DIDIER DE RADIGUES, L’ANCIEN CHAMPION MOTO RECONVERTI DANS LA PHOTO EXPOSE AU CARROUSEL DU LOUVRE A PARIS

 

DIDIER-DE-RADIGUES

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Didier de Radiguès, l’ancien brillant Champion moto, s’est récemment reconverti dans la photo et il expose au Carrousel du Louvre à Paris, ce week-end, du 14 au 16 novembre…

Rencontre insolite avec Didier de Radigues, l’artiste !

Bizarre de vous trouver ici… Que ce passe-t-il ?? Expliquez-nous ce virage?? Une nouvelle grande courbe bien négociée…

« En effet c’est une grande courbe… ce n’est sûrement pas une épingle… je veux dire une épingle à cheveux… mais oui, une grande courbe pratiquement à fond, parce qu’en réalité j’ai toujours fait de la photo, d’ailleurs, j’ai toujours dû être un artiste… enfin, un artiste dans mon genre… Voilà, le nouveau décor est planté, depuis deux ans, de photographe averti mais amateur, j’ai décidé d’aborder et traiter cette passion en professionnel pour progressivement y échafauder ma nouvelle carrière, « artiste photographe »… et voilà, j’ai la chance d’exposer ici… mais bon, tout cela, la nouvelle petite aventure, a commencé à New York, il y a un peu plus d’un an, où j’ai été exposé quelques unes de mes photos à l’occasion de l’Affordable Art Fair. Là-bas, c’était un véritable test à taille réelle ; ça a fort bien marché, j’ai vendu, ce que je proposais plaisait au collectionneurs, alors, ensuite je me suis concentré sur cette nouvelle activité en y consacrant de plus en plus de temps. Ma première série de photos s’est très bien vendue, j’ai alors réalisé une nouvelle série que j’expose maintenant ici à Paris. J’ai voulu créer quelque chose bien à moi, inventer un concept, un modèle, un style, quelque chose qui m’appartienne, et face au premiers succès, j’ai sérieusement décidé d’en faire une vraie carrière.
Au départ, tout a commencé à partir d’images aériennes de plages… Je réalise un montage en partant de différentes photos ; dans une seule et unique photo il y a pratiquement sept à huit-cents images différentes placées ensuite sur un fond de décor naturel d’une plage prise en vue aérienne, en hélicoptère. Je puise essentiellement les plages dans de magnifiques sites sur l’archipel des Exumas composé de trois-cent-soixante-cinq îles et îlots aux Bahamas (où d’ailleurs j’ai une petite maison – un Gazebo – sur une île). C’est là que j’ai découvert cet endroit magique, propice à ce travail, et c’est tout cela qui m’a inspiré et donné l’envie de prendre des clichés de ces merveilleuses plages. Et sur ces plages, selon mes inspirations, je place des gens dont les silhouettes dessinent quelque chose, un tableau, une silhouette, un objet, un message. Techniquement, je les photographie tout séparément puis en post production je fais ce que l’on appelle du détourage individuel pour sortir chaque personnage de son cadre et une fois isolé, pour le replacer à ma façon sur la photo. »

 

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Didier de RADIGUES-épanoui-ce-garçon- reste émerveillé et vit entierement sa passion

Ces explications, à la limite, c’est presque dommage, car en fait on voit en première impression un résultat façon «one-shot», le sentiment de découvrir et de pénétrer dans une image naturellement prise seulement avec une mise en scène, une chorégraphie, un truc de fou à imaginer… une ouverture béante à l’imagination…

« En effet, mais c’est exactement ce que je veux, ce que je cherche… de loin on a vraiment l’impression que c’est un «one-shot», puis en se rapprochant, on a une autre découverte, en fait, on en compte sept à huit-cents… car, si c’était un simple «one-shot» on n’aurait strictement aucun détail sur les personnages… donc en se rapprochant, on rentre dans le détail des personnages que l’on reconnaît vraiment. Et c’est dans mon caractère, j’ai le souci du détail, je suis très attaché aux petits détails qui donnent à mes tableaux une multitude de dimensions, autant qu’il y a de personnages fortement détaillés. (NDLR : en effet, dans les disciplines de haut niveau pratiquées en GP moto par de Radiguès, on n’obtient guère un tel palmarès sportif en négligeant les détails !) Et puis, concernant les petits personnages, moi je connais toutes les histoires, aussi je laisse libre court à l’imagination de celui qui regarde de près ou de loin mon image et de créer à son tour son histoire bien à lui, selon sa propre sensibilité. »

 

 DIDIER-DE-RADIGUES-regard-et-geste-précis-seul-l-œil-commande-tout.


DIDIER-DE-RADIGUES-regard-et-geste-précis-seul-l-œil-commande-tout.

 

Quelques autres révélations sur l’aspect technique de la prise de vue ?

« La maîtrise de la photo aérienne implique de nombreux paramétrages ; sans rentrer dans les détails, il faut savoir qu’en dehors des questions liées à la stabilité, un hélico vibre énormément, ce qui ne rend pas la tâche aisée pour sortir des clichés présentant une netteté irréprochable. Je photographie les plages, puis les personnages, je puise mon inspiration des fois dans un dessin, des fois une photo, cela dépend… Je fais tout de A à Z, je prends moi même les photos, je les retouche, notamment utilisant des logiciels type Photoshop à tire-larigot ; je n’y connaissais rien et j’ai dû tout apprendre, et j’ai fait évoluer selon les besoins de mes inspirations… j’ai appris sur le tas !
A New-York, plusieurs collectionneurs aiment beaucoup ce que je fais, ils y trouvent une nouvelle tendance dans l’art photographique, une forme qui n’existait pas et qui ouvre les portes à une forme innovante de créativité.
Aujourd’hui j’ai réalisé une trentaine de «toiles», certes, le terme peut sembler prétentieux, mais ce n’est ni de la photo, ni du dessin… chaque édition est produite en séries limitées à sept exemplaires.
Chaque projet nécessite un mois de travail ; aujourd’hui, je n’ai toujours pas de vision sur un modèle économique quelconque, mais je suis confiant : ce que je fabrique plaît, j’ai même des demandes spéciales de particuliers qui souhaitent intégrer leurs enfants dans mes compositions! C’est une nouvelle perspective ouverte qui, à terme, peut devenir intéressante. »

La notoriété induite par la carrière moto ouvrerait-t-elle des portes ?

« Pas du tout, d’ailleurs, toujours à New York où commença cette aventure, je suis totalement inconnu, et je tiens à dissocier totalement le sportif que j’étais et l’artiste que je deviens. Pour moi, la moto c’est le passé. Être présent et exister dans cette nouvelle vie uniquement en tant qu’artiste est beaucoup plus confortable pour moi ; j’espère que ça sera le cas ici à Paris également. C’est vrai que sur mon FaceBook actuellement, j’ai encore un mélange des deux activités, mais ça me dérange un peu… je dois réfléchir à de nouvelles solutions pour que la séparation des casquettes devienne beaucoup plus franche. »

D’où vient l’idée originelle ? Inspiration d’après Yann Arthus-Bertrand, des géoglyphes de Nazca ?

« Beaucoup plus simplement que tout cela… quoique… Arthus-Bertrand aurait pu être un modèle d’inspiration, car je suis très admiratif de son travail. J’avoue qu’à l’origine mes inspirations viennent beaucoup plus modestement des images de télévision lors des diffusions aériennes sur le Tour de France cycliste; j’étais toujours curieux et surpris par ces spectateurs venus le long des routes et qui, attendant des heures que les coureurs passent enfin, dessinent des vélos et autres tableaux représentatifs des régions traversées.

Et la moto alors ?

« La moto, bien sûr je suis toujours dedans parce que j’ai une école de pilotage moto sur circuit, parce que je commente encore tous les GP à la télé, et parce que je suis également manager de certains pilotes en moto. »

In fine, aussi surprenant que cela puisse paraître, sous des apparences très macho, voire indestructible, un champion cache souvent une très forte sensibilité, ce qui peut lui ouvrir de nouvelles voies! Kevin Schwantz s’adonne à la pêche et à la chasse, Bernard Fau lui fait beaucoup de vélo mais aussi du cinéma et de la photo… Pour la plupart, la majorité des anciens pilotes demeurent dans leur milieu, devenant consultants, commentateurs, managers ou créant leur propre team (c’est pas si simple l’auto sevrage).

Didier de Radiguès a souhaité prendre l’option de vivre entièrement plusieurs vies. Sans pour autant tirer un trait définitif sur le passé, mais se remettre en question ailleurs, et placer en avant autre chose pour pouvoir partager et transmettre ce qu’il cultive le mieux, sa passion, ses propres passions.

Déjà, tout gamin, Didier de Radiguès tâte diverses disciplines sportives et s’essaiera surtout à la voile avec son frère aîné Patrick pour apprendre les premières notions de la navigation à la barre d’Optimists et remporter quelques régates réservées au minimes et cadets. Puis, le virus de la moto domine, Didier est un élève doué gravissant rapidement les hiérarchies dans la grande cour des GP.

Patrick préfère les courses d’endurance ; il remporte d’ailleurs le Bol d’Or en 1989, terminant à la très honorable seconde place au classement général du championnat du monde d’endurance de la même année.

Puis Patrick se consacre à la voile en solitaire, et imprime son nom dans les palmarès des plus prestigieuses courses nautiques en solitaire.

Décidément cette famille de Radiguès brille dès qu’un de ses membres touche une activité, c’est gravé dans l’ADN. Injustice flagrante de Dame Nature… il y a ceux qui naissent moches, pauvres et idiots… et puis, il y a les autres…

Propos recueillis par Jacques SamAlens (StrategiesAutoMotive Communications)
Images : Didier de Radiguès, Thierry Thomassin

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Carrousel-du-Louvre-Expo-fotofever-2014-Laurence-et-Didier-de-RADIGUES-lui, artiste-elle, galeriste.

Didier de Radiguès Digest

 

Carrière moto et automobile

L’ancien pilote de Grand Prix a une multitude de cordes à son arc et énormément de talents dans des domaines très variés. Dans les années 1980, il remporte quatre Grand-Prix ; en 1982, il est sacré vice-champion du monde en 350 cm3. En 1983 il remporte le Grand-Prix Moto de Belgique en 250 cm3, ainsi que les 24 heures sur le même circuit de Francorchamps.

Didier de Radiguès est le premier pilote à innover pour se rafraîchir en course avec une nourrice embarquée (en 1984 au GP d’Italie à Misano au guidon de la Chevallier Honda 500 cm3).

Il est également le premier cette même année 1984 à courir avec des freins en carbone, toujours au guidon de sa Chevallier Honda 500 cm3.
Alors coéquipier du bouillonnant Kevin Schwantz au sein du Suzuki Lucky Strike, Didier de Radiguès met un terme définitif à sa carrière moto en 1991.

Il est le dernier pilote belge à remporter un GP (1983) et le dernier également à avoir réalisé un podium (1990).

Didier de Radiguès fait ensuite une carrière de pilote automobile remportant notamment le championnat de Belgique Procar et les 24 Heures de Spa en 1997 ainsi que le championnat American Le Mans Series 2001 dans la catégorie LMP675 avec le Dick Barbour Racing.

Aujourd’hui il est également le manager de Xavier Siméon et Louis Rossi en moto 2, et de Loris Cresson et Martin Vanhaeren en moto 3

Carrière à la télévision

Didier de Radiguès est également présentateur d’émissions automobile et moto sur Club RTL puis depuis 2013 sur RTBF, les deux grandes chaînes de télévision belges francophones. Il y commente l’ensemble des Grands Prix Moto2 et Moto GP.

 

Jacques SAMALENS

 

DIDIER DE RADIGUES Artiste

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