24 HEURES DU MANS 2015. APRES LES 1ers ESSAIS, ON PARLE CHIFFRES ET CHRONOS

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24-HEURES-DU-MANS-2015-TEST-PORSCHE-919-N°-17-Max-MALKA

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Après les préliminaires, on regarde des chiffres ?

Les essais préliminaires sont riches d’enseignements pour tout le monde. Les ingénieurs dépouillent les datas des véhicules enregistrés durant tous les essais.

A ce titre durant ces journées, les véhicules sont équipés de beaucoup plus de capteurs que durant la course. IL s’agit de bien connaitre la voiture et ses réactions.

Durant la course, dans un souci d’allègement et de simplifications seules les capteurs essentiels restent installés. Par exemple, ceux permettant de connaitre l’état du moteur restent, tandis que ceux qui mesurent les débattements de suspension disparaissent.

Les journalistes bénéficient eux aussi de quelques datas, en nombre bien moindre, mais malgré tout intéressantes à examiner. En particulier les performances des voitures dans les trois secteurs définis par l’organisateur ainsi que les vitesses maximum.  Il s’agit dès lors de les interpréter pour tenter de connaitre les points forts des unes et des autres.

 

 24-HEURES-DU-MANS-2015-TEST-AUDI-R8-LMS-ULTRA-Quattro-N°-9-e-ALBUQUERQUE-BONANOMI-et-RAST-Max-MALKA


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Le premier secteur va de la ligne de chronométrage, en début de ligne droite des stands, jusqu’au virage du tertre rouge qui commande l’arrivée dans les Hunaudières.  Le second secteur couvre cette ligne droite jusqu’au virage de Mulsanne, incluant donc les deux chicanes, mais représente surtout les performances en vitesse. Et le troisième recouvre Indianapolis, Arnage, les virages Porsche et les chicanes Ford et se veut la partie la plus technique du circuit.

Enfin, la vitesse maximum est enregistrée juste avant le freinage de la première chicane Playstation.

 

Combat de titans entre Porsche et Audi

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 24-HEURES-DU-MANS-2015-Test-AUDI-N°7-de-Benoit-TRELUYER-Marcel-FASSLER-et-Andre-LOTTERER-Photo-Max-MALKA


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Première surprise, meilleurs temps au tour, les Porsche ne détiennent pas la VMax !

Les observations durant les deux premières courses de la saison, à Silverstone et à Spa, concluaient à une redoutable vitesse de pointe des Porsche 919. Au cours des passes d’armes tant en Angleterre qu’en terre Belge, ces 919 semblaient irrésistibles en ligne droite, tandis que les Audi reprenaient du terrain dans les secteurs sinueux.

Force est de constater qu’il n’en a rien été au Mans, au cours de ces deux séances d’essais du dimanche 31 mai.

Au cours de la première, les deux meilleurs Porsche, avec 325,8 ne se situaient qu’au 9 et 10ème rang, derrière les Nissan, les Audi et les Toyota. Une Rebellion AER pointait même 3 km/h plus vite !

Efficacité des kits aéros amenés par la concurrence ?

Intox de la part de la firme de Stuttgart qui cacherait aux yeux des compétiteurs des éléments de performance ?

En tous cas, on retrouvait les mêmes classements l’après-midi, seul Hartley, le jeune Néo-Zélandais auteur de la pole,  gagnant 1 km/h…

 

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Pourtant les Porsche détiennent les meilleurs temps des différentes séances. 3’21’’945 en première séance (pour la n° 18) et 3’21’’061 durant la deuxième (pour la n° 17), laissant la première Audi à … 1’’246 et la première Toyota à …4’’26.

Alors comment font-elles ?

La réponse il faut la chercher dans les chronos des différents secteurs. Dans le premier, marqué par la courbe Dunlop et les S de la forêt, les Audi et leur redoutable tenue de route pointe au sommet de la feuille des temps. Elles devancent les Porsche de 5/10 (séance 1) et 4/10 (séance 2).

Dans le deuxième secteur, et malgré leur vitesse de pointe plus faible de 6 km/h moins vite que les Audi, les 919 menait de presque 6/10 en séance 1 et de 8/10 en séance 2. Il faut sans aucun doute chercher du côté du moteur lors des relances après les chicanes pour expliquer ces excellentes performances. Moteur et restitution d’énergie, car l’un ne va plus sans l’autre dans la compétition en 2015.

Porsche semble avoir vraiment trouvé un truc leur permettant des accélérations et des reprises à couper le souffle…

 

 24-HEURES-DU-MANS-2015-TEST-AUDI-N°-8-de-Lucas-d-GRASSI-Loic-DUVAL-et-Oliver-JARVIS-Photo-Thierry-COULIBALY


24-HEURES-DU-MANS-2015-TEST-AUDI-N°-8-de-Lucas-d-GRASSI-Loic-DUVAL-et-Oliver-JARVIS-Photo-Thierry-COULIBALY

 

De même lors du troisième secteur, les Audi perdent 6/10 dans la première séance et plus de 9/10 dans la deuxième. La tenue de route dans les virages Porsche ne suffit pas aux Audi pour compenser les pertes en accélération à la sortie de Mulsanne, d’Arnage et des chicanes Ford.

Faut-il en tirer un enseignement pour la course ?

Oui et non. Car une des forces des Audi réside dans la facilité (toute relative !!!) qu’ont les pilotes à les mener, ainsi qu’en témoignait Benoît Tréluyer. Et sur plus de 400 tours à couvrir en course, c’est important, d’autant plus en devant composer le trafic.

Mais les performances des Porsche sont de premier ordre et si la fiabilité du moteur est là, alors la victoire est tout à fait possible au terme d’une lutte qui sera sans aucun doute tout à fait passionnante.

Tant sur le plan sportif que sur celui de l’ingénierie. Car bien qu’ayant choisi des solutions totalement différentes – petit moteur V4 turbo  + récupération d’énergie au freinage + récupération d’énergie thermique et classe 8 MJ pour Porsche contre gros V6 diesel turbo + récupération d’énergie au freinage et classe d’énergie 4 MJ pour Audi – on retrouve ces deux technologies bien en avant sur les feuilles de temps.

On l’a vu, ce sont les deux firmes allemandes qui se sont mises en évidence le 31 mai. Mais ils sont quatre à concourir en LMP1 H.

 

24-HEURES-DU-MANS-2015-Test-TOYOTA-N°1-Photo -Thierry-COULIBALY

24-HEURES-DU-MANS-2015-Test-TOYOTA-N°1-Photo -Thierry-COULIBALY

 

Toyota, leader incontesté en performance l’an passé et double Champion du monde en titre, se retrouve  en troisième position au classement des marques… et bien larguée.

Car en concédant tout de même…  4’’2 et … 5’’8 de retard au tour respectivement pour la 1 et la 2, aux septièmes et huitièmes places, derrière toutes les voitures Allemandes, c’est un véritable cauchemar que vit l’équipe Japonaise.

Aucun secteur ne permet à la Toyota TS40 de se mettre en valeur : de 7 à 8 dixièmes de perdus dans le secteur 1, le plus court puisqu’il ne dure qu’un peu plus de 30’’. Tenue de route perfectible. Entre 2’’ et 3’’ lâchées dans le secteur 2 : vitesse de pointe le matin et surtout relance insuffisante.

Pourtant la vitesse de pointe a progressé de plus de 6 km/ entre le matin et l’après-midi avec 334 km/h pour Kazuki Nakajima.

De nouveau 2,2 à 2,5 secondes de perdues dans le troisième secteur, confirmation du retard pris par Toyota dans le développement de son arme 2015. Comme le disait Pascal Vasselon, la progression des autres a été autrement plus importante que la leur. De plus il se murmure que les limites de la vitesse de décharge des super-condensateurs vers les moteurs électriques serait quasiment atteintes…

 

24-HEURES-DU-MANS-2015-TEST-La-TOYOTA-N°-2-de-WURZ-SARRAZIN-et-CONWAY-Photo-Max-MALKA.

24-HEURES-DU-MANS-2015-TEST-La-TOYOTA-N°-2-de-WURZ-SARRAZIN-et-CONWAY-Photo-Max-MALKA.

 

Toyota va devoir sans doute trouver de nouvelles technologies.

En tout cas, autant on ressent une véritable démultiplication, en investissements, en performances, et homogénéité chez Porsche et Audi, autant on ne retrouve pas chez Toyota. Budget contenu,  notamment avec deux voitures seulement, moins de remises en cause fondamentales des solutions existantes, des évolutions en conséquence qui sont plus une mise à jour de  la version 2014 qu’un véritable pas en avant… Peut-être que le passage en classe 8 MJ comme initialement planifié aurait pu permettre de combler cet écart de performances.

Mais les essais ne sont pas la course et si les Toyota ne peuvent pas suivre en performances pures sur un tour, qu’en sera-t-il en rythme de course ?

 

24-HEURES-DU-MANS-2015-Test-31-Mai-La-NISSAN-monte-vers-la-DUNLOP-Photo-Max-MALKA

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Nissan ne pourra pas rattraper son retard cette année. Nissan voulait une voiture différente pour se mesurer efficacement aux valeurs établies du WEC et des 24 Heures du Mans. C’est réussi, la Nissan GTR LM Nismo ne fait rien comme tout le monde et donc ne ressemble à rien : moteur avant, traction avant pour la partie thermique, récupération d’énergie alimentant les roues arrières suivant une cinématique purement mécanique, classe d’hybridation de 2 MJ – contre 6 à 8 espérées initialement.

Mais voilà, Nissan est en retard sur son programme et se trouve en délicatesse et en réelles difficultés pour cette première participation.

En effet, dans le premier secteur, ce ne sont pas moins de 5’’5 à 5’’8 de perdues -sur un chrono de 31’’ pour les meilleurs -. Les GTR sont derrière toutes les LMP2 et bien des GTE.

Le tableau est moins noir dans le deuxième secteur avec entre  6’’ et 7’’ de retard, mais sur une valeur de 1’16 à 1’17’’, ce qui réduit de plus de la moitié la perte proportionnelle par rapport au 1er secteur. Les GTE sont enfin lâchées et la Nissan se retrouve au niveau des meilleures LMP2. Enfin quasiment le même de niveau de performances dans le troisième secteur, avec 11,5 à 14,5 secondes de perdues suivant la séance d’essai, sur un meilleur chrono d’un peu plus de 1’31. La Nissan se retrouve au milieu des LMP2.

 

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En revanche coté VMax, ça va plutôt bien pour les japonaises. Avec plus de 336 km, elles sont les plus « vite » sur chacune des deux séances d’essais. Le V6 Nismo double turbo sonne haut et clair et délivre bien ses chevaux.

De plus l’aérodynamique particulière bénéficie d’un gain de profilage obtenu grâce au dégagement des volumes à l’arrière -avec son capot réduit – et aux petites roues qui nécessitent des ailes moins hautes.

Mais cela ne suffit pas et, pour le reste, des progrès importants sont à faire. La vitesse de passage en virage reste insuffisante : moyenne dans le rapide, avec 2,5 secondes perdues dans les seuls virages Porsche parcourus en 15,8 secondes par les Audi,  franchement mauvais, voire quasi à l’arrêt dans le serré, avec les 55, 59 et 60ème temps obtenu dans les chicanes Ford.

Mais l’indulgence doit être de mise. Nissan ne fait que débuter un programme de trois ans minimum.

On craignait de les voir déclarer forfait, mais les trois voitures promises sont là et offre une véritable nouveauté esthétique dans le paysage automobile des 24 heures…

Rendez-vous maintenant dès le milieu de la semaine prochaine pour les essais 1ers libres et qualificatifs de ce que d’aucun osent déjà qualifier d’édition du siècle des 24 heures du Mans…

Il est vrai qu’il y a bien longtemps qu’il n’y avait eu autant de grands constructeurs simultanément en piste au Mans et ce dans les deux grandes catégories prototypes LMP1 et GT !

 

Patrick MARTINOLI

Photos : Max MALKA et Thierry COULIBALY

24-HEURES-DU-MANS-2015-Test-NISSAN-N°-22-et-PORSCHE-N°17-Photo-Thierry-COULIBALY

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24-HEURES-DU-MANS-2015-TEST-La-TOYOTA-N°1-Photo-Thierry-COULIBALY-

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