24 HEURES DU MANS. RETOUR DE LIGIER EN ENDURANCE ET EN SARTHE : ENTRETIEN AVEC JACQUES NICOLET

 

 

 

Jacques Nicolet… « je n’ai pas raccroché… »

24-HEURES-DU-MANS-2014-Jacques-NICOLET-Photo-Patrick-MARTINOLI.

24-HEURES-DU-MANS-2014-Jacques-NICOLET-Photo-Patrick-MARTINOLI.

 

Si, il est une figure qui devient emblématique, c’est bien celle de Jacques Nicolet.

Arrivé depuis bien des années dans l’univers de l’endurance, via le Championnat VdeV, puis les véhicule historique et enfin dès 2007, les prototypes du Mans, avec comme point d’orgue, la saison dernière où ses voitures ont décroché le titre de Champion du monde LMP2, la victoire LMP2 aux 24 heures du Mans et le titre en Asian Le Mans Séries.

Avec un seul de ces résultats à leur palmarès, tous ses concurrents se seraient déclarés heureux !

Et toutes ces années on retrouvait Jacques Nicolet également au volant d’une de ses voitures sur tous les circuits du monde.

 

Pas au volant en 2015

 

JACQUES NIcOLET patron et  pilote

JACQUES NIcOLET patron et pilote

 

Et pourtant cette année point. Annoncé un temps à Silverstone, il n’a finalement pas pris le volant.

Annoncé ensuite au Mans, sur la Morgan Nissan engagé par Larbre Compétition, il s’est finalement retiré. Alors, fatigué Jacques Nicolet ?

« Pas du tout » répond l’intéressé.

Lequel poursuit :

« C’est très provisoirement que j’ai raccroché le casque. En fait je voudrais continuer jusqu’à ce que je fasse les 24 heures avec mon fils, Pierre avec qui je cours en VdeV. Mais je suis tellement préoccupé par les différents aspects du team et par les voitures…»

 

JACQUES-NICOLET-portrait-photo-Patrick-MARTINOLI-

JACQUES-NICOLET-portrait-photo-Patrick-MARTINOLI-

 

Jacques enchaîne :

« L’an passé, au Mans, j’ai tenu le volant pendant 9 heures, soit plus que mes deux coéquipiers pour différentes raisons. Et je passais plus de temps lorsque j’étais au volant à me préoccuper des autres voiture de l’équipe en course, à poser des questions sur elles, que de gérer ma propre course… »

 

Donc Jacques reviendra au volant, avec son fils, revisitant ainsi les classiques ‘classique’s pères et fils : Rosier, Ricci ou Bell !

Mais en attendant le labeur est important en vue des 24 heures du Mans, avec les Morgan et les dernières nées les Ligier, toutes sorties du Onroak Racing, le bureau d’étude crée par Jacques Nicolet. Il a ainsi séparé la structure de conception des voitures, de celle de l’exploitation essais et course, le OAK Racing.

Et accessoirement, cela lui permet de vendre des voitures… avec un certain succès, c’est le moins que l’on puisse dire.

 

Ligier, une rencontre et une passion

GUY LIGIER et l'ingénieur  Michel TETU .

GUY LIGIER et l’ingénieur Michel TETU .

 

A propos de cette Ligier, qui arrive quelques années après le soutien apporté à Pescarolo, Jacques Nicolet n’a-t-il pas l’impression de jouer un rôle de phœnix auprès des constructeurs d’endurance français, leur permettant de renaître de leurs cendres ?

Et c’est avec un sourire malin qu’il nous indique comment est arrivé cet accord avec Guy Ligier :

« J’ai rencontré Guy pour la première fois en 2006 en achetant une VdeV. Nous avons tout de suite sympathisé et beaucoup discuté. La possibilité d’un accord avec Ligier pour des voitures qui portent son nom à mis donc 8 ans à prendre corps. Et Guy s’intéresse encore dans les détails à tous les aspects de ces voitures… ».

Jacques Nicolet adore les Ligier. Il avait couru Le Mans Classic avec la seule et unique Ligier JS3 Cosworth ayant été construite. Et avec talent, puisqu’il avait remporté une manche de l’épreuve.

« Vraiment une voiture extraordinaire. J’ai même claqué un temps qui m’aurait permis de me qualifier la même année presqu’au niveau des LMP2 aux 24 heures. Par contre je n’aurais pas pu reproduire ce temps régulièrement et c’est là que se tient la réelle différence avec les modernes» se souvient-il avec émotion.

Pour nourrir sa passion des Ligier, Nicolet possède par ailleurs une JS2 Maserati à injection de la dernière série. En outre, il cherche à remonter une JS2 ex Beltoise au Mans de 3 l et 410 ch, seule Ligier à moteur Maserati en 1975 (les deux autres étaient en Cosworth) .

 

Timing serré pour Le Mans

 ENDURANCE-WEC-2014-LIGIER-NISSAN-Photo-DPPI


ENDURANCE-WEC-2014-LIGIER-NISSAN-Photo-DPPI

 

Mais revenons à cette année 2014 et l’arrivée de cette Ligier JS P2

C’est un Jacques Nicolet particulièrement enthousiaste qui nous confie :

« Elle est manifestement bien née. Nous avons couvert plus de 10000 km à Motorland, Estoril, au Castellet et enfin trois jours à Magny cours. Il est malgré tout très difficile de faire entrer en course pour la première fois, une auto aux 24 heures du Mans. Mais sa qualité de fabrication et de production tout à fait exceptionnelle va nous y aider. Elle est moins typée Le Mans que la Morgan, mais avec son kit aérodynamique spécial circuits rapides elle va déjà plus vite que la Morgan »

Il nous précise :

« La voiture a été homologuée depuis 15 jours (elle doit pour se conformer au règlement l’être un mois avant l’épreuve à laquelle elle doit participer) et elle est donc figée maintenant comme le stipule le règlement. Le design de la voiture est complètement nouveau, mais nous avons réutilisé des concepts et des éléments mécaniques développés sur la Morgan : moteur, boite, démarreur direction assistée etc. ».

Tous ces éléments donnent confiance à Jacques Nicolet et le peu de soucis importants rencontrés durant la mise en point contribuent à ces impressions.

 

Avec un nouveau Team Manager, Philippe Dumas

 24-HEURES-DU-MANS-2014-Philippe-DUMAS-et-Jacques-NICOLET-Photo-MARTINOLI.


24-HEURES-DU-MANS-2014-Philippe-DUMAS-et-Jacques-NICOLET-Photo-MARTINOLI.

 

Philippe Dumas est arrivé chez OAK Racing, depuis le début de l’année comme team manager en remplacement de Sébastien Philippe, parti retrouver les monoplaces qui lui sont si chères au cœur.

Et il a un sacré challenge à relever pour faire suite aux excellents résultats de l’an passé. Mais il n’est pas homme à en avoir peur.

« Déjà, j’ai trouvé une équipe bien plus importante que celle que je manageais avec Hexis. Mais l’approche est la même, une équipe familiale et extrêmement compétente. Mais quel boulot. Arrivé début décembre dans l’équipe cela a rapidement été un feu d’artifice ave la préparation du WEC, des courses américaines, les débuts de la Ligier. C’est sans doute la période la plus dure dans la vie de ce team. Mais très rapidement j’ai senti être à ma place. Les ingénieurs et techniciens sont vraiment au top et il est très agréable de travailler avec eux »

Avec l’équipe donc tout va bien, mais travailler pour quelqu’un ayant la personnalité de Jacques Nicolet alors que l’on a été son propre patron pendant des années, n’a pas été trop dur ?

« La page Hexis est tournée, c’était la bonne décision d’arrêter et tout le monde a été recasé. » explique rapidement Philippe Dumas, avant d’ajouter avec un fin sourire

« Travailler avec Jacques est particulier et sans doute pas facile tous les jours. Il a tellement d’idées par minute ! Du coup on est un peu le chaud et le froid nécessaire au bon fonctionnement d’une équipe. Je suis plus réservé, plus tempéré… et j’arrive à le calmer… de temps en temps ».

La quinzaine qui commence s’annonce donc chargée et passionnante pour le patron et le team manager de OAK Racing. Lequels nous lâchent en cœur

« D’autant que nous avons pas mal de pilotes jeunes à gérer tout au long de cette épreuve très particulière. Nos expériences de pilotes vont nous aider à les manager… »

 

Patrick MARTINOLI 

Photos :  DPPI – Max MALKA- Patrick MARTINOLI

 

 

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