AFRICA RACE JOUR 8 : LE FRANÇAIS SERRADORI PREND LE POUVOIR !

SERRADORI NOUVEAU LEADER AU GENERAL

SERRADORI NOUVEAU LEADER AU GENERAL

 

Serradori, sur son buggy Predator, a largement rattrapé les 58 secondes de retard qu’il avait au général la veille sur le camion Kamaz de Shibalov, le récit démarre dans quelques lignes après ceci…

Lecteur, pardon de cet aparté, mais mes confrères de Charlie Hebdo ont été mitraillés ce matin par des assassins d’une violence inouïe, une vraie boucherie de douze morts, Charb et Cabu sont dans les victimes, ainsi que  deux malheureux flics tirés à bout portant en voulant stopper la fuite des salopards. Charlie Hebdo assassiné c’est un peu de notre cœur qui est mort. Un confraternel salut d’honneur à tous ces malheureux, tellement libres et tellement insupportables pour ces saloperies d’intolérants.

Bon, show must go on, on revient en Mauritanie.

Il y a encore du monde dans la pampa de la veille, coincés dans une partie infernale de la piste ou tout le monde s’est planté ou presque.

Que l’on va aller chercher bien sûr.

Et le pauvre Bouwens y a éclaté le moteur de son camion.

Après ce que l’on imagine une très mauvaise nuit, tout ce monde pourra retrouver la base du rallye puisque la journée 8 est en boucle et revient bivouaquer au même endroit.

De ce que me dit le GPS, Loomans ne prend pas non plus le départ de cette spéciale.

Une trentaine de km de liaison seulement au total, arrivée au bivouac.

Le grand pied…

La spéciale en coupe…

 

Voici le descriptif de cette spéciale :

MERCREDI 7 JANVIER 2015/ÉTAPE N° 8 : AZOUGUI / AZOUGUI : 399 km/TRANSFERT : BIVOUAC / DÉPART DE SPÉCIALE : 6 km/SPÉCIALE : AZOUGUI / ATAR : 358 km/LIAISON : ATAR / AZOUGUI : 35 km

Commentée par René Metge, cela devient génial et inhumain…

 

RENE METGE AVEC JACINTO ET SON NAVIGATEUR

RENE METGE AVEC JACINTO ET SON NAVIGATEUR

 

« Cette boucle pourrait bien être le moment fort du rallye. La journée est très simple à résumer. Une portion aller très difficile et un retour à vitesse maxi. Sans aucun doute une bonne séance de pilotage qu’il aura cependant fallu mériter après être passé par des dunes, de l’herbe à chameau, des dunes, de l’herbe à chameau, une passe pas évidente à monter dans le sable mou et encore des dunes. Un oued immense conduira au CP 2, synonyme de délivrance. Le retour sera composé de deux lacs à sec avec un peu plus de 50 km à fond jusqu’à l’arrivée. Une petite liaison de 35 km permettra de reprendre ses esprits. » 

Sur la carte, le parcours

 

 

Sur la carte de toute la course, pour situer où l’on est (loin !)

 

 

Voilà on peut y aller, Ullevålsetter, qui a gagné hier pour la cinquième fois (sur six spéciales) et son inévitable suiveur Theuretzbacher sont partis, on est entre 80 et 100 km/h, de quoi se chauffer un peu, il y a quinze kilomètres de piste avant d’attaquer l’océan…

 

MOTOS: LA CHEVAUCHEE FANTASTIQUE DE THEURETZBACHER 

 

On a lâché Walschmidt, un très costaud pilote venu de Namibie, et Norbert Dubois qui court toujours, vainement pour l’instant, à la poursuite du podium final au Lac Rose, pour l’instant, on en est loin, et du Lac Rose et du podium !

Norbert est à une demi-heure de Waldschmidt et à quatre heures d’Ullevålsetter !

« Ulle » attaque les dunes mais la première partie est dans le sens général de ces colosses de sable, elles sont en ligne dans le sens du vent, quand on est dans le bon sens, ça passe plus facilement que quand on traverse, c’est un peu comme les fibres de l’onglet, le découper dans le bon sens est fastoche…

Anstasia Nifontova est partie, elle est sixième au général.

Avec la performance du Viking de tête, c’est l’autre révélation de cet Africa Race 2015.

Regardez comme elle attaque la dune !

Les montagnes russes, elle connaît probablement, celles de Mauritanie sont assez raides aussi…

 

NIFONTOVA DEFONCE LA DUNE!

 

En revanche, pas d’attaque pour Frétigné, il n’est pas au départ, resté coincé la veille dans un bouillonnement  de sable…

Devant, on attaque maintenant le cordon de dunes en biseau.

Theuretzbacher a pu se rapprocher de son traceur norvégien, un peu suceur de roue quand même le garçon (expression déposée par Hubert Auriol lors de son duel avec Rahier, son coéquipier chez BMW en 1984), sachant que parti deux minutes derrière « Ulle » s’il arrive en même temps que lui, il aura gagné l’étape.

Kolossal taktik !

La vitesse varie entre 20 et 40 km/h, on est dans l’enfer promis par Metge…

 

PELLONI EN ENFER

PELLONI EN ENFER

 

Mais un vrai terrain de jeu totalement authentique, pas avec des autoroutes qui bordent le parcours à un km du tracé comme sur d’autres soi disant rallyes raids.

Du désert immense, pour et dur, pour les purs et durs et surtout pour les costauds, le travail des bras est essentiel pour arracher l’avant de la  moto à la dune vorace,  Lindtjorn s’est fait piéger juste devant notre ami Alain Rossignol, cela dit un peu ce que c’est que ces dunes de Mauritanie…

 

LINDTJORN PLANTE DES CHOUX DANS LE DESERT

LINDTJORN PLANTE DES CHOUX DANS LE DESERT

 

Waldshmidt s’est lui aussi rapproché des deux pilotes devant, gagner la spéciale, pourquoi pas, la trace est faite !

Les trois de tête sont presque sortis du premier gros merdier, il y aura ensuite un bout de sol un peu dur, une trentaine de km,  puis un monstre à traverser, pas loin de 50 bornes en coupant le sens des dunes…

On retouche les 100 km/h, ce qui est certes dangereux mais infiniment reposant… avant la tempête de dunes…

Au CP1, c’est Theuretzbacher qui est passé le premier, un dixième de seconde avant Ullevåsetter, mais l’Autrichien est en tête au général, il a repris deux minutes au viking.

 

INCROYABLE LUTTE ENTRE LES DEUX PILOTES DE TETE SUR 400 KM§

INCROYABLE LUTTE ENTRE LES DEUX PILOTES DE TETE SUR 400 KM!

 

Waldschmidt aussi fait un meilleur chrono que le Norvégien.

L’opération suçage de roue fonctionne merveilleusement bien, on est  à quatre km du deuxième gros morceau de la journée…

C’est vite fait, on y est.

On commence à bucheronner les dunes…

 

POWELL EN PLEINE IMPRO...

POWELL EN PLEINE IMPRO…

 

Et on passe certes à vitesse moyenne très modérée mais sans se planter.

Les trois garçons ont quand même un gros talent !

Au CP2, on vire plein sud pour rentrer au bivouac, Ullevåsetter passe en tête physiquement, une minute trente  devant Theuretzbacher, l’Autrichien est donc toujours en tête au chrono mais il a tout de même perdu une minute et demi !

Metge a dit que la redescente se ferait à donf, Ullevålsetter est déjà à plus de 100 km/h, alors que l’on passe à côté de l’une des merveilles de la nature en Mauritanie, elle se voit surtout d’avion d’ailleurs vu sa taille.

 

GUELB EL RICHÂT

 

Je laisse la parole aux scientifiques.

« La structure de Richat ou dôme de Richat, surnommé « l’œil de l’Afrique » ou traditionnellement Guelb er Richât, est une structure géologique située dans le désert du Sahara en Mauritanie près de Ouadane1. Longtemps considérée comme une « énigme scientifique », elle mesure environ 50 km de diamètre et ne s’observe pleinement que depuis l’espace. Largement révélée en 1965 par une mission Gémini américaine, ce serait d’après les dernières interprétations scientifiques géologiques2, le résultat d’un phénomène volcanique géant, vieux de 100 millions d’années totalement effondré à la suite d’une longue érosion différentielle. »

Très impressionnant, j’ai eu le bonheur de le survoler deux fois, un truc de dingue, ce pays est décidément aussi géant et sublime que les plus beaux coins des USA !

 

LE RAVITAILLEMENT

 

Ravito…

La dernière ligne droite va être avalée à une vitesse considérable, et elle fait plus de 150 bornes !

140, 150 km/h, puis 165 km/h, au GPS c’est donc du vrai, hallucinant !

Il n’y a pas vraiment de nav, les deux pilotes de tête ouvrent en grand, et pour cause, Theuretzbacher n’a plus que trente secondes d’avance au scratch au sortir du ravito, il ne doit rien lâcher…

Ce qui est sûr, c’est que cette partie là du tracé va être vite terminée !

Thezuretzbacher passe la ligne en même temps que Ullevålsetter,  il a donc gagné le scratch.

 

WALDSCHMIDT EST TROISIEME

WALDSCHMIDT EST TROISIEME

 

Et de façon non accessoire, il a probablement gagné le scratch toutes catégories confondues, motos, autos, camions, ce qui n’est pas une mince affaire, bref même s’il a beaucoup suivi son guide norvégien, il fallait aussi tenir son rythme et il l’a fait.

Mais au général, le viking a toujours plus de deux heures d‘avance !

 

ULLEVALSETTER,LA SAGA DE L'AFRICA RACE 2015

ULLEVALSETTER, LA SAGA DE L’AFRICA RACE 2015

 

AUTOS ET CAMIONS : LES BUGGIES SURFENT SUR LES ENORMES  VAGUES DE L’OCEAN DES SABLES

SABATIER: BEAU SHOW ET VAINQUEUR AU SCRATCH

SABATIER: BEAU SHOW ET VAINQUEUR AU SCRATCH

 

C’est parti pour Serradori et Sabatier, 40 minutes après la dernière moto, le Predator de Serradori a gagné la spéciale la veille.

Mais une minute derrière eux part la grande star de ce rallye, le Russe Shibalov et son camion Kamaz, troisième au scratch la veille mais surtout leader au classement général, 58 seconde derrière le buggy de Serradori, deuxième au général,  qui soit dit en passant a fait une journée sublime la veille, en ne se plantant pas une fois.

 

LE KAMAZ DE SHIBALOV

LE KAMAZ DE SHIBALOV

 

Sabatier et Serradori vont avoir deux obligations…

D’abord mettre le pied dedans dans le bout facile, puis dans les dunes ne pas se planter, et d’autre part ils vont devoir surveiller les rétros pour voir si arrive un énorme machin bleu qui va très vite…

En l’occurrence, 136 km/h dans les premiers km de course…

Shibalov est deux km derrière, ils doivent voir sa poussière de temps en temps !

Bon, les dunes vont arriver, logiquement, les deux buggies devraient y être plus à l’aise que le mastodonte russe, y compris en cas de plantage où Shibalov devrait attendre son coéquipier Kuprianov pour le sortir.

Et justement, tout à l’entrée du premier champ de dunes, Shibalov s’arrête…

Mais pas longtemps, les buggies ont pris quand même un peu d’air.

 

INCROYABLE LUTTE ENTRE LES DEUX BUGGIES DE TETE SUR 400 KM!

INCROYABLE LUTTE ENTRE LES DEUX BUGGIES DE TETE SUR 400 KM!

 

Imshoot aussi a passé le Russe, et le camion Tatra de Tomecek a aussi le Kamaz en vue devant lui, pas la grande forme notre ami russe, peut-être fêté un peu son incroyable première place au général la veille

Mais Imshoot n’ira pas au bout…

 

IMSHOOT EN DIFFICULTÉ

IMSHOOT EN DIFFICULTÉ

 

En tous cas, alors que les buggies font du surf sur les lames de sable, derrière, un groupe compact est complètement stoppé, Shibalov, Kuprianov, Tomecek, Imshoot, Sazonov…

Jacinto s’arrête aussi.

 

JACINTO ET TOMECEK SCOTCHÉS SÉVERE!

JACINTO ET TOMECEK SCOTCHÉS SÉVERE!

 

Les deux Russes repartent assez vite, ils ont laissé des plumes dans la bataille mais moins que les autres camions qui doivent se démerder seuls.

Les deux buggies de tête sont en train de réaliser un très joli coup !

Serradori est passé au CP1 avec le meilleur chrono, devant Sabatier, il est à noter cependant que le meilleur temps toutes catégories confondues, c’est rare, va à une moto, celle de Theuretzbacher.

Il n’empêche,  ils ont pas loin de 20 km d’avance sur les deux camions de Shibalov et Kuprianov au moment où iles entrent dans la deuxième série de dunes, la plus hard à priori, même si’l y a eu tellement de dégâts dans la première, alors que les motos et le deux premiers buggies sont passés sans coup férir.

Dans les dunes, sur un buggy il faut envoyer comme un malade et ne jamais s’arrêter.

Ci-dessous, démonstration en images avec Patrick Martin.

 

PATRICK MARTIN

PATRICK MARTIN

 

 

C’était peut être là le vrai enfer de la journée.

Pourtant Shibalov s’arrête.

Kuprianov est juste derrière lui pour le sortir, ce qui lui évitera, comme la malheureuse Jacinto ou l’infortuné Tomecek, de se retrouver en queue de peloton après un deuxième plantage.

 

ROULER ENSEMBLE, UNE FORCE INCROYABLE!

ROULER ENSEMBLE, UNE FORCE INCROYABLE!

 

Devant, Serradori s’arrête aussi, Sabatier a donc peut-être un bon coup à jouer, mais un buggy ne met pas longtemps à rester planté, ou à changer une roue.

En revanche, derrière, l’armée bleue des Kamaz fait un gros retour, les dunes vont s’en souvenir un bout de temps de leur passage !

Il y a aussi Grigorov qui met gros gaz, bref, c’est au CP2, à la sortie des dunes et avant la course de dragsters de 100 km finale que l’on saura qui est à priori le maestro de la journée…

Serradori s’arrête à nouveau à dix km du CP !

Sabatier est donc le premier à passer au CP2, avec trois minutes d’avance sur Serradori, qui perdra peut-être ce scratch mais sera peut être en tête au général au soir car les deux buggies n’ont pas rendu un mètre aux camions des Russes depuis un bout de temps…

Dans le bout droit, Serradori est à 170 km/h !

 

SERRADORI, KING OF ZE DESERT!

 

Shibalov passe au CP2 avec 30 minutes de retard sur Serradori, maintenant, pour le buggy, il faut aller au bout et vite !

Sabatier passe première auto sous la banderole d’arrivée.

Serradori ne prend pas tout à fait la même trajo, on me dit au PC de la course qu’un CP a été déplacé, Serradori n’a peut être pas percuté.

Il récupère la bonne voie, laissant du coup largement la victoire au scratch à Sabatier, il arrive 14 minutes après l’autre buggy, avec lequel il a roulé toute la journée.

En revanche, s’il faut comme toujours le dire avec précautions, Serradori a récupéré la première place au général, les résultats ci-dessous sont mis à jour au fil des arrivées.

Ceci est donc au conditionnel, mais avec une marge d’erreur minimale…

Classements jour 8 mis à jour en permanence  

http://www.africarace-live.com/index.php/fr/cla-etp8

JEAN LOUIS BERNARDELLI

PHOTOS ALAIN ROSSIGNOL/JORGE CUNHA/DESERT RUN/ ET TOURISME MAURITANIE

Africa Race Rallye Raid Sport

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