24 HEURES TT DU MAROC : JOUR DEUX, LA FOURNAISE D’ARGAN…

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LACHAUME-ROUCHON, DEUX JOURS DEUX VICTOIRES

 

Le décor, c’est un peu la Californie d’ « A l’Est d’Eden » avec ces arbres magiques qui fournissent de l’ombre aux voyageurs que nous sommes, et surtout ce merveilleux fruit qu’est l’Argan, qui fournit huile gastronomique et capillaire, une fortune pour le pays.

 

L'ARGANIER, ARBRE MAGIQUE

L’ARGANIER, ARBRE MAGIQUE

 

Entre les arbres,  les cultivateurs ont planté des céréales, l’endroit est riche en eau, la boue est parfois là pour le rappeler.

 

 

J’ajoute encore d’énormes massifs de figuiers de Barbarie en fleurs, dont on mange les figues, et aussi les immenses feuilles une fois ôtées les épines géantes.

PARADIS MAIS ENFER …

THOMASSE-VASSEUR-PELICHET DEUX FOIS SECONDS

THOMASSE-VASSEUR-PELICHET DEUX FOIS SECONDS

Bref, un paradis, avec une piste sablonneuse sublime qui serpente sur 22 km en boucle, le circuit du deuxième jour des 24 Heures TT du Maroc 2015.

On est à une vingtaine de km d’Agadir, sous influence océanique, le matin nous voit d’ailleurs rouler dans une brume parfois épaisse.

Neuf heures du mat, le soleil écrase la brume.

Et le circuit paradisiaque voit arriver un nouvel invité, la chaleur.

 

 

 

On relèvera vers midi quarante trois degré dans l’air, sous abri, à l’ombre, et cinquante trois au soleil, je n’ai pas mis de thermomètre dans le sable mais ça brûlait à travers mes épaisses semelles Vibram…

Puis, une vraie saloperie se lève, qui s’appelle le Chergui, un vent brûlant qui vient du Sahara, qui t’attrape le bout des oreilles comme un chalumeau…

Voilà le décor de la course, qui va se dérouler sur six heures car le vent susdit a un avantage, il envoie valdinguer la poussière et les autos roulent sans gêne particulière.

 

SABLES CHAUDS

LACHAUME-ROUCHON

LACHAUME-ROUCHON

 

Mais dès le premier tour, emmené par Pierre Lachaume sur son buggy MD, la température infernale va faire des ravages, en l’occurrence le « vapor lock ».

Autrement dit, l’essence se vaporise dans les pompes surchauffées  avant d’arriver aux carbus et plus d’alimentation…

Le 4X4 BMW BV6 du team Sodicar est la première victime.

 

BILLAUT-BOUTRON-BARBET

BILLAUT-BOUTRON-BARBET

 

Puis le buggy Optimus MD de Thomasse, Vasseur et Pélichet doit s’arrêter à plusieurs reprises, seule solution, jeter de l’eau directement sur les pompes.

Bref du temps perdu.

Sur l’autre Optimus  MD, celui qui mène la course (et l’a gagnée l’an dernier), Pierre Lachaume et Alexandre Rouchon gèrent le truc plutôt bien, devant s’arrêter une fois dans la pampa, à l’ombre de l’arganier, pour laisser refroidir.

Ils auront un seul vrai pépin, un amortisseur cassé, les mécanos ont changé le truc en moins de quatre minutes, ne le dites pas à votre garageos, il vous foutrait des baffes…

 

AMORTO 3 MN CHRONO

AMORTO 3 MN CHRONO

 

Et bien entendu, avec une formidable maestria, ils croquent avec délice la pomme de la deuxième victoire en deux jours.

Les chiffres parlent, ils ont fait 21 tours, le second est à un tour, le troisième à deux tours.

Ce qui s’appelle ne pas faire le détail…

Le Némésis de Barbry et Lansac  n’a pas souffert de « vapor lock » pour une raison très simple, c’est un diesel, système dans lequel le carburant sert de réfrigérant.

 

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En revanche bien sûr, l’engin n’est pas léger et avec 330 chevaux, on est loin des 400 CV des Optimus !

Bref, jolie troisième place.

En revanche, un mauvais point, piqués par radar dans une zone limitée à quarante km/h, bon, ils étaient à 55, pas effroyable mais la règle c’est la règle.

Punis, un « stop and go » d’une minute au stand !

JOLIS COUPS DE VOLANT

DAVOY-CLERGET-CHEVALIER

DAVOY-CLERGET-CHEVALIER

 

Quatrième, le buggy Jimco, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à un Schlesser repeint en jaune, motorisé par un Chevrolet 6, 2 litres,  emmené par ses trois pilotes qui sont aussi navigateurs,  Jean Marie Davoy, Nicolas Clerget et Patrice Chevalier, équipage drogué au tout terrain, qui prend de façon héroïque trois places au général.

Héroïques car là encore le « vapor lock » a frappé.

Autre solution, on dégaze en ouvrant doucement les réservoirs et on fait couler l’essence par la mise à l’air en dessous et on repart mais on a perdu du temps…

 

 

Héroïques encore les deux SSV, qui nous ont fait un festival de sauts dans les premiers tours, n’hésitant pas à aller chercher devant eux des buggies bourrés de chevaux…

Malheureusement, la technique va s’en mêler, toujours la même chose quand on prend un pied gigantesque en sports mécaniques, la mécanique fait le trouble-fête…

SMUL’, MERCI D’EXISTER !

 

Bon, gros clin d’œil à Etienne Smulevici, son anniversaire est dans deux jours, il roule à bord d’un Toyota en T2, les voitures de série, avec  François Focknenier et Bernard Pux, ils sont sixièmes au général parce qu’ils ont roulé comme des chefs.

 

FOCKENIER-SMULEVICI-PUX

FOCKENIER-SMULEVICI-PUX PREMIERS EN T2

En ce qui concerne Etienne,  on rappelle qu’il est le pilote qui a le plus de Dakar à son actif, trente trois éditions courues, qu’il est un mec génial, bourré d’humour, il écrit aussi, bien d’ailleurs, et c’est un pote.

Happy birthday garçon, si tu n’existais pas, il eut fallu t’inventer.

On aurait mis du temps mais ça vaut le coup !

Ce mardi onze mai, le rallye est en liaison routière pour Ouarzazate, 420 bornes de goudron avec des points de vue somptueux.

Ici, même quand on ne roule pas en compète, la vie est belle…

 

JEAN LOUIS BERNARDELLI

PHOTOS ALAIN ROSSIGNOL/CAPTAIN NOWHERE

 

Résultat jour deux 24 Heures TT du Maroc 2015: 

http://www.tt24.fr/attachment/575540

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