NEIGE ET GLACE 2015 : JOUR 2, CROC BLANC ! LA NEIGE MORD, LA FRANCE ATTAQUE !

 

 

CHRISTOPHE ET ANNE BAILLET

CHRISTOPHE ET ANNE BAILLET

 

La neige, ça peut être magique mais aussi parfois très inamical…

Elle peut faire tomber des arbres par exemple…

Si, si !

 

 

Mais si par endroits  les géants de la flore locale ont craqué, le rallye, lui, est passé…

Et les Français ont gagné.

Ci-dessus Christophe et Anne Baillet.

Ci-dessous Eric et Joa Torrejon.

 

TORREJON PERE ET FILLE, PREMIERS AU CLASSEMENT GENERAL!

TORREJON PERE ET FILLE, PREMIERS AU CLASSEMENT GENERAL!

 

Récit…

Je suis au départ  d’une spéciale au-dessus d’Oyonnax, je discute avec un des héros de ma vie.

Jean Paul Pierrat a en effet gagné (entre autres) la  Vasalopet en Suède,  la plus grande course du monde nordique du ski de fond, et ce fut quasiment un deuil national en Suède où j’habitais alors. Aujourd’hui il s’occupe d’événementiel, sur le Neige et Glace il est le bras droit de « Zoulou » alias « Zulu » alias  le « Z » en alphabet radio international, celui de Zaniroli bien sûr.

Et justement il a reconnu la spéciale avec Zani une demi heure avant de lâcher les concurrents… et la première auto vient d’appeler pour dire qu’un arbre est tombé en travers de la spéciale…

 

ZOULOU

« ZOULOU »

 

Je suis étonné que ces sapins, mélèzes et autres épicéas indestructibles du Jura puissent  se faire casser la gueule par des flocons de neige…

Jean Paul me dit alors, et cela donne une idée de la violence potentielle de la neige quand elle est alourdie, ce qui est le cas, que chez lui, le seul poids de la neige sur les câbles électriques a fait plier deux pylônes à haute tension !

Oui dans la région Jura-Haut Doubs, la neige c’est génial, c’est magique, cela donne des paysages d’une beauté à pleurer d’émotion mais parfois… ça rigole pas!

 

 

Mais ce jour deux, le rallye avance quand même, avec des passages où parfois la visibilité est nulle et aveuglante, au Canada on appelle ça le « White out »,

L’Enfer blanc, cela empêche les hélicos de décoller car les pilotes ne peuvent plus distinguer l’air du sol…

Mais quand ça se dégage, place au plaisir et parfois à la légende…

Une Morris Cooper dans la neige, c’est un frisson… Une légende…

Equipage français, Christophe Faivre Pierret et Jean Marie Kunegel.

 

 

Une Matra 530 (équipage français, Jean et Elisa Noémie Laurent) dont Henri Pescarolo m’a rappelé qu’il a couru le Monte Carlo avec cette auto, voilà pour la légende.

La coéquipière envoie un bisou au photographe en passant, voilà pour le frisson…

 

 

Ce jour où la neige mord, les équipages français se sentent pousser des ailes…

Et du coup, il y a de grosses surprises aux classements car il faut ruser, avoir un peu de chance, anticiper les merdiers…

Par exemple, au matin, nous avons lâché notre cameraman (Mikko)  et photographe (Richard)  dans la nature, puis cherché un endroit pour garer l’auto…

Rien…

La voie ouverte par le chasse neige est bordée de murs de neige hauts de plus d’un mètre de chaque côté, aucune place pour  laisser notre 4X4, nous avons donc fait un détour par un autre chemin pour revenir près du départ et attendre la fin des passages pour aller récupérer nos garçons, bref, la spéciale est à une voie et s’il y a un concurrent lent devant, impossible de le doubler parfois sur des km…

 

FORMIDABLE EQUIPAGE JOËL ET CORINNE SANSEIGNE

 

Du coup les garçons sont restés des heures en bordure de piste, mais ils ont assisté à des choses exceptionnelles !

Il peut par exemple arriver qu’il y ait une auto  qui se plante et les suivants, qui arrivent de minute en minute, viennent aider à se déscotcher, la neige des murs de côté c’est largement aussi con que les sables de Mauritanie !

Sinon, ça ne passe pas…

Certains équipages deviennent des artistes du coup de pelle qui dégage au cm près un passage sur le côté quand une auto est vraiment en carafe devant.

Bon, ça énerve un peu mais on est entre gentlemen, et on s’entraide, ce qui est en plus logique d’ailleurs sinon personne ne peut passer.

Tout cela au milieu de beaucoup d’histoires parfois créatrices d’expressions très historiques comme « Mais tu vas pelleter espèce de conne ! », la régularité se pratique beaucoup en couple, c’est sûr que c’est plus original que d’aller au cinoche;

Mais revenons aux Français…

Sur les quatre « RT » de la journée, alias « Regularity Tests », alias spéciales de régularité, ce sont quatre équipages français qui gagnent !

Le premier est pour l’Audi Quattro de Torrejon, le deuxième pour  l’Autobianchi du couple Sanseigne, que l’on a d’ailleurs vue passer en majesté, le troisième est pour l’Alpine A 310 V6 d’Antoine Leclerc, le dernier pour le couple Baillet et sa Porsche 911.

Couple Baillet très fort dans la discipline, la preuve, il a gagné le Corse Classic, et il gagne ce jour une des spéciales, mais en spéciale un,  il s’est tanké juste devant nous.

On l’a aidé à repartir bien sûr, mais des tas de minutes ont été perdues.

Christophe Baillet…  « Je suis en avance sur la moyenne imposée, je décide de m’arrêter, carrément, mais je fais ça en montée… Et sous la couche de neige fraîche, c’est de la glace vive. Je ne repars pas. Je décide de faire marche arrière pour mieux repartir, sauf que la buée est partie et nos voitures ne sont pas faites pour rouler dans ce sens là. Et je me jette l’arrière dans le mur de neige, planté, et grave ! »

Derrière ça klaxonne un peu car on ne passe pas sur le côté, une fois déplanté, Christophe monte en haut de la colline et Madame doit courir derrière jusqu’à ce que la Porsche soit sur le plat !

Mais la preuve que la régularité sourit aux audacieux et à ceux qui ne lâchent rien, les Baillet, au soir de ce deuxième jour, sont deuxièmes du classement général.

Il y a en effet une règle du joker qui permet d’oublier les quatre plus mauvais résultats du rallye, et bien entendu, sur ce coup là, ils ont joué un joker…

On les a revus au moment du déjeuner, grands sourires, comme quoi un petit plantage par ci- par là ça vous forme un couple en béton armé !

Au classement général au soir, trois Français aux trois premières places, Torrejon (Audi Quattro), Baillet (Porsche 911, photo en ouverture de reportage), Martin (Audi Quattro.

Bref belle journée avec ce genre de jolis souvenirs en photos

 

 

Ou encore cette photo ci-dessous…

 

 

Plus loin une Volvo Amazone va aussi occasionner un bouchon digne de la Place de La Concorde  quand il y a des travaux c’est-à-dire tout le temps.

Carrément en travers de la piste !

L’histoire en quatre  images…

 

PHASE UN: PLANTAGE EN TRAVERS DE LA PISTE

PHASE UN: PLANTAGE EN TRAVERS DE LA PISTE

 

Comme l’équipage n’arrive pas à repartir, ce sera un feu d’artifice d’artisanat d’art du découpage à la pelle du mur de neige opposé pour pouvoir passer.

 

PHASE DEUX: ON BLOQUE TOUT LE RALLYE

PHASE DEUX: ON BLOQUE TOUT LE RALLYE

 

Sacrée journée mais quand on vient disputer un Rallye qui s’appelle Neige et Glace, c’est un peu comme participer à l’Africa Race, on sait que ça va être génial mais parfois compliqué voire exaspérant !

 

PHASE TROIS,TOUT LE MONDE POUSSE POUR DEGAGER

PHASE TROIS,TOUT LE MONDE POUSSE POUR DEGAGER

 

Et enfin le summum, sur cette TR3 décapotable et décapotée, on sort les grands arguments pendant l’attente sous la neige qui tombe…

 

 

Bon, le rallye a donc de  très bons moments même si parfois ils sont imprévus et font perdre du temps.

Mais pour d’autres , cela peut être un peu lassant…

Henri Pescarolo a une Porsche 911 qui marche le feu mais qui prend la mauvaise habitude de lui faire des pannes d’allumage à chaque bosse, plus rien sous le pied, Henri doit couper le moteur puis redémarrer et là  et ça repart comme une fusée…

 

PESCAROLO ET PERRIN

PESCAROLO ET PERRIN

 

Son objectif de podium est loin du coup, car ça repart, mais on n’est évidemment plus dans les temps, la régularité cela ne consiste pas à faire telle moyenne imposée entre le départ et l’arrivée mais tout le temps le long du parcours, il y a des balises secrètes partout, un retard pris sur une de ces balises se paie comptant…

Au classement général, trois équipages français aux trois premières places, l’Audi Quattro d’Eric Torrejon navigué par sa fille Joa, la Porsche 911 des Baillet, l’Audi Quattro de la famille Martin.

Ensuite viennent les Belges, et les écarts de points sont très faibles, et c’est clair que sur les deux jours qui restent, ça va chier « une fois… »

Résultats des RT et classement général sur : http://www.zaniroli.com/neige-et-glace

 

 

JEAN LOUIS BERNARDELLI

Photos : RICHARD BORD

 

 

 

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