PANAMERICAINE. ISABELLE DE SADELEER VICTORIEUSE AVEC ERIK COMAS RACONTE SA FOLLE AVENTURE MEXICAINE

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PANAMERICAINE-2014-ULTIMES-VERIFICATIONS-sur-la-STUDEBAKER-d-Erik-COMAS-et-d-Isabelle-de-SADELEER

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Co-équipière du grand vainqueur de l’édition Panaméricaine 2014, le pilote Français Erik Comas, Isabelle de Sadeleer, nous a racontée au lendemain de leur superbe victoire des leur première participation, son incroyable semaine sur les routes Mexicaines.

 

Qui es tu, quel est ton CV?

Passionnée d’automobiles depuis toujours, collectionneuse de véhicules anciens et de supercars, j’ai toujours aimé la vitesse et les sensations fortes. J’ai besoin de cette adrénaline que me procurent les sports mécaniques. J’ai une prédilection pour les voitures italiennes dont j’aime le coup de crayon, et un très gros faible pour Zagato… mais aussi pour Pagani. Il y a bientôt 10 ans j’ai fondé avec mes amis Stéphane Gutzwiller et Hansueli Brand, l’Automobile Club de Gstaad. Ce qui se voulait être un petit club rassemblant quelques amis passionnés est devenu au fil des années un automobile club reconnu. Nous y organisons des manifestations principalement en hiver sur la glace mais aussi un Grand Prix au Castellet tous les deux ans dans le cadres des 10 000 Tours organisé par mes amis Patrick et Sylvaine Peter.

 

PANAMERICAINE-2014-Un-peu-de-douceur-dans-un-monde-de-brutes-Isavelle-de-Sadeleer-la-copilote-dErik-Comas

PANAMÉRICAINE-2014-Un-peu-de-douceur-dans-un-monde-de-brutes-Isabelle-de-Sadeleer-la-copilote-d’Erik-Comas

 

Comment es-tu arrivée sur le siège passager d’une voiture de course en tant que copilote?

J’ai pendant des années suivi le Tour Auto avec des supercars, j’étais ravie de pouvoir partager avec mon amie de cœur Sylvaine Peter cette semaine privilégiée. En 2008, Erik m’a proposé de faire le Tour Auto à ses côtés et nous avons gagné le scratch avec une Alpine A 110 groupe 4, tout comme en 2013 mais cette fois avec une Lancia Stratos groupe 4. Les rallyes se sont ensuite enchaînés Monte Carlo historique, Maroc, etc… Je n’avais alors pas mesuré la complexité des épreuves spéciales avec des notes!!!

 Quelle est ton expérience à ce poste?

Avant la Carrera Panamericana, je n’avais vraiment aucune expérience de copilote avec des notes et l’apprentissage a du se faire en accéléré. Nous avons fait les reconnaissances du rallye en seulement cinq jours, parcourant 4500 km et prenant 700 km de notes. Je crois que je m’en souviendrai toute ma vie. Le décalage horaire, 1000 km par jour et entre 100 et 150 km de prise de notes… le bizutage avait commencé. Les journées se succédaient et j’écrivais presque machinalement les notes dictées par Erik à des vitesses qui ne me permettaient pas de lever la tête très souvent de mes cahiers. J’étais exténuée et je me suis demandée à plusieurs reprises ce que je faisais dans cette galère. Le pire restait à venir, j’allais devoir envoyer toutes ces notes sans avoir droit à l’erreur, les précipices sont vertigineux sur la Carrera Panamericana, et j’allais devoir le faire dans le bon tempo à des vitesses « supersoniques ». Une des spéciales du dernier jour m’a travaillée pendant les six jours qui l’ont précédés, 33 km de virages serrés avec des vides ne permettant aucune faille. Finalement au bout du compte c’est celle qui nous permettra de gagner le rallye, les notes tombaient toutes seules avec le rythme d’un métronome comme si j’avais fait ça toute ma vie et éprouvant un véritable plaisir à enchaîner ses virages en envoyant les notes. On m’a posé à plusieurs reprises durant le rallye la question de savoir si j’étais pro et depuis combien de temps… Notre principal rival n’était autre qu’ Emilio Velasquez Champion du Mexique des rallyes avec son coéquipier sept fois Champion du Mexique, alors mon inexpérience et moi même ne faisions évidemment pas le poids … Et pourtant !

 Comment as tu été perçue dans ce monde largement masculin, si ce n’est un peu (beaucoup…) « macho »? Te sens tu vraiment acceptée aujourd’hui?

Je n’ai vraiment jamais eu le moindre problème d’intégration dans le milieu automobile et même bien au contraire, j’y ai tous mes amis. Je pense que le fait d’être une femme n’est pas un obstacle quand la passion vous réunie. J’ai toujours été acceptée.

 

 EUROCUP-FORMULE-RENAULT-2014-PAUL-RICARD-Hugo-de-SADELEER-Photo-Antoine-CAMBLOR


EUROCUP-FORMULE-RENAULT-2014-PAUL-RICARD-Hugo-de-SADELEER-Photo-Antoine-CAMBLOR

 

Quelle vision as-tu sur le monde de la course?

La course fait partie de mon environnement, j’ai un fils de 17 ans Hugo qui roule en Formule Renault 2 litres dans le team Tech 1 chez Simon et Sarah Abadie. Je suis régulièrement sur des circuits depuis de nombreuses années et je suis avec passion l’actualité sportive automobile. Je dois avouer que je suis moins détendue qu’avant quand je vais sur un circuit sur lequel mon fils roule, la fibre maternelle reprend le dessus et mon cœur ne bat sans doute plus au même rythme…

Son autre fils Jérôme était également présent sur la Panamericana dans le baquet d’une Ford Falcon….

 

 PANAMERICAINE-2014-STUDE-de-COMAS-et-DE-SADELEER


PANAMÉRICAINE-2014-STUDE-de-COMAS-et-DE-SADELEER

 

Quelles sont tes impressions sur la Panamericana?

La Carrera Panamericana a été une aventure extraordinaire même si elle a été parsemée d’embûches. Avant même le départ nous étions déjà en panne…Nous pourrions écrire un livre sur les anecdotes qui ont ponctué nos journées. Il y a tout d’abord eu les conditions météorologiques dantesques au départ, notre voiture qui ressemblait plus à une épave qu’à une voiture capable de rejoindre la plus haute marche du podium. Nous avons eu deux jours pendant lesquels nous ne pensions même pas arriver au bout. La voiture était dangereuse et nous perdions des morceaux au fil des kilomètres: ailes, phares, portes, rétroviseurs, pont arrière, nous abandonnaient peu à peu et à ce moment là nous avons songé à abandonner pour notre sécurité. Et puis il y a eu l’impact de cette petite phrase que nous avions stickée sur notre voiture sans nous rendre compte à quel point elle allait être déterminante tout au long de ce parcours: « don’t crack under pressure »… Nous nous la répétions sans arrêt, on nous la répétait sans arrêt… « ne craquez pas, ne craquez pas, vous n’allez pas craquer »…cela faisait sourire, tout le monde s’y mettait. C’était devenu la phrase de la Carrera Panamericana, que les gens se plaisaient à nous répéter sans arrêt…Il y avait aussi ces fins d’étapes magiques où la foule nous communiquait son enthousiasme et nous donnait l’envie de poursuivre l’aventure. Ce rallye ne ressemble vraiment à aucun autre tant les émotions y sont intenses.

Et, Isabelle poursuit:

Nous avons continué à y croire, à nous battre avec notre ingénieur pour fiabiliser la voiture, l’équipe travaillait toutes les nuits pour la rendre aussi performante que nous la souhaitions. Nous n’avons cessé jusqu’au dernier jour de la faire évoluer pour arriver à avoir une véritable voiture de course performante et fiable. Nous sommes passés tout au long de ce rallye par des états émotionnels extrêmes et ça n’a pas été simple mais la détermination a eu raison de tous nos problèmes et nous nous sommes imposés à la joie de tous les mexicains qui nous soutenaient.Notre arrivée au dernier pointage fut extraordinaire, alors qu’il nous restait encore 26 kms à parcourir et après félicitations et ovation de toute l’organisation, nous reprirent la route sous escorte, motards, voitures et hélicoptère pour nous emmener vers la fin de notre aventure.E

Elle précise :

La victoire fut notre plus belle récompense, elle gardera a tout jamais un goût particulier celui de l’acharnement et de la persévérance.

As-tu envie de revenir?

Je suis tombée amoureuse de ce pays, des paysages somptueux que nous avons traversés au cours des 7500 kms parcourus entre reconnaissances et course mais aussi des mexicains. J’ai été touchée par leur gentillesse, leur générosité, leur accueil et leur éducation. J’ai été très émue par le geste d’Émilio Velasquez alors qu’il avait terminé la Carrera Panamericana ces deux dernières années à la deuxième place et qu’il visait la première jusqu’à trois spéciales de l’arrivée avec une voiture très bien préparée. Il fut le premier à venir nous féliciter chaleureusement et nous offrir un souvenir d’ Oaxaça sa ville natale. Geste magnifique reflétant parfaitement l’esprit qui règne dans ce pays. Alors pour répondre à la question de savoir si j’ai envie d’y revenir, c’est bien évidemment oui. Pour le pays, les gens, pour tous mes nouveaux amis, pour Lalo et Monica Léon et enfin pour leur course LA CARRERA PANAMERICANA qui m’a permis de découvrir tout ça.
Et …..VIVA MEXICO!

Comme on le constate, Isabelle de Sedeleer se souviendra longtemps de sa folle semaine et de cette extraordinaire aventure vécue sur les routes des hauts plateaux Mexicains, entre Veracruz ert Durango.

 

José CAPARROS

Photos : GURRU 4

 

TOUR AUTO 2013 Photo de Max MALKA pour autonewsinsinfo LANCIA STRATOS GroupeIV 1974B Eric COMAS Isabel de SADELEER

TOUR AUTO 2013 Photo de Max MALKA pour autonewsinsinfo LANCIA STRATOS GroupeIV 1974B Eric COMAS Isabel de SADELEER

 

Carrera Panamericana

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