ELMS. UNE NOUVELLE ECURIE FRANCAISE, PEGASUS RACING

 

 

 

 

ENDURANCE ELMS 2014 - Pegasus Racing Morgan Nissan LMP2 Niki Leutwiler

ENDURANCE ELMS 2014 – Pegasus Racing Morgan Nissan LMP2 Niki Leutwiler

 

Une nouvelle écurie Française en ELMS, le Pegasus Racing

Pegasus Racing fait partie des nouvelles venues dans le Championnat d’endurance ELMS (European Le Mans Series) cette année, mais l’écurie de Julien Schell, ne découvre pas pour autant, l’endurance.

Car l’équipe Alsacienne a déjà goûté à la discipline, roulant même dans la plus prestigieuse des épreuves, les très réputées 24 Heures du Mans

Mais revenons à l’actuelle saison.

Après un résultat mitigé lors de la première manche à Silverstone, Julien Schell, patron de l’écurie, mais aussi pilote, reste confiant et très positif pour la suite de la saison 2014. Enthousiaste et dynamique, le Français sait qu’il lui faut encore travailler certains réglages techniques, mais aussi humains pour aborder Imola, la deuxième course de la saison, sur un circuit que le Team connaît bien pour y avoir signé une deuxième place, en Formula Le Mans en 2011.

 

Entretien avec Julien Schell, Pilote, Manager et Propriétaire de Pegasus Racing

 

Pegasus est une nouvelle équipe en ELMS ?

L’équipe est nouvelle venue cette année en ELMS, mais elle n’est nouvelle en soi, puisque nous avons déjà participé à des courses d’endurance à l’époque des Le Mans Series avant que le championnat ne soit relancé. Nous avons fait deux saisons en 2009 et 2010 et de la FLM en 2011 que nous avons remporté dans les catégories « Teams » et « Pilotes ».

En 2012 nous avions même une entrée au Mans que nous n’avons pas pu honorer faute de budget. C’était finalement une bonne décision car le championnat s’est cassé la figure.

Forts des expériences que nous avons eues par le passé, nous revenons en LMP2 avec une des deux meilleures voitures du plateau et c’était vraiment notre volonté de venir avec une machine qui soit performante et qui puisse gagner. Elle a gagné le Mans, elle a gagné le championnat et nous avons le support de Onroak qui sont des gens très efficaces et performants. C’est un choix réfléchi que nous avons mis en oeuvre au milieu de l’année dernière et nous sommes partis sur un programme d’au moins trois ans avec Nicolas Leutwiller, mon associé et copilote. Notre troisième coéquipier est Jonathan Coleman.

Pourquoi l’ELMS ? Nous nous intéressons aux sports proto depuis 2005, parce que c’est la discipline la plus représentative dans l’endurance. Nous avons choisi de revenir en ELMS car c’est un championnat accessible.

Vous faites donc partie des gens heureux de voir l’European Le Mans Series à nouveau sur les rails ?

Absolument. Et sincèrement je ne pensais pas que l’ELMS reprendrait aussi bien avec la création du championnat du Monde. Je pensais que le WEC allait prendre toute la place et que les deux championnats ne pourraient pas coexister… Certains teams pensent que le WEC fait de l’ombre à l’ELMS, mais en fait les deux cohabitent très bien. Il faut que l’ELMS continue à grandir, plus ça marchera et mieux ce sera pour tout le monde.

Nous avons 42 voitures inscrites en ELMS 2014, comment ça se passe pour Pegasus Racing ?

Nous n’avions plus roulé depuis deux ans, et nous avons fait connaissance, lors des essais au Castellet, avec beaucoup de concurrents que nous ne connaissions pas. Nous avons pris nos marques, récupéré l’équipe avec laquelle nous avions travaillé auparavant. Nous sommes un team familial, que j’ai créé avec mon père en 1998. Les gens qui nous suivent sont pour beaucoup des amis, professionnels du sport auto, et nous sommes tous très proches. Nous souhaitons vraiment garder cette proximité.

Les essais au Castellet, c’était vraiment bien car il s’agissait de notre première prise en mains et rencontre avec les acteurs du championnat et les organisateurs. Concernant les concurrents, il y a beaucoup de GT et beaucoup de trafic, mais il y a beaucoup de très bons pilotes et les concurrents sont sérieux.

Comment s’est passée votre première course à Silverstone le 19 avril dernier ?

J’appréhendais un peu Silverstone à cause du trafic, notamment parce qu’il y a beaucoup de voitures en piste. Mais nous nous étions plutôt bien préparés, et étions confiants par rapport à la voiture en elle-même, car elle fonctionne vraiment très bien. Au niveau des pilotes, je roule avec deux nouveaux venus, qui viennent du sport proto, mais qui n’ont pas l’habitude de rouler avec des GT.

Notre objectif numéro un était donc d’apprendre à rouler dans le trafic et avec de voitures de différentes catégories sur un même plateau. Et à ce niveau-là, la course s’est très bien passée. Silverstone a également permis de confirmer que le choix de la Morgan était le bon. C’est une voiture très performante et fiable. Nous avions juste une pointe de sous-virage en fin de relais en fonction de la température des pneus. Il faut aussi que l’on peaufine les changements de pilote, avec nos différences de gabarit, les installations de sièges nous font encore perdre un peu de temps. Nous avons abandonné sur une panne d’essence ; stratégiquement, ce n’est pas bon, mais nous avons bien travaillé pour la suite, et somme confiants pour la deuxième manche de la saison qui se tiendra sur un circuit que le team connaît bien.

Vous êtes pilote, manager, propriétaire de PEGASUS Racing, comment fait-on pour porter autant de casquettes ?

C’est un avantage considérable car on se rend compte de tout ce qu’implique « une écurie » ainsi que la globalité du travail qui doit être effectué pour faire fonctionner un team. Il faut trouver des budgets et des pilotes, trouver une voiture, un service auprès d’un constructeur, savoir gérer son team et savoir piloter. C’est parfois compliqué mais ça me plaît beaucoup, car j’aime être performant dans tous les domaines de la gestion. Cela a toutefois ses limites, car il n’est pas possible de s’optimiser dans chacun des domaines. Aujourd’hui cela fonctionne bien, mais le jour où je régresserai en tant que pilote, je laisserai la place, je resterai au box avec les autres. J’aime bien avoir cette vue d’ensemble que les pilotes n’ont pas forcément, que ce soit dans cette série ou dans une autre. Ils ne se rendent pas forcément compte de toutes les difficultés qu’il y a en amont de la course. Ne serait-ce qu’être conforme avec tout ce que demande l’organisation, c’est un très gros travail de préparation spécialement dans des grandes séries comme l’ELMS.

Quand on parle d’endurance, on pense forcément aux 24 Heures du Mans ?

Après avoir la possibilité de rouler en European Le Mans Series, s’organiser pour pouvoir participer aux 24 Heures du Mans était notre objectif premier, alors que le WEC, non, pas pour le moment. Nous avions déposé un dossier de candidature, tout en sachant que cet objectif-là ne serait pas forcément atteint cette année. Comme nous l’avons vu, tous les suppléants ont été pris, c’est donc une très bonne nouvelle pour nous et nous nous y préparons dès à présent, notamment avec la ronde d’Imola dans 10 jours.

 

Une invitation de dernière minute qui devrait sérieusement motiver toute l’équipe Pegasus lors de la manche d’Imola, ultime rendez-vous avant de retrouver la piste Sarthoise, où l’équipe Alsacienne a déjà eu l’occasion de rouler lors de l’édition 2010 des 24 Heures du Mans.

 

Gilles GAIGNAULT
Photos : Max MALKA- Antoine CAMBLOR

 

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