NEIGE ET GLACE 2014 : LARMES DE NEIGE ET CRIS DE JOIE…

JEAN PIERRE VANDEWAUVER, VAINQUEUR POUR LA DEUXIEME FOIS

JEAN PIERRE VANDEWAUVER, VAINQUEUR POUR LA DEUXIEME FOIS

 

Au matin du dernier jour, deux pilotes belges menaient le rallye avec une infime différence de points, Yves Deflandre est alors leader devant Jean Pierre Vandevauwer, avec seulement soixante points d’avance. Une pluie épaisse tourne rapidement à la neige fondue, lourde, qui s’accumule sur les routes, rendant les autos folles comme des bateaux d’offshore. C’est dans ces conditions que beaucoup de concurrents vont aller aux champs, ou auront d’autres ennuis, et  Jean Pierre Vandewauver va pou voir fêter ses soixante ans sur le soixantième Rallye Neige et Glace au champagne !

 

OUVERTURE MAUDITE…

YVES DEFLANDRE, BATTU SUR LE FIL

YVES DEFLANDRE, BATTU SUR LE FIL

 

On sait que quand on ouvre un rallye, ce qui est le cas d’Yves Deflandre ce jour de finale, il faut être à la fois prudent et efficace, les mauvaises surprises sont d’abord pour l’ouvreur, et il faut néanmoins redoubler de performance pour rester en tête…

Le deuxième jour de ce Rallye Neige et Glace 2014 d’ailleurs, le leader et donc ouvreur  s’était fait avoir, oubliant peut-être ces règles fondamentales et s’était retrouvé à dache dans un champ et au classement général…

Deflandre a bien trop de métier pour se faire avoir, mais la neige qui tombe est épaisse et collante, elle s’accumule sous l’avant de l‘auto et Yves doit finalement faire une marche arrière pour se dégager de la masse énorme, la véritable congère qu’il trimbale amassée autour du train avant.

 

GULLY ET DEFLANDRE

GULLY ET DEFLANDRE

 

Yves Deflandre raconte…

“Avec les importantes chutes de neige de l’après-midi, ouvrir la route était une mission périlleuse. Malheureusement, cela a joué en notre défaveur. Nous sommes partis à la faute et avons concédé trop de temps. Plus de cinquante secondes, c’était irrattrapable dans de telles conditions. Mais c’est le rallye, surtout sur une épreuve aussi sélective que le Neige et Glace. Je tiens donc à féliciter Jean-Pierre et Julien pour leur course parfaite. Vous pouvez compter sur nous pour revenir l’an prochain!”

Ces  secondes là vont en effet suffire à son ami Jean Pierre Vandewauver pour passer devant au général…

Dans l’ordre, Vandewauver devance donc Deflandre et Reuter sur le podium final.

Vandewauver qui avait déjà gagné en 2012.

Dans tous les sports de haut niveau, mécaniques ou pas, une finale qui se joue jusqu’au bout est toujours un sommet de stress pour les héros et un Everest de passion pour les spectateurs, c’est le cas et cette soixantième édition du Neige et Glace entre ainsi dans la légende…

 

JEAN PIERRE VANDENWAUVER

JEAN PIERRE VANDENWAUVER

 

Ce qu’en dit Jean Pierre“ Joseph Paisse, le propriétaire de la voiture m’avait donné le feu vert pour y aller à fond. Julien et moi avons vraiment tout donné… Cette victoire me fait particulièrement plaisir! Tout d’abord pour Julien, le fils de Joseph, le propriétaire de la voiture, qui courait avec moi son tout premier Neige et Glace. Ensuite parce que je viens de fêter ici mon 60e anniversaire et que pour moi c’est un symbole important, tant le niveau de ce rallye est élevé…”

 

SAINT POINT CINQ SUR CINQ…

 

 

On évolue donc autour du lac de Saint Point, un coin à raison  incroyablement  touristique, l’hiver à skis ou en traineaux de chiens, l’été avec tous les sports nautiques ou de randonnée possibles et imaginables…

 

DEPART DE SPECIALE ASSEZ  DEPAYSANT...

DEPART DE SPECIALE ASSEZ ORIGINAL!

 

En plus, des confidences reçues de ma chère maman, je crois savoir que c’est dans ce coin que j’ai été conçu, on imagine donc ma fierté d’évoluer dans la région, en compagnie de Tom et Richard, mes amis photographes, avec qui je suis le rallye!

 

LE LAC DE SAINT POINT VU DEPUIS MALBUISSON

LE LAC DE SAINT POINT VU DEPUIS MALBUISSON

 

Tom est le fils de Patrick Zaniroli, organisateur et ancien vainqueur du (vrai) Dakar, il a un coup de cerceau digne de son père, quand il faut blinder pour passer d’une spéciale à une autre, sur des routes piégeuses comme la tactique de Wellington à Waterloo, rouler est aussi un plaisir, avec ce petit bout d’aventure qui transforme ces instants en de jolis souvenirs…

 

 

Et l’on engrange clins d’oeils de la nature et frissons d’histoire…

 

BENOIT ET YANNICK MARTIN

BENOIT ET YANNICK MARTIN

 

Nous voyons passer les onze premiers dans un festival d’élégance de pilotage, beaucoup de Belges bien sûr, ils sont les maîtres du monde de cette discipline qu’est la régularité, et deux équipages gaulois qui résistent comme deux personnages de BD devenus légendaires, bravo donc à la famille Martin père et fils, qui termine neuvième au général, et à l’équipage Pescarolo-Périn, on rappelle qu’ils ne sont pas du tout spécialistes de la régularité, qui finissent dans le top ten, avec une auto un peu récente et donc peu avantagée par le règlement…

 

PESCAROLO-PERIN

PESCAROLO-PERIN

 

Henri Pescarolo… « Ce fut encore une édition exigeante. Avec des conditions de neige difficiles, surtout pour la dimension de pneus que le règlement nous autorise à chausser sur notre Porsche. Michel a été un copilote d’une rare précision. Sans doute trop professionnel pour mes capacités de pilote… Pour espérer progresser au classement il faudra revenir avec une voiture plus ancienne pour pouvoir rouler avec des pneus plus étroits et mieux adaptés au profil des étapes…”

En effet, pour rouler dans la neige épaisse, l’idéal est d’avoir des pneus étroits.

Le règlement stipule que la largeur minimale est fonction de la taille originale des pneus à l’époque où la voiture était construite.

Les Porsche antérieures à celle que pilotait Henri roulaient à l’époque avec des pneus d’origine plus étroits…

Elles peuvent donc courir au Neige et Glace avec des gommes étroites.

Henri ne prétend pas du tout aller les batrre, ces Belges bijoutiers de la régularité, mais pouvoir les attaquer à armes égales, déjà, lui permettrait de progresser…

Cela dit, le Top ten avec trente équipages belges engagés, pas mal joué les garçons…

 

DES HISTOIRES D’AVENTURE…

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Dans ces spéciales, j’ai vu des histoires magnifiques…

Qui pouvaient commencer mal et se terminer bien, comme ci-dessus, un cliché pris sur le vif par  Richard Bord…

Je le répète, conditions difficiles, neige très irrégulière et tendant un piège tous les dix mètres…

Donc ce type d’incident est fréquent mais ici, il n’y a pas de problème sans solution…

Et puis il y a des histoires phénoménales, ou insolites, ou rares…

 

THIERRY GEROME- ERIC POUCET

THIERRY GEROME- ERIC POUCET

 

Passe la DAF de Thierry Gérôme, pilote  belge de Liège…

Particularité, il est handicapé, ne peut pas se servir des ses jambes, et s’est fait faire un tableau de bord spécial avec commande de gaz à gauche du volant et frein à droite.

Je sais plein de gens handicapés font ça et c’est génial mais de là à le faire en compétition de très haut niveau, il termine treizième au général, avec une dextérité phénoménale  et surtout un bonheur absolu, c’est plus rare…

 

ARRIVEE DE LA DAF A PONTARLIER

ARRIVEE DE LA DAF A PONTARLIER

 

Son style de pilotage est, vu de l’extérieur, un vrai plaisir des yeux…

Passe une Morris Cooper S, un de mes rêves de gosse jamais assouvi, couleur vert anglais, qui a été utilisée comme voiture officielle sur le Monte Carlo 1966, un vrai moment de grâce que je dois à Nicolas Seurot, son pilote. (Vingt-quatrième au général).

 

 

Quand la légende passe à côté de vous, le monde est différent…

Vu passer la Renault Quatre Chevaux de Jean Louis et Laurent Vial…

D’intérieur, elle est totalement dans son jus, avec les sièges en élastiques…

 

 

Et le moteur remplit que c’en est un plaisir de l’écouter, je verrai à l’arrivée qu’en effet, il ressemble fortement à celui des Dauphine 1093, voitures cultissimes qu’il fallait dompter avant de s’amuser…

Merci à eux, spectacle étonnant car on s’attend, ce serait normal sur une auto de 1953, à un passage un peu poussif et c‘est une bombe…

 

 

Vu passer dans une double glissade d’une élégance totale la 505 Turbo Injection engagée par le Musée de l’Aventure Peugeot de Sochaux et pilotée par Stéphane Caillet, l’auto date  de 1984 et à la voir passer, non seulement on rajeunit de trente ans mais en plus, le style de pilotage de Stéphane est un vrai bijou…

Et encore, vue en spéciale et revue à un départ plus loin la Jaguar MKII de Simon Nobili et Sophie Dumont, une auto sublime, bien entendu pas forcément faite pour la régularité sur la neige, mais le  le dessin est une œuvre d’art, la conduite est un plaisir d’initié, la piloter sur neige est de ce genre de folie qu’il faut faire de temps en temps dans la vie…

 

N&G jaguar 2014_031742_TZ-4

 

Qui plus est, au contrôle de départ de la spéciale suivante, la navigatrice nous a gratifié d’un sourire de très grande classe.

 

 

L’équipage s’est d’ailleurs vu attribuer le prix spécial de l’organisateur, ce genre de passion est d’une rareté qui en fait un diamant…

Vu passer une des plus belles autos de sport jamais dessinées, la Porsche 356, de 1954, de Michel Closjans et Robert Rorife.

L’équipage remporte la catégorie Historic, celle des véhicules antérieurs à 1965.

 

 

Et tant mieux cette auto, c’est un délice…

Et puis il y a cette histoire, dénichée par Philippe Janssens, un confrère belge, le  laisse la raconter…

Philippe a aussi fait la photo de l’histoire…

Cela s’intitule « Le casque de Pesca »…

 

 

C’est l’une des belles histoires de ce rallye, comme seule la passion du sport automobile peut en engendrer. Quelle ne fut pas la surprise d’Henri Pescarolo de voir débarquer le nouveau mécanicien d’Yves Deflandre, leder de ce  60e Rallye Neige et Glace pendant eux jours, pour lui témoigner toute son admiration et, surtout, lui délivrer un terrible aveu. “Monsieur Pescarolo, J’avais 15 ans en 1973, lorsque vous avez  établi le record du tour du circuit de Spa-Francorchamps. J’habitais à deux pas du circuit et je m’y échappais dès que possible. Ce jour-là, comme souvent, je traînais dans les stands et j’ai profité de l’euphorie pour  dérober votre casque” explique Jean-Paul Termonia.” Je l’ai conservé précieusement car cet objet a pris pour moi une importance incroyable. Je ne savais pas que j’aurais un jour l’occasion de rencontrer cette légende du sport automobile. Je lui ai proposé de lui rendre le casque, mais il a souri et il m’a dit de le garder, en souvenir. Quel grand monsieur!”

Et oui, les mots clés de ce rallye sont décidément la noblesse des sentiments et le plaisir de la passion et de l’aventure!

Bon, on laisse le mot de la fin à Patrick Zaniroli, organisateur…

 

ZANIROLI ET LES TROIS PREMIERS EQUIPAGES

ZANIROLI ET LES TROIS PREMIERS EQUIPAGES

 

Cette 60e édition restera dans toutes les mémoires, tant la qualité et la quantité des équipages au départ étaient exceptionnels. Je voudrais d’ailleurs et avant tout remercier tous nos concurrents pour nous avoir fait confiance cette année. Je tiens également à remercier tous les fidèles partenaires de ce Rallye Neige et Glace, sans qui, bien évidemment, tout ceci ne serait pas possible. Aujourd’hui, c’est la Ville de Pontarlier que nous voulons mettre à l’honneur, pour l’accueil qui nous y recevons depuis cinq ans. La capitale du Doubs qui a, une nouvelle fois, fait la fête à notre épreuve… Je voudrais, enfin, également remercier l‘ensemble de mon équipe d’organisation qui a oeuvré sans faille tout au long de cette édition 2014 pour offrir aux équipages présents le meilleur service, souvent dans des conditions difficiles. Bravo à tous! Et je vous fixe d’ores et déjà rendez-vous à l’année prochaine!”

Voilà vous savez tout, pour le classement général final, voir

 

http://www.zaniroli.com/neige-et-glace/280-mercredi-5-fevrier-etape-4-malbuisson-pontarlier-finish

 

JEAN LOUIS BERNARDELLI

PHOTOS TOM ZANIROLI ET RICHARD BORD

 

 

 

 

 

 

 

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