F1. DECISION IMMINENTE DE CARLOS GHOSN : RENAULT VERS LA SORTIE DE PISTE ?

CARLOS GHOSN Circuit GP

 

 CARLOS-GHOSN-Président-du-Groupe-RENAULT-Photo-Gilles-VITRY-autonewsinfo

CARLOS-GHOSN-Président-du-Groupe-RENAULT-Photo-Gilles-VITRY-autonewsinfo

 

Renault vers la sortie de piste ?

Comme aime à le répéter parfois Gilles Gaignault ‘ Vas savoir Charles ‘’

Lorsque Carlos Ghosn parle, tout le monde écoute. Attentivement.

Le patron de l’alliance Renault-Nissan s’exprime rarement sur la F1, aussi ses propos tenus ce week-end à Londres, lors de la finale du Championnat du monde de Formule E, ont eu une vaste résonnance.

Parce que l’avenir de la marque Française dans la discipline-reine du sport automobile reste flou, au-delà du terme de son contrat avec l’écurie Red Bull Racing, fin 2016.

 

DIETER-MATECHITZ

DIETRICH  MATECHITZ -Photo RED BULL

 

Cette sortie Londonienne, bien orchestrée médiatiquement, survient une dizaine de jours après des propos extrêmement virulents de Dietrich Mateschitz, le big boss de Red Bull, à l’encontre de Renault :

 « En plus de prendre notre temps et notre argent, ils ont détruit notre plaisir et notre motivation… »

Un massacre à la tronçonneuse Autrichienne, pour le moins peu respectueux, vis-à-vis d’un partenaire qui lui a tout de même permis de conquérir huit titres mondiaux entre 2010 et 2013 !

Il a du oublier le fameux dicton:

« On gagne ensemble… on perd ensemble.»  

 

 CARLOS-GHOSN-le-patron-du-Groupe-RENAULT-avec-VETTEL-et-WEBBER


Quand tout allait bien et que RENAULT et RED BULL enquillaient les victoires et les titres mondiaux : CARLOS-GHOSN-le-patron-du-Groupe-RENAULT-avec-VETTEL-et-WEBBER – Photo  Bernard ASSET

 

L’intervention de Carlos Ghosn n’est donc pas fortuite. Et s’il n’utilise pas les armes du bûcheron de Salzbourg, il réplique non sans raison, sans concession, des paroles pleines de bon sens  :

« Je remarque qu’en F1, on oublie de vous citer quand on gagne, mais on vous pointe vite du doigt quand on perd… »

Depuis que le directeur de Renault F1, Cyril Abiteboul, entend les balles siffler autour de lui, c’est-à-dire depuis les essais d’avant-saison, jamais le Président n’était monté au créneau.

Là, il est clair, cela signifie halte-là, manants !

Ensuite, sans dévoiler l’orientation qu’il va choisir (a déjà choisi, sans doute), Carlos Ghosn donne des pistes.

Lesquelles correspondent, peu ou prou, aux interprétations données dans les médias depuis trois mois.

Ne restent, cependant, plus que deux options, la sortie définitive de la F1 et l’acquisition d’une équipe.

 

F1-2015-BARCELONE-TORO-ROSSO-et-RED-BULL RENAULT a-la-lutte

F1-2015-BARCELONE-TORO ROSSO et RED-BULL RENAULT a  la lutte- Photo PIRELLI

 

La fourniture de groupes propulseurs ne répond plus aux attentes de Renault aujourd’hui, dit-il :

« Je comprends qu’on puisse gagner ou perdre et que cela influe sur le retour que nous pouvons attendre de notre engagement et des investissements que nous consentons. Mais Renault est une équipe qui a largement contribué, et depuis longtemps, à assurer le show en Formule 1 et c’est quelque chose qui pourrait être mieux pris en considération. »

Là, se situe le nœud du problème. Dans l’hypothèse du rachat d’une équipe, cela ne concerne que Lotus, Sauber, Force India ou Toro Rosso.

 

PIERO-LARDI-FERRARI-a-la-droite-de-son-pére-ENZO-FERRARI-en-compagnie-de-JEAN-MARIE-BALESTRE-President-de-la-FIA-et-de-BERNIE-ECCLESTONE-le-patron-des-equipes-de-la-FOCA.

PIERO LARDI FERRARI, à droite de son père ENZO-FERRARI en compagnie de JEAN-MARIE BALESTRE-Président de la FIA et de BERNIE ECCLESTONE le patron des équipes de la FOCA. A l’origine des Accords Concorde   Photo Bernard BAKALIAN

 

Or, les revenus de la F1 sont déterminés depuis des lustres et l’instauration initiale des fameux ‘ Accords Concorde ‘ , de manière inique par la FOM et Bernie Ecclestone, autour d’un fameux Groupe Stratégique, sorte de cercle très privé, réunissant Ferrari, Mercedes, McLaren, Red Bull et Williams, qui s’arroge les plus grosses parts du gâteau.

Le seul moyen de bénéficier de revenus en rapport avec son investissement, serait donc, pour Renault, d’intégrer ce Groupe Stratégique.

Et là, aucune alternative : il faudrait nécessairement acquérir un de ses membres actuels.

De surcroît, les accords du groupe stipulent l’obligation de conserver le nom de l’entité achetée, au nom de la continuité historique du Championnat.

Quadrature du cercle pour Renault !

Donc, si Carlos Ghosn fait d’une redistribution des revenus une condition sine qua non, il va se heurter frontalement à Bernie Ecclestone et aux membres du Groupe Stratégique, naturellement peu partageurs.

Aussi puissant soit-il, le Président de Renault-Nissan ne peut pas gagner cette bataille.

Il le sait.

Et son propos

« … en F1, on oublie… » cité plus haut, souligne peut-être sa déception, son désintérêt pour une discipline qui ne lui rend que très peu, en regard des sommes investies.

Et pire, cette année, il ne récolte que moqueries, quolibets et l’image du Losange en est sérieusement entachée.

Alors, comment ne pas envisager vraiment un désengagement de la Formule 1 fin 2016 ?

D’autant que d’autres horizons mondiaux peuvent tenter Carlos Ghosn. Ceux, tout aussi technologiques et sportifs, de l’endurance, sans oublier la formule électrique.

 

 24-HEURES-DU-MANS-2015-PESAGE-7-juin-Equipe-NISSAN-Photo-Thierry-COULIBALY


24-HEURES-DU-MANS-2015-PESAGE-7-juin-Equipe-NISSAN-Photo-Thierry-COULIBALY

 

Certes, le pétard mouillé de Nissan au Mans cette année pourrait refroidir ses ardeurs.

Il n’a, d’ailleurs, pas manqué d’envoyer un méchant coup de sabot à cette équipe :

« Nous avons voulu être différents et compétitifs, nous avons seulement été différents. »

Ainsi, si jamais Renault devait quitter le navire F1 d’ici un an et demi, la marque pourrait revenir sur un domaine où elle ne s’est imposée qu’une seule fois, en 1978.

Avec la bénédiction des organisateurs, en manque d’un défi Français au sommet, face à Porsche, Audi et Toyota.

 

 24-HEURES-DU-MANS-2015-Arrivée-des-deux-PORSCHE-1éres-et-2éme-la-N°19-et-la-N°17


24-HEURES-DU-MANS-2015-Arrivée-des-deux-PORSCHE-1éres-et-2éme-la-N°19-et-la-N°17 Photo Thierry COULIBALY

 

L’énorme succès des 24 Heures du Mans 2015 n’a, bien sûr, pas échappé à Carlos Ghosn. Mais l’investissement pour gagner serait identique à celui de la F1.

Les rumeurs parlent ainsi d’un budget de 200 millions d’euros chez Porsche cette année.

Et le combat s’annoncerait très difficile !

Enfin, une question reste en suspens : la FOM et la FIA peuvent-elles laisser partir un constructeur de la taille de Renault sans bouger ?

La réponse ne tardera plus, probablement avant la pause estivale du Championnat de Formule 1, à l’issue du GP de Hongrie, le 26 juillet.

 

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F1- Quand tout allait encore très bien ! Présentation Moteur-RENAULT-ENERGY-2014-Chris-HORNER, Team principal du Team RED BULL et Jean-Michel JALINIER, le patron de RENAULT F1 avec Gilles GAIGNAULT- Le Bourget-21 juin 2013-Photo-Gilles-VITRY-autonewsinfo

 

Mais comme le lâche Gilles Gaignault,

‘’ Si Carlos Ghosn abandonne la F1, les Grands Prix déjà fort peu passionnants, en prendraient assurément encore un sérieux coup… Et pas sûr que les dirigeants de Mercedes continueraient d’accepter d’engloutir des fortunes sans plusieurs adversaires, seul Ferrari restant en lice mais pour combien de temps »

Et Gilles de conclure :

«  La F1 est au bord de la rupture, un colosse aux pieds d’argile ! »

 

François DAURÉ

Photos : Bernard BAKALIAN- Thierry COULIBALY – Gilles VITRY

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