HANS-JOACHIM STUCK : UN PILOTE DE LÉGENDE FÊTE SES 65 PRINTEMPS !

 

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NÜRBURGRING 2015-Hans-Joachim-STÜCK ancien pilote renommé et devenu Président du DMSB-©-Manfred-GIET

 

En ce 1er janvier, un Bavarois pure souche fête son 65ème anniversaire : Hans-Joachim STUCK que tous appellent familièrement « Strietzel », ce qui en français signifie « brioche » !

Etant né le 1er janvier 1951 à Garmisch.

Un âge auquel sonne généralement l’heure de la retraite et résonne celui du métal, c’est-à-dire, de l’argent dans les cheveux, de l’or dans les dents et du plomb dans les jambes !

Et cette dernière denrée, tout au long des 42 années de sa longue carrière, il en a largement fait usage…

Hans fait partie de la lignée de pilotes éclectiques, brillants dans toutes les conditions de course, même parfois extrêmes, que ce soit dans un baquet d’une monoplace, d’une voiture GT, de Tourisme ou d’un  gros prototype du Mans, gorgé de chevaux.

 

 STUCK-350 victoires durant sa carrière longue de 42 saisons-© Manfred GIET


STUCK-350 victoires durant sa carrière longue de 42 saisons-© Manfred GIET

 

STUCK Junior, qui a passé toute sa jeunesse à côté de la célèbre station de sports d’hiver de Garmisch-Partenkirchen, et de ce fait, aurait pu également réussir aussi une brillante carrière sur les planches de ski, sport qu’il pratique d’ailleurs toujours en saison hivernale, appartient à cette frange de pilotes qui en raison de leur côté parfois complètement ‘dézingué’ et ce grain de folie qui les caractérise, arrive à transformer une épreuve banale en véritable fête du macadam.

 

H-J STUCK et Dieter QUESTER ou les deux font la paire-© Manfred GIET.

H-J STUCK et Dieter QUESTER ou les deux font la paire-© Manfred GIET.

 

Avec ses collègues pilotes, les Autrichiens Dieter QUESTER et Gerhard BERGER ou le Belge Marc DUEZ, Hans-Joachim STÜCK était toujours constamment, un véritable boute-en-train avant les épreuves d’endurance au Mans, au Nürburgring ou à Spa, transformant souvent paddocks ou grilles de départ, en véritables attractions, par ses gags qui rendaient le public hilare et dont seuls eux, avaient le secret !

Mais en dehors de ce côté humoristique, Hans STUCK savait aussi se montrer plus sérieux une fois au volant et être à la fois un impitoyable homme d’affaires et d’une intransigeance rare, lorsque des incidents ou parfois des règlements aberrants allaient à l’encontre de ses prises de position sur son sport favori.

C’est peut-être justement cet aspect-là, qui l’a propulsé en 2012 à la Présidence du DMSB, l’instance supérieure du sport automobile et motocycliste Allemand, où il a été à la base pour imposer dans un premier temps des limitations de vitesse.

Et ensuite comme cette année, obliger à la réalisation de travaux sécuritaires aux endroits les plus dangereux sur le tracé de la Nordschleife au Nürburgring.

Et ce, à la suite de l’effroyable accident de la NISSAN  GT-R de Jann MARDENBOROUGH, survenu le 28 mars de cette année et qui coûta hélas la vie, à un spectateur.

 

OCTANE DANS LES VEINES

H-J-STUCK-à-ses-débuts-a-hésité-entre-4-roues-ou-2-skis-©-Manfred-GIET

H-J-STUCK à ses débuts a hésité entre 4 roues ou 2 skis-©-Manfred-GIET

 

Très tôt, Hans-Joachim  STUCK, fut épris de vitesse, fussent-t-elles sur les pistes de ski de sa région natale bavaroise, ou en écoutant les récits retraçant la carrière de son père, Hans Senior, célèbre pilote de courses de côte dans les années 1920-1930, surnommé le « Roi de la Montagne » grâce à tous ses succès engrangés.

Et, qui entre 1952 et 1953, disputa également trois Grands Prix du tout nouveau Championnat du Monde des Conducteurs de F1, nouvellement créée en 1950, au volant d’une AFM4.

Grâce à une autorisation spéciale, Hans Junior obtint son permis de conduire dès l’âge de 16 ans et deux ans plus tard dès ses 18 ans, il remporta le cours de pilotage de l’Écurie Hanseat ce qui lui donna accès à des petites épreuves qui lui permirent d’obtenir une licence internationale.

Habitué dès son plus jeune âge au terrible tracé de la Nordschleife du Nürburgring, aux caractéristiques auxquelles son père l’avait initié, ce grand longiligne Bavarois de 19 ans, se fit rapidement remarquer en remportant la toute première édition des 24 HEURES du NÜRBURGRING en 1970 au volant d’une BMW de l’écurie KOEPCHEN.

 

 H-J-STUCK-1979-Championnat-PROCAR-avec-le-BMW-M1avec-laquelle-il-termina-2ème-au-classement-final-©-Manfred-GIET


H-J-STUCK 1979-Championnat PROCAR avec le BMW M1 avec laquelle il termina second au classement final ©-Manfred-GIET

 

Du coup, il fut engagé par l’équipe BMW, comme pilote d’usine pour disputer le Championnat d’Europe des voitures de Tourisme en 1971, époque de laquelle date son image de marque, et son célèbre casque bleu orné d’étoiles blanches.

Après quelques tentatives en monoplace au sein de la F2, STUCK passa chez FORD en 1972, pour devenir Champion d’Allemagne en Tourisme avec une CAPRI et ensuite retrouver BMW par la bande, via l’Écurie MARCH de F2 pour laquelle, il disputa le Championnat d’Europe.

Devenant le « Roi d’Hockenheim » remplissant le Stadium et déchaînant les foules.

 

 H-J-STUCK-F-2-1974-March-©-Manfred-GIET


H-J-STUCK-F 2-1974 March-©-Manfred-GIET

 

Par la suite, Hans-Joachim essaya de s’établir en F2 d’abord, où il roula durant sept saisons, parfois sporadiquement, disputant vingt-quatre épreuves, en remportant cinq et terminant second du championnat en 1974, derrière le Français Patrick Depailler, et en F1 ensuite pendant six saisons au cours desquelles, il disputa 74 Grands Prix pour quatre écuries différentes, décrochant 29 points ainsi que deux podiums.

 

Hans-Joachim-STUCK-à-ses-débuts-en-monoplace-©-Manfred-GIET

Hans-Joachim-STUCK à ses débuts en monoplace-©-Manfred-GIET

 

Malheureusement STUCK dut se rendre à l’évidence et à contre-cœur que sa stature avec son 1,94 mètre, était quelque part incompatible avec l’étroitesse des cockpits des monoplaces à cette époque, ce qui  rendait le pilotage inconfortable au point de devoir couper la pointe de ses bottines de courses, afin de pouvoir caser ses longues guiboles dans les cockpits étriqués d’une F1 ou d’une F2 et qui en cas de choc frontal, lui aurait assurément occasionné des blessures irréversibles aux jambes!

 

TOUCHE À TOUT !

H-j-STUCK-DRM-1980-©-Manfred-GIET

H-j-STUCK-DRM-1980-©-Manfred-GIET

 

Une fois passé la déception de cet épisode « monoplace », « Strietzel » s’orienta ensuite exclusivement vers les voitures de Sport, GT, Procar, Tourisme et IMSA-GTO, où ses prestations ne passérent pas inaperçu et qui en firent un véritable fer de lance pour tout patron de Team, au point de devenir pilote d’usine chez PORSCHE, pour piloter les fameuses 956.

La suite de sa carrière se résume à un long fleuve tranquille de succés et de titres et où il enfila les victoires comme des perles…

 

Hans-Joachim-STUCK-24-Heures-du-Mans-1986-Victoire-aux-cotes-de-Derek-BELL-et-Al-HOLBERT-©Manfred-GIET

Hans-Joachim STUCK-24 Heures du Mans 1986-Victoire aux cotés de Derek BELL et Al HOLBERT-©Manfred-GIET

 

Que ce soit dans des épreuves aussi renommées que Le Mans, Sebring, Nürburgring, Spa-Francorchamps ou les Championnats US (TRANSAM – IMSA – GTO) STUCK était devenu un ogre de la victoire et entre-temps aussi véritable Ambassadeur AUDI aux États-Unis,  ou « AOHDI », comme disaient les Américains, dominait la scène grâce au « double mètre » Bavarois.

 

H-j-STUCK-Porsche-Supercup-924-en-1988-à-Spa-©-Manfred-GIET

H-j-STUCK-Porsche Supercup 924 en 1988 à Spa-©-Manfred-GIET

 

Durant la dernière décade de sa carrière, Hans alterna régulièrement les montures, passant de BMW, à PORSCHE, ou vice-versa et ce sans pourtant altérer sa soif de vaincre qui l’anima tout au long de sa carrière car un Team-manager  qui avait STUCK dans ses rangs, ne devait pas attendre longtemps pour voir son investissement rentabilisé.

À partir de 2007, STUCK se rendit à l’évidence qu’à 56 ans, l’avenir était hélas maintenant derrière lui et qu’il était temps de rétrograder de vitesse…

Son expertise, sa volubilité et son franc parler l’amenèrent alors vers la toile où il commenta durant un an les GP de F1 pour une chaîne TV Allemande, jusqu’à son grave accident, lors d’une pige au Nürburgring, où il échappa de justesse à la paralysie !

Ses dernières empreintes sportives, il les laissa finalement chez VW, firme pour laquelle, il disputa les 24 Heures du Nürburgring en 2008, en mettant ses qualités de metteur au point au service de la marque, afin de peaufiner la nouvelle Scirocco de compétition ainsi que chez la cousine AUDI, où il contribua également en 2009, à développer la nouvelle R8 LMS sur laquelle il remporta d’ailleurs la seule victoire de la saison lors d’une épreuve d’endurance VLN au… Nürburgring !

En 2011, il tira un trait final à sa brillante carrière en disputant les 24 Heures du Nürburgring sur une LAMBORGINI GALLARDO du Team REITER, associé à ses deux fils, Ferdinand et Johannes, ainsi qu’au chevronné Dennis ROSTEK, terminant 15ème au classement général.

 

Stuck-Shadow-DN9-GP-de-Belgique-à-Zolder-en-1978-©-Manfred-GIET.

STUCK au volant de la Shadow DN9 au GP de Belgique à Zolder en 1978-©-Manfred-GIET.

 

La boucle était ainsi bouclée, là où tout avait commencé pour lui en 1969, sur ce même circuit  tracé au cœur des monts de l’Eiffel, le bon vieux Nürburgring et en présence également de son paternel à l’époque.

Depuis, en plus de son rôle de Président du DMSB et d’Ambassadeur VW, Hans-Joachim chapeaute les carrières sportives en sport automobile de ses deux ‘rejetons’, Johannes et Ferdinand, qui en prenant le sillage de leurs illustres père et grand-père, savent qu’il sera difficile de faire mieux qu’eux !

A signaler encore comme anecdote, que Hans-Joachim STUCK, durant quatre décennies aura roulé pour tous les grands constructeurs Allemands que sont, AUDI-BMW-OPEL-PORSCHE et VW et que la seule marque manquante à son tableau de chasse, reste la marque à l’étoile, MERCEDES, ce qui peut paraître bizarre surtout que son célèbre casque, orné d’étoiles, a été un véritable appel du pied pendant 40 ans !

Happy Birthday Hans!

 

Manfred GIET

Photos : Publiracing Agency

H-J-STUCK-Zolder-1979

H-J-STUCK au GP de BELGIQUE  à Zolder en 1979

H-J-STUCK-ITCC-International-Touring-Car-Championship-Opel-Team-Rosberg-©-Manfred-GI

H-J-STUCK-ITCC-International Touring Car Championship-avec l’Opel du Team Rosberg-©-Manfred-GI

H-J-STUCK-Audi-Quattro-90-DTM-1990-Champion-©-Manfred-GIET

H-J-STUCK-Audi Quattro 90.  Sacré Champion DTM en 1990-©-Manfred-GIET

 Hans-Joachim-STUCK-Brabham-BT-45-B-1977-©-Manfred-GIET


Hans-Joachim-STUCK-Brabham BT 45 B en 1977-©-Manfred-GIET

H-J-STUCK-24-H-Spa-1984-décolle-des-4-roures-dans-le-raidillon-sur-sa-BMW-635-CSI-©-Manfred-GIET.

H-J-STUCKaux 24 Heures de Spa 1984, décolle des 4 roues dans le raidillon avec sa BMW 635 CSI-©-Manfred-GIET.

H-J-STUCK-1980-BMW-320i-©-Manfred-GIET

H-J-STUCK- En 1980-avec la BMW 320i-©-Manfred-GIET

H-J-STUCK-et-Nelson-PIQUET-1000-Km-du-Nürburgring-sur une-BMW M1-©-Manfred-GIET

H-J-STUCK avec Nelson PIQUET aux 1000 Km du Nürburgring inscrits sur une BMW M1-©-Manfred-GIET

 

H-J-STUCK-et-son-fils-Johannes-©-Manfred-GIET.

H-J-STUCK-et-son-fils-Johannes-©-Manfred-GIET.

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