LIVRE : L’OR DU CONTINENTAL CIRCUS, LE SUBLIME NOMADE’S LAND DE « BUBU » ET BEAU

CONTINENTAL CIRCUS 3D ouvert bandeau - copie
SUR CETTE PHOTO DE FRANÇOIS GOMIS, FRANÇOIS BEAU EST A GAUCHE. AVEC BOULMÉ, FERNANDEZ, PHILIPPE MICHEL,

Sur ce doc de l’ami François GOMIS, François BEAU est le premier à gauche à côté de BOULMÉ, de FERNANDEZ, et des deux Philippe MICHEL et BARRET

 

Un cadeau de noël original et peu cher ?

Voici un bouquin, format dit «  beau livre »,  commis par deux  connaisseurs et experts du Continental Circus, Jacques Bussillet dit « Bubu » et François Beau, photographe symbole de cette période.

Le nom du bouquin : L’Âge d’or du Continental Circus.

Le prix, 40€ c’est donné et pourtant c’est de la balle !

Le Circus c’est le monde du championnat du monde de vitesse moto raconté par nos deux héros de 1958 à 1985.

 

"BUBU ALIAS JACQUES BUSSILLET

« BUBU  » alias  Jacques BUSSILLET

 

L’histoire est vue à travers le vécu de Bussillet, collégien dans l’Ain et sautant les barrières pour aller voir les courses sur le circuit de Bourg en Bresse, idolâtre désargenté du sport et donc apôtre de la débrouille pour suivre ensuite le mondial.

Pourquoi ce nom, Continental Circus?

Parce que les GP du championnat du monde (nés en 1949)  se déroulaient exclusivement en Europe, majoritairement en dehors de l’Angleterre et chez les Gotons, ce qui n’est pas sur leur île s’appelle « Continental ».

Le « Circus », c’est aussi la guerre, en particulier aérienne, en tout cas c’est le surnom qui lui a été donné par les aviateurs anglais, d’où le titre phare du chasseur des FAFL Pierre Clostermann, « Le grand cirque »…

 

 

Le Circus, Jacques Bussillet dit « Bubu », à l’instar d’Obelix, mais sans l’embonpoint, est tombé dans sa potion magique tout petit.

Un jour, il a rencontré François Beau sur un circuit, qui, lui, avait les moyens d’aller de GP en GP en auto, parfois dans la … Rolls de .. Gilles Gaignault, et qui l’a fait entrer dans différents journaux et la grande histoire est partie…

J’ai connu Jacques et François quand je suis entré en presse moto, bien plus tard qu’eux, mais je n’ai jamais connu leurs galères de transport !

 

 

Je suis un adorateur de François Beau (et des photographes de l’époque en général), j’ai été un adversaire acharné de Bussillet dans la guerre Moto Revue-Moto Journal, nous n’avons toujours pas la même analyse de la vie et encore moins de la course, mais je ne connais pas de meilleur connaisseur que lui quand il s’agit du Circus.

Et il est m’est donc facile d’affirmer que j’ai adoré ce bouquin, et ce pour plusieurs raisons.

Bien sûr, c’est à la fois une autobiographie et un ouvrage d’historien.

 

 

 

 

On peut penser qu’on s’en fout de la vie de jeune garçon de « Bubu ».

Que ses conquêtes féminines à l’occasion des GP dans le nord de l’Europe (Suède-Finlande) ne regardent que lui.

Que ses copains sud amerloques toqués de Che Guevara sont « has been »…

Pourtant c’est du petit lait.

Ces rappels sont indissociables d’une époque où l’on vivait autrement  et le Circus est l’acmé de la vie aventureuse, du voyage, de la découverte, d’une superbe communauté, mot si peu à la mode aujourd’hui et tellement génial à vivre à l’époque.

Certes, il y avait la mort chaque week end, mais c’est toujours vivre libre, rends toi compte lecteur, une époque où l’on avait le droit de fumer, même des trucs exotiques, le droit de b…, et même le droit de se tuer et d’être heureux deux secondes avant !

 

 

 

J’aurais pu intituler cette critique « La mélodie du bonheur » mais justement, il y avait chaque week end ou presque un mec qui mourait.

Les photos de François Beau racontent elles-aussi une histoire, un peu différente de celle de « Bubu », parce que quand on voit sur quoi montaient les mecs, avec quels équipements et que les GP, Agostini m’a parlé de ça un jour, se disputaient en ville, avec de temps en temps une botte de paille devant un angle de maison, cela explique cette sorte de nonchalance par rapport à la mort.

Et puis il y a la vraie histoire du Circus.

Une époque où les pilotes n’avaient pas un rond, prenaient leur « prize money », leurs primes d’arrivée, qui leur permettaient de faire le plein pour aller au prochain circuit…

Les organisateurs ne leur donnaient que le strict minimum pour que les lignes de départ soient pleines…

C’était la guerre parfois pour obtenir un engagement!

Oui, aujourd’hui où les pilotes de tête de grille sont milliardaires à 22 ans, où les pilotes derrière râlent parce que leur moto compé-client rame, où des pilotes passent d’une usine à l’autre pour de grosses questions de pognon, on n’imagine pas ça.

C’était pourtant ainsi de 1958 à 1985, et en à peine trente ans, on est passé de l’âge du Cheval de fer aux chevaux de feu.

« Bubu » nous emmène vivre dans le paddock avec l’inoubliable pilote Australien Jack Findlay, vivre chez Mike ‘the bike’ le grand Hailwood, partager les joies et les peines de Barry Sheene, star météoritique du Circus…

 

 

Il nous emmène dans toute l’Europe avec ses héros.

Il nous présente parfois au détour d’une photo un pilote dont on n’a jamais entendu parler et qui est mort dix minutes après la photo… François Beau, lui, recréée l’univers démentiel des circuits d’alors, en rase campagne avec du public en bordure de route, en pleine ville, le long des rails sur d’autres tracés.

 

 

J’ai particulièrement aimé ce qui se passait en ex Allemagne de l’Est, avec passages de frontière façon mur de Berlin, public qui se fait em… à longueur d’année par les Vopos (Police dire populaire) et qui peut enfin se marrer.

Il se déplace en quantités innombrables sur ce qui est alors et est encore aujourd’hui le Sachsenring, près de Karl Marx Stadt…

 

 

La ville a changé de nom, aujourd’hui c’est Chemnitz, pas le circuit…

Bravo « Bubu », bravo François, non seulement on apprend plein de choses, on découvre une autre façon de vivre, mais surtout, pour un ouvrage qui est une bible, on ne s’emmerde pas une seconde à le lire et à se repaître des photos, c’est simple mais tellement rare !

Le livre est vendu avec un DVD.

Il est préfacé par le Roi « Ago », l’immense Giacomo Agostini.

Comme nous le rappelle Gilles Gaignault, encore et toujours détenteur du nombre de victoires en Grands Prix avec 122 succès et également du nombre de titres de Champions du Monde en totalisant 15!

Apprendre d’où viennent nos rêves, c’est un rêve non ?

Il existe le rêve…

198 pages, 350 photos, un bonheur…

GM Editions , 103 rue Vaugirard 75006 Paris

Contact edidtionsgm@gmai.com

Vente à la FNAC et disponible sur fnac.com

J’ajoute un petit mot après parution de ce papier, j’ai enfin eu le temps de regarder le CD qui est vendu avec le bouquin, c’est en anglais sous titré, donc pas de problèmes pour ceux qui n’entendent point l’anglois, sur l’histoire de la compète moto, avec de très grands moments vécus au TT de Man. C’est de la balle aussi, hallucinant de voir où les mecs roulaient à plus de 160 de moyenne! Bref l’ensemble bouquin plus CD c’est un grand moment… 

Jean Louis BERNARDELLI

Photos : EDITEUR, ARCHIVES  et ANTOINE BERNARDELLI

 

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