24 HEURES DU MANS. NISSAN, Â L’EPREUVE DE LA PISTE SARTHOISE ET… DU CHRONOMÈTRE !

24-HEURES-DU-MANS-20215-Test-NISSAN-NISMO-N°23-Photo-Thierry-COULIBALY.

 

 24-HEURES-DU-MANS-2015-NISSAN-N°22-de-PLA-MARDENVOROUGH-CHILTON-Photo-Max-MALKA


24-HEURES-DU-MANS-2015-NISSAN-N°23-de PLA MARDENBOROUGH etb CHILTON -Photo-Max-MALKA

 

Ce dimanche, à l’occasion de la journée Test des essais préliminaires des prochaines 24 Heures du Mans dont la ‘ grande semaine ‘ débute déjà dans une semaine dès dimanche prochain, avec l’ouverture du pesage dans le centre du Mans, la débutante équipe Nissan, s’est retrouvée enfin, à l’épreuve de la piste et du chronomètre… en condition réelle sur le grand circuit Manceau, où elle s’apprête à affronter les géants que sont les trois autres grands constructeurs (Audi, Porsche et Toyota)  engagés dans le Championnat du monde d’endurance et donc bien évidemment au Mans, le sommet de la discipline, l’épreuve-reine du calendrier !

Toutes les conditions étaient  en plus réunies ce dimanche pour ces essais préliminaires, pour tester l’adhérence de l’asphalte du circuit des 24 heures du Mans.

Du sec, de la bruine, de la pluie… Toutes les conditions possibles étaient incroyablement réunies pour cette journée de travail !

La météo de ce dimanche 31 mai, n’a donc pas épargné le travail des manufacturiers, à commencer par ‘ Bibendum’, l’équipementier des gros prototypes de la catégorie ‘ Premium ‘ celle des LMP1.

Ni celui des ingénieurs chargés d’analyser les remontées de la télémétrie et bien évidemment  celles du feeling des pilotes.

 

 24-HEURES-DU-MANS-2015-Test-preliminaire-Stand-NISSAN-NISMO-Photo-Max-MALKA

24-HEURES-DU-MANS-2015-Test-preliminaire-Stand-NISSAN-NISMO-Photo-Max-MALKA

 

Chez Nissan, à cours de roulage en ce début de saison, le travail ne manquait pas.

Il faut dire que le parti-pris technique, défini lors du lancement de ce projet et auquel bon nombre d’observateurs ne  croient pas, pas du tout, est reconnaissons-le, tout à fait différent de celui de ses concurrents les plus directs, les grands animateurs du monde de l’endurance, à savoir Audi, Porsche et Toyota, excusez du peu !!

 

 24-HEURES-DU-MANS-2015-Test-NISSAN-N°22-Photo-Thierry-COULIBALY.


24-HEURES-DU-MANS-2015-Test-NISSAN-N°22-Photo-Thierry-COULIBALY.

 

En effet, Nissan, plus connu pour fabriquer des citadines du type Micra ou des SUV, tel que le leader du marché, le très populaire Qashqaï, que des sportives, telles que ses très réussies, 370Z ou GT-R, a choisi une architecture, franchement, très peu conventionnelle, pour son tout nouveau prototype GT-R LMP1, la catégorie reine des 24 Heures du Mans.

Cette Nissan GT-R LM Nismo, est en effet effectivement une traction, avec moteur avant, comme une vulgaire automobile lambda, alors que l’ensemble de ses concurrents en LMP1, a opté, pour la propulsion avec moteur central arrière, architecture beaucoup plus habituelle pour un proto du Mans et ce depuis un bail, depuis des lustres, depuis les années 60…

C’est dire si le pari osé et tenté, est difficile s’il en est, mais reconnaissons-le, vraiment intellectuellement intéressant !

Sauf que le temps a manqué pour roder, tester, analyser, développer ce nouveau concept ; tant et si bien que l’équipe Nissan-NISMO, a dû revoir ses objectifs à la baisse, à commencer par retarder sa venue et ses débuts en mars dernier, lors des essais collectifs du ‘Prologue’ au Paul Ricard

Se voyant dans la foulée, contrainte de déclarer forfait à l’occasion de l’ouverture du Championnat du monde WEC à Silverstone d’abord, puis à Spa ensuite…

C’est la raison pour laquelle ce dimanche 31 mai 2015, marquait les grands débuts des trois Nissan NISMO GT-R LMP1 lors de cette journée Test collective !

Des neuf heures et l’ouverture de la piste aux concurrents, sur la première partie des essais en ce dimanche matin, la piste était sèche, et d’emblée, les deux armadas ‘ Allemandes ‘  Porsche et Audi, dans cet ordre, occupent immédiatement le haut du tableau  tout en haut de la feuille des temps.

Lors de l’interruption à douze heures pétantes, pour la pause-déjeuner en fin de matinée, après trois heures de roulage, pour retrouver la première Nissan, il fallait remonter  ou plutôt descende jusqu’à la … 16ème position, pour trouver trace de la première des trois GT-R LM NISMO.

 

24-HEURES-DU-MANS-20215-Test-NISSAN-NISMO-N°23-Photo-Thierry-COULIBALY.

24-HEURES-DU-MANS-20215-Test-NISSAN-NISMO-N°23-Photo-Thierry-COULIBALY.

 

Celle de l’équipage  composé du très expérimenté pilote Français Olivier Pla et des deux jeunes Britanniques, Jann Mardenborough et Max Chilton, le temps signé l’ayant été par le Toulousain Olivier Pla, crédité de 3’43’’383, alors que dans le même temps, la Porsche 919 Hybrid alors aux mains d’un autre Français Romain Dumas, signait  le temps de référence matinale avec un excellent chrono en 3’21’’945 !

Reléguant la meilleure des Nissan, tout de même déjà à plus de …21’’ ! 21’’ 438  pour être précis…

Un gouffre séparait donc Nissan de ses principaux concurrents, les autres Porsche et les Audi tournant dans de temps similaires après ces trois premières heures de roulage !

Cet écart considérable signifiait près de 1’’7 de débours par kilomètre !

Gigantesque, colossale sachant que le circuit manceau développe, rappelons-le, tout de même… 13, 629 km.

 

CIRCUIT-DES-24-HEURES-DU-MANS-La-ligne-de-depart-et-arrivee

CIRCUIT-DES-24-HEURES-DU-MANS-La-ligne-de-départ-et-arrivée Photo Thierry COULIBALY

 

La deuxième GT-R LM NISMO, la N° 22, pointant elle, à 26’’890, et la troisième, la N°21, la bleue – clin d’œil à la présence de Nissan au Mans autrefois – à plus de 29’’, 29’’389 !

Le premier verdict que tout le monde attendait et avec impatience depuis des mois, dans le paddock, venait de tomber…

Dur, terrible !

Il devenait clair et évident que la performance pure n’était pas là, pas au rendez-vous…

 

 24-HEURES-DU-MANS-2015-Test-La-NISSAN-GT-R-NISMO-N°-22-Photo-Gilles-VITRY

24-HEURES-DU-MANS-2015-Test-La-NISSAN-GT-R-NISMO-N°-22-Photo Thierry COULIBALY

 

Mais en étudiant plus attentivement les temps, on s’apercevait que les Nissan perdaient plus de temps dans le 3ème et dernier secteur du circuit, entre les virages d’Arnage où la motricité doit être sans faille – après ce virage qui est le plus lent du circuit – et la ligne d’arrivée, secteur dans lequel se trouvent, la partie la plus exigeante, en terme de comportement, à savoir les très sélectifs Virages Porsche.

Et visiblement, la Nissan semblait plus à son aise dans les lignes droites, puisque dans ce seul 3ème secteur, la perte de temps sur les leaders, était de l’ordre de 14’’ !

Le crachin Sarthois s’étant abattu dès le début de l’après-midi et l’ouverture de la piste pour la deuxième séance d’essai, sur le circuit Manceau, le comparatif de temps s’avérait plus aléatoire, tant le choix des gommes utilisées, impacte le chrono.

De nombreuses équipes tentant de rouler en slicks et ce afin de prendre le maximum d’informations pour la course, d’autres testant les pneus pluie, et d’autres encore préférant attendre une météo plus clémente et restant sagement bien au chaud dans les stands !

 

 24 HEURES DU MANS 2015 Test - NISSAN N° 22 et PORSCHE N°17 - Photo Thierry COULIBALY


24 HEURES DU MANS 2015 Test – NISSAN N° 22 et PORSCHE N°17 – Photo Thierry COULIBALY

 

Néanmoins, le début de la séance de l’après-midi confirmait la suprématie des Porsche 919. Le meilleur temps – en 3’21’’081 – du jeune Néo-Zélandais, Brendon Hartley, plus rapide que le chrono de référence établi un peu plus tôt, en matinée par le Suisse Neel Jani, en 3’21’’945,  confirmait la bonne tenue des bolides ‘ Made in ‘ Stuttgart et les performances, sans cesse renouvelées des Audi R18 E-TRON Quattro, bien calées, elles, en embuscade derrière les Porsche, nous laissaient augurer, de somptueuses 24 heures du Mans 2015.

Et ce d’autant plus que l’équipe TMG Toyota, double Championne du monde en titre, continuait, elle, d’engranger les kilomètres, avec certes, un certain manque de vitesse, mais connaissant les ressources et la façon de travailler des Japonais de chez Toyota et de l’équipe Oreca son partenaire, nul ne doute ,que les Toyota TS 040, seront dans dix jours, lors des premiers essais officiels, le mercredi 10 juin, de redoutables concurrents !

Puis la pluie, ou plutôt le crachin, a de nouveau envahi le circuit des 24 heures, et machines et pilotes adoptaient alors, un rythme beaucoup moins soutenu….

Se contentant de rouler et d’aligner les tours pour permettre aux pilotes de reprendre leurs marques.

 

24-HEURES-DU-MANS-2015-TEST-NISSAN-N°-21-Photo-Thierry-COULIBALY

24-HEURES-DU-MANS-2015-TEST-NISSAN-N°-21-Photo-Thierry-COULIBALY

 

Quant à nos Nissan, les performances – si on peut utiliser ce mot ! – elles n’étaient toujours pas au rendez-vous, ni sur le sec, ni sur le mouillé.

Il y a vraiment du pain sur la planche d’ici le 10 juin, sous peine d’une qualification au beau milieu de l’imposant peloton – dix-neuf voitures – des LMP2 !

Ce dimanche soir, une chose semblait désormais évidente  avec le redoutable verdict de l’épreuve du chronomètre :

Les choix techniques de Nissan semblent être particulièrement difficiles à traduire,  du langage ordinateur … au langage terrain !

Si, sur le papier cela semble fonctionner, peut-être que chez Nissan, on devrait changer d’imprimante et ou de papier…

En sport automobile, le verdict du chronomètre est le seul qui vaille, et aujourd’hui, ce verdict s’est révélé…. sans appel.

S’il n’est pas possible de revoir complètement la copie d’ci la mi-juin, Nissan doit tout de même gagner en performances.

 

 24-HEURES-DU-MANS-2015-Test-preliminaure-DARREN-COX-et-BEN-BOWLBY-Team-NISSAN-NISMO-Photo-Max-MALKA.


24-HEURES-DU-MANS-2015-Test-preliminaure-DARREN-COX-et-BEN-BOWLBY-Team-NISSAN-NISMO-Photo-Max-MALKA.

 

En une grosse semaine, on voit franchement mal, et comme le soulignait avec logique et bon sens, Gilles Gaignault, comment les hommes de NISMO,  vont pouvoir réduire cet écart énorme qui le sépare de ses adversaires… Porsche, Audi et Toyota !

Sans parler des prototypes de la classe LMP2, dont bon nombre, tournent eux aussi, plus vite, beaucoup plus vites que ces GT-R LMP1 NISMO

Mais, si l’important, comme le clamait le défunt Baron Pierre de Coubertin,  est de participer, il convient aussi naturellement de saluer l’audace de Nissan, et peut-être qu’un jour, ‘ Va savoir Charles ‘ s’ils n’auront pas eu raison…

Et si la chance sourit aussi parfois aux audacieux, alors tous les espoirs sont permis… à la bande des audacieux de cette équipe Nissan NISMO !

Mais, il faudra tout de même encore patienter au moins une bonne année pour espérer voir l’une de ces Nissan GT-R LMP1, viser autre chose qu’une simple présence au départ de la plus grande et la plus prestigieuse course automobile au monde, les 24 Heure du Mans …

 

Gilles VIRMOUX

Photos : Max MALKA-Thierry COULIBALY 

 

24-HEURES-DU-MANS-2015-NISSAN-NISMO-N°21  Photo Gilles VITRY

24-HEURES-DU-MANS-2015-NISSAN-NISMO-N°21 Photo Thierry COULIBALY

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