ROBERT MANZON, LE DOYEN DES PILOTES DE GRANDS PRIX EST MORT A 97 ANS

 

 

Robert MANZON

Robert MANZON

 

 

Doyen des pilotes automobiles français et aussi des pilotes de Grands Prix, le Marseillais Robert  Jean Joseph Manzon est mort ce matin, lundi 19 janvier 2015 à l’âge de 97 ans, étant né le 12 avril 1917. Il est décédé dans sa maison de Cassis. Manzon avait été essentiellement pilote dans les années 50 pour les écuries Gordini et Ferrari. Il pilota également au volant de Simca Gordini, Cisitalia et Lancia.

Robert Manzon a débuté en GP lors de l’épreuve Monégasque en 1950 et il disputa son 28éme et dernier lors du GP d’Italie à Monza en 1956.

Son meilleur résultat en F1 : Une 3éme place au GP de Belgique à Spa en 1952 avec la Gordini et son meilleur classement au Championnat du monde : 6éme toujours en 1952

 

 ROBERT MANZON le 22 juin 2008 avec son ami Georges Gonnard Photo Jean Paul BRUNERIE


ROBERT MANZON le 22 juin 2008 avec son ami Georges Gonnard – Photo Jean Luc ABRAINI

 

Né à Marseille, Robert commença sa carrière automobile au volant de sa propre Cisitalia dans plusieurs courses de Formule 2 en 1947.

En remportant les épreuves d’Angoulême et de Comminges, en plus de quelques autres belles performances, ces bons résultats, lui permettent d’obtenir un volant officiel et que lui offre Amédée Gordini, pour piloter l’une de ses voitures.

Manzon termine 3ème du GP des Nations, et au GP de la ville d’Angoulême, Manzon occupe le commandement de la course lorsque dans le dernier tour et après avoir signé le tour le plus rapide en course, il doit abandonner, malheureusement pour lui, trahi par sa mécanique.

L’année suivante, il réalisera une bonne saison, terminant second à Angoulême et aussi au GP de Lausanne, successivement derrière Maurice Trintignant et Raymond Sommer.

Mais il gagne la trés réputée, à l’époque, épreuve d’endurance du Bol d’or à Montlhéry, au volant d’une Simca sport.

En 1950, année de la création et de la naissance du Championnat du monde de F1, roulant toujours en F2, discipline où il finit notamment à la seconde place du GP de Roubaix , il participe à son premier GP, celui de Monaco, deuxième épreuve du calendrier, le 21 Mai, après la manche inaugurale, à Silverstone et disputée elle, peu de temps auparavant, le 13 Mai.

Au volant de sa Simca-Gordini officielle, il décroche le 12éme temps des qualifications, derrières deux autres Français, Raymond Sommer et Louis Rosier.

En course, l’Alfa Roméo de l’Argentin Juan Manuel Fangio prend rapidement la tête devant la Ferrari de Luigi Villoresi, la Maserati de José Froilán González et une autre Alfa, celle de Giuseppe Farina.

Ce dernier s’empare de la troisième place à l’entrée du tunnel et, trop pressé de rattraper les deux voitures de tête, il aborde trop vite le virage du Bureau de Tabac.

À cet endroit du port monégasque, le vent a projeté de l’écume sur la route. Si Fangio et Villoresi passent sans encombre, Farina, surpris, dérape, tape le mur et s’immobilise en obstruant une partie de la piste. González ne peut l’éviter mais continue tout de même malgré un réservoir fuyant.

Arrive alors Luigi Fagioli qui parvient à s’arrêter mais, derrière, le reste du peloton s’encastre dans les deux Alfa qui bloquent le passage.

Si quelques pilotes parviennent à éviter le carambolage, neuf voitures sont éliminées avant même la fin du premier tour, dont celle de l’infortuné Robert Manzon !

Le 2 juillet suivant, au GP de France couru sur le circuit de Gueux à Reims, il se classe à une belle 4éme place, seulement devancé par les puissantes Alfa Romeo de Fangio et Faggioli et par la Ferrari de l’Anglais Whitehead

Cette 1ére saison de GP F1 qui sacre le pilote Alfa Roméo, Giuseppe Farina, comportait sept épreuves et Manzon termine 13éme, totalisant ses trois points de Monaco.

En Formule 2, il brille à nouveau et triomphe d’abord au GP de Périgueux, puis à celui de Mettet, en Belgique.

Pour la saison 1951 en GPF1, il fait partie des cinq pilotes de l’écurie Gordini, aux côtés de Maurice Trintignant, André Simon, Jean Behra et Aldo Gordini. Equipe avec laquelle il dispute trois des huit Grands Prix (France-Allemagne-Espagne)

Malheureusement ses performances seront hélas plus modestes avec pour meilleur résultat une septième place au Nurburgring

En effet, à Reims, il a abandonné sur casse moteur, et en Espagne sir le circuit de Pedralbes aux portes de Barcelone, il ne finit que  neuvième.

Heureusement, la F2, lui sourit et il triomphe à nouveau au GP de Mettet, se classant second aux GP des Sables d’Olonne, de Rouen et de Cadours.

En 1952, Simca ne veut plus soutenir Gordini, qui décide donc de poursuivre l’aventure désormais seul en F1.

Les Gordini commencent à se montrer plus performantes, fiables et compétitives.

Robert Manzon est engagé dans toutes les courses sauf Indianapolis. Débute mal sa saison par un abandon le 18 Mai GP de Suisse à Bremgarten.

Aprés deux saisons de doute, il monte enfin sur le podium, finissant troisième le 22 juin du Grand Prix de Belgique sur le circuit de Spa-Francorchamps,devancé par les deux Ferrari d’Ascari et Farina.

Obtient aussi une belle quatrième place au GP de France sur le circuit de Rouen –les –Essarts.

Suivent, un abandon au Nurburg, suivi d’une cinquiéme place à Zandwoort au GP de Hollande

Enfin, le 7 septembre à Monza, après de bons essais – 7éme sur la grille- il ne se classe que 14éme

En fin de saison, décroche malgré tout, la 6éme place finale du Championnat du monde, premier pilote tricolore devant Jean Behra, classé, lui, 8éme, le titre étant remporté par Alberto Ascari, Robert totalisant neuf points

Manzon finit aussi second d’une course hors-championnat, chez lui à Marseille, avec le prince Bira.

Dans la catégorie des voitures de sport, Robert s’impose lors des Coupes du Salon à Montlhéry et aussi à Monaco.

La saison 1953 se présente bien mais Gordini aligne huit voitures !

Dès le GP d’ouverture le 18  janvier en Argentine, il occupe la seconde place, mais il va perdre une roue et finir seulement 10éme. C’est la troisième fois qu’une roue se détache sur sa voiture en course…

Après avoir décroché une 5ème place dans une autre course à Buenos Aires, Manzon décide brutalement de quitter l’équipe Gordini !

Il se retire des GP et part courir avec l’équipe Lancia en voitures de sport.

En 1954, Robert revient en GP et est engagé par l’écurie de Louis Rosier, et se retrouve au volant d’une Ferrari 625

Dès sa première course au volant d’une voiture rouge, Manzon, lors du GP de France à Reims-Gueux, monte sur la 3éme marche du podium derrière les deux  ‘ Fleches d’argent’ les Mercedes-Benz de Fangio et Kling

La suite est toutefois moins brillante avec pour meilleure perf, une neuvième place en Allemagne et un abandon à Silverstone (moteur).

Avant un accident le 22 aout au GP de Suisse à Bremgarten.  Robert Manzon est sorti violemment de la piste, détruisant la Ferrari 553 d’usine qui venait de lui être confiée. Avec plusieurs côtes cassées, il ne peut participer à l’épreuve, et c’est l’Italien Umberto Maglioli qui va le remplacer.

Revenu pour Monza, il connait un nouvel abandon, tout comme lors du dernier GP en Espagne, suite à des ennuis moteur !

 

ROBERT-MANZON-GP-de-MONACO-DE-F1-en-1956

ROBERT-MANZON-GP-de-MONACO-DE-F1-en-1956

 

En 1955, il revient chez Gordini, mais ce sera une bien piètre saison au volant de la T16, sa meilleure performance est une 5ème place à Bordeaux, tandis qu’en Championnat, il ne termine aucune course.

Mais en fin de saison, au volant d’une Ferrari, il termine 3ème de la trés réputée Targa Florio, en Sicile.

En 1956, la saison s’annonçait plutôt bonne, avec une victoire lors des Grand Prix de Naples et de Pescara mais hors-championnat.

Par la suite, il s’aligne dans cinq GP et il n’obtiendra que trois modestes 9ème places en France à Reims, à Monaco et à Silverstone, les Gordini étant dépassées…

A la fin de la saison, dépité, il décide de se retirer de la compétition.

Et se retire chez lui en Provence, s’installant par la suite à Cassis, charmante cité balnéaire, où il est décédé ce lundi 19 janvier 2015.

Depuis le décès de l’Argentin José Froilán González, il était le dernier survivant de la première saison de Formule 1 en 1950 et le dernier survivant des mousquetaires qu’il formait avec Elie Bayol, Maurice Trintignant, Eugène Martin et Jean Behra.

Depuis le 31 mai 2012 et la mort de Paul Pietsch, il était également le doyen des pilotes de Formule 1.

 

Gilles GAIGNAULT

Photos : DR et Jean Luc ABRAINI

 

SA CARRIERE EN GRAND PRIX F1

 

28 Grands PRIX

1950 : Gordini  (Monaco-France-Italie)

1951 : Gordini (France-Allemagne-Italie-Espagne)

1952 :  Gordini (Suisse-Belgique-France-GB-Allemagne-Hollande-Italie)

1953 : Gordini (Argentine)

1954 : Ferrari (France-GB-Allemagne-Italie-Espagne)

1955: Gordini (Monaco-Hollande-GB)

1956 : Gordini (Monaco-France-GB-Allemagne-Italie)

 

1ére ligne : 3 fois:  1952 (Suisse-GB-Allemagne)

3éme en GP

1952 : Belgique

1954 : France

4éme en GP

1950 : France

1952 : France

5éme en GP

1952 : Hollande

 

CHAMPIONNAT DU MONDE DE F1

1950 : 13éme avec 3 points

1952 : 6éme avec 9 Points

1954 : 12éme avec 4 points

 

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ROBERT-MANZON-retrouve-sa-FERRARI lors du GP du LAC en 2004

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