FEMMES COMMISSAIRES DE PISTE AUX 24 HEURES DU MANS

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CES FEMMES, COMMISSAIRES DE PISTE AU FEMININ !

COMMISSAIRE-CLAUDE-VILON-24-HEURES-DU-MANS-2015

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Commissaires de piste au féminin ?

Nous avons rendez-vous ce vendredi 12 juin 2015, au poste 95, juste avant le point de freinage du célèbre virage d’Indianapolis.

Claude Vilon, nous attend, de pieds fermes, devant la caravane qu’elle a louée et qui sera sa maison pendant tout ce week-end de course des 24 Heures du Mans.

Tout de go, Madame Vilon parle de sa passion pour l’automobile, née grâce à son grand-père qui l’amenait dans son garage si, et seulement si, elle travaillait bien et se tenait sage à l’école.

Ensuite, grâce à une association de Boulogne Billancourt, elle découvrit la mécanique en prenant des cours, se trouvant, bien sûr, très souvent seule fille de l’assistance, déjà et le faisant savoir :

« On ne dit pas bonjour messieurs, je suis là ! », disait-elle au professeur qui rentrait dans la classe.

Elle nous lâche :

« L’automobile, le sport automobile et le monde des commissaires en particulier, sont des milieux machos. Je suis TOUJOURS la seule femme présente en poste. D’ailleurs, je suis au comité Ile de France, et, là aussi, je suis la seule femme. Il y a quand même un problème de parité, pour utiliser un mot à la mode. »

Et poursuit :

« Mon problème, c’est que je dis ce que je pense, alors je dérange. Les femmes commissaires ne sont pas considérées, alors je rouspète, mais au fond de moi, je suis très heureuse d’être là, de vivre cette passion depuis 1975, d’abord en chrono sous la houlette de Bernard Lefebvre, le grand patron du chronométrage à cette époque, puis en tant que commissaire depuis 1981. »

 

COMMISSAIRE-CLAUDE-VILON-24-HEURES-DU-MANS-2015

COMMISSAIRE-CLAUDE-VILON-24-HEURES-DU-MANS-2015

 

A 74 ans, Claude a les yeux qui brillent quand elle parle de ‘son’ drapeau bleu, qu’elle manie de main de maître, au point d’en avoir fait sa spécialité. Elle ne voit pas pourquoi elle ne continuerait pas encore quelques années, tant que sa forme exceptionnelle et sa motivation le lui permettent.

« Les 24 heures du Mans, c’est un peu ma drogue annuelle, un point de passage obligé, même si c’est dur. Encore trois ou quatre éditions, et promis, j’arrête ! » s’esclaffe Claude dans un large sourire.

Avant d’ajouter :

 « Cela fera des heureux ! ».

Un sacré tempérament, avec toujours une petite pointe d’ironie, teintée d’amertume envers ce monde d’hommes.

 

  COMMISAIRE-VERONIQUE-DREUX-Photo-Thierry-COULIBALY

COMMISAIRE-VERONIQUE-DREUX-Photo-Thierry-COULIBALY

 

Dans la pit-lane, c’est Véronique Dreux, jeune et jolie femme de 34 ans, qui officie afin de garantir la sécurité dans ce lieu particulièrement exposé :

Personnel de stands, voitures de course, ravitaillements, changements de roues, risques d’incendie, le danger est partout.

Mais pour Véronique, la gestion des risques et du danger, fait partie de son quotidien.

 

COMMISAIRE-VERONIQUE-DREUX-Photo-Thierry-COULIBALY

COMMISAIRE-VERONIQUE-DREUX-Photo-Thierry-COULIBALY

 

Véronique est passionnée de sport auto depuis plus de 20 ans. Elle l’a découvert, grâce à la F1 le dimanche après-midi sur les écrans de TV :

« Voir les GP à la télé m’a donné envie d’en savoir davantage. Dès que j’en ai eu l’opportunité, je suis allée à Magny-Cours pour assister au GP de France, et j’ai été bluffée par le spectacle. En 2006, je suis venue au Mans pour voir le DTM, et c’est vraiment là, que j’ai eu le déclic. Je voulais être commissaire pour vivre la course de plus près, et apporter ma pierre à la sécurité. »

Il faut dire que la sécurité est son domaine !

Militaire à Brétigny dans le civil, si l’on peut dire, Véronique travaille pour le Service de Santé des Armées, plus particulièrement attaché à l’organisation et la gestion des facteurs humains, dans tout ce qui touche à la Défense.

 

COMMISAIRE-VERONIQUE-DREUX-Photo-Thierry-COULIBALY

COMMISSAIRE-VÉRONIQUE-DREUX-Photo-Thierry-COULIBALY

 

Les personnels militaires, doivent apprendre à gérer les situations difficiles, à vivre avec le stress, Véronique leur donne les clés pour y arriver. Et son savoir-faire, elle l’adapte à son rôle de commissaire pour une meilleure gestion des incidents.

« Ce rôle de commissaire, je le joue de façon la plus professionnelle possible, mais c’est la passion qui m’anime. C’est du pur bénévolat. Nous les femmes, nous avons du mal à nous faire une place au soleil dans ce monde de machos. Mais nous avons des arguments, et petit à petit nous sommes reconnues. On n’en est pas encore à la parité, mais ça avance ! »

 

 VERONIQUE-DREUX-Une-jeune-femme-moderne-et-commissaire-de-piste


VERONIQUE-DREUX-Une-jeune-femme-moderne-et-commissaire-de-piste

 

Véronique sourit volontiers en évoquant le côté macho de ce monde des commissaires, car, c’est finalement ce qu’elle apprécie, étant très habituée à travailler dans un univers très masculin.

« Mon seul regret, c’est que nous, les commissaires, ne sommes pas assez reconnus, du moins telle est ma perception. Ici au Mans, nous devons nous débrouiller pour nous loger, pour manger… Mais, cette épreuve est tellement magique, que je ne laisserai ma place à personne, » conclut-elle dans un grand éclat de rire.

Les déplacements étant également à la charge des commissaires.

Passion quand tu nous tiens…

 

Commissaire de Piste TIFFANY OLLO Photo Patrick MARTNOLI

Commissaire de Piste TIFFANY OLLO Photo Patrick MARTNOLI

 

Quand nous l’avons rencontrée, vendredi après-midi, Tiffany Ollo, ne connaissait pas avec précision son affectation, mais savait que son poste allait se situer entre l’entrée de la piste de décélération et la sortie des stands.

C’est la première fois qu’elle officiera au Mans en tant que commissaire. Il faut dire que Tiffany vient de passer son examen et que son statut est encore celui de commissaire stagiaire !

Bordelaise, passionnée de sport auto, elle s’essaie au pilotage après un apprentissage à l’école de pilotage de Nogaro. Tiffany participe à quelques rallyes historiques organisés par l’ASACSO (AS Automobile Club du Sud-Ouest), mais elle porte un réel intérêt à découvrir le sport auto côté organisation.

Première étape, devenir commissaire de piste.

« J’ai obtenu ma licence de commissaire de piste cet hiver. Avec pour objectif de revenir au Mans en tant que commissaire après être venue sept fois en spectateur. Et ça y est, j’y suis ! » s’enthousiasme Tiffany.

Tiffany, avocate financière pour une banque bordelaise,  ‘pretty woman’ dans sa vie professionnelle, a donc décidé de franchir le pas, à 38 ans.

J’avais vraiment envie, et me voilà stagiaire, une nouvelle vie commence ! Ma vraie première mission de commissaire, le Grand Prix de Pau 2015, affectée à l’Epingle du Lycée, un des endroits les plus chauds du circuit. Que du bonheur ! »

Et elle précise :

« Nous sommes peu de filles commissaires. Je pense que la raison principale vient du manque de communication. Il est difficile de savoir où se renseigner, et même de savoir qu’on peut être commissaire. Mais mon métier m’a appris la persévérance, et je suis arrivée à mes fins. Et ce n’est qu’un début, je souhaite être directeur de course, je dis bien directeur, car la licence de directrice de course n’existe pas ! »

Et elle nous confie :

« J’aime cette ambiance, même si la présence de filles n’est pas encore évidente. Par exemple, à Pau, nous étions logés dans un lycée, en dortoir de cinq lits et salles de bains communes, et je me suis retrouvée avec 4 hommes que je ne connaissais pas, qui se sont montrés extrêmement galants et prévenants. Bientôt, c’est certain, nous aurons des dortoirs de filles !  Et ici, je dors dans ma petite tente Quechua, nos plages horaires sont de trois heures de travail et trois heures de repos. »

Des lundi matin, Tiffany remettra son tailleur, et reprendra ses dossiers. Et de nouveau, elle sera dans un monde d’hommes :

« Le métier d’avocat financier est un métier d’hommes, nous ne sommes que très peu de femmes. Peut-être que j’ai besoin de ce contact avec les hommes, car s’ils sont un peu machos, ils sont en grande majorité plus directs et, finalement peut-être plus malléables ! »

 

 Commissaire-de-Piste-TIFFANY-OLLO-Photo-Patrick-MARTINOLI


Commissaire-de-Piste-TIFFANY-OLLO-Photo-Patrick-MARTINOLI

 

 

Claude, Véronique et Tiffany, trois femmes, trois commissaires de piste, une passion commune le sport auto, et un regret commun, il n’y a pas assez de filles.

Avec des ambassadrices comme ces trois personnalités, la tendance pourrait bien s’inverser, sans nul doute.

 

Gilles VIRMOUX

Photos : Thierry COULIBALY – Patrick MARTINOLI

 


Commissaire-de-Piste-Tiffany Oloo avec Gilles Gaignault Photo-Patrick-MARTNOLI

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