JEAN LOUIS SCHLESSER : TRAVERSER DES DUNES OU DE GRANDS ERGS EST UN VÉRITABLE ART DE CONDUITE…

 

Les grands rallyes africains pointent à l’horizon.

Le Maroc d’abord, où Peugeot aimerait semble-t-il faire rouler Loeb.

Puis l’Africa Race, le summum, sur les traces du (vrai) Paris Dakar, qui partira de Monaco  le 27 décembre.

Les organisateurs sont très enthousiastes, le Maroc annonce des chiffres colossaux de concurrents au départ.

Jean Louis Schlesser a appris par notre confrère Philippe Janssens que vu l’annulation de la partie péruvienne du rallye sud américain organisé de façon très commerciale sous l’appellation « Dakar », le team Hollandais De Rooy pourrait engager ses camions à l’Africa Race.

L’occasion de faire le point.

Jean Louis nous explique d’abord quels sont ses rêves, pourquoi il organise l’Africa Race.

«  D’abord je participe à cette organisation parce que l’Afrique est un continent très cher à mon cœur. Les pays que nous traversons, le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal, m’ont demandé d’organiser un événement unique chez eux et c’est le point de départ de l’Africa Race en 2009. Pour l’édition 2016, nous avançons d’un grand pas avec le départ qui aura lieu à Monaco, un endroit mondialement connu dans le domaine des sports mécaniques. »

 Quand on parle d’Afrique, on évoque bien sûr les plus belles dunes au monde…

La Mauritanie est évidemment un moment phare de la course.

 

 

« Traverser les dunes ou les océans de dunes, les ergs, ce n’est pas à la portée du premier venu ! Toutes les belles histoires de rallyes raids se sont déroulées dans les dunes, quand les vrais pilotes et copilotes pouvaient y faire la différence. Malheureusement, aujourd’hui, certains équipages n’aiment pas ça, se battre avec les dunes Ils préfèrent les pistes roulantes. Faciles en fait. Il ya une autre particularité en Afrique, la navigation y est très importante, qui impose un vrai travail d’équipe dans l’auto, pilote et copi-, dans l’idéal, ne font plus qu’un. Là, dans les dunes, on peut doubler sans problème, sans être tout le temps bloqués dans la poussière du mec qui est devant. L’espace infini est inscrit dans l’ADN du rallye raid et l’Afrique offre tout ce qui est idéal dans ce domaine ».

L’annulation de la partie péruvienne du « Dakar » ?

 

 

« Je suis désolé pour les équipages qui aiment les dunes et les conditions de pistes difficiles. Et cela concerne particulièrement les camions, parce que pour un pilote de camion, une course est d’abord un grand moment de plaisir, et puis traverser les dunes ou les ergs c’est aussi un art de pilotage. Qui plus est, dans les dunes, un camion peut aussi faire un superbe résultat au général, voire gagner une spécial, voilà ce qui fait que les dunes c’est vraiment leur truc, encore plus que dans les autres catégories !

 

 

 

Alors du coup, l’Africa Race les intéresse forcément !

«  Le nombre de participants n’a jamais été notre but ni même notre priorité. De toute façon, pour garder intact l’esprit de cette course, nous pourrions aller jusqu’à refuser des inscriptions ! Je crois que ceux qui aiment les défis viendront courir l’Africa Race, le Monaco-Dakar. Le problème est qu’aujourd’hui, il y a un paquet de coureurs qui ne savent pas vraiment ce qu’étaient ces courses en Afrique dans le passé. Ce que je veux dire c’est qu’à l’époque, les pilotes confirmés adoraient les grosses difficultés. C’était là que se faisaient les différences et donc les résultats. Aujourd’hui, on trouve en rallye raid des pilotes qui  font des longues spéciales style WRC,et pensent que c’est le top mais vraiment ça ne le fait pas »

La vraie vie expliquée par un géant du pilotage, que ce soit sur bitume, sur terre ou saur sable d’ailleurs, c’est un joli moment.

Merci à Philippe Janssens de nous avoir fait passer cet entretien.

Au fait, à propos de cette épreuve sud américaine qui n’a rien, mais vraiment plus rien à voir avec le Dakar dont elle garde juridiquement (et jalousement!) le nom, on a appris de notre envoyé spécial en Chine, qui suit en ce moment le China Grand Rally d’Hubert Auriol, que la TV publique chinoise CCTV, qui représente cinquante chaînes à elle seule, ne suivrait plus ce Dakar sud américain.

Un milliard de téléspectateurs en moins, ça fait tâche…

  

 

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR PHILIPPE JANSSENS

ÉLÉMENTS AJOUTÉS JEAN LOUIS BERNARDELLI

PHOTOS DESERT RUN/ ALAIN ROSSIGNOL/ JORGE DA CUNHA 

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