SUNDAY RIDE CLASSIC 2015 : DES ETOILES PLEIN LES YEUX, DES SPECTATEURS EN EXTASE

 

35 TITRES MONDIAUX ET DES CENTAINES DE VICTOIRES EN GP SUR LA GRILLE DE DÉPART

35 TITRES MONDIAUX ET DES CENTAINES DE VICTOIRES EN GP SUR LA GRILLE DE DÉPART

 

Nous avons passé un week end de Pâques sublime au Paul Ricard, à l’occasion de la septième Sunday Ride Classic organisée par JP Bonato.

Je ne sais même pas sous quel angle attaquer  tellement il ya eu des frissons de bonheur tout le temps.

Ce serait peut être une image que nous sommes très peu nombreux à avoir enregistrée.

Avec un commissaire et les deux acteurs de l’image.

Dimanche 19 heures, la dernière course est finie depuis deux heures.

 

SCR: ICI ON ROULE!

SCR: ICI ON ROULE!

 

Il est encore prévu des séances de roulage pour les propriétaires de motos anciennes, ou pas d’ailleurs, le club Triumph est venu en force tourner sur le circuit, souvent en duo sur les motos.

Dernière séance de roulage, encadrée par Philippe Monneret et Hervé Moineau.

Ils sont vêtus de leur superbe combinaison orange, l’école Easy Monneret y organise des stages allant des fameuses sept heures nécessaires à l’acquisition d’un 25 aux formations au pilotage sportif.

A cette heure là, dans la lumière rasante exceptionnelle des fins de journée sur le plateau du Paul Ricard,  il n’y a plus que quelques motos qui roulent.

 

 

En fait tout le monde est en train de plier bagages, les stands, les pilotes, les assistances, le public, moi aussi, je rentre à Paris par le TGV et l’entrée de Marseille risque d’être compliquée, il ya le soir même match Marseille-PSG !

A dix minutes de la fin de séance, qui en compte vingt, un motard est à pieds, casque en tête  et combarde sur le dos, dans la voie des stands.

Une moto quitte la piste, arrive à sa hauteur, échange de pilotes.

Les deux potes ont voulu jusqu’au bout du bout de ces deux jours de folie partager ces quelques minutes de bonheur absolu.

Le bonheur, la lumière…

La fatigue car ici, on n’arrête pas de rouler,  de 8 heures du mat’ à presque minuit le samedi, de 8 heures à 19 heures le dimanche !

 

 

Entre les proprios qui roulent pour le seul plaisir, les pilotes qui participent à des courses de furie ( onze sur le week end), les géants de l’histoire de la moto, qui sont venus ensemble sur la grille de départ après le tour de chauffe habituel, se faire une demi heure d’émotion totale, pour eux et pour le public.

Entre les émotions de folie des retrouvailles entre vieux potes dans le paddock…

Un plateau de stars absolues représentant, sur quatorze pilotes au départ, trente cinq titres de champion du monde.

Des géants parfois  jamais vus depuis une éternité, par exemple Kork Ballington, quatre fois champion du monde sur Kawasaki…

 

KORK BALLINGTON

KORK BALLINGTON

 

 

Entre des anniversaires légendaires, quinze ans après le titre d’ « OJ », Olivier Jacque qui est là, avec la moto No 19 de Tech3, restaurée par Tech 3 Classic, avec laquelle il a été champion du  monde en 2000.

 

OLIVIER JACQUE

OLIVIER JACQUE

 

Trente après le double titre de Spencer, champion du monde en 250 et 350 la même année.

 

 

Quarante ans après la dernière course de Phil Read sur une MV Agusta, il est là Phil, 76 ans et il monte en selle avec ses potes !

Et puis, de temps en temps, le bruit impensable des moteurs de ces MV Agusta grande époque, restaurées comme les bijoux de la couronne,  la foule agglutinée autour du stand d’où sort le roi Agostini, casque aux couleurs italiennes sur la tête, au guidon de cette même moto…

Etourdissant de bonheur !

Le circuit Paul Ricard annonce 17 000 spectateurs, je ne les ai pas comptés, je les ai vus…

Entre autres quand le dimanche, une séance de dédicace des 14 pilotes de légende présents en même temps, prévue dans le grand hall du bâtiment du Paul Ricard, est devenue plus courue que les marches du Festival de Cannes !

 

 

Noir de monde, pas compliqué, mais tellement, tellement sublime.

Avec de très belles émotions, Philippe Vassard a organisé un joli rassemblement  autour de la moto de son pote Gilles Husson, sur le stand Tech3.

 

 

Il nous glisse ce petit mot…

 » Merci à tous les Sudistes qui ont monté cet hommage à Gilles Husson avec en tête Philippe Michel et toute son équipe. Vous avez fait honneur à la mémoire de Gilles Husson et nombre de ses potes installés dans le Sud sont venus au stand pour évoquer leurs souvenirs de Gillou … Merci à tous , merci à Philippe , à JP Bonato, à Tech 3 de nous avoir fait un peu de place dans leur stand et à tous les fans qui n oublieront pas notre pote : Salut champion ! »

La moto est passion, amitié, complicité, tout le temps…

Je ne vais sûrement pas oublier les courses exceptionnelles, on s’est battu pour la tête, le podium et jusque dans les dernières places de certaines courses qui frisaient les 50 partants !

Bon, avant d’attaquer la revue de détail, sachez que tous les résultats sont- disponibles en cliquant sur le lien qui figure au bas de ce reportage.

 

ENDURANCE CLASSIC : HUBIN A NOUVEAU DANS LE BAIN !

 

UN INSTANT MAGIQUE,UN PARFUM DE LEGENDE

UN INSTANT MAGIQUE,UN PARFUM DE LEGENDE

 

On s’est battu dans la course de championnat d’Europe d’endurance Classic de quatre heures, dont la moitié de nuit…

Le « European Classic Series ».

Le départ est à l’ancienne, avec un parfum  clairement de légende…

J’ai retrouvé la magie des bruits des moteurs de compétition à fond dans la ligne droite du Mistral à travers la forêt, souvenirs du Bol d’Or des très grandes années, que l’on va revoir au Ricard d’ailleurs, on retiendra juste que les premiers émois nocturnes de 2015 auront eu lieu lors de la SRC, surnom de la Sunday Ride Classic.

 

 

Parce que les phares qui trouent la nuit du Paul Ricard, on est à la limite des larmes…

 

FASTRÉ ET HUBIN

FASTRÉ ET HUBIN

 

Richard Hubin (champion du monde en 1983, avec Hervé Moineau) et son coéquipier Grégory Frastré ont du batailler jusqu’au dernier tour pour arracher cette première victoire de l’année, elle a un goût différent quand on roule de nuit au Paul Ricard !

 

PRO TWIN : MODERNE ET SPECTACULAIRE

 

Il s’agit de la seule course de motos modernes admise dans cette réunion classique, preuve qu’ici, on accueille ceux qui en veulent !

En catégorie Pro Twin, un nombre considérable de pilotes au départ, frisant la cinquantaine.

 

 

 

95% de Ducati Panigale, 6 KTM et deux Aprilia, guerre civile devant, on se double dans le mythique virage de Signes, heureusement épargné, avec le double droit du Beausset et quelques autres endroits légendaires, par les reconfigurations époque quand Ecclestone était proprio du circuit, alors interdit au public.

Le verdict de tous les pilotes de toutes les catégories d’ailleurs, est net.

 

 

Le nouveau circuit a gardé ses grands virages historiques, sa ligne droite du Mistral légendaire, une des plus longues au monde, les « S » de la Verrerie, en revanche, très accentués aujourd’hui, tout plats et sans repères, c’est étonnant au début mais d’une façon générale, le circuit est un bonheur de pilotage.

 

 

Et un truc étonnant, les trois mêmes pilotes sur les deux podiums des deux courses, une le samedi, une le dimanche, un doublé-triplé en quelque sorte, Thierry Mulot, Yani Todisco, Stéphane Geslin, tous trois sur Panigale.

ICGP : BERTIN BATTU

BERTIN, CIPRIANI, LECOINTE

 

 

Les deux courses de l’ICGP, International Classic Grand Prix, création superbe de notre ami Eric Saul, qui se court donc sur des motos de GP Classic sur plusieurs circuits d’Europe, (Ricard, Estoril, Jerez, Mallory Park, Cadwell Park, Misano) ont été démentielles.

Le samedi, Guy Bertin est déchaîné.

 

BERTIN EN 2014 A CADWELL PARK

BERTIN EN 2014 A CADWELL PARK

 

Il roule en compétition depuis quarante ans avec toujours le même enthousiasme, on rappelle qu’il est le seul pilote français à avoir gagné le Bol d’Or, les 24 Heures du Mans Moto et le GP de France.

Vainqueur du championnat 2014, il s’est battu comme un diable mais sa pompe à eau l’a trahi et il n’a pu aller au bout.

Le dimanche, en bagarre durant les 8 tours de la course, roue dans roue avec l’italien Cipriani, les deux pilotes sur Kawasaki KR 350, mais bien entendu, se faire un des pilotes les plus célèbres au monde, sur un des circuits les plus connus au monde, ça dope et Cipriani reste devant.

Phénoménal !

 

PRO CLASSIC : LE PRO C’EST MANU…

EMMANUEL "MANU" LENTEIGNE

EMMANUEL « MANU » LENTEIGNE

 

Le Pro Classic regroupe selon les dires de son créateur Philippe Fréon, quelques jeunes pilotes adorant la baston à l’ancienne, quelques autres très amateurs et très fortunés roulant sur des bijoux valant le prix du diamant, mais surtout des hommes ayant entre 40 et 60 ans et voulant rouler sur les motos qui les ont fait rêver il ya 20 ans.

Ces motos là, on les trouve aux alentours de 4000 euro, il en faut autant pour la restauration et cela offre pour quatre ou cinq ans un superbe joujou à des prix très intéressants.

Ce qui explique un nombre très important de pilotes au départ.

La saison se déroule en France (Croix en Ternois, Nogaro, Magny Cours, Carole) et en Europe (Aragon et Spa).

On roule donc avec ce que l’on veut, la limite d’âge des motos  est 1995.

Emmanuel Lenteigne, dit Manu, a gagné le championnat 2014, il est donc l’homme à battre, et… il n’a pas été battu !

Au guidon de sa Suzuki GSXR 1100 il a gagné les deux courses du week end !

Va pas être facile à battre le garçon, et plus sa moto est un missile…

 

LE RETOUR DU SIDE, BONHEUR A L’ÉTAT PUR

 

Le side car est un monde à part, convivial et consensuel en diable, qui a eu l’occasion de fêter avec beaucoup e bonheur son retour au Paul Ricard, en catégories dites anciennes et modernes, le passager, que l’on appelle ici « le singe », sort par l’avant ou par l’arrière selon la catégorie.

Ambiance de carnaval façon Rio de Janeiro, courses de folie, camaraderie que l’on ne retrouve que dans les livres de Saint Ex,  et des engins magnifique à trois roues, un pilote et un singe, l’endroit où évolue le singe du singe en question s’appelle le panier et bien entendu, l’organe officiel des ces clubs s’appelle «  La main au panier » !

 

 

Formidable univers, bien plus paritaire que le parlement, sur le podium du deuxième jour se trouvaient deux femmes singes (en side, une femme singe reste un singe, son « métier » n’est pas féminisé), on trouvait aussi un pilote espagnol n’ayant qu’une seule jambe et des héros à tous les coins de circuit et de paddock, le public s’est totalement éclaté à les suivre et eux, entre eux, kif kif.

Magnifique retour, magnifiques photos, magnifiques moments, magnifiques souvenirs.

 

LA MOTO VEUT (ET DOIT!) SURVIVRE !

 

Un point étonnant quand même…

Certaines marques de moto ont compris que leur public de base est là, dans ce genre de manifestation.

Une petite maison comme MV Agusta, qui renaît, a vu son stand envahi durant deux jours, où figuraient les motos historiques et les motos modernes de la marque.

Et incroyable déferlement quand Read et Ago sont venus faire des dédicaces ensemble !

HONDA EST AU RICARD, BRAVO!

 

Honda a compris, qui a sa légitimité dans l’endurance Classic, dans la légende du sport moto tout entier, dans la renaissance de la moto en France début des eighties, avec un stand magnifique et des séances de dédicace de Freddy Spencer…

BMW a compris que le public-là, ce sont ses clients.

Idem pour Triumph.

Idem pour KTM, Indian, Royal Enfield qui ont confié leur représentations à des concessionnaires.

Ils ont joué le jeu et ont eu raison.

Mais où sont les autres ?

 

LES MOTARDS SONT AU RICARD,SUR LA PISTE ET DANS LES GRADINS

 

 

Il y avait là, au Paul Ricard, au lieu de communications allant de la dépense pharaonique à l’erratique de manifestations n’ayant rigoureusement rien à voir avec la moto, une possibilité facile d’aller à la rencontre de ceux qui font la moto, et continuent le rêve : les motards.

C’est tout con mais ça échappe manifestement à beaucoup de marques… Seraient-elles dirigées par des comptables sans rêves et des marketing machin-chose qui ne savent même pas comment ça marche une moto ?

 

KTM EST AU RICARD, BRAVO!

 

 

Et surtout comment on vend des motos ?

Je veux juste rappeler, et j’ai beaucoup d’amis parmi les gens qui dirigent les marques absentes, que le partage, une des bases culturelles de la moto, justement, ça se partage.

La passion, l’émotion aussi ça se partage.

Les grands moments, les grands élans, les grands souvenirs et les grandes envies, tout ça était sur cette magnifique organisation qu’est la Sunday Ride Classic.

Et vous n’étiez pas là !

Si vous êtes mes amis, cette faute est énorme, incompréhensible, voire impardonnable.

 

 

Enfin ce qui est impardonnable c’est de m’avoir déçu, moi et un peu plus de quinze mille dingues de moto,  alors que je vous sais enthousiastes, motards, passionnés, avec une formidable envie d’en découdre sur le plan sportif, sur le plan de l’image de marque et bien sûr de la vente de motos.

Si vous n’êtes pas de mes amis, il faut de tout pour faire un monde, je n’ai donc pas eu la possibilité de vous poser cette question aujourd’hui fondamentale.

Voulez vous vraiment crever ?

Nous non, la plus belle réponse a été donnée ce week end au Paul Ricard, double renaissance, de l’émotion et du partage par milliards de tonnes à chaque dixième de seconde.

Une organisation superbe, sans failles, le sourire était le mot d’ordre partout.

 

TRIUMPH EST AU RICARD

TRIUMPH EST AU RICARD, BRAVO!

 

Un monde qui sourit, ça existe.

Il faut qu’on vous force à nous vendre des motos ?

Les meilleures idées sont toujours une évidence.

Vous êtes passés à côté, nous non.

Le peuple motard ne vous dit pas merci…

Quant à tous ceux qui sont venus vivre leur bonheur, pilotes, assistances, fans, spectateurs, marques, on remet ça quand vous voulez !

Et bienvenue à ceux qui ont fauté…

 

JEAN LOUIS BERNARDELLI

PHOTOS CIRCUIT PAUL RICARD, ORGANISATIONS ET TEAMS

Tous les résultats des courses :

http://www.afcmicro.com/2015/ENDU/SRC/result.htm

Moto Moto - Historique Sport

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