DANIEL RICCIARDO, LE PILOTE DE F1 AU VOLANT D’UNE ALFA ROMEO DE 1972, SUR LA TARGA FLORIO!

 

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Le dernier numéro de The Red Bulletin, à paraître cette semaine en kiosques, consacre sa couverture au pilote de Formule 1 Daniel Ricciardo. Ce dernier retourne à ses origines siciliennes au volant d’une Alfa Roméo T33 sur le tracé de la « Targa Florio » et prend en main d’autres bolides vintage.

L’actuel pilote de Grand Prix, le jeune Australien Daniel Ricciardo, 3éme du Championnzat du monde de Formule 1, la saison derniére et ce au volant de sa monoplace Red Bul-Renault, a découvert le pilotage d’un prototype Alfa Roméo, datant de la saison 1972 et ce sur les routes de Sicile, où se déroulait autrefois, la célébre épreuve de laTarga Florio, laquelle faisait partie dans les années 60-70, du Championnat du monde d’endurance pour voitures de sport -prototype!

Une sacrée expérience… pour un jeune pilote d’aujourd’hui !!!

Action.

 

Ricciardo, à l’ancienne

DANIEL RICCIARDO with Alfa-Romeo T33

 

Le futur de la F1 rencontre le passé du sport auto : Daniel Ricciardo s’embarque dans le baquet d’une Alfa Romeo ancienne sur les routes de l’une des plus extraordinaires courses, en exclusivité pour The Red Bulletin.

L’avion amorce sa descente sur Palerme, sur la côte nord-ouest de la Sicile, et Daniel Ricciardo pense à son défi du lendemain :

« Je dois maîtriser l’Alfa Romeo à 300 km/h sur des routes ouvertes au public, et au milieu des ânes. »

Les fondus de sport auto comprendront la référence. Tous les autres doivent savoir que le pilote de l’écurie Infiniti Red Bull Racing évoque Speed Merchants, un documentaire dédié à la saison 1972 des courses automobiles, qui propose entre autre des images d’ânes que l’on évite durant la Targa Florio, légendaire course d’endurance organisée en Sicile de 1906 à 1977.

La famille de Daniel Ricciardo est originaire de Ficarra, un petit village du nord de la Sicile. Quand son père avait six ans, la famille a déménagé en Australie. Daniel a très peu de liens avec l’île italienne, il se souvient n’y être venu qu’une fois, gamin, pour une visite familiale.

Son père lui parlait-il des héros de la Targa ?

« Non, il était plus fan de F1 et de Mario Andretti. »

À l’époque d’Andretti, les plus belles années de la Targa – qui fait référence aux « plaques » d’immatriculation en italien – étaient terminées depuis longtemps. Au départ, il s’agissait d’une course sympa, entre un cavalier, un cycliste et la première voiture apparue en Sicile (propriété de Vincenzo Florio).

Au début des années 70, elle s’était transformée en un monstre incontrôlable. Si son parcours a changé plusieurs fois au fil des ans, le principe resta le même : parcourir 11 tours d’un circuit long d’environ 70 kilomètres. La course traversait des villages et des villes, murs, précipices et trous inclus. Les jours précédant la course, la municipalité invitait les riverains à « enfermer leurs enfants et animaux ». Un avertissement peu suivi.

La Targa Florio était inscrite au championnat du monde des voitures de sport, les performances des véhicules se sont améliorées d’année en année. Les grands constructeurs de l’époque formaient des équipes, à commencer par Porsche, Ferrari et Alfa Romeo. Au départ de l’édition de 1972, Ferrari, avec une seule voiture engagée, pilotée par Arturo Merzario et Sandro Munari, s’octroyait la victoire contre pas moins de quatre Alfa. Parmi leurs pilotes, Helmut Marko, qui avoue aujourd’hui n’avoir jamais été un grand fan de la Targa.

« Les premiers tours furent un vrai choc. Une voiture s’est même perdue dans la montagne, il a fallu une demi-journée pour la retrouver. Il n’y avait pas de glissière de sécurité, juste d’énormes ballots de foin par-ci, par-là. »

 

DANIEL RICCIARDO with Alfa-Romeo T33

 

C’est dans l’Alfa Romeo T33 pilotée en 1972 par Marko – son actuel mentor responsable de la filière Red Bull– que Daniel Ricciardo va rouler aujourd’hui sur les routes de Sicile. Si le prix de cette voiture a augmenté avec les années, la sécurité de son pilote n’a pas été améliorée. Ricciardo est cerné par deux réservoirs d’essence de 60 litres. La structure avant se compose essentiellement d’un gros logo Alfa Romeo en aluminium, et accueille ses tibias. La position assise défie l’entendement. Lorsque le pilote appuie sur la pédale des gaz, il est gêné par une partie du châssis et il doit aussi faire attention à ne pas actionner par erreur l’interrupteur de l’un des réservoirs d’essence avec son genou gauche.

Pas question ici de glaner des dixièmes de secondes comme lors des Grand Prix de F1. Ricciardo en profite :

« C’est entièrement manuel. Fatigant, mais marrant. »

Daniel avait pressenti que l’Alfa Romeo T33 roulerait bien. Sous ses 700 kilos se cachent plus de 400 chevaux et un châssis digne de ce qui se faisait à l’époque :

« Elle fait ce qu’on attend d’elle. C’est une sacrée voiture de course ! ».

 

DANIEL RICCIARDO with Alfa-Romeo T33

 

 

Aujourd’hui, il n’est plus possible de faire le circuit complet de la Targa Florio avec les voitures de l’époque. Les routes sont dans un état épouvantable. C’est déjà compliqué pour une voiture de location, alors pour une voiture de course datant de 40 ans et conçue pour coller le plus possible à la route avec ses roues avant de 13 pouces, n’en parlons même pas.

Daniel s’attaque tout de même à ce que le parcours a de meilleur à offrir, des routes bien goudronnées et de jolis virages. L’Alfa Romeo file comme l’air, malgré le revêtement glissant, recouvert d’une fine couche de sable saharien. Le moteur huit cylindres rugit, l’arrière vacille, et le pilote de 25 ans affiche un large sourire sous son casque ouvert.

Le soir, dans l’avion du retour, il semble pensif.

« Il faut que je demande à mon père pourquoi mes grands-parents ont déménagé en Australie. »

Daniel réfléchit. « Maintenant, j’en suis sûr, je veux une voiture de course ancienne. »

 

Retrouvez l’intégralité de ce reportage inédit dans l’édition de Mars de The Red Bulletin

 

Photos : THE RED BULL BULLETIN

 

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