ESSAI DE LA HARLEY 750 STREET

 

 

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Une nouvelle Harley c’est toujours une évolution, rarement une Révolution. Et pourtant …

‘Gouverner c’est prévoir’ et le rôle d’une grosse compagnie, séculaire qui plus est – née en 1903 – est de préparer l’avenir en protégeant son indépendance. Indépendance vis à vis des autres et aussi vis à vis de la conjoncture économique.

Il faut savoir que, marché domestique oblige, la marque flirte avec les 50% de parts de marché aux USA!

Lors de la crise économique qui a suivi les subprimes, les américains ont considérablement réduit leurs achats dits de loisirs. Au lieu de laisser le gros V8 à la maison et se déplacer à moto, y compris pour le ‘commuting’, la grande majorité des américains amateurs de motos, a différé ou simplement annulé l’achat de motos.

De facto, alors que la marque séduisait chaque jour un peu plus hors USA – De facto alors que la marque séduisait chaque jour un peu plus hors USA – entre autres 1ére vente de cylindrées supérieures à 750 cm3 au Japon ce qui est une sacrée performance ! – les ventes domestiques reculaient.

La solution pour assurer indépendance et pérennité ?

Capitaliser sur la très forte image de la marque et partir à la conquête des marchés émergents avec un modèle spécialement conçu pour eux.

Une Harley de conquête qui soit une moto accessible aux classes moyennes et supérieures d’ Inde, du Brésil, de Turquie et autres pays émergents connaissant une bonne croissance.

Une machine ‘statutaire et valorisante’ permettant de distinguer du premier coup d’oeil, son propriétaire de celui d’une 250 japonaise low-cost.
Le cahier des charges était simple : Harley = V-Twin obligatoire, Look avec un « L » majuscule, recherche du plaisir plutôt que du dernier km/h, agrément de conduite, qualité de fabrication, fiabilité et… welcome to the « American Dream ».

En même temps il n’était pas question de concevoir une moto uniquement destinée aux marchés émergents, donc USA et Europe, ont été étroitement associés au cahier des charges et à sa conception.

Tout ceci donna naissance à la petite dernière appelée ‘Street 750’.

Une vraie Harley ?

Oui si l’on ne fait pas l’erreur de la comparer aux ‘gros’ » modèles dont nous avons l’ habitude … Une moto dont les pères ont pris plaisir à évoquer l’arbre généalogique :

XLCR (1977) pour ce qui est du look général V-Rod (2002) pour la motorisation.

Dès lors ne pouvait lui être fait de procès en manque de légitimité.

Vraie Harley n’est pas obligatoirement ‘grosse’ Harley.

Vous viendrait-il à l’ idée de comparer une VW Polo à une Phaeton, la V12 de la marque, une Mercedès Classe A à une série S ?

Non !

Et bien, ne faisons pas cette erreur avec la Harley 750 Street.

Il s’agit plus d’une première moto, d’une première Harley, que d’un modèle destiné à sa clientèle dite ‘historique’.

Pour qui ?

Les jeunes permis, les urbains, les femmes …

Démarreur électrique bien sur, refroidissement liquide – optimal en ville et dans les bouchons – mais avec des ailettes pour le « look HD », un poids très contenu (222 kgs tous pleins faits), une hauteur de selle – moelleuse – de 70 cms seulement et permettant à toute personne de plus d’1m60 de poser les deux pieds, bien à plat au feu rouge, une injection très sobre (5,5l/100 en ville), la douceur d’une transmission par courroie, un freinage sécurisant, une puissance amplement suffisante pour ville et périphérie et enfin une réelle qualité de fabrication assortie d’une garantie de deux ans et d’un SAV, dont la réputation, fait sa gloire .

Ajoutons à cela, un vrai réseau… (les formations des mécanos HD sont unanimement saluées pour leur rigueur et leur professionnalisme). Bref, tout est fait pour sécuriser l’utilisateur.

 

CONTACT !

MOTO  HARLEY STREET 750

 

Une simple pression sur le bouton de démarreur et le moteur s’anime aussitôt. Même si les ingénieurs sont supposés avoir recherché le son ‘potato-potato’ emblématique de la marque, force est de convenir que les vocalises de la 750 Street en sont loin : discrétion de rigueur !
C’est une moto urbaine, avec la discrétion sonore qui va avec et les « loud pipes» ne seront pas ce que rechercheront les acheteurs européens et américains.

 

MOTO harley-davidson-street-750-2015 -Compteur

 

Le moteur chauffe assez rapidement mais il n’y a pas pléthore de cadrans (coût de fabrication contenu oblige), le moteur monte en régime avec très peu d’inertie au coup de gaz (compte-tour ? Absent !).

Poignée d’embrayage, première bonne surprise, la commande surprend par sa douceur : point n’est besoin d’avoir une force de bûcheron. Enclenchons la première et en avant.

Dès les premiers mètres, le poids très réduit frappe (20% plus légère qu’un sportster 883), rajoutons à cela un parfait équilibrage de la machine (bravo aux ingénieurs !) et l’on comprend aussitôt que lorsque l’on dit que cette machine se destine à tout le monde et à la ville, c’est une réalité, pas un argument commercial sur une brochure.

La moto est réellement facile et inspire confiance au milieu de la circulation. La transmission par courroie, contribue à la douceur générale, le frein avant a beau être un simple disque, il s’acquitte parfaitement de sa tâche, les suspensions sont confortables, l’ergonomie des commandes est naturelle et instinctive, la boîte est douce. La souplesse moteur très satisfaisante.

Hormis le fait d’avoir à changer de vitesse, le neo-utilisateur urbain, peut même hésiter entre cette Street 750 et un maxi scooter, tellement on sent que cette moto, a été conçue pour la ville.

 

VILLE UNIQUEMENT ?

HARLEY STREET 750 b

 

Voulant vérifier, nous prenons la route. Sur départementales et nationales, on sent la 750 Street, parfaitement à son aise, ronronnant de plaisir entre deux virages.

La machine est vive et agile, tout juste, peut-on reprocher à la fourche d’être plongeante, lors des freinages appuyés.
Saine et sans surprise, elle est réellement sécurisante aux allures légales.

Sportive ?

Non !

D’une part, si l’on veut pousser les régimes, le moteur rupte assez rapidement, d’autre part telle n’est pas sa vocation. Sur route sinueuse, le châssis se montre précis, le moteur est performant sans être exubérant ou démonstratif. La garde au sol est bonne, même. Raisonnable semble être le maître mot.

Poussons l’ expérience jusqu’à l’autoroute. 120-130 km/h de croisière? est la vitesse qu’impose naturellement? la Street 750. Même si la vitesse maxi est de l’ordre de 160km/h, on n’éprouve, ni le besoin, ni l’envie de dépasser les limites légales.
Le tête de fourche style « Café-Racer » assure un semblant de protection mais c’est tout…
Bref, elle ‘supporte’ mais l’autoroute n’est pas son terrain de prédilection et on s’y ennuiera vite.

 

BILAN GÉNÉRAL : BONNE MOTO MAIS POUR QUI ?

HARLEY STREET 750

 

C’est une bonne première moto pour les néo-accédants. Le rapport qualité-prix joue en sa faveur et l’on peut parier qu’au bout d’un an ou deux, un pourcentage non-négligeable de ses acheteurs, voudront monter en gamme au sein de la marque. N’oublions pas que l’ acheteur se retrouve automatiquement inscrit au HOG ainsi qu’au chapter de son concessionnaire. Dotée d’ un châssis et d’un moteur bien nés, la 750 Street en donne largement pour son prix avec le légendaire sigle ‘HD’ en plus. Loin de « tirer la marque vers le bas » elle est au contraire le modèle d’accès à l’univers ‘HD’.

Nul doute que beaucoup transformeront l’essai.

 

LE +

Rapport qualité-prix
Chassis rigoureux et sans surprise
Facilité de prise en main
Poids
Ergonomie
Economie
Confort
Moteur moderne
Consommation

LE –

Finition bonne sans plus
Moteur manquant un peu d’ allonge
Liste d’ options digne d’une berline allemande
Pas de compte-tours
Protège courroie disgracieux

FICHE TECHNIQUE

Type bicylindre 4T, refroidissement par eau, double ACT, 4 soupapes
Alésage x Course : 85 x 66 mm
Cylindrée : 749 cm3
Puissance : 42 Kw à 8000 tr/min
Couple : 59 Nm à 4000 tr/min
Mise en route: démarreur électrique
Transmission : 6 rapports, courroie
Suspension : avant fourche hydraulique
Suspension arrière : 2 amortisseurs réglables en pré contrainte
Frein avant : 1 disque, diamètre 292 mm
Frein arrière : 1 disque, diamètre 260 mm
Pneu avant : 100/80 x 17
Pneu arrière : 140/75 x 15
Poids : 206 kg
Hauteur de selle : 709 mm
Longueur : 2225 mm
Empattement : 1534 mm
Essence : 13,1 litres
Coloris : noir, noir mat, rouge
Garantie : 2 ans PMO
Disponibilité septembre 2014
Contact :  http://www.harley-davidson.fr
Prix : 7890 € – XG 750 bicolore : 8090 €

 

Patrick HORNSTEIN

Photos : Constructeur

 

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