YAMAHA A LA BIENNALE DU DESIGN DE ST ETIENNE: HALLUCINANT!

 

St Etienne, on y connaît les fameux « Allez les verts », nous sommes d’ailleurs passés devant Geoffroy Guichard avec émotion, on se souvient de Manufrance, on connaît moins la Manufacture d’armes de guerre où se déroule cette phénoménale Biennale du Design, en partie superbement restaurée, une autre partie est resté dans son jus et a un charme exceptionnel, on croirait y entendre encore tourner les machines.

 

LA MANUFACTURE RESTAURÉE

LA MANUFACTURE RESTAURÉE

 

C’est là qu’a été fabriqué le (tristement) célèbre fusil Chassepot, et plus récemment le fameux FAMAS, qui signifie « Fusil d’assaut de la manufacture de saint Etienne »…

Ce qu’on ne sait pas du tout en revanche, petit aparté et ensuite on reviendra au design, c’est que la ville a été un énorme dépôt de cacao.

Le matériau brut remontait la Loire depuis Nantes et l’on s’est aperçu que la météo de la ville convenait parfaitement à l’ « or brun ».

 

PARDON DE VOUS INFLIGER CETTE TORTURE... MAIS QUEL PIED!

PARDON DE VOUS INFLIGER CETTE TORTURE… MAIS QUEL PIED!

 

 

Plus tard, un Alsacien qui fuyait sa province devenue allemande (guerre de 1870) y a fondé Weiss, on peut être presque blasé de découvertes mais à mon âge très avancé, il y a encore des trucs qui me laissent sur le cul, St Etienne capitale du chocolat, oui, ça m’en bouche un coin…  !

Mais surtout, cette ex-très riche ville devenue ex-dévastée par la fermeture de toutes ses activités (dont la mine), est aujourd’hui une vraie capitale mondiale du design et sa Biennale en est la vitrine.

Yamaha en est le partenaire (avec d’autres, dont le chocolat Weiss, même si l’expo est un coup dans la gueule à tous les stands, ce serait une honte de vous dire à quel point c’est bon, cela dit je ne suis pas de bonne foi, chez moi le chocolat n’est pas de la bouffe mais de la drogue…)

Yamaha a monté un stand avec un concept étonnant mais très réussi, avec l’idée de mêler ses deux services de design, musique et motos.

 

 

Le projet s’appelle Ah A May, Yamaha écrit à l’envers, il consiste à demander aux designers de Yamaha Musique de designer des motos ou des deux roues, et le design moto a été chargé de créer des instruments de musique…

Les résultats sont saisissants car en effet, ces messieurs se sont lâchés, sans caractère commercial, contrairement à d’autres stands, on y reviendra…

La moto est revue sur ses courbes, on sait que chez les musiciens, c’est une question de sonorité mais aussi de beauté, voire de sensualité, et l’engin est limite érotique…

 

 

En fait, St Etienne est en pleine renaissance, devenant la plaque tournante mondiale du design.

Offrez vous ça, c’est à trois heures de Paris, à une heure de Lyon, on peut faire l’aller retour dans la journée si l’on veut garder ses économies pour les vacances,  et surtout suivez une visite guidée sinon vous allez passer à travers sans en comprendre toute la substantifique moelle, et on ya apprend des choses franchement étonnantes.

Yamaha a donc présenté sa moto vue par les musiciens, des mecs tip top.

On sait que les instruments Yamaha sont réputés dans le monde entier, sur les estrades de Paris à Vladivostock en passant par Valparaiso et les Tuamotu, et sur certaines scènes prestigieuses Parisiennes, Londoniennes, New Yorkaises, Japonaises, Australiennes,  si le piano Steinway est la Rolls, le Yamaha est la Ferrari…

La moto des musiciens, au départ, est une MT09.

 

 

Bon, quelques éléments ont été enluminés, pipes d’échappement ou échappement, mais surtout, la selle immense, qui recouvre toute la partie avant de la moto, courbée de façon aussi élégante que le sabre d’un Samouraï, laisse le pilote n’avoir comme horizon… que l’horizon et le bruit en dessous.

Plus de compteurs, de porte téléphone, de GPS, de compte tours, d’anti radars, et ceux de mes confrères qui sont montés dessus m’ont dit être envahis par une drôle de sensations.

 

 

C’est peut être le « Naked », la moto nue, dans toute sa splendeur, évidemment improbable, les képis et autres lardus vous attendent à chaque virage, mais c’est de toute façon très surprenant. Et pur.

Vu aussi un vélo électrique qui aurait pu sortir du crayon d’un Vinci à qui François Premier aurait offert sa première fumette !

 

 

Le design est évidemment sublime, j’ai moins compris comment ça fonctionne mais de toute façon j’aime pas le vélo.

A vélo, c’est tout le temps en pente et contre ta gueule et le vent te souffle tout le temps dans le nez, une des raisons qui m’ont fait aimer la moto est que l’on n’y sent ni les pentes contraires ni le vent dans le nez…

Ou qu’en tous cas on s’en fout…

Les designers motards proposent une batterie de scène incroyable.

 

LA BATTERIE EN BOULE

LA BATTERIE EN BOULE

 

Une boule à l’intérieur de laquelle le batteur est dans un univers de « drums », je me souviens que Phil Spector, le génie des arrangements studios des Stones, avait inventé « la boule de bruit »…

Yamaha l’a réalisé pour de vrai !

 

LE PEDALIER QUADRUPLE

LE PEDALIER QUADRUPLE

 

Là j’imaginais Charlie Watts là-dedans, avec l’éclairage de scène de folie, et le truc pouvant pivoter sur lui-même, on est en plein délire et c’est justement le but du truc, çà tombe bien.

Et l’on passe à un Marimba, c’est le xylophone que l’on retrouve dans beaucoup de musiques, mais il se présente toujours sous forme de clavier droit.

 

MARIMBA

MARIMBA

 

Ici, il est rond, biplace, colossal, formé de bois musicaux et de sortes de tuyaux d’orgue mais que l’on percute,  il est tournant, les possibilités de jeu sont donc innombrables, comme dans la batterie.

 

ROND ET PIVOTANT

ROND ET PIVOTANT

 

Un xylophone -marimba biplace?

On sent bien ici la touche des designers motos, épris de trucs ronds et crantés qui tournent et de selles biplaces.

 

 

Et encore cette étonnante guitare, évidée, en carbone bien entendu, j’avais déjà vu le principe en scène mais sur des violons et des violoncelles, pas des grattes.

 

 

Et puis il reste la totalité de l’expo, avec des stands à thèmes, l’un est par exemple le design synonyme d’utilité.

M’est revenue bien sûr la phrase de Dassault, « Un bon avion est d’abord un bel avion »...

J’ai retenu par exemple le design des pâtes, j’ai une copine italienne qui travaillait chez Barilla et qui me disait qu’une découpe de pâtes doit d’abord plaire au public, même si elle est déjà connue, on peut l’améliorer, qu’elle doit être plus facile à fabriquer et offrir des temps de cuisson plus courts…

 

 

S’exclamer sur des formes de pâtes, pour un rital, c’est faire découvrir la glace ou la neige à un bébé Inuit, mais je suis resté étonné, scotché, enchanté au sens de Merlin, c’est là que je suis entré dans ce monde totalement infranchissable au grand public qu’est le design…

Et durant deux heures, grâce au guide, j’ai appris à lire cette autre langue…

Des souvenirs, des trucs qui vont vous donner envie d’entrer en initiation du design…

Ainsi par exemple, un joli tour de force, joli dans le sens esthétique, on a réussi à imprimer la totalité du roman de Stendhal « Le rouge et le noir », 500 pages au naturel,  sur l’équivalent d’une page de journal traditionnel, dit « Berlinois »…

On le lit à l’aide de compte fils, des loupes que l’on connaît bien dans la presse, car on s’y sert d’un seul oeil.

 

ALL THE WORLDS A PAGE

ALL THE WORLDS A PAGE

 

Il existait auparavant les microfilms, mais il faut des appareils spéciaux pour les lire, le matériau de base, le film, peut s’abîmer assez vite, là on est sur un support qui tiendra des siècles, il est évident que pour la conservation des documents, c’est une vraie avancée.

Un clin d’œil à cette monnaie qui nous a peut être fait tant de mal, sauf si on est banquier, l’euro est la seule monnaie au monde dont les pièces et les billets dont la taille soit  proportionnelle à leur valeur…

 

 

On leur a donné aussi de différentes couleurs pour que le quidam puisse les reconnaître mais  pour les machines à compter le pognon, c’est une avancée considérable.

Et dans le portefeuille ça permet de les trier…

Et puis le design appliqué à la connaissance de phénomènes naturels ou désastreux d’origine humaine est un truc effarant.

On voit en temps réel la totalité des avions en vol dans le monde entier, ça fout la trouille d’ailleurs, on voit les mouvements financiers, on trace l’effroyable traînée, mondiale, des saloperies de particules lâchées à Fukushima…

Voilà, trois exemples sur mille, on redécouvre le monde qui nous entoure sous un autre angle, car on en fait partie, c’est là le génie du truc.

 

LA CAPSULE: 24 CRANS ? EMBOUTEILLAGE A 'EMBOUTEILLAGE!  21 CRANS? TOUT VA BIEN

LA CAPSULE: 24 CRANS ? EMBOUTEILLAGE A ‘EMBOUTEILLAGE! 21 CRANS? TOUT VA BIEN

 

Un autre encore, la découverte par les designers de la solution à l’encapsulage automatique des bouteilles e bière, les capsules à 24 crans ne défilaient pas bien dans leur goulet avant d’arriver sur les boutanches, ça bloquait, on les a remplacés par des capsules à 21 crans et ça roule tout seul…

Et quand je vois que la mode est à l’économie d’énergie, cuire « la pasta » en trois minutes au lieu de douze, c’est autant de pognon que l‘on ne file pas à Gaz de France…

Mis bout à bout, dans une famille rital les pâtes c’est deux fois par jour, ça doit représenter un sacré tas de pognon au bout ces économies…

Et quand le design se met à faire juste du design, cela peut aussi faire rêver.

Voilà, St Etienne qui fait rêver, ce n’est pas un scoop, ce serait vexant pour tout ce que la ville a fait pour sortit la tête de l’eau, 140 000 visiteurs en 2013 sur quinze jours, cette année, l’expo dure un mois jusqu’au 12 avril 2015.

Info : www.biennale-design.com 

 

JEAN LOUIS BERNARDELLI

PHOTOS ORGANISATION/ALEXANDRE KOWALSKI

 

 

 

 

 

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