QUAND JEAN TODT PARLE DE LA F1 …

Bernie ECCLESTONE et Jean TODT photo Bernard BAKALIAN
Jean-TODT - Photo Thuerry COULIBALY

Jean-TODT – Photo Thuerry COULIBALY

 

Au milieu d’un bombardement de critiques, Jean Todt joue les Red Adair pour la F1

Les spectateurs, sur les circuits comme devant leurs écrans de télé, mais aussi les acteurs – pilotes et team managers – et même certains organisateurs… Plus que jamais, tout ce que le monde contient de passionnés du sport automobile et au-delà, se lamente et se plaint depuis le début de cette saison 2015 de Formule 1.

 

BERNIE-ECCLESTONE-en-colere

BERNIE-ECCLESTONE-en-colère et toujours bon pied, bon œil et à bientôt … 85 ANS en octobre

 

Bernie Ecclestone lui-même, sentant le désintérêt, n’est jamais le dernier à envoyer des scuds sur une discipline qu’il est pourtant chargé de promouvoir !

Sa dernière saillie en date, à propos des groupes propulseurs hybrides :

« C’est un produit merdique ! »

Il est vrai que son credo en matière de marketing a toujours été :

« Qu’on parle de la F1 en bien, qu’on en parle en mal, cela n’a pas d’importance. Ce qui compte, c’est qu’on en parle ! »

Pas faux, il faut l’admettre. Mais jusqu’à un certain point.

Devant cette litanie incessante de critiques, aux allures de bombardement orchestré de l’intérieur, le Président de la FIA, s’est lui, longtemps montré discret.

 

JEAN TODT

JEAN TODT

 

Apparemment, Jean Todt a jugé que l’incendie dans la maison Formule 1, se propageait trop sérieusement ces derniers temps et il vient de monter en première ligne, tel l’Américain Red Adair, le plus célèbre pompier du XXème siècle.  Lequel parvenait à stopper les incendies des derricks dans les puits de pétrole…

A sa manière actuelle, plutôt consensuelle, il invite ainsi ce cher Bernie à plus de retenue :

« S’il veut se plaindre, ce qui peut être fondé, il devrait le faire en interne, pas sur la place publique. »

Il est vrai que ‘Mr E’ a pris l’habitude, depuis l’élection de Jean Todt à la Présidence de la FIA, de marcher sans vergogne sur ses plates-bandes !

Max-Mosley lio auissi en son temps en colere-Congres-FIA-PHOTO-Bernard-BAKALIAN

Max-Mosley lio auissi en son temps en colère-Congrès-FIA-PHOTO-Bernard-BAKALIAN

 

Il est vrai aussi que la gouvernance de Jean Todt s’exerce très différemment de celle de son prédécesseur, le Britannique Max Mosley, lequel concentrait toute son attention sur la F1, dédaignant le rallye et l’endurance, tout en maniant la schlague en matière de décisions…

Il est vrai comme le rappelle gentiment l’ami Gilles Gaignault, qu’en son temps, ce même Mosley exerçait la profession… d’avocat et qu’il comptait parmi ses principaux clients, un certain Bernie Ecclestone et aussi naturellement la FOCA, l’association qui regroupait les écuries essentiellement les anglaises !

Ceci explique cela…

Dans sa volonté très louable d’appréhender sa mission sur le sport automobile dans sa plus grande globalité, le Président Français, a donc beaucoup plus partagé son temps entre ses différentes disciplines.

Avec succès, d’ailleurs, lorsqu’on constate aujourd’hui le renouveau de l’endurance, en particulier.

 

FORMULE-E-2014-PEKIN-ALEJANDRO-AGAG-le-promoteur-de-la-FORMULE-E-et-JEAN-TODT-le-PRESIDENT-de-la-FIA.

FORMULE-E-2014-PEKIN-ALEJANDRO-AGAG-le-promoteur-de-la-FORMULE-E-et-JEAN-TODT-le-PRÉSIDENT-de-la-FIA lance le Championnat du monde de Formule E

 

Il s’est aussi beaucoup investi dans la création de la Formule E, une autre réussite qui ne tardera pas à se développer.  N’en déplaise aux puristes, la Formule E est une discipline d’avenir, ne rejetant pas de CO2 !

Ainsi, sans la négliger, son empressement moindre auprès de la Formule 1, a ouvert la porte à l’interventionnisme de Bernie Ecclestone.

Une manière de boulet, dont Jean Todt tente aujourd’hui de scier la chaine à travers sa contre-offensive estivale.

Explications

Il s’agit de reprendre la main, au moins en partie, sur la F1, qui reste le joyau de la couronne, malgré tout. Le sport qui génère le plus d’argent, de marketing, de business, de retombées médiatiques.

 

Bernie ECCLESTONE et Jean TODT photo Bernard BAKALIAN

Bernie ECCLESTONE et Jean TODT photo Bernard BAKALIAN

 

La manière, en revanche, n’est pas forcément la plus habile. Lorsque Jean Todt prétend, à propos des maux actuels de la F1 :

« Je ne crois pas que nous faisons face à un cancer, mais plutôt à une migraine et nous devons trouver le bon remède pour la soigner », il ne fait rien d’autre que de la communication, selon l’école Ron Dennis !

Parce qu’il n’ignore rien de la gangrène qui s’est propagée…

Certes, son rôle n’est pas de jeter de l’huile sur le feu, mais si les remèdes apportés ne sont que quelques kilos d’essence autorisés en plus ou des ravitaillements en carburant, appliquer un cautère sur une jambe de bois aurait le même effet.

Dans la même veine, Jean Todt affirme que le pessimisme ambiant :

« Pourrait décourager les fans et les partenaires financiers… Cela découragerait également de nouvelles écuries potentielles, le manque d’harmonie faisant reconsidérer l’investissement. »

Autrement dit, l’immeuble est en feu, mais ne disons rien et restons groupés à l’intérieur…

Cela revient aussi à considérer que les fans et les partenaires financiers sont incapables d’évaluer eux-mêmes l’intérêt de la compétition actuelle.

Mais, ils le font naturellement et leur avis s’avère, hélas, négatif.

Les chiffres d’audience des télévisions en sont la preuve et ils s’entêtent à chuter régulièrement.

Finalement, cette apparente politique de l’autruche peut avoir des effets pervers. A savoir acérer le ressentiment du public en lui donnant le sentiment d’être assimilé à des jambons.

 

Bernie-Ecclestone

Bernie-Ecclestone

 

Par ailleurs, devant l’immobilisme des dirigeants et l’absence de fermeté dans les décisions, d’aucuns appellent justement l’autorité de référence, la FIA, a plus de vigueur.

Ce qui ramène à une autre position de Bernie Ecclestone, jugée extrémiste :

« La Formule 1 ne peut pas être une démocratie. Elle doit être gouvernée comme une dictature, sinon cela ne fonctionne pas. »

En effet, il ne s’agit pas, en l’espèce, d’une République peuplée de pauvres, mais d’un Royaume toujours très riche, dont les Princes ont tous des territoires et des intérêts personnels prioritaires.

Il sera éternellement impossible de les mettre d’accord, surtout s’il s’agit de partager… les trésors !

Seule méthode, gouverner en force, imposer des mesures auxquels tous se plieront, de bonne ou de mauvaise grâce.

Ce que Jean Todt répugne à faire, jusqu’à maintenant.

 

JEAN TODT Dircteur de la Scuderia et Lucas CORDERO di MONTEZEMOLO le patron de FERRARI

JEAN TODT Dircteur de la Scuderia et Luca CORDERO di MONTEZEMOLO le patron de FERRARI

 

Etonnant, si on compare à son passé de chef respecté et admiré, chez Peugeot et chez Ferrari !

Quoi qu’il en soit, l’avenir de la Formule 1 est en question. Sportivement, techniquement, économiquement – tant au niveau des équipes que des prix pratiqués pour le public – et médiatiquement, elle est un vaste chantier.

Jean Todt en est conscient et il a le pouvoir de lui redonner son lustre.

Mais il n’y a plus de temps à perdre.

Acceptera-t-il l’inévitable bras de fer ?

De sa décision dépend l’avenir de la F1, que Gilles Gaignault,  nomme ‘’ Un colosse aux pieds d’argile… ‘’

 

François DAURÉ

Photos ; Bernard BAKALIAN – Thierry COULIBALY et DR

 

 

Evenements F1 FIA Sport

About Author

gilles