AU VOLANT DU NISSAN JUKE R 2.0 SUR LA PISTE DE MORTEFONTAINE

Nissan Juke R2.0 - Impressionnant en le regardant et diabolique au volant - Photo Patrick Martinoli

 

 

 Nissan Juke -Rabelé, surbaissé, élargi, une physionomie bestiale et attirante - Photo Patrick Martinoli.


Nissan Juke -Rabelé, surbaissé, élargi, une physionomie bestiale et attirante – Photo Patrick Martinoli.

 

Une journée très Juke sur la piste et l’anneau de Mortefontaine.

Décidément, Nissan France, n’est pas à court d’idée. Après nous avoir proposé de monter le célèbre et très sélectif Turini, avec les Juke Nismo RS développant tout de même plus de 210 ch en juin dernier ; après avoir présenté sa Pulsar GT de 190 ch à Strasbourg, histoire de nous envoyer sur les autoroutes allemandes où règne un esprit de liberté, coté limitation de vitesse, voilà que nous sommes conviés à prendre le volant du plus terrible de ces crossover urbains, le fameux Juke R 2.0 et ce sur l’anneau de Mortefontaine pour nous donner un réel aperçu de ses performances…

Mais nos amis,  Greg Nève et Alain Lemeur, qui s’occupent tous deux des relations presse, ont une fois de plus organisé un évènement ludique et compétitif.

 

 Nissan-Juke-Une-journée-très-Juke-Photo-Patrick-Martinoli


Nissan-Juke-Une journée très Juke-Photo-Patrick-Martinoli

 

Six ateliers, tous permettant de mettre en avant les qualités des Juke, nous étaient proposés, avec un classement à la clef, le Juke Challenge!

Les journalistes automobiles, on vous le dit souvent, ne font pas des métiers faciles !

Nous avons pu ainsi comparer sur piste arrosée, la motricité des Juke Nismo RS à boîte mécanique équipé d’un différentiel autobloquant et à boite automatique et quatre roues motrices.

Ils nous ont entrainés à faire du drift avec une Juke dont les pneumatiques arrières étaient recouverts d’une enveloppe en plastique pour provoquer d’ahurissantes glissades – ce qu’il faut faire – et un festival de têtes à queue – ce qu’il ne faut pas faire -.

 

 Nissan Juke -Séance de drift avec un modèle diésel... Pas si facile - Photo Patrick Martinoli..


Nissan Juke – Séance de drift avec un modèle diesel… Pas si facile – Photo Patrick Martinoli..

 

Nous avons parqué un Juke dont toutes les vitres avaient été opacifiées uniquement à l’aide des caméras et du système de vision 360° au tableau de bord… et ça marche.

Nous avons pu vérifier sur un parcours chronométré qu’un Juke 115 ch permet déjà de bien s’amuser lorsque l’on n’est pas pilote professionnel.

 

Nissan Juke R2.0 - Impressionnant en le regardant et diabolique au volant - Photo Patrick Martinoli

Nissan Juke R2.0 – Impressionnant en le regardant et diabolique au volant – Photo Patrick Martinoli

 

Et enfin, ’at last but not the least’, nous avons pu prendre le volant d’un des deux uniques exemplaires du Juke R 2.0 construits par RML (Ray Mallock Limited), préparateur réputé outre-manche, demeuré célèbres pour ses performances aux 24 Heures du Mans en LMP2, en BTCC anglais et aussi et surtout en WTCC avec les Chevrolet Cruze, quatre fois titrées Championnes du Monde.

RML avait déjà eu envie de mélanger Juke et GT R il y a plus de trois ans, sous forme d’un Juke R (à postériori appelé 1.0) de 485 ch.

Les deux partenaires, RML et Nissan, ont donc récidivé avec ce Juke R2.0, pour célébrer avec fun le cinquième anniversaire du crossover urbain. Il s’agit d’un engin très particulier : on a greffé sur un Juke un ensemble moteur/boîte/transmission/suspensions et roues de GT R.

Le V6 biturbo délivre 600 ch et 651 Nm de couple, la boîte est à six vitesses automatiques avec palettes de reprise en manuel, la boîte transfert et le différentiel, sont reporté à l’arrière et entrainés par un arbre de transmission à grande vitesse, tandis qu’un deuxième différentiel à l’avant entrainé par un deuxième arbre de transmission à vitesse de rotation lente.

 

Nissan-Juke-R2.0-Au-chausse-pied-le-V6-bi-turbo-et-encore-il-a-fallu-agrandir-la-boite-à-chaussure-Photo-Patrick-Martinoli.

Nissan-Juke-R2.0-Au chausse pied le V6 bi-turbo et encore il a fallu agrandir la boite à chaussures Photo-Patrick-Martinoli.

 

Il a fallu caser tout cela dans le volume du Juke, restylé il y a un an : les places avant ont été reculées pour permettre un déplacement vers l’arrière de 115 mm de la cloison pare-feu, volume du moteur 6 en V longitudinal oblige par rapport au 4 cylindres transversal.

Les places arrière ont été tout bonnement supprimées par manque d’espace aux jambes et en raison de la quantité d’équipement ne tenant plus sous le capot qu’il a fallu renvoyer à l’arrière.

Cela donne un engin terriblement agressif visuellement, dont les équipements aérodynamiques renforcent le côté bestial : deux volets au-dessus du hayon, combinés à un traitement hélas un peu masqué à l’avant, ont été réglés en soufflerie pour donner une balance neutre à la voiture à haute vitesse.

Un deuxième réglage permettrait de donner un peu plus d’appui sur le train arrière si cela était nécessaire. Les passages de roues élargis sont en carbone. Les roues de 20’’ sont équipées de pneumatiques de 255 à l’avant et 285 à l’arrière.

 

Nissan-Juke-R2.0-De-bons-baquets-et-des-harnais-pour-faire-corps-avec-lauto-Photo-Patrick-Martinoli

Nissan-Juke-R2.0-De bons baquets et des harnais pour faire corps avec l’auto -Photo-Patrick-Martinoli

 

A bord, c’est une atmosphère course. Un imposant arceau ne facilite pas l’accès. Pourtant il n’est pas là pour la sécurité, mais a été calculé pour retrouver sur le Juke R la même rigidité châssis que sur la GT R Nismo.

Les baquets Reccaro enveloppent bien et on fait corps avec la machine, une fois bien sanglé par le harnais quatre points. Le tableau de bord reprend le design de celui du Juke classique, mais on y trouve plus de cadrans de contrôle à droite du compteur de vitesse. Et ce qui manque est renvoyé sur l’écran numérique habituellement dévolu au GPS.

Nissan avait prévu de nous offrir trois tours de l’anneau de vitesse de Mortefontaine, avec un test de reprise de 150 à 220 km/h. Pour éviter de nous lâcher directement sur cet anneau, trois tours au préalable étaient prévu avec un Juke Nismo RS et un test de reprise de 80 à 150 km/h.

Rouler sur un anneau est toujours impressionnant. D’autant plus qu’il tombait des cordes lorsque nous fûmes invités à prendre le volant. L’entrainement prévu avec Nismo était le bienvenu.

 

 Nissan-Juke-R2.0-A-lassault-de-lanneau-de-la-piste-de-MORTEFONTAINE-sous-une-pluie-battante-Photo-Patrick-Martinoli


Nissan-Juke-R2.0- A l’assaut de l’anneau de vitesse de la piste de- MORTEFONTAINE et sous une pluie battante-Photo-Patrick Martinoli

 

L’entrée sur la piste se fait après un Stop. On lance la voiture sur le plat et on monte rapidement sur la première voie de l’anneau qui accepte les voitures jusqu’à 120/150 km/h. Après le test de reprise et avoir bien regardé dans les rétroviseurs, clignotant à droite et on grimpe d’un ‘step’ sur l’anneau pour croiser aux environs de 180/190 km/h. Les sensations commencent à évoluer.

La voiture est calée sur ses suspensions, dans un réel confort. Seul le passage dans le premier virage en banking provoque quelques soubresauts dus au revêtement. Le deuxième virage banking est lui parfaitement lisse. Il suffit de bien maintenir son volant, en position quasi droite, sans se crisper et on déroule les km.

Et le corps, bien maintenu dans les baquets ne semble pas souffrir de l’inclinaison. Finalement, le plus impressionnant, c’est de regarder loin la route dans l’angle supérieur gauche du parebrise.

 

Nissan-Juke-R2.0-Chaque-moteur-est-signé-du-nom-de-l-un-des-4-montyeures-dans-le-monde-habilités-a-assembler-le-V6-biturbo-Photo-Patrick-Martinoli

Nissan-Juke-R2.0-Chaque-moteur-est-signé-du-nom-de-l-un-des-4-montyeures-dans-le-monde-habilités-a-assembler-le-V6-biturbo-Photo-Patrick-Martinoli

 

Quand on passe sur le  Juke R 2.0, changement d’ambiance. On est sanglé à bord par le harnais et on ne peut plus bouger que les bras et les pieds. Les jambes sont beaucoup plus repliées que sur la version Nismo et les pieds décalés à gauche, en raison du volume réservé au V6 biturbo. L’ambiance sonore est particulièrement agréable… un feulement grave et rauque à la fois. Pas d’embrayage, la boîte est automatique, mais on peut passer les vitesses avec des palettes au volant. Le démarrage est facile, comme sur une voiture de série Après le Stop d’accès on se lance sur l’anneau. Il pleut toujours et la buée envahi un peu le cockpit : c’est ça les prototypes, la climatisation est supprimée !

Rapidement on monte sur la deuxième ligne pour faire le test d’accélération. À ces vitesses-là, rien ne bouge. Pas d’amorce de patinage alors que la piste est détrempée et que la poussée est particulièrement vive. On passe rapidement sur la troisième voie. On accroche rapidement le 235 km/h (on avait en principe droit qu’à un petit 220 !). L’angle du banking est impressionnant et il faut penser à lever le pied en fin de virage lorsque l’on revient sur le plat, car on est… en descente. Puis à réaccélérer pour aborder le banking suivant, qu’il faut… escalader en quelque sorte! Et malgré tout, on a l’impression de ne pas dépasser 20% de la course de la pédale d’accélérateur. La vitesse de pointe de l’engin doit être diabolique. Le compteur est gradué jusqu’à 220, mais il s’agit de miles per hour, soit pas loin de 340 km/h !

L’écran central permet d’avoir une lecture numérique en kilomètres par heure.

 

Nissan-Juke-R2.0-Les-curieux-deux-volets-arrière-contribuent-à-léquilibre-aérodynamique-du-Juke-R-Photo-Patrick-Martinoli.

Nissan-Juke-R2.0-Les-curieux-deux-volets-arrière-contribuent-à-léquilibre-aérodynamique-du-Juke-R-Photo-Patrick-Martinoli.

 

Hélas le tour de manège dure trop peu, et il faut passer au petit parcours mis en place sur l’aire plane au pied de l’anneau, dont nous pourrons couvrir un tour de reconnaissance suivi de deux tours lancés.

Mais on passe au préalable par la case stand pour… remettre du produit antibuée à l’intérieur du parebrise.

Deux petites lignes droites nous permettent de tester les accélérations. Le calculateur répartit la puissance entre les trains avant et arrière en favorisant le train arrière qui peut varier de 50 à 100%, le train avant agissant lui de 0 à 50%. Ainsi, sous la pluie, la motricité est diabolique et l’on  peut lâcher les 600 ch même si notre instinct de conservation nous dit, sans réelle raison tant les limites de l’engin sont loin, de ne pas trop en faire. Et cela pousse dans le rugissement rageur du V6.

Le freinage est assuré par quatre énormes disques et des étriers à 6 pistons à  l’avant et  4 à l’arrière. La puissance de décélération est impressionnante, mais gare aux blocages de roues en fin de freinage, quand la vitesse de rotation des roues a bien diminuée, à l’approche de l’épingle.

Réaccélération vive dans la courte deuxième ligne droite pour aborder une série de virages moyens dans lesquels la suspension peut sembler finalement un peu souple dans les changements d’appui.

Mais les trajectoires impulsées au volant sont fidèlement suivie par les efficaces trains roulants.

Puis on termine le parcours par un grand 180° à gauche qui ramène à la ligne droite de départ. Et c’est dans cette courbe que le Juke R semble le moins à l’aise sous la pluie battante. Le train avant glisse beaucoup, et mon peu d’expérience m’a incité à ne pas trop tenter de le combattre avec l‘accélérateur ou les freins (ou les deux en utilisant le pied gauche ?) comme pourrait le faire un rallyman. Et les capacités de l’engin vont bien au-delà de celle de son conducteur (on ne peut pas parler de pilote !) d’un jour.

Le Juke R pourra être produit à l’unité pour les quelques clients fortunés qui en feraient la demande.

Dix-sept (et pas un seul en France !) avaient acheté la version 1.0 de ce SUV urbain de course (mais pas celles faites au supermarché). En attendant cette version 2.0 reste un véritable prototype routier, à la puissance enthousiasmante, au bruit fabuleux et au comportement, disons, accessible aux amateurs éclairés.

Pour preuve, le moniteur-pilote qui accompagnait les journalistes disposait d’une pédale… de frein en cas de difficulté et n’a pas eu à en faire usage. Ce n’est pas tous les jours que l’on dispose de 600 ch, sous la pluie, même si les 4 roues motrices permettent de donner au Juke R un semblant… d’R (air) civilisé !

 

Texte et photos :  Patrick MARTINOLI

 

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