AFRICA RACE : JOUR 10, SABATIER INTRAITABLE!

 

ULLEVALSETTER TOUJOURS MAESTRO

ULLEVALSETTER TOUJOURS MAESTRO

 

Jean Antoine Sabatier gagne cette étape, il garde la première place au général, mais il manquait un convive à la fête!

Serradori, magnifique leader au classement général autos et camions, a du abandonner la veille, le moteur s’est bloqué, bielle coulée, à 400 mètres de l’arrivée !

La course perd un élément formidable, mais elle n’est pas finie, et se poursuit dans un décor totalement sublime.

 

SERRADORI PASSE L'ARRIVEE LA VEILLE A LA FICELLE

SERRADORI PASSE L’ARRIVEE LA VEILLE A LA FICELLE

 

Encore une journée phénoménale, le beau temps avec son ciel d’un bleu si dense est enfin revenu, les dunes sont d’or et la pierre est noire comme du charbon.

L’étape de ce vendredi, l’avant dernière en Mauritanie, repart, après une  boucle locale pour passer ces fameuses dunes, puis redescend SW vers la capitale Nouakchott.

 

DECOR PHENOMENAL ET COURSE D 'ANTHOLOGIE!

DECOR PHENOMENAL ET COURSE D ‘ANTHOLOGIE!

 

Départ, à nouveau, depuis le bivouac et une liaison ridicule de quelques km à l’arrivée.

Du plaisir à l’état pur.

René Metge la décrit :

 

 

« Cette avant-dernière étape mauritanienne commencera par un franchissement très impressionnant. Plus impressionnant que difficile d’ailleurs mais les concurrents vont se sentir tout petits en arrivant au pied de ces dunes cathédrales. Je me souviens de l’image du camion d’Elisabeth JACINTO l’année dernière lorsqu’il est arrivé au sommet ! Il semblait minuscule et c’était fabuleux ! Ce sera, à n’en pas douter, le gros morceau du rallye. Plus loin dans la spéciale, il y aura encore un cordon de dunes long de 15 km moins difficile. En dehors de ces deux pâtés de sable, le reste sera plutôt rapide avec, tout de même, pas mal de navigation. »

En langage « rallye », cela donne ceci

VENDREDI 9 JANVIER 2015/ÉTAPE N°10 : AKJOUJT / TOUEILA : 349 km

DÉPART DEPUIS LE BIVOUAC/SPÉCIALE : AKJOUJT / AKREIDIL : 342 km

LIAISON : AKREIDIL / TOUEILA : 7 km

En coupe, cela donne ceci…

 

 

La carte du coin la voici

 

 

 

Et pour savoir où l’on se trouve sur le parcours général, voici la totale.

 

africa race 23015 carte

 

Les premiers à partir sont les motos, dans l’ordre du scratch de la veille, remporté de façon phénoménale par le Norvégien Ullevålsetter devant  le Namibien Waldsmith et l’Autrichien Theuretzbacher.

Norbert Dubois, premier français, a fini six la veille et est cinq au général.

 

NORBERT DUBOIS

NORBERT DUBOIS

 

Norbert part devant un phénomène, l’autre révélation de ce rallye, la russe Anastasia Ninfontova, à qui nous consacrerons aujourd’hui une page spéciale.

En effet,  sautant d’un hélico à un 4X4, notre photographe Alain Rossignol, que je soupçonne d’avoir un petit béguin pour la jeune pilote, a encore trouvé le temps de shooter et de nous envoyere un album complet sur  la jeune star du pilotage féminin.

 

MOTOS : WALSCHMIDT PASSE VANDERWEYEN SUR LE PODIUM

INGO WALSCHMIDT

 

Il y a un très gros enjeu sur ces derniers jours de course, la troisième place sur le podium.

Le Belge Vanderweyen se défend comme un beau diable contre un Walschmidt très fort physiquement et qui adore le sable.

Il y a une quarantaine de secondes entre les deux pilotes au général, autrement dit peanuts.

Le Namibien aura un gros avantage, il part deux derrière le leader, qui lui fera « le lièvre », terme d’athlétisme signifiant qu’il l’entraînera dans son rythme, au moins en début de course.

Et on roule vite,  c’est  une  superbe habitude de René Metge, un clin d’œil à ses concurrents, chaque matin commence par un grand coup d’air sur terrain facile. 140 km/h…

Vanderweyen, lui, a aussi son lièvre, l’Autrichien Theuretzbacher qui part devant lui et cherchera à tout prix à rejoindre le leader comme il le fait depuis une semaine et ce pour une raison, il navigue comme une huître alors que le Norvégien fait très peu d’erreurs.

 

UN VIKING NE SE PERD JAMAIS

UN VIKING NE SE PERD JAMAIS

 

On est sur du sable plat, dur car c’est le matin et il fait frais, sur une piste assez facile à suivre, d’où les vitesses très élevées après le départ.

Quelques traversées d’oueds, il faut freiner comme des malades pour passer tout doucement, mais rien de bien méchant, ils sont annoncés par le road book.

 

UN MOMENT DE DOUCEUR DANS UN MONDE DE BRUTES…

 

NINFONTOVA EN PLEINE DEFONCE

NINFONTOVA EN PLEINE DEFONCE

 

Nifontova est partie à l’heure, voici le cahier spécial annoncé, sur ce phénomène, qui roule avec les garçons, il n’y a pas de catégorie féminine, mais surtout elle roule à leur rythme.

 

EN PLEINE ACTION

EN PLEINE ACTION

 

Et elle est increvable, même si, on le voit, elle a l’air totalement défaite quand elle ôte son casque aux points de ravito, couverte de poussière, elle roule vite, elle s’ensable et s’en sort, on l’imagine forte comme une ourse et elle est toute gracile, comme le montre un joli cliché, autorisation spéciale donnée à Alain Rossignol de pénétrer sous sa tente.

 

NINFONTOVA SE PLANTE ET S'EN SORT TOUTE SEULE

NINFONTOVA SE PLANTE PARFOIS EXPRES POUR VERIFIER UN TRUC: DANS LE SABLE, PAS DE BEQUILLE!

 

Cette fille est un bijou.

 

RAVITAILLEMENT, POUSSIERE PLEIN LA GUEULE, LE MAQUILLAGE FAÇON ERG...

RAVITAILLEMENT, POUSSIERE PLEIN LA GUEULE, LE MAQUILLAGE FAÇON ERG…

 

Qui méritait bien un gros clin d’œil d’autonewsinfo.

 

EPUISÉE OU PAS, ATTAQUE PERMANENTE

EPUISÉE OU PAS, ATTAQUE PERMANENTE

 

ANASTASIA AMOUREUSE DU DESERT

ANASTASIA AMOUREUSE DU DESERT

 

ET LE SOURIRE EXCLUSIF  POUR ALAIN ROSSIGNOL!

ET LE SOURIRE EXCLUSIF POUR ALAIN ROSSIGNOL!

 

« спасибо » Anastasia, merci!

UNE COURSE SUBLIME…

Retour à un monde nettement plus brutal…

Vanderweyen fait le seul truc à faire, envoyer du lourd pour se rapprocher un maximum du groupe de tête, qui non seulement lui fera un rythme mais aussi une trace qui lui évitera de se perdre.

Il faut aussi qu’il couvre Walschmidt,  ceci est un terme de voile, autrement dit qu’il calque sa course sur son adversaire, à qui il aura repris du temps puisqu’il est parti quatre minutes derrière lui.

On monte donc d’abord le long de ce cordon de dunes qu’il faudra traverser tout en haut, le terrain se complique par endroits mais c’est sans problème, enfin presque, Ullevålsetter d’écarte un peu du droit chemin et Waldschmidt  le reprend.

Tactique déjà ?

On sait que le viking n’aime pas rouler avec un autre pilote dans sa roue arrière, cela lui a magnifiquement réussi la veille, et les autres se sont paumés, mais il peut aussi s’être gouré, ça lui arrive aussi !

Il vient se replacer juste derrière Theuretzbacher, on verra bien quand on attaquera les monstrueuses dunes qu’il va falloir traverser…

Une petite heure après le départ, on y arrive dans l’Himalaya dunaire.

« Ulle » roule à 22 km/h, effectivement, c’est du costaud, et il y en a pour trente bornes comme ça.

L’endroit est sublissime, un océan d’or…

 

THEURETZBACHER VAINQUEUR BIEN DISCRET

THEURETZBACHER VAINQUEUR BIEN DISCRET

 

Et en effet, au CP1 installé à l’attaque des dunes, Theuretzbacher est passé le premier, suivi à quelques secondes par Ullevålsetter.

Waldschmidt, deuxième chrono,  passe huit minutes avant Vanderweyen, il est parti quatre minutes avant lui, il a donc virtuellement à ce point de la course pris la troisième place au général avec ces quatre minutes d’avance.

Nifontova vire neuvième à l’entrée des dunes, plein sud.

Le trio de tête en sort des dunes, aucun gros écart, Waldschmidt est dans le bon wagon pour le podium…

Au CP2, au sortir des dunes, meilleur chrono pour Theuretzbacher, devant Waldschmidt et « Ulle ».

Vandenweyer a encore perdu du temps, il s’est ensablé un moment, (Dubois aussi d’ailleurs), Waldschmidt a maintenant un bon quart d’heure d’avance.

Dubois est huit,  Ninfontova toujours neuf.

Pour les pilotes de tête, 100 km/h, la vie est belle, direction SW, la Mauritanie un diamant…

 

 

Nav’ peu compliquée, on est entre deux cordons de dunes, rasant celui qui est au sud.

Enorme pied, rien que du pilotage !

Au CP3, où l’on déboule joyeusement à plus de 140 km/h, Theuretzbacher est évidemment meilleur chrono devant « Ulle ».

La tactique du suçage de roue AR a toujours très bien fonctionné, à condition, un jour de passer devant !

Mais Theuretzbacher a compris depuis longtemps que sauf pépin technique, il ne passera jamais le viking qui a deux heures et demi d’avance au général.

Alors il le suit et l’énerve, lui piquant les victoires en spéciale à plusieurs reprises quand il part derrière et le rattrape à la trace.

Waldschmidt suit, et derrière, Vanderweyen commet l’irréparable, il se trompe de vallon, laisse le cordon de dunes à droite au lieu de le raser de l’autre côté.

Et plus on avance, plus ce cordon s’épaissit.

Et il emmène Dubois avec lui !

 

africa 8 dubois

DUBOIS PRIS AU MÊME PIEGE QUE VANDERWEYEN

 

Nifontova, elle, regarde son road book et prend la bonne direction, passe la dune du bon côté, mais elle voit toutes ces traces fraîches sur sa gauche, hésite, s’arrête, repart sur la bonne voie, maligne Anastasia…

La tête de course s’approche du deuxième cordon de dune, on a passé le ravito,  « Ulle » envoie du 140 km/h en repartant, résigné, il reste certes un cordon de dunes pour se débarrasser de son autrichien suceur de roue, mais il sera sans doute second de l’étape…

 

ULLEVALSETTER RÉSIGNÉ

ULLEVALSETTER RÉSIGNÉ

 

Confirmation, au CP4, Theuretzbacher passe quatre secondes après « Ulle », il est donc presque quatre minute devant lui au scratch, pon est à 30 km de l’arrivée, à priori c’est joué.

Derrière, Vanderweyen et ses suiveurs s’entêtent, ils vont prendre vraiment cher mais surtout, ils risquent de rater le ravito et le CP qui va avec, ils se décident enfin à y traverser le cordon de dunes pour remonter sur le ravito, mais Ninfontova, elle, y est au ravito, cinquième temps des motos…

Et à trois bornes de là, dans cette putain de dune qu’ils doivent traverser, la bande à Vanderweyen est plantée !

Très mauvaise opération…

Arrivée, Theuretzbacher est deux secondes derrière « Ulle » et remporte une victoire bien discrète…

Ullevålsetter reste bien sûr tout en haut de l’affiche au général, et Waldschmidt, qui arrive dix minutes derrière eux, est troisième au scratch mais surtout prend la troisième place au général, il a repris une valise au Belge Vanderweyen, pas loin de deux heures.

 

JAN OLAV LINDTJORN

 

Du coup, Lindtjorn peut réaliser un joli coup aussi,  pouvant passer Dubois au général.

Il faudra attendre longtemps à l’arrivée pour le savoir, mais Lindtjorn aura de toute façon repris un gros paquet de temps.

Et en effet il passe Dubois général!

Sacrés vikings !

 

 AUTOS ET CAMIONS: SABATIER A L’ARRACHÉ!

 

9h10, Jean Antoine Sabatier a pris le départ, suivi d’Anton  Grigorov, qui a des heures de retard au général et qui ne roule que pour la gloire d’étape.

Après la casse de Serradori, le seul vrai danger pour Sabatier en tête est le camion Kamaz de Shibalov, qui est à 50 minutes au général.

Autrement dit pour Sabatier, gros pépin interdit.

OK pour petit plantage et crevaison, mais pas plus !

Tomecek et Jacinto, trois et quatre au scratch ma veille, partiront devant les Russes, et ce ne sont pas des morceaux faciles à avaler, d’une certaine façon, ils protègeront un peu Sabatier.

 

LE BLEU DU MAN SUR FOND D'OR MAURITANIEN, FRISSON!

LE BLEU DU MAN SUR FOND D’OR MAURITANIEN, FRISSON!

 

Et on risque d’avoir assez vite une belle bagarre à quatre en camions, pour l’instant, tout le monde roule à des vitesses monstrueuses, entre 145 et 150 km/h, spectacle formidable bien sûr, que ces mastodontes à pleine vitesse sur le sable.

Au CP1, Grigorov est devant Sabatier, logique, on a dit qu’il ne fait pas la même course.

 

ANTON GRIGOROV

ANTON GRIGOROV

 

Mais les meilleurs temps sont pour l’auto du Kazak Shagyrov et le camion de  Shibalov !

Cela dit, le Kamaz n’a repris que trois minutes à Sabatier, pas de péril sauf que…

Quand on entre dans les dunes, tout de suite, vraiment à l’entrée, Grigorov et Sabatier se plantent tous les deux !

Sabatier s’extrait tout de suite, Grigorov reste planté, et voit passer Tomecek et Jacinto, en majesté, à 5 km/h !

Kuprianov se plante mais cette fois, Shibalov continue, les consignes ont changé, ce qui est logique, Kuprianov est à deux heures de retard au général, Shibalov joue, peut-être, la victoire !

Et pas loin de la sortie de ces dunes, les quatre camions se plantent tous au en même temps et au même endroit, on sait que dans cette optique, les russes vont gagner un temps noir, Kuprianov ayant eu le bon goût de venir se planter devant son coéquipier.

 

DUO RUSSE INTOUCHABLE EN CAMIONS

DUO RUSSE INTOUCHABLE EN CAMIONS

 

Excellent pour Sabatier qui roule sans s’arrêter, Grigorov aussi est resté dedans, ainsi que Shagyrov qui était en tête au chrono avant les dunes.

Le vrai perdant de l’histoire est Tomecek, qui n’arrive pas à se décoller alors que tous les autres sont repartis.

Sabatier passe au CP2 première auto, il faut attendre les autres pour connaître le verdict des dunes, mais à priori le buggy français a bien joué le coup…

Il a en effet repris six minutes à Shibalov et il est meilleur chrono de toutes les autos et camions.

Voilà vraiment un très joli coup, en plus son navigateur, Jean Luc Rojat, lui évite de faire l’erreur des motards emmenés par Vanderweyen, ils prennent la piste du bon côté de la dune qu’il faut raser.

Derrière, les camions s’arrêtent, perplexes, à droite ou à gauche de la dune ?

Les Russes optent pour la bonne voie, Jacinto hésite encore, semble même tomber dans le piège infernal…

Les autos de Grigorov et Shagyrov ont tiré la mauvaise carte, Jacinto a vu leurs traces, puis elle se décide finalement pour la bonne mais les Russes sont déjà loin devant !

Devant, Sabatier passe le CP3, derrière lui,  Shibalov envoie à 150 km/h dans la pampa, il faut attendre le verdict du chrono, Shibalov a repris cinq minutes à Sabatier, ce n’est pas grand-chose, mais c’est un camion qui est en tête au scratch !

 

SHIBALOV A L'ATTAQUE

SHIBALOV A L’ATTAQUE

 

Heureusement, il ya un dernier tas de dunes à se farcir, où le buggy de Sabatier devrait être infiniment plus à l’aise que son Goliath d’adversaire…

On y est, c’est là que se joue le scratch, une vingtaine de bornes difficiles, lentes en tous cas, si le buggy passe partout à donf, c’est jouable.

Le CP4 est passé, l’aiguille tourne…

Shibalov reste en tête au scratch, mais de quelques secondes.

Maintenant, c’est à l’arrivée que l’on saura.

 

africa 9 sabatier 2

SABATIER SCRATCH ET GENERAL, PAS MAL…

 

C’est évidemment Sabatier qui passe la banderole d’arrivée première auto.

Shibalov arrive 16 minutes plus tard, Sabatier gagne donc le scratch et améliore un peu sa position de leader au général!

Bonne journée!

 

SHIBALOV PREMIER CAMION,DEUXIEME AU SCRATCH!

SHIBALOV PREMIER CAMION,DEUXIEME AU SCRATCH!

 

En camions, Shibalov est vainqueur.

Deuxième temps au scratch, il n’a laissé que le buggy de Sabatier devant lui, il arrive d’ailleurs en même temps que son fidèle équipier Kuprianov.

Il est maintenant à 55 minutes de Sabatier au général,  c’est bon signe pour le buggy français mais on a vu hier Serradori abandonner alors qu’il avait scratch presque gagné, à 400 mètres de l’arrivée!

Autrement dit rien n’est fait, c’est crispant pour les pilotes mais pour nous c’est bonheur!

 

Classement mis à jour en permanence

http://www.africarace-live.com/index.php/fr/cla-etp10

JEAN LOUIS BERNARDELLI

PHOTOS ALAIN ROSSIGNOL/JORGE CUNHA/DESERT RUN

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