WRC. JARI MATTI LATVALA : LE TITRE MONDIAL ? JE FAIS TOUT CE QU’IL FAUT POUR LE DECROCHER

 

 

WRC-2014-JARI-MATTI-LATVALA-Portrait-photo-Team-VW

WRC-2014-JARI-MATTI-LATVALA-Portrait-photo-Team-VW

 

Victorieux du récent Rallye de Suède, le Finlandais Jari-Matti Latvala avant de s’envoler pour le Mexique répond aux questions qui se posent à son sujet et lâche immédiatement en préambule  :

« Le titre mondial ? Je fais ce qu’il faut pour ! »

 

Le pilote de l’équipe Volkswagen, évoque la lutte pour le titre entre lui et Sébastien Ogier. Le Finlandais ne cache pas son ambition en 2014 : devenir Champion du monde; Et il évoque les points communs entre lui « JML » et son idole, le regretté et inoubliable Henri Toivonen, mort en course lors du Tour de Corse le 2 mai 1986 au nord de Corte du côté de Castirla

Jari-Matti Latvala, pilote officiel Volkswagen, a fêté sa première victoire de la saison sur la Polo R WRC au récent Rallye de Suède, en compagnie de son coéquipîer Miikka Anttila. Du coup, il a pris la tête du Championnat du monde pour la première fois de sa carrière !

Le Finlandais aimerait beaucoup défendre cette position face à son camarade d’écurie Sébastien Ogier au prochain Rallye du Mexique. Dans l’interview qui suit, Latvala évoque non seulement cet aspect, mais aussi son nouveau coach, sa grande idole – le regretté Henri Toivonen – et ses ambitions.

 

WRC-2014-JARI-MATTI-LATVALA-Podium-Rallye-de-SUEDE-photo-Team-VW

WRC-2014-JARI-MATTI-LATVALA-Podium-Rallye-de-SUEDE-photo-Team-VW

 

– Jari-Matti, félicitations pour votre victoire en Suède. Comment vous sentez-vous depuis ?

– « Ma victoire en Suède a constitué un moment très particulier pour moi. C’est le seul Rallye WRC que j’ai gagné trois fois. C’est également en Suède que j’ai remporté mon premier succès en Championnat, en 2008. Mais avant cette victoire, il y a eu des moments difficiles dans ce Rallye. Le vendredi, par exemple, lorsque j’ai perdu du temps dans la spéciale de Hagfors Sprint, et qu’Andreas (Mikkelsen) s’est dangereusement rapproché de moi au classement. Heureusement, la suite s’est déroulée exactement comme prévu, et nous avons gagné. Après la Suède, j’étais sur un petit nuage…

– Savez-vous ce que vous avez en commun avec Björn Waldegård, Stig Blomqvist, Tommi Mäkinen, Kenneth Eriksson et Marcus Grönholm ?

– Attendez… Laissez ­moi réfléchir deux secondes… Nous avons gagné le Rallye de Suède plus de deux fois, c’est cela ? Oui, c’est bien çà. On peut dire que je suis en bonne compagnie !

– Maîtriser une épreuve comme la Suède n’est pas aisé. Comment avez-vous réussi à remporter un Rallye aussi complexe ?

– Tout tient à la stratégie. En 2008, les conditions étaient similaires – beaucoup de gravier et de terre apparaissaient sous la neige fondante et les restes de glace. C’est le genre de terrain qui semble me convenir. Un Rallye comme celui ­ci est carrément à l’opposé d’une épreuve sur asphalte. En Suède, il faut rester calme et suivre une trajectoire propre. J’ai eu quelques problèmes à ce point de vue au début du rallye, mais j’ai réussi à me mettre dans le bon tempo assez rapidement par la suite. Je voudrais aussi souligner le fait qu’au sein de l’équipe Volkswagen, nous nous livrons tous à chances égales. Chacun d’entre nous a toute liberté de se battre pour la victoire, il n’y a jamais eu de consignes d’équipe. Et la super ambiance qui règne dans le team en est la conséquence. Nous travaillons dans un esprit formidable.

– Le Rallye du Mexique, première manche sur terre de la saison, approche à grands pas (1). Comment Volkswagen s’y est-il préparé ?

– Nous avons effectué deux jours de tests en Espagne en vue du Mexique. J’ai pris le volant le premier jour, et Sébastien a roulé le second. C’est fou comme il est capable s’adapter immédiatement à n’importe quelles conditions ! Plus vite que moi, en tout cas. Sur la terre, j’ai besoin d’un certain temps d’adaptation. C’est pourquoi je mets souvent à profit l’opportunité du Shakedown pour me remettre dans le bain. Ce fut le cas par exemple lors du Rallye de Grande Bretagne la saison dernière. Si je n’ai pas roulé sur la terre depuis deux mois, je le constate tout de suite.

– Qu’attendez-vous du Rallye du Mexique ?

– La victoire en Suède m’a clairement donné un surcroît de confiance. Mais dans le même temps, lorsqu’on est en tête du Championnat, il faut savoir garder la tête froide. Si vous vous autorisez la moindre faute au Mexique, vous savez que vos chances de victoire seront très minces. En 2012, je suis arrivé en Amérique du Sud auréolé d’une victoire en Suède, déjà. J’étais gonflé à bloc. Et j’ai été contraint à l’abandon. En fait, il faut se dire qu’on y va pour prendre le maximum de points. Le Mexique n’est pas l’épreuve dans laquelle je me sens le plus fort, mais naturellement une victoire y est toujours envisageable. Ce n’est pas mon objectif prioritaire cependant. Même une place sur le podium serait un excellent résultat.

 

« Mon nouveau coach m’a appris comment mieux maîtriser mon instinct »

WRC-2014-lA-VW-Polo-de-JARI-MATTI-LATVALA-Portrait-photo-Team-VW.

WRC-2014-lA-VW-Polo-de-JARI-MATTI-LATVALA-Portrait-photo-Team-VW.

 

– Vous êtes le nouveau leader du Championnat. Est-ce que nous allons assister à une grosse bagarre entre vous et Sébastien Ogier ?

– Je l’espère. Mais une chose est sûre : Séb va être terriblement affamé de victoire au Mexique. Bien sûr, j’aimerais devenir Champion du monde à mon tour. C’est ma grande ambition. Pour cela, il faut que tout fonctionne parfaitement, et je fais ce qu’il faut dans ce sens. Mais il faut aussi compter avec les autres pilotes qui caressent le même espoir. Alors, je préfère me concentrer sur chaque rallye, l’un après l’autre. Séb est vraiment très fort. Quiconque a l’ambition de le battre doit être constamment au top, sur tous les terrains.

A quoi avez-vous pensé pendant le Rallye de Suède, lorsque Sébastien Ogier a fait une faute ?

– Séb est un être humain… C’est vrai que si vous examinez la saison dernière, vous avez l’impression qu’il ne fait jamais de faute. C’est obligé qu’un pilote en fasse parfois dans un rallye, j’en suis convaincu. Encore une fois, nous ne sommes que des hommes !

Avez-vous peur de lui ?

– Il est très fort. En tant que pilote, mais aussi au niveau du mental. Il est chez lui sur tous les types de terrain. Il est assurément très difficile à battre, mais en dépit de tout cela, il ne faut pas en avoir peur. Si vous avez peur, vous ne réussirez jamais rien. Vous pouvez avoir du respect pour certains de vos concurrents, mais peur… non ! Et comme je l’ai déjà dit, si vous voulez gagner un Championnat, il faut être constant avant tout.

– Vous êtes désormais suivi par un coach personnel sur le plan du mental. Qu’est-ce que cela change pour vous ?

– Je canalise davantage mon instinct. A une époque, je voulais gagner des rallyes à tout prix. Mais souvent les choses tournaient mal car j’étais beaucoup trop exigeant. Et dans ces moments ­là mon moral était proche de zéro. Mon coach m’a appris qu’il fallait davantage analyser ses propres sentiments. Si vous sentez que vous n’êtes pas sur le bon rapport, il faut tout de suite en rentrer un, même si ce n’est pas le régime idéal. Autre aspect, nous communiquons beaucoup plus désormais avec Miikka, mon coéquipier. Aujourd’hui, nous avons une stratégie, un plan. Nous savons où nous allons. Entre nous, les choses ne peuvent pas mieux se passer. Il n’hésite plus à intervenir lorsqu’il sent que j’en fais un peu trop. Ce n’était pas forcément le cas au début de notre carrière ! (Rires).

 

« Henri Toivonen était le pilote de rallye le plus courageux de son époque »

Henry TOIVONEN Pimote Lancia avant l'acident du 2 Mai 1986

Henry TOIVONEN Pimote Lancia avant l’accident du 2 Mai 1986

 

– Ce « gourou », c’est une idée à vous ?

– C’est une idée de l’équipe. Ils m’ont convaincu que je pouvais m’améliorer dans ce domaine. C’est comme cela que Christopher est arrivé, au Rallye de Grande Bretagne l’an dernier, et depuis lors, j’ai été amené à lui faire confiance à 100%. Il m’a appris comment me concentrer à fond sur un objectif, et comment retrouver cette concentration si jamais elle venait à disparaître. Je me souviens qu’auparavant, je pouvais être un peu trop excité à la veille d’un rallye. Et grâce à lui, je sais maintenant comment aborder une épreuve de manière beaucoup plus sereine. Je n’entrerai pas dans les détails, mais je suis arrivé à ce résultat grâce à de nombreux exercices de relaxation et de concentration.

– Volkswagen a dominé les derniers rallyes. Pensez-vous que cette domination puisse se poursuivre sur la terre ?

– Il y a quatre constructeurs en WRC. Prenons Hyundai par exemple : on peut dire qu’ils ont déjà accompli quelques progrès significatifs, mais qu’ils ont encore besoin d’un peu de temps avant de lutter au top. Volkswagen a été en mesure de se forger une plus grande expérience avant ses débuts officiels. Mais je suis convaincu qu’à un moment donné, le sort sera favorable à l’un ou à l’autre de nos concurrents durant la saison.

– Votre compatriote Marcus Grönholm a été Champion du monde en 2002. Le moment est-il venu qu’un autre Finlandais soit couronné ?

Le fait qu’un Finlandais n’ait plus été Champion du monde depuis douze ans maintenant me met une certaine pression. Au cours de ces 20 dernières années, l’un de mes compatriotes a régulièrement décroché le titre. En Finlande, nombreux sont ceux qui ont placé leurs espoirs en moi, même si la discipline a perdu une partie de sa popularité. Je suis sûr que si j’y arrivais, le Rallye reprendrait d’un seul coup tout son écho dans mon pays.

– Vous êtes un grand admirateur d’Henri Toivonen. Avez-vous aussi envie de devenir Champion du monde en souvenir de lui ?

– Il y a certaines analogies entre la carrière d’Henri et la mienne. Il a remporté son premier rallye alors qu’il était encore tout jeune homme, et a ensuite accumulé de plus en plus d’expérience. En 1986, l’année de sa disparition, il avait gagné le Rallye Monte­ Carlo et mené au Rallye de Suède pendant une grande partie de la course. Son début de saison avait été brillant. Même si c’est mon idole, je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai envie de devenir Champion du monde en souvenir de lui. Henri était pour moi le pilote le plus courageux de son époque. Personne n’était capable de mener une Groupe B comme il savait le faire. Hélas, parfois, il en demandait un peu trop. »

Comme on le constate, le Champion Finlandais a toujours la gnaque et ne manque pas d’ambitions … Sur quz sa récente victoire en Suède, l’a surement bien relancé sportivement et mentalement !

Il piaffe surement d’impatience de reprendre le volant et de poursuivre sa quête de succès afin de viser enfin le titre mondial. La lute avec le Champion en titre, Seb Ogier, lequel n’est autre que son propre équipier, nous promet de formidables passes d’armes dans les prochaines épreuves…

A ne pas manquer des la manche Mexicaine

 

Christian COLINET

Photos : TEAMS –  VW

 

(1) du 5 au 9 mars

 

 TOIVONEN-2-MAI-1985-Stele-Casterla


Henri TOIVONEN- Sergio CRESTO 2-MAI-1986- La Stèle a-Castirla au nord de CORTE en Haute Corse – photo AUTONEWSINFO

 

WRC

About Author

gilles