AFRICA RACE JOUR 10 : OURAGAN SCHLESSER !

 

Sportivement, l’Africa Race 2014 est terminé, ce soir à l’étape de Saint Louis du Sénégal.

Il reste pas mal de route à faire pour arriver au Lac Rose de Dakar, et une petite spéciale de 25 bornes pour l’arrivée officielle, donc côté résultats c’est terminé.

Jean Louis Schlesser termine en beauté, en gagnant superbement la spéciale du jour. Chez les motards, victoire d’étape, une de plus, pour un Theuretzbacher qui hélas s’est perdu et a perdu toute chance de figurer sur les tablettes du rallye depuis plusieurs jours. En camions, grosse et amère déception pour Elisabete Jacinto, qui perd sa très belle deuxième place, derrière Tomecek, intouchable, et aussi derrière Kovacs, qui gagne la dernière étape en s’assurant ainsi de la place convoitée au général.

Demain la plage, le Lac Rose, le vieux fantasme d’aller au bout qui a poussé tout le monde, un moment ou un autre, à s’arracher les mains…

 

AU REVOIR LA MAURITANIE !

 

 

Décidément, on quitte un pays sublime !

Le paradis du raider, dans ce paysage de commencement du monde qu’a décrit Saint Ex.

On passe ce vendredi au Sénégal, la plage de N’Gor à Dakar et le Lac Rose commencent vraiment à se rapprocher.

Il est temps en fait, les motards sont carrément crevés.

Pas de vrais changements récents  au classement général où Dominique Robin a  gagné jeudi mais avait perdu un paquet de billes la veille, Pisano restant d’une régularité de métronome.

La veille, au bivouac, on a eu des nouvelles de nos amis du team «  Les Motards du désert », où l’on est content de cette deuxième place de Robin, les autres ont souffert la veille, grosse frayeur par exemple pour Christophe Conreau dont le moteur a serré à 50kms de l’arrivée.

 

LES MOTARDS DU DESERT MERITENT BIEN LEUR NOM!

 

Par miracle au bout d’une demi-heure il a redémarré et grâce à un concurrent auto qui lui a offert de l’huile hydraulique pour direction assistée (à défaut de mieux!) il a fini l’étape dans un bruit de casserole à une allure de 40 km/h, mais tellement heureux de ne pas abandonner.

« A croire que ma Honda a entendu mes paroles d’encouragements pour ne pas me lâcher avant l’arrivée ! » dit-il.

Les 2 mécanos du team, Jérôme Helena et Olivier Sanchez,  ont passé  3 heures pour désosser la moto et changer le moteur.

Gilles Vanderweyen, le pilote belge du team,  a un souvenir très mitigé de l’avant-veille… Il nous dit que c’était le jour de son anniversaire : «  J’ai vécu l’enfer…une spéciale « courte » de 340km avec quelques passages de dunes…le sable n’était pas porteur, j’ai du m’ensabler 25 fois. Arrivé au dernier CP à la tombée de la nuit, je suis rentré au cap au bivouac, pendant 70 bornes. Arrivée à 22h30. ! »

 

LA CARTE DU JOUR

LA CARTE DU JOUR

 

Aujourd’hui, le chef René Metge présente le menu, 493 km au total, dont 202 km en spéciale, de Toueila à Ghreidattligkoulé, puis liaison de 280 bornes jusqu’à Saint Louis du Sénégal.

 

 

« La dernière ! Comme toujours, nous voulions que cette dernière spéciale soit intéressante sur le plan sportif sans toutefois faire trop de dégâts dans les classements. En fait, nous avons trouvé, complétement par hasard, le parcours idéal. Après avoir démarré dans la verdure de la veille puis emprunté une petite portion hors piste, les concurrents vont poser leurs roues dans le plus beau cordon de dunes qu’il ait été donné de franchir à José Maria SERVIA, l’ouvreur du Sonangol Africa Eco Race. Près de 20 km de pur bonheur au coeur de dunes dorées, majestueuses et plutôt facile à franchir ou en tout cas, avec de nombreuses possibilités de trajectoires. Ce sera à n’en pas douter le moment fort de cette ultime spéciale dont le reste du parcours jusqu’à Teveritt ne devrait pas poser trop de problème à des hommes et à des machines déjà bien éprouvés. Un effort a également été fait au niveau de la liaison vers le Sénégal puisque le dernier bivouac sera installé à Saint Louis. »

 

LA DER’ EN « ER », SCHLESSER ET THEURETZBACHER

THEURETZBACHER EST LA REVELATION DU RALLYE

THEURETZBACHER EST LA REVELATION DU RALLYE

 

7h45 « local time », le premier motard, Dominique Robin, beau vainqueur la veille, ouvre le bal.

Pisano, Theuretzbacher et Gabari sont lâchés après lui.

Pisano rattrape tout de suite Robin, normal, l’ouvreur va toujours un peu plus lentement, il faut juste qu’il le contrôle pour gagner cet Africa Race 2014.

On enquille quand même sévère, plus de 140 km/h, on en profite, on sait qu’après ça va pousser…

Dès que ça se complique, Theuretzbacher, le colosse autrichien, revient sur la tête.

Pisano reste collé à Robin comme relié par un cordon ombilical.

Pas question de le lâcher d’un mètre !

Le dernier concurrent à partir est une concurrente, Julia Schrenck, qui a voulu absolument rouler cette dernière spéciale en Mauritanie.

 

JULIA SCHRENCK

JULIA SCHRENCK

 

Devant, Pisano et Robin se contrôlent tellement que Gabari les a rejoint, et Theuretzbacher est parti carrément devant…

La première auto est lâchée une heure après le premier motard.

Vu comment les motos ont passé le cordon dunaire évoqué par Metge, ça ne devrait pas poser de soucis sur quatre roues, même pour les deux roues motrices.

Pas de trace au radar Iritrack de Fromont, mais depuis des jours, les mouchards des GPS tombent en carafe donc il est peut-être là, en tous cas, Henrard, Schlesser, Florin et Loomans sont partis.

Même remarque, Jacinto est partie, pas de traces de Tomecek mais la veille, le mouchard GPS du Tatra ne s‘est réveillé qu’à la moitié de la spéciale.

Le matos aussi est fatigué !

L’ennui est que du coup, ceux dont le mouchard ne fonctionne pas ne sont pas enregistrés aux CP, mais il y a des contrôleurs manuels qui notent les passages.

Les motos traversent un cordon de dunes prises de face, on peut les contourner a dit Metge mais pas toutes…

Gabari se plante.

Moteur out!

 

GABARI PLANTE DES PATATES

GABARI PLANTE DES PATATES

 

Theuretzbacher, Robin et Pisano ne sont donc plus que trois en tête.

L’autrichien ouvre, et il « s’amusseu kolossal! »

Au CP1, il a trois minutes d’avance sur Pisano et Robin, séparés de… 10 secondes !

C’est plus du contrôle, c’est un passage de menottes !

A noter que ce jour, Dubois marche fort, la scoumoune l’a peut-être oublié…

Il est cinq, en position sur la piste.

Derrière, en autos, Schlesser a pris les choses en main dès le début, Henrard est rattrapé.

 

STEPHANE HENRARD FAIT UNE BELLE FIN DE RALLYE

STEPHANE HENRARD FAIT UNE BELLE FIN DE RALLYE

 

On est sur les pistes sinueuses entre les arbres, où Schlesser nous a dit la veille qu’il adorait rouler vite, tout en glissades, c’est évidemment le terrain favori d’un buggy.

Quand on arrive dans les dunes, léger écart et recalage sur la piste, 300 mètres de détour, Henrard suit les traces et il ya gros à parier que derrière, ce sera kik kif !

Côté camions ça déboule joyeusement à 120 km/h, Jacinto devant Kovacs, je le répète, Tomecek n’a pas de mouchard, il est donc invisible, sauf sur la piste car il lui est assez difficile de passer inaperçu !

 

JACINTO VA PERDRE SA DEUXIEME PLACE DES CAMIONS

JACINTO VA PERDRE SA DEUXIEME PLACE DES CAMIONS

 

En tous cas au CP1, Jacinto est passée quatre secondes avant Kovacs !

Chez les motards, on a viré de bord, on n’est plus face aux dunes mais entre les vagues, et on enroule du câble de gaz.

Bon, quand il faut sauter une dune, c’est dans le sens de la longueur, on ralentit quand même, on ne sait toujours pas ce qu’il ya derrière !

Et puis, bien sûr, il ya des tas de dunes, par endroits, qui ne sont pas dans le même sens, c’est le vent qui décide de ça, alors on se retrouve à 40 à l’heure en essayant de ne pas rester la roue AR enfoncée jusqu’au moyeu..

C’est ce qui arrive à Julia Schrenck, au même endroit que Gabari quelques minutes avant elle.

Devant, depuis le départ, aucun changement, Theuretzbacher fonce le nez dans le guidon, les deux derrière sont toujours liés comme la chèvre au poteau de Mr Seguin…

La KTM de l’Autrichien passe la banderole d’arrivée en trombe, avec freinage façon nuage de poussière-j’enfume la presse…

Les chronos ne sont pas donnés immédiatement mais une chose est claire, Michael Pisano a gagné l’Africa Race 2014 à moto!

 

MICHAEL PISANO, VAINQUEUR A MOTO

 

 

En auto, Schlesser est passé au CP2 quatre minutes avant Henrard.

 

JEAN LOUIS SCHLESSER PLEIN GAZ...

JEAN LOUIS SCHLESSER PLEIN GAZ…

 

A priori six minutes au chrono, puisque Jean Louis est parti deux minutes derrière le buggy « Cox « de Stéphane.

Dans le dernier brin de la spéciale, Schlesser est dix kilomètres devant Henrard, il semble que Jean Louis ait décidé de terminer cet Africa Race 21014 en fanfare !

Derrière, réapparition du mouchard de Tomecek !

Il est semble t’il en tête des trois camions, on attendra le passage au CP2, maintenant qu’il est repéré, pour connaître les écarts.

Il passe en effet premier au CP 2, avec une foutue avance sur les deux autres, six minutes sur Kovacs, sept minutes sur Jacinto.

 

TOMECEK PREMIER CAMION

TOMECEK PREMIER CAMION

 

Jacinto qui va devoir jouer fin, elle n’avait que trois minutes d’avance au général ce matin au départ sur Kovacs, la deuxième place camion est en jeu, et cela se fera de très peu !

Et pour l’instant, Jacinto a perdu ce qui serait une très belle position au général, elle rappelle à qui veut l’entre que son Man est de série, les deux autres camions sont des protos.

Kovacs d’ailleurs qui a tout compris de la situation, il s’accroche aux roues de Tomecek, qui lui, sait qu’il a gagné le rallye.

Devant, Schlesser passe la banderole première auto.

Sorte d’ouragan bleu.

Ce pilote incroyable gagne donc l’Africa Race pour la sixième fois !

Avec panache!

 

SCHLESSER-MAGNALDI, LE DUO PARFAIT!

SCHLESSER-MAGNALDI, LE DUO PARFAIT!

 

Ce qu’il en dit: «  C’est une belle conclusion de l’année 2013, où j’ai gagné beaucoup de courses, au Qatar, au Silk Way en Russie, dans les Emirats, sur mon buggy ou sur d’autres autos. La compète c’est ma vie, j’adore ça et j’adore aussi gagner. Donc je suis un mec heureux.   Quand à l’avenir dont tu me parles, c’est simple, l’avenir, i lest à nous! »

Pas vraiment de mystère dans ces mots, je sais que Jean Louis est extrêmement dévasté par l’accident de Schumacher et tous les jours il m’a dit que le plus important, au delà des victoires, c’est la santé.

 

Alors oui, pour un mec qui a tout gagné et qui a encore envie d’envoyer du lourd, pour lui et  ses potes qui ont la santé, et je m’honore d’en faire partie, l’avenir est à nous.

What else?

Retour à la course.

Sabatier, qui a roulé comme un forcené est deux, Lormand trois.

 

JEAN ANTOINE SABATIER

JEAN ANTOINE SABATIER

 

En camions, Kovacs gagne l’étape devant Tomecek, et prend donc la seconde place des monstres du désert au général, devant Jacinto.

 

KOVACS BRILLANT SECOND EN CAMIONS

KOVACS BRILLANT SECOND EN CAMIONS

 

 

Donc on résume:  victoire de Schlesser dans la spéciale, devant Sabatier, Lormand, Henrard et Loomans,  et au général, victoire de Schlesser et Magnaldi  (Buggy Schlesser-Sonangol) devant Loomans et Driesmans (Toyota, à 1h42′), Henrard et Barbier (Buggy, à 2h 55′), Sabatier-Rozand (Bugg Afrique, à 3h 28′), et le camion de Tomecek et Moravek (Tatra, à 9h 11).

A moto, victoire d’étape de Theuretzbacher (KTM) devant  Pisano, Backx, Dubois et Robin. Au général, victoire de Pisano (Honda)  devant Robin (KTM, à 45′), Van Dyck (KTM, à 1h 38), Backx (KTM, à 2h07′), Barbero, (KTM, à 4h 32′).

 Résultats complets sur http://www.africarace-live.com/fr/cla-etp10.html

 

JEAN LOUIS BERNARDELLI

PHOTOS ALAIN ROSSIGNOL/DESERT RUN ET JORGE CUNHA

 

 

 

 

 

 

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