24 HEURES TT DU MAROC 2014 : « DUST BOWL DAY »…

 

 

 

Une journée de grand soleil parfois masqué par les nuages de poussière, encore une grosse bagarre devant, les écarts au général sont faibles, entre deux autos dont l’une gagnera l’épreuve, l’Optimus No 3 de Lachaume et Rouchon, et le proto BMW Sodicars de Lavieille, Fouquet, Morin. Aujourd’hui victoire de la BMW, seulement vingt secondes d’avance sur la ligne d’arrivée (après six heures de course !) il ya seulement au général une minute vingt entre les deux autos, au bénéfice de l’Optimus.  Tout cela dans un décor de l’ouest américain, et les souvenirs qui vont avec…

 

DUST BOWL…

 

 

Hier, le désert volait sur la mer, aujourd’hui voici le « dust bowl », ces 24 Heures sont une référence permanente à l’histoire !

Le « dust bowl », ce sont ces tempêtes de poussière de poussière qui ont désertifié certains états du centre des USA dans les années trente, et ont poussé des milliers de migrants, les « dust bowlers », en particulier les « Oakies » parce qu’ils fuyaient l’Oklahoma, vers la Californie, semant les routes de carcasses de voitures que l’on retrouve encore ça et là au long de la Route 666.

Ici le phénomène n’est pas naturel bien sûr, mais produit par des dizaines de passages de véhicules allant fort vite sur des pistes fort roulantes et sans aucun vent pour balayer…

Mais quand même, les images restent dans une mémoire de fou d’aventure…

Le Maroc de cette course numéro trois avait même un moment comme amer, terme marin pour le point de repère… une carcasse de camion, on nageait vraiment en plein fantasme !

 

JULIEN-GOSSELIN,LES BOULANGERS DANS LA FARINE§

JULIEN-GOSSELIN,LES BOULANGERS DANS LA FARINE§

 

On est à trente km de Tiznit, sur la route de Guelmin, un beau coin de désert, des pistes très roulantes mais aucun vent le matin, toujours pas à midi, le cagnard tape sur une immensité plate couverte de cailloux, il fait une chaleur terrifiante et les autos qui ne sont pas en tête roulent dans des nuages de poussière stagnante, non  évacuée par le vent.

Puis la brise de chaleur se lève enfin  et le « dust bowl » va devenir affaire de photographe, on essaie juste de ne pas se faire faucher par les autos qui dépassent en sortie de courbe, j’ai vu une calandre de BMW de près, j’ai couru, Alain Rossignol, lui a toréé avec d’autres autos mais il a aussi sorti des photos exceptionnelles.

Bref, galerie d’art très temporaire, la poussière est retombée et le désert rendu à son silence.

Profitez en !

 

PRO TRUCK No 8 ET OPTIMUS No 2 HEROS MALHEUREUX DU JOUR

LE PRO TRUCK FRANCO-HELVETE

LE PRO TRUCK FRANCO-HELVETE

 

Ces deux autos ont eu de gros pépins les jours précédents, elles repartent donc avec un retard colossal au général.

Mais quand on n’a plus rien à perdre, quand on a la rage et les chevaux, on envoie comme des malades et ce que font l’équipage franco-helvète du Pro Truck et celui de l’Optimus, Pascal Thomasse et Dominique Housieaux, qui partent derjos et donc dans un banc de poussière plus opaque que le brouillard de Terre Neuve, vont faire une course fabuleuse.

Le Pro Truck, hélas, alors remonté quatre au scratch, sera victime d’un bris de boitier de direction, pulvérisé par une pierre, cela lui coûtera une heure.

Quel show cette auto !

 

L'OPTIMUS NO 2 AVANT SON ACCIDENT

L’OPTIMUS NO 2 AVANT SON ACCIDENT

 

L’Optimus finira la journée troisième au scratch, c’est tout bonnement phénoménal.

Malheureusement, il sera détruit après l’arrivée par un accident hors course…

Pas de bobos, voiture destroy!

 

AND THE WINNER IS…

 

En tête, Christian Lavieille, parti derrière Pierre Lachaume, mettra une éternité à le doubler, d’une part à cause de la poussière, mais aussi parce que le turbo du moteur BMW se laisse aller à un petit coup de blues.

Et un moteur turbo qui n’a plus de turbo c’est un fer à repasser !

Du coup, ce circuit sans aucune bosse, tout en glissades et en appels et contre-appels dans les courbes, qui était fait pour la BMW… est devenu très compliqué…

Dans les deux derniers tours, en plus, Laurent Fouquet crève et perd les neuf minutes gagnées à l’arrache pendant les cinq premières heures de course !

Bref, vingt seconde de différence à l’arrivée, l’endurance, quand ça tourne au GP, c’est juste génial !

Bon, on tourne à 90 de moyenne, c’est sidérant, vu les conditions !

Dans cette poussière infernale, chaque fois que l’on croise un chemin qui va vers un village, la gendarmerie a mis un homme, souvent à côté des CP de la course.

Quand arrive un âne bâté, c’est-à-dire chargé, le gendarme siffle quand le proprio et l’animal peuvent emprunter … Le passage animaux !

Des scènes comme celle-là c’est inimaginable, et pourtant…

Bien vu le Maroc !

 

LE TOUR PAR TOUR MANUEL DE GERARD BERLIET

LE TOUR PAR TOUR MANUEL DE GERARD BERLIET

 

On rencontre à un CP Gérard Berliet, ex journaliste de TV, qui habite aujourd’hui à Aglou,  il organise des expéditions dans le désert et ici il tient un CP mais à l’ancienne, pas d’ordinateur mais un tour par tour à la main d’une précision totale, qui donne en temps réel les positions et les écarts, cela m’a rappelé quand j’ai connu Johnny Rives sur la F1 il ya un petit milliard d’années, il faisait tout à la main et ne se trompait jamais!

Et oui décidément, cette belle journée a été peuplée de belles histoires.

Et de belles photos bonus en fin de reportage

La plus belle histoire d’ailleurs, je l’avais entendue avant la course, Etienne Smulevici m’a encore épaté…

 

 LA MECANIQUE A UNE MEMOIRE…

 

LE TOYOTA MONTPELLIER   4X4

LE TOYOTA MONTPELLIER 4X4

 

Etienne Smulevici est une sorte de pape du rallye raid, star de la discipline qui court cette année dans le très sympathique team de Montpellier 4X4.

Un Toyota à la déco superbe, avec un chouia de vert qui me rappelle Henri Pescarolo et un sponsor qui change des canettes qui empêchent de dormir « Les pépinières de l’Armagnac », ce qui ne veut pas dire que cet alcool très réputé pousse dans les arbres mais que dans la région qui a donné son nom à ce produit mondialement connu, le sponsor du team fait pousser et vend des arbustes, décoratifs, fruitiers, bref du beau et du nourrissant. Avec Etienne roulent Laurent Mendousse, Hervé Quinet et Marie Laure Quinet, navigatrice.

Le Toyota a eu un incident presque impensable sur ces autos, les attaches moteur ont lâché et le berlingue tombait carrément sur l’axe de direction.

Il faut dire que les séries de whoops de sable d’Aglou auraient détruit à eux seuls un bunker ou un Char Leclerc…

 

ETIENNE SMULEVICI ET SON TEAM

ETIENNE SMULEVICI ET SON TEAM

 

Attaches pourtant renforcées pour la compète mais Etienne a ce mot sublime… «  Tu sais, la mécanique a une mémoire, elle va prendre cent coups dans la gueule sans rien dire et c’est le coup d’après, même sur une petite bosse qu’elle va te lâcher »…

La mécanique a une mémoire…

Etienne est aussi le Pic de la Mirandole de la discipline, pilote, penseur, philosophe, et de façon non accessoire, un homme toujours souriant…

Genre de mec qui te fait croire que l’humanité a été réussie…

A Agadir, ils ont dégoté l’homme miracle, le fantasme du mécanicien du désert existe même dans une ville colossale, pourtant pas un des lieux les plus fréquentés par les pistards, le mec a levé le moteur pendant la nuit, avec un palan, et les mécaniciens du team ont pu renforcer les attaches et ce vendredi, l’auto sera au départ, neuve …

L’enthousiasme, l’entêtement et le talent réunis, ça rend une équipe invulnérable !

Journée de repos jeudi à Agadir, le parking de l’Atlantic Palace (autre particularité de cette épreuve, les hôtels sont d’une qualité absolue) est transformé en immense atelier à ciel ouvert.

On bosse dans tous les coins, certaines autos sont même allés tester ce qui est considéré comme les meilleurs amortisseurs au monde, les Reiger.

Le lendemain, la course décrite ci-dessus est partie.

Au fait, ça n’a rien à voir mais si vous passez par Agadir, allez sur le port, on y  trouve une myriade de petits restaus qui vont se servir au marché derrière, plus frais tu peux pas, plus succulent tu peux mais fait chercher un moment…

Samedi dernière manche de six heures près D’Agadir, dans une forêt d’arganiers, qui donnent ce fruit miracle dans l’alimentation, la santé et la cosmétique.

Une sorte d’arbre à diamants!

 

 

JEAN LOUIS BERNARDELLI

PHOTOS ALAIN ROSSIGNOL/DESERT RUNNER

 

 GALERIE DE PHOTOS BONUS BY ALAIN ROSSIGNOL:

 

 

maroc maroc 9 galerie

 

SHOOT DANS LE ROCHER!

SHOOT DANS LE ROCHER!

 

 

 

maroc maroc rossignol 13 toreadaor

ALAIN ROSSIGNOL SHOOTE CETTE AUTO DANS SON DOS EN CAVALANT,IL EST A UN METRE! 

Le classement de la troisième journée

http://www.tt24.fr/attachment/491325/

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