AFRICA RACE 2016, JOUR CINQ : SHAGIROV ET ULLEVALSETER LES ROIS DE LA MER.

 

ULLEVALESTER ET SHAGIROV HÉROS DU JOUR

ULLEVALSETER ET SHAGIROV HÉROS DU JOUR

ÉTAPE 5 : 695 km

2 JANVIER 2016

DÉPART DEPUIS LE BIVOUAC

SPÉCIALE : REMZ EL QUEBIR / JREIFIFA : 453 KM

LIAISON : JREIFIFA / DAKHLA : 242 km

DAKHLA, LE BOUT DE LA ROUTE

 

L’Africa Race sort du désert par une dépression somptueuse que va présenter René Metge, et va longer la mer jusqu’à Dakhla, un endroit magique, devenu aujourd’hui un must des sports chics de plage.

Bref, l’Africa Race fait route vers la mer… et débarque en Mauritanie.

Ici, plages et falaises se succèdent sur des centaines de km, interrompues par les grosses villes de Nouakchott et Nouadhibou mais longées par une route qui descend jusqu’à St Louis du Sénégal !

Unique au monde !

René Metge :

« Après l’étape la plus sympa pour le pilotage, place à la spéciale la plus sympa pour les yeux. Là encore, un départ depuis le bivouac permettra aux pilotes d’entrer immédiatement dans le vif du sujet. Au programme du jour, le grand sud marocain avec, en début de spéciale la dépression de Amra qui est absolument grandiose. Jusqu’à ce que l’on appelle le tapis, qui est en fait un lieu de déchargement de minerai charrié par un tapis roulant, le parcours est identique à celui de 2015. Ensuite, au lieu de continuer sur Boujdour, on met cap plein sud sur un parcours 100% nouveau. Aucune grosse difficulté n’est à signaler, si ce n’est la navigation avec la présence d’une multitude de pistes parallèle mais, évidemment, une seule est la bonne. L’avantage de ce nouveau parcours est de diminuer de moitié la longue liaison le long de l’Océan Atlantique, jusqu’à la langue de sable de Dakhla où sera planté le bivouac au bord de la mer, pour une journée de repos bien méritée ».

En profil, voilà ce que les pneus des autos, des motos et des camions et aussi  les reins des équipages vont manger…

 

 

Sur une carte du coin…

 

On se rend compte qu’en effet, tout ce qui est rouge est en spéciale, on va encore partir du bivouac direct, c’est sur la fin qu’il faudra manger du goudron pour arriver dans la presqu’île miracle.

Et où est on en Afrique ?

Ici

Étape 02/01

 

MOTOS : « ULLE » FAIT LA RAZZIA

ULLE TOTALEMENT INTOUCHABLE

« ULLE » TOTALEMENT INTOUCHABLE

 

7h45 « local time, » Ullevalseter, vainqueur des trois spéciales sur trois ! précédentes est lâché, suivi deux minutes plus tard par Norbert Dubois, deuxième de l’étape de la veille, dont semble t’il le mécano a trouvé le problème récurrent qui lui a fait perdre tellement de temps en début de semaine.

Norbert est un costaud et un fidèle connaisseur du rallye, il l’a prouvé, quand sa moto marche, il suit l’intouchable Norvégien de très près.

 

UN DÉPART A LA FRAÎCHE,TOTALEMENT LOUPÉ PAR ULLEVALSETER ET DUBOIS;

UN DÉPART À LA FRAÎCHE,TOTALEMENT LOUPÉ PAR ULLEVALSETER ET DUBOIS.

 

Ils verront durant quelques km les traces du raid, parti avant eux, ces pistards qui font le rallye sans chrono dans des conditions de sécurité absolue mais en suivant au moins une moitié de la spéciale à chaque fois, superbe façon de suivre un rallye raid aussi prestigieux sans pression.

Pourtant, curieusement, Ullevalseter et Dubois qui suit sa trace se barrent au nord de la piste, quand Nifontova, Agoshkov et Newland suivent le road book au poil près.

Ullevalsetter est coutumier du fait, sans doute mal réveillé à la fraîche, il se trompe dès le départ mais cette fois, il ne s’en rend pas compte tout de suite, voilà un « jardinage » qui peut lui coûter très cher, kif kif pour Dubois.

 

ULLEVALSETER TOTALEMENT PAUMÉ DANS LE DJEBEL EN DÉBUT DE COURSE

ULLEVALSETER TOTALEMENT PAUMÉ DANS LE DJEBEL EN DÉBUT DE COURSE

 

Les deux pilotes font demi tour, retard assez colossal en vue quand ils vont retrouver la piste.

C’est donc Nifontova qui prend la tête, cette pilote ultra rapide dont Dubois a dit la veille qu’il avait vraiment dû mettre du lourd pour arriver à la passer, et ce pendant longtemps !

Bon, la spéciale est très longue, 453 bornes, il y aura de la place pour la récupération mais si les deux pilotes partis devant reviennent à leur point de départ, ils seront franchement loin des premiers.

C’es ce qu’ils font, retour quasiment au départ de la spéciale, avec pas loin de 15 km de retard, ça doit sacrément mettre de mauvaise humeur ce genre de truc, dès le matin au saut du lit.

 

NIFONTOVA MENE LA TROUPE

NIFONTOVA MÈNE LA TROUPE

 

Devant Nifontova suit les traces au sol, on est sur de la caillasse, celle qui a occasionné tellement de crevaisons chez les autos et les camions la veille (sauf Jacinto), mais les traces fraîches se sentent.

Il faut se rendre à l’évidence, « Ulle » et Dubois ont pris la mauvaise piste, Metge a annoncé que la nav’ serait déterminante ce jour, ce n’était pas  à prendre à la légère !

Le Viking se retrouve onze, il a donc 22 minutes de retard sur les premiers, Dubois est remonté carrément au départ de la spéciale…

La belle chevauchée en tête est finie, maintenant, c’est du rattrapage. Mais il va falloir mettre GAZ à fond !

Pour Nifontova, ouvrir la piste est un exercice peu fréquent, l’Anglais Newland la reprend, dans quelques km, ils auront dépassé la dernière auto du raid et on sera en plein défrichage et déchiffrage du road book, ce qui fait bien l’affaire de Ullevalester et Dubois qui derrière, tordent la poignée de gaz, la bave aux lèvres de rage.

Mais ils sont encore à dache !

 

NEWLAND NE SE TROMPE PAS,C'EST PAYANT

NEWLAND NE SE TROMPE PAS,C’EST PAYANT

 

Et devant, Newland et Nifontova ne font pas d’erreurs.

Et c’est très efficace, ils en auront profité pendant plus d’une heure.

On attaque le sable…

Les traces se font moins nettes, moins nombreuses, toujours le même problème d’ouvrir la course, la punition pour ceux qui ont bien roulé la veille, cela a l’avantage d’être simple pour les chronos, mais leur donner la possibilité de choisir entre un et dix, pour les dix premiers, serait une vraie prime à la victoire. En revanche, cela donne du piment, le pilote de tête, on l’a vu, pouvant faire d’énormes bourdes.

Ullevalseter est déchaîné, il a déjà repris Hamard, parti sept.

 

"ULLE" EN PLEINE RAGE DE REMONTÉE FANTASTIQUE

« ULLE » EN PLEINE RAGE DE REMONTÉE FANTASTIQUE

 

Devant, Newland est désormais seul, et toujours pas d’erreur.

Les motos vont passer cette zone du Tapis, en fait le Maroc a une richesse minière considérable, le phosphate, et il est ramené de la mine au port de Marsa, à côte d’El Ayun, par un tapis roulant de plus de 100 km de long !

 

LE "TAPIS" VU DU SOL

LE « TAPIS » VU DU SOL

 

Bon, comme le tapis fuit, il y a de la poussière blanche partout sur la centaine de km du parcours, l’édifice n’est pas d’un esthétisme recherché mais c’est l’or (blanc) du pays qui défile nuit et jour…

 

LE MËME TAPIS EN VUE SATELLITAIRE

LE MÊME TAPIS EN VUE SATELLITAIRE

 

Bon, le produit est surutilisé dans le monde (un peu comme le pétrole, que l’on ne trouve pas au Maroc), il sert de détergent dans les lessives, de traitement agricole et encore plein de trucs, mais la demande mondiale est très forte.

Ullevalseter a repris le Belge Blanpain, il est donc « géographiquement » cinquième moto, devant lui, il y a encore Blanpain, Agoshkov, Nifontova et Newland, mais ces trois là mettent du gaz, en revanche, on l’a dit, ils doivent faire la nav‘ et bien sûr cela les retarde.

 

BLANPAIN

JEAN LOUIS BLANPAIN

 

Il n’y aura que deux CP au lieu de quatre ce jour, le premier est au km 250, avec le ravito pour les motos.

C’est seulement à ce moment là que l’on aura les positions précises des pilotes, mais clairement, quand les motos traversent la route qui remonte sur Laâyoune, ou El Ayun, Ullevalseter a déjà repris le groupe de tête!

Quel pilote, mais quel pilote…

Dubois est moins bien, d’autant plus qu’il s’offre une nouvelle séance de « jardinage ».

Nifontova fait un plantage, Ullevalseter et Newland s’éloignent.

Et au passage du premier CP, c’est incroyablement Ullevalseter qui pointe le premier !

Hallucinant.

Il a même collé six minutes à Alexandre Newland !

Chiussi est troisième chrono à sept minutes et Nifontova quatre mais à 22 minutes.

 

"ULLE" PREMIER AU CP RAVITO!

« ULLE » PREMIER AU CP RAVITO !

 

Pour Nifontova c’est la déroute, elle va suivre après les CP, une mauvaise piste derrière un paquet d’autos égarées, derrière « Ulle » il y a Newland et c’est tout, Chiussi fait aussi partie de la sortie jardinage en groupe…

À quarante km de l’arrivée, Newland s’arrête, Ullevalester est totalement seul en tête, il a même repassé le 4X4 de Shagirov qui lui aussi s’est arrêté.

On comprend pourquoi un jour, la couronne de France a donné sa province la plus riche aux « Normen« , alias les Hommes du Nord, qui deviendront les Normands… (Traité de St Clair sur Epte, 911, entre Charles le Chauve et Rollon, le chef des Vikings).

On ne négocie pas avec des mecs des « killers » aussi indestructibles!

Le Norvègien passe la ligne d’arrivée de cette spéciale le premier, la première auto arrive cinq minutes plus tard mais en ce qui concerne les motos, on va devoir attendre très longtemps de voir la deuxième !

Le Portugais Moreira de Sousa arrive après 42 minutes, Nifontova a perdu une heure.

Et si elle est toujours deuxième au général, elle a ce soir maintenant deux heures quinze de retard.

Et c’est encore beaucoup plus tard qu’arrivera la vraie deuxième moto de la journée, une heure et demi en fait après l’arrivée du Norvégien, celle de la pilote russe Yevgenya Nesterova, qui est 21ème au classement général avec quasiment 20 heures de retard…

Modification du texte initial… Et c’est des heures et des heures après l’arrivée que les chronométreurs vont refaire leurs calculs, finalement, c’est bien Jesus Moreira da Silva qui est second de l’étape… 

Bon, ce qui est important c’est que le Viking va arriver en Mauritanie avec un sacré capital !

 

AUTOS : SHAGIROV, ROI DU SABLE !

 

Kanat SHAGIROV et don TOYOTA du Mobilex Racing

le KAZAKH Kanat SHAGIROV et son TOYOTA du Mobilex Racing

 

Une heure et quart après le lâcher de la première moto, Pascal Thomasse et Jean Antoine Sabatier, ils ont un navigateur et de nombreuses traces devant eux, ils ne se trompent donc pas de piste, roulent à plus de 170 km/h !

Ces deux buggies, sur un terrain plat, rocailleux et en courbes sont des machines de guerre, à condition de ne pas crever.

La veille, Sazonov a perdu un temps dingue avec la bagatelle de quatre crevaisons, il est vrai que son 4X4 Hummer est très lourd et que son pilotage n’est pas de la bijouterie mais de la charge de cavalerie…

Cela dit tout le monde a crevé, sauf Jacinto, qui elle, est une diamantaire du pilotage…

Shibalov, premier au général sur son Kamaz, et Jacinto, septième de l’étape la veille, envoient du lourd, mais bien sûr, sur du terrain rocailleux, ils ne vont pas aussi vite que les buggies devant.

Shibalov roule quand même à 150 km/h !

 

SHIBALOV EN DÉRIVE!

SHIBALOV EN DÉRIVE !

 

Le Kamaz est phénoménal, surtout quand, Alain Rossignol a shooté le bon moment, il en pleine dérive à fond et qu’il doit rouler en bordure de piste, comme sur un circuit de GP où un pilote roule sur les vibreurs !

Fabuleux camion, fabuleux équipage, qui est on le rappelle en tête au général autos ET camions au matin de ce sixième jour.

La veille, Jacinto disait qu’elle roulait pour économiser le matériel, chez les russes, on doit travailler fort la nuit pour remettre les engins à neuf !

La photo ci-dessous montre d’ailleurs que les mécanos ne font pas semblant…

 

L'ASSISTANCE KAMAZ,UNE ARMÉE!

L’ASSISTANCE KAMAZ, UNE ARMÉE !

 

Les autos de tête vont tellement vite qu’elles commencent à doubler les derniers motards.

Devant, Sabatier, Thomasse et Shagirov se tirent la bourre du siècle, alors que Shibalov et son Kamaz s’arrêtent, peut-être crevaison, ou tout petit plantage, car ils repartent très vite.

 

JEAN ANTOINE SABATIER

 

Dans cette bataille de folie, Shagirov a dû s’arrêter un moment, crevaison peut être, mais il a dû à regret laisser partir Thomasse et Sabatier, qui continuent leur sublime baston.

 

PASCAL THOMASSE

PASCAL THOMASSE

 

Plus loin derrière, Shibalov roule à 155 km/h, Jacinto est aux alentours de la huitième place (je le répète, ces positions sont géographiques, seul le chrono donnera les vrais écarts).

Le premier CP, le voilà.

Avec une surprise de taille, Shagirov avec son Toyota, a doublé les deux buggies et passe première auto…

Il a collé quatre minutes à Thomasse au vrai chrono.

Puis, au fil des arrivées, les chronos donnent le verdict.

 

KUPRIANOV PREMIER CAMION AU CP

Sergey KUPRIANOV premier camion au CP

 

Grigorov, hyper mal placé au général, 25 ème, parce que la veille il a eu emmerde sur emmerde, a remonté tout le monde pour faire le meilleur temps, devant le Toyota de Shagirov, son dauphin à quatre minutes, le buggy de Serradori à quatre minutes trente, puis viennent le 4X4 Nissan de Leal Dos Santos, et ensuite premier camion, le Kamaz de Kuprianov car on se souvient que Shibalov s’est arrêté.

Autrement dit, dès qu’on est arrivé dans le sable, les camions et les gros 4X4 ont recommencé à faire la loi.

 

GRIGOROV A ROUÉ L'ENFER

Le Russe Anton GRIGOROV a roulé d’enfer

 

Alors que devant, on fonce vers l’arrivée, qui sera à la jonction avec la route côtière qui, on l’a dit, va du Maroc à St Louis du Sénégal en passant par la totalité de la côte mauritanienne, et que l’on prendra en liaison jusqu’à Dakhla, il y a pétage de plomb et jardinage derrière Sabatier.

Sabatier est toujours sur la bonne piste, mais Martin emmène un paquet de monde sur une mauvaise voie à l’est, Shibalov a suivi mais s’est tout de suite aperçu de l’erreur, Kuprianov en revanche, suit la piste perdue…

Jacinto a failli y avoir droit mais a été remise très vite… sur le droit chemin par son navigateur.

Il est vrai que la navigation, chez les Portugais, c’est un art, depuis Magellan, Vasco de Gama, Cabral et surtout le meilleur d’entre eux (et le moins connu), Bartolomeu Dias, qui a passé le premier le cap de Bonne Espérance.

 

JACINTO TROISIEME CAMION DERRIERE LES RUSSES

JACINTO troisième camion derrière les deux KAMAZ Russes

 

Fin de course qui va dans tous les sens, Sabatier est en jardinage au nord de la piste avec Shibalov, Strugo, et Sazonov, Grigorov fonce à 150 km/h…

Shagirov déchaîné après son arrêt « fonce comme un calu« , expression mise à la mode par Cyril Neveu. 

Arrivée : Dans l’ordre chrono, Shagirov et son 4X4 Toyota, Grigorov et son Oscar qui ont perdu un peu de temps sur la fin, Serradori est le premier buggy et troisième au scratch, puis c’est Sazonov et Thomasse.

Au général, Shagirov prend donc la tête au général, devant le camion Kamaz de Shibalov à 14 minutes et le buggy MD de Thomasse à 27 minutes.

Décidément, les buggies français de Thomasse (troisème au général), Serradori et Sabatier n’arrivent pas à gêner les gros engins 4X4 ou camions.

Bon, on est seulement à mi-course, et dans les sables mauritaniens, on crèvera moins les pneus…

 

 

Jean Louis BERNARDELLI

Photos : Alain ROSSIGNOL et Jorge CUNHA/DESERTRUN et Tourisme Marocain

 

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