RALLYE DU MAROC: ALAIN ROSSIGNOL, LA COURSE DE DÉSERT DEVIENT UN ART

 

C’est un des plaisirs que l’on peut s’offrir quand on a un peu de temps, qu’il n’y a pas un GP moto le jour d’un WSBK, d’un GP F1 et de quatre courses majeures aux USA…

Chercher les bijoux dans les collections d’Alain Rossignol est un bel exercice mais long, il y en a des milliers!

Comme une sorte de Bibliothèque d’Alexandrie à visiter en entier pour en tirer la substantifique moelle…

 

 

Un artiste, un peintre même, car Alain a retrouvé sur certaines photos l’art du « Chiaro Scuro » de Léonard de Vinci, le fameux clair obscur.

Il est journaliste aussi à à « Action 4X4 », un confrère papier qui fait des reportages sublimes.

Vous le voyez ci-dessous, il arrive même à faire chanter les dunes…

 

 

Non seulement il fournit des photos aux organisateurs, aux concurrents, à autonewsinfo, mais il fait aussi le boulot d’infos du jour, artiste mais journaliste aussi!

Il n’hésite pas à se déplacer, après une longue journée à crapahuter dans le sable et à se faire raser la moustache par  des voitures et des autos et des camions et des SSV et que sais je encore…

 

 

A se faire pourrir de poussière parce que le bon angle de prise vues est dans le mauvais sens du vent…

 

 

Il n’hésite  pas comme c’était le cas lors du dernier rallye de Tunisie, dont nous n’avions aucune nouvelle car les bivouacs disposaient de connexions très approximatives,  à aller à la ville la plus proche  trouver un café, un restau, un hôtel, une société commerciale pour envoyer ses photos mais aussi des infos!

 

 

C’est carrément un trésor ce mec, un trésor d’ami avec qui je couvre de temps en temps une épreuve de désert, dont l’auto est un auditorium musical quand il n’est pas à plat ventre dans le sable pour shooter.

 

 

Combien de fois l’ai je appelé en plein milieu de nulle part pour lui demander ce qui se passe, ce qu’il voit, ce qu’il sait etc…

 

 

Au Maroc, en Tunisie, en Mauritanie, au Sénégal, en Égypte, en Russie, car il est l’homme de tous les déserts…

Et oui, des mecs comme ça  existe, et comme il a un talent fou, et un vrai amour du désert, il est une sorte de Saint Ex par l’image,  j’ai de temps en temps envie de me faire et de vous faire ce plaisir, une galerie, une expo en somme…

 

 

Regardez les plusieurs fois ces clichés, ils racontent souvent toute une histoire à eux tous seul.

Et comme dans les bons livres, les bons films, les bonnes musiques, à chaque fois on y découvre encore du nouveau.

 

 

Un trésor, pas d’autre mot…

Je ne peux pas dire qu’il est indispensable, d’abord ce mot fait un peu rasoir mécanique ou chasse neige, et puis le dicton dit des trucs désagréables sur les gens indispensables.

 

 

En revanche, il est le mec qu’il faut rencontrer, il est l’artiste que le désert est content d’avoir connu, et moi, quand je suis avec lui, c’est simple, je suis comme devant le Mont Blanc vu du Brévent, je me demande si ça existe vraiment…

 

 

Le truc le plus étonnant, j’en sais quelque chose pour avoir aussi bossé avec des (soi-disant) artistes, il sait tout de suite où il faut s’installer, il change d’angle juste pour ne pas donner la même action dix fois de suite.

 

 

C’est un truc que j’ai retrouvé chez les vrais grands de la photo de sports mécaniques, un truc qui passe pour de la facilité et qui est en fait un métier et un talent.

 

 

Il est également capable de rouler 200 km de piste dès 4 heures du matin pour trouver le bon endroit, trouver le raccourci pour reprendre tout le monde plus loin, recommencer trois ou quatre fois la manip, puis reprendre le manche pour rentrer en bout de spéciale, trouver du réseau, trier, envoyer à qui de droit.

 

 

Ces centaines de km qu’il faut avaler, trous, bosses, poussière compris mais aussi parfois petite bouffe dans un restau de rue qui vous laisse des souvenirs pour mille ans.

 

 

Mais ces liaisons-là, fatigantes, voire épuisantes, ne sont jamais fastidieuses car Alain est une bible qui raconte des trucs géniaux sur tous ceux qu’il a connus dans le désert.

 

 

Et puis il y a cet amour intense de la musique, nous avons quelques frissons en commun, JJ Cale (on prononce « djeïye djeïye » merci, pas djidji comme tous ces crétins d’animateurs), Dylan, les Stones mais seulement à telle époque, Chris Rea et des tas de mecs géniaux dont je n’ai parfois jamais entendu parler. Il a une expertise dingue dans ce domaine aussi. Nous avons partagé nos premiers émois au festival de l’Île de Wight, mais sans le savoir, nous nous sommes connus beaucoup plus tard!

 

 

Et enfin il y a la reconnaissance de ces centaines de pilotes, qui savent que s’il est là il n’y a pas de piège mais ça peut être beau, qui envoient le petit coup de klaxon qui va bien, la complicité d’Alain avec tous ces pistards est une chose délicieuse à vivre.

Et puis reste l’humour, un truc qui fait que même dans les galères, on croit à la vie.

Quand on fait de chaque photo un chef d’oeuvre, cette vie est une évidence.

Merci garçon…

JEAN LOUIS BERNARDELLI

PHOTOS ALAIN ROSSIGNOL/CAPTAIN NOWHERE

 

 

 

 

 

 

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