ENDURANCE MOTO. LE BOL D’OR DE RETOUR SUR LE CIRCUIT PAUL RICARD EN 2015

 

 

ENDURANCE MOTO. LE BOL D’OR DE RETOUR SUR LE CIRCUIT PAUL RICARD EN 2015

 

BOL DOR AU CIRCUIT PAUL RICARD

 

Notre confrére Charles-Bernard Adréani du grand quotidien La Provence, nous annonce ce jeudi

Exclusif : QUOTIDIEN LA PROVENCE  : le Bol d’Or de retour au Paul-Ricard en 2015

 

 

Seize ans après le dernier Bol d’Or disputé en 1999 en Provence, la plus célèbre course moto de 24 Heures retrouvera le circuit Paul-Ricard en septembre 2015.

Jean-Michel Mattioli, Christian Lavieille et François Chevalier commentent pour La Provenfe, ce retour

Les Editions Larivière, entre autres propriétaires de Moto Revue, le média promoteur et organisateur de la plus célèbre des épreuves d’endurance moto de 24 Heures, et le circuit Paul-Ricard, sont enfin arrivés hier à finaliser un accord pour le retour de cette compétition en Provence dès l’automne 2015, à la mi-septembre pour être précis, afin de renouer avec la tradition de cette course de légende qui se déroula sans discontinuer pendant 22 ans sur le plateau du Castellet, de 1978 à 1999.

L’annonce sera officialisée ce jeudi matin 17  Avril !

Cela faisait plus de deux ans déjà que le Bol d’Or voulait quitter le circuit de Magny-Cours où la 78ème édition se jouera la semaine prochaine. Ce sera chose faite l’an prochain pour la 79ème édition, grâce au contrat respectivement signé ce mercredi par Messieurs Pascal Auberty et Stéphane Clair au nom des Editions Larivière et du circuit Paul-Ricard. Lequel accueille, ce week-end, le deuxième round du Championnat du monde des voitures de Tourisme (WTCC), où Citroën a déjà commencé à grignoter la couronne de Champion du monde détenue par Honda…

Jean-Michel Mattioli : « Il fallait redonner du tonus au Bol d’Or ! »

 

Honda justement, marque avec laquelle l’Aixois Jean-Michel Mattioli s’imposa à trois reprises au Bol d’Or (1987, 1989 et 90), comme l’avait fait juste avant lui le Marseillais Jean-Louis Battistini, lui-même héritier d’un autre Phocéen, Daniel Urdich, lauréat du Bol du renouveau en 1968.

Nous avons joint Jean-Michel par téléphone. Voici ses premiers commentaires.

« Je garde des Bol d’Or au Paul-Ricard un souvenir fou et ce retour est une nouvelle fantastique. Mais il va y avoir un sacré travail à accomplir pour adapter les infrastructures, à commencer par les tribunes et l’ensemble des zones d’accueil des spectateurs qui ont l’habitude de camper sur place.
« Le public du Bol est chaud et même assez agité. J’imagine déjà l’ambiance dans l’enceinte du circuit qui ressemble maintenant un peu à un coin tranquille de Suisse ! Ça va être compliqué à faire mais ils vont y arriver. Personnellement cette information me rend extrêmement heureux, d’ailleurs je pense que le Bol n’aurait jamais dû partir du Ricard !

« Il faut aussi savoir que les Editions Larivière étaient obligées de faire quelque chose pour redonner du tonus au Bol d’Or, où il y a seulement une quarantaine d’équipages engagés seulement contre plus de 50 l’an passé alors qu’à l’époque du Ricard ils refusaient du monde. Et côté spectateurs c’est pareil, en 2013 ils ont fait 15 000 entrées sur trois jours.
« Je vais rajeunir, car si je suis devenu pilote c’est grâce à mes parents et au circuit Paul-Ricard où je montais à cyclo quand j’avais 14 ans, et après à moto. Avec cent balles (ndlr : 15 euros) on passait la journée et on tournait en rêvant… »

Désormais Mattioli travaille avec un autre ex-pilote, Jean-Manugeurra, à l’importation des casques LS2 made in China et il met son expérience au service de la FFM (Fédération française de motocyclisme) pour la détection de futurs champions.

 

Christian Lavieille : « Le Bol d’Or était ahurissant mais génial »

 

Quant au Beaussétan Christian Lavieille, il fut le dernier à gravir le podium du Bol d’Or au Paul-Ricard, en 1999.
Depuis le Maroc où, devenu pilote de rallye raid, il participait à Marrakech au lancement mondial du nouveau Porsche Macan, Christian nous a livré ses premières impressions.

« Si ma mémoire est bonne, le Bol d’Or 1999 fut la dernière course disputée sur le circuit Paul-Ricard avant la fermeture pour travaux qui suivit sa vente à Bernie Ecclestone à la suite du décès de monsieur Ricard.
« Pour moi, le Bol d’Or c’était le Paul-Ricard et il va donc le redevenir en toute logique.
« Je n’ai rien contre Magny-Cours mais pour l’ambiance il n’y a jamais eu photo. Ici il y a le circuit, et puis on peut descendre sur Cassis, Bandol et Hyère. D’Aubagne à Signes en passant par le Castellet, toutes les villes et les villages vivaient pendant une semaine au rythme du Bol d’Or. Des dizaines de milliers de motards venaient de toute l’Europe et avant l’arrivée la piste était envahie, le Bol était ahurissant mais génial. Pour accéder au podium, il fallait se glisser au milieu d’une haie de Gendarmes mobiles… Et pendant la course, tu sentais les odeurs de grillades qui créaient même des nuages sur la piste. C’était « la » course de 24 Heures plus encore que les 24H du Mans moto.

« Ce retour au Paul-Ricard est un pari audacieux, mais quand on voit la capacité de réaction des motards, en particulier de la FFMC (Fédération française des motards en colère) pour défendre leur passion, je crois que c’est tout à fait jouable.
« Il faudra jouer fin avec la sécurité. Mais avec les nouvelles techniques de contrôle et de signalisation et des Commissaires de piste efficaces tout est possible. Il y a bien un Grand Prix F1 à Monaco !

« Le Paul-Ricard, c’est un circuit de gros coeur et même modernisé c’est encore et toujours dans le « S » de la Verrerie (ndlr : à l’extrémité de la ligne droite des stands) que se feront les chronos. Et dans la grande ligne droite qui mène vers la grande courbe de Signes (ndlr : elle mesure 1800 m) ça va encore être le grand jeu des aspirations aérodynamiques pour se doubler. A l’époque j’en faisais entre cinq et dix à chaque tour, c’était magique. »

 

François Chevalier : « Où vont-ils mettre 50 000 spectateurs »

 

 

François Chevalier, aujourd’hui dessinateur, peintre et sculpteur à plein temps, a dirigé les trente glorieuses premières années du circuit Paul-Ricard. Certes moniteur de pilotage auto, et pilote lui-même, il n’a jamais caché sa passion pour la moto qu’il pratique toujours…

« Le Bol d’Or de retour sur le Paul-Ricard, s’est-il exclamé lorsque nous l’avons joint par téléphone, c’est magnifique, mais si le circuit retrouve l’indice de fréquentation de 50 000 spectateurs, où vont-ils les mettre ?
« A l’époque, il y avait trois compétitions qui franchissaient ce fameux cap des cinquante mille : les Grands Prix, la F1 et le Bol d’Or, mais nous avions énormément d’espaces libres !

« La transformation du circuit Paul-Ricard opérée à l’initiative de Philippe Gurdjian entre 2000 et 2003 pour en faire le High Tech Test Track (ndlr : piste d’essais haute technologie) quasi-parfait que l’on connaît, a utilisé comme ingrédients une partie importante des zones auparavant dédiées au public, De la partie basse côté circuit école jusqu’à la sortie du virage de Signes, c’est à dire tout au long de la ligne droite du Mistral, il n’y a plus de possibilité d’accès. Et les aménagements sont beaux et nombreux.
« Entre la piste de kart et l’ex-sortie Est a été tracé un nouveau circuit club le Driving Center géré par Oreca. Tout cela m’amène à dire qu’une photo aérienne montrerait qu’à l’évidence il faudra se montrer extrêmement astucieux pour accueillir à nouveau le Bol d’Or dans les meilleures conditions. Pour les World Series Renault il a tout de même fallu installer un parking sur la piste de l’aérodrome. Et à vue de nez, le circuit peut s’attendre à recevoir 30 000 motos, et le peuple de motards-campeurs qui va avec !

« Lorsque le Bol d’Or a déménagé du Mans vers le Paul-Ricard en 1978, nous le considérions un peu, à tort, comme un corps étranger. Puis la relation est devenu fusionnelle… Le redeviendra-t-elle ? Je le souhaite de tout mon coeur !
« Pour réussir, il faudra aussi être capable de convaincre les usines des grands constructeurs de s’engager : Honda, Kawasaki, Suzuki et Yamaha face à BMW et Ducati notamment, ça aurait de la gueule, vraiment ! »

 

Charles-Bernard ADREANI  cbadreani@laprovence-presse.fr

Photo : Circuit PAUL RICARD

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