz, espérant reprendre ce qu’il faut sur Thomasse et son buggy MD.

Au CP4,  Serradori arrive le premier, Thomasse est second à 18 minutes et et Shagirov trois à trente minutes.

Autrement dit, mais l’arrivée est encore loin, non seulement Thomasse peut récupérer une place au général mais il peut aussi reprendre à Shagirov la moitié de son retard (55 minutes au total).

On attend les camions bien sûr mais le GPS/Iritrack note que Jacinto a passé Kuprianov, ce qui explique sans doute que Shibalov ait décidé de jouer le tout pour le tout, pas impossible que les deux camions russes se soient aidés en galère et que les deux aient perdu du temps.

 

SHIBALOV PERD LA DEUXIÈME PLACE AU GÉNÉRAL

SHIBALOV PERD LA DEUXIÈME PLACE AU GÉNÉRAL

 

Shibalov qui envoie du très lourd, 120 km/h dans cette spéciale hyper compliquée, c’est rare surtout pour camion !

Les chronos arrivent et en effet, Shibalov a perdu 21 minutes sur Thomasse, ça commence à sentir bon pour le buggy 202, le MD de Thomasse et Larroque !

Dans l’ordre aux chronos, Serradori est toujours en tête, il l’est depuis le début de la spéciale, devant Thomasse, Housieaux, Gerard, Shibalov, Shagirov et enfin Sabatier, le vainqueur en 2015 qui a eu la scoumoune cette année, et à répétition en plus.

Shagirov qui est vraiment très retardé, Thomasse peut faire coup double, passer le camion Kamaz de Shibalov au général et remonter un gros paquet de son retard sur Shagirov…

Seulement voilà, cette expression tellement évidente qu’un  course n’est gagnée au drapeau à damiers ressort en pleine g… des deux autos de tête, Serradori et Thomasse.

 

SHAGIROV TOUJOURS LEADER AU GÉNÉRAL

SHAGIROV TOUJOURS LEADER AU GÉNÉRAL

 

Juste  avant l’arrivée, mais vraiment juste avant, les eux partent en jardinage sévère, Serradori est carrément à plus de dix km à l’ouest de l’arche…

Thomasse est moins loin mais à dache aussi.

Et à qui profite le truc ?

À ce grand diable de Shagirov qui lui ne s’est pas gouré !

J’ignore comment on dit « avoir le c… bordé de nouilles«  en Kazakh, mais c’est sûr que la joie a du exploser à bord du Toyota, car quand on est en tête au_ général et que le jour où on se rate franchement, les deux mecs devant vous font un cadeau énorme, mais vraiment énorme, on le verra avec les chronos, se flanquant dedans à 5 km de l’arrivée, oui, il y a de quoi être très heureux.

Certes, les deux autos avaient tellement d’avance qu’elles finissent un et deux, mais Shagirov n’a du coup que onze minutes retard sur Serradori et six minutes sur Thomasse.

C’est clair, nos deux pilotes français ont certes gagné, mais pas grand chose…

 

PASCAL THOMASSE A SUPERBEMENT JOUÉ... SAUF A L'ARRIVÉE

PASCAL THOMASSE A SUPERBEMENT JOUÉ… SAUF À L’ARRIVÉE

 

Le pire c’est que derrière, tout le monde part en jardinage géant !

Pourquoi ?

Parce que le road book peut être un peu imprécis (mais Shagirov et Ullevalester ont trouvé l’arrivée sans problème), soit après 400 bornes de spéciale compliquée, on manque un peu d’attention et surtout on suit les traces fraîches les plus nombreuses, celles des deux autos de tête qui ont joyeusement et carrément raté leur atterrissage !

Shibalov termine, Thomasse a quand même réussi à lui reprendre du temps, le buggy MD passe deuxième au Général, si la fin manquait de panache, la journée a été bonne !

 

Jean Louis BERNARDELLI

Photos : Alain ROSSIGNOL et Jorge CUNHA/ Desertrun et Tourisme Mauritanie

 

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