AFRICA RACE 2014, JOUR SIX : MAURITANIE EXPRESS!

TOMAS TOMECEK, STAR DU JOUR

TOMAS TOMECEK, STAR DU JOUR

 

Incroyable journée! On a mis un temps fou sur un problème de visa pour les médecins dans l’hélico, on a couru la spéciale à une vitesse folle, Pisano gagne à moto, Sabatier en auto mais les vraies stars du jour sont  Tomecek et son Tatra!

Clairement, ce n’est pas aujourd’hui que la course s’est faite.

La première étape monstrueuse est demain.

Voici… la guerre d’approche !

LE PASSAGE DES INITIES …

 

RENE METGE

RENE METGE

 

La Mauritanie, ça se mérite.

Certes, c’est le plus beau de tous les déserts, mais c’est pas la porte à côté.

Samedi, 600 bornes de liaison sur le goudron pour aller à Dahkla, ce lundi, 430 km sur le goudron, le passage de la frontière Mauritanienne et enfin la première spéciale des sables, 180 km de Boulanouar à Chami.

Bivouac à 10 bornes.

 

Mais on y est !

René Metge nous présente le menu du jour : « Bienvenu en Mauritanie ! Après une bonne journée de repos, tous les concurrents du Sonangol Africa Race Eco race devraient être d’attaque pour aborder cette deuxième semaine de course. Après une longue liaison matinale jusqu’à la frontière entre le Maroc et la Mauritanie, le passage du No Man’s Land entre les deux pays, les véhicules rejoindront Boulanouar où sera donné le départ de la courte spéciale du jour. Ce sera une découverte du désert Mauritanien sur une piste sablonneuse en hors piste en naviguant aux caps. Un exercice sympa mais délicat qui permettra également aux concurrents de côtoyer les premières dunes. Cette spéciale sera une initiation idéale au pilotage en Mauritanie. »

 

LE PROFIL DU JOUR

LE PROFIL DU JOUR

 

Dit par René, c’est simple… Euh, le sable, qui oblige le pilote à contourner les dunes, le navigateur à compenser pour revenir au cap initial, c’est un exercice de haute volée sur le plan sportif et particulièrement prenant pour le copi.

Génial, mais pas de tout repos, ce qui tombe bien, les concurrents sont là pour ça.

 

MOTOS : THEURETZBACHER MET TOUT LE MONDE DERRIERE…

 

ROBERT THEURETZBACHER

ROBERT THEURETZBACHER

 

Robert Theuretzbacher a donc gagné cette première spéciale mauritanienne, c’est juste pour l’honneur et le bonheur, il est à deux heures des premiers…

Justement, les premiers…

autonewsinfo a de petites oreilles, mais un peu partout.

Et des amis.

Et donc, l’histoire que j’ai pu apprendre  est savoureuse.

Le team « Les motards du désert » est composé de cinq potes, et du sérieux côté pilotage.

Dominique Robin, Norbert Dubois (ça m’éclate complètement, un duo qui s’appelle Robin-Dubois !),  Gilles Vanderweyen, Pascal Boucher et Christophe Conreau.

 

NORBERT DUBOIS

NORBERT DUBOIS

 

L’objectif est clairement de gagner cet Africa Race à Dakar.

Les deux pilotes de pointe sont Robin-Dubois.

Des flèches (ouaf !) au guidon !

Dominique ouvre la piste, samedi il a été flashé par son mouchard GPS à 170 km/h, Norbert roulant avec lui.

 

DOMINIQUE ROBIN

DOMINIQUE ROBIN

 

Mais le jeune motard corse Pisano est en tête au général, ce pilote est plus rapide en vitesse pure, il a été porteur d’eau dans un team officiel, et il parvient à s’accrocher au duo Robin-Dubois.

En revanche, en navigation, il est beaucoup moins bon.

Dans la semaine écoulée, alors en pleine déroute, il a eu la chance de pouvoir s’accrocher aux roues de JL Schlesser et de retrouver la bonne voie.

 

CHRISTOPHE CONREAU, DE L'ARMADA DES MOTARDS DU DESERT

CHRISTOPHE CONREAU, DE L’ARMADA DES MOTARDS DU DESERT

 

L’idée est de l’obliger à ouvrir dans l’immense étendue des sables de Mauritanie, il faut pour cela qu’il parte premier, et que donc les deux autres le laissent devant, perdant quelques minutes.

Et dans ce cadre de désert absolu, une erreur de nav peut se payer très cher !

Après on est en course et en rallye raid, la stratégie est souvent mise à mal par le déroulement de la course.

Tout de même, cela m’a rappelé, on revient à la vraie histoire du vrai Dakar dont l’Africa Race est le vrai descendant par la légitimité sportive, les ruses de Sioux du temps d’Auriol Neveu et Rahier, jusqu’à des semblants de pannes pour laisser l’autre se dépatouiller dans une nav à la con, ou à l’inverse je voyais l’un d’entre eux arriver furieux  à l’étape  parce que l’autre lui avait « sucé la roue » toute la journée…

Austerlitz sur sable, les morts en moins, ça me va tout à fait…

Domique Robin, vainqueur de la spéciale samedi, est arrivé le premier au départ après les 450 bornes de liaison, suivi de Norbert Dubois.

C’est Dominique qui partira le premier.

Il est onze heures quarante, premier départ prévuà 12h30.

L’ordre des départs, Robin, Pisano, Dubois, Gabari.

 

MICHAEL PISANO

MICHAEL PISANO

 

Au classement général, Pisano est sept minutes devant Robin, trente et une minutes devant Dubois.

Et puis… ça ne part pas.

Pourtant Schlesser me le confirmera, la douane, modernisée, a été passée comme  un rien.

En fait, l’hélico est allé faire sa douane à Nouakshott, et les visas des médecins qui sont dans l’hélico n’étaient soi-disant pas conformes!

 

L'ATTENTE... UNE IMAGE DIGNE DU TINTORET...

L’ATTENTE… UNE IMAGE DIGNE DU TINTORET…

 

Et on se prend deux heures de retard!

Car pas de médecin, pas de course.

Heureusement la spéciale est courte  et pouvant donc supporter du retard à l’allumage !

On revoit avec plaisir Julia Schrenck au départ. 

Elle en veut la meuf !

Marrant d’ailleurs, elle est autrichienne et court sur une Yamaha…

 

JULIA SCHRENCK

JULIA SCHRENCK

 

Bon, cela donne le temps à tout le monde de se mettre en place, les photographes en particulier, qui partent forcément devant les premiers concurrents.

Deux heure quinze après l’heure prévue, Dominique Robin est enfin lâché…

On envoie assez fort, plus de 130 km/h, Pisano et Dubois le suivent de deux minutes en deux minutes.

Les trois pilotes se retrouvent sur deux km, l’étau s’est resserré, Pisano a toujours devant lui la magnifique trace de Dominique Robin qui le précède.

Dubois a rattrapé Pisano.

Derrière, Julia Schrenck, dernier motard, vient d’être lâchée.

Devant, les trois motos roulent ensemble, Dubois devant.

On est dans l’option citée plus haut consistant, en jargon de motard de compète, à « sucer la roue » du mec qui est devant.

 

PISANO TOUJOURS LEADER AU GENERAL

PISANO TOUJOURS LEADER AU GENERAL

 

Et puis c’est Dubois qui se loupe et doit faire un crochet laissant partir Robin et Pisano devant.

Robin laisse passer Pisano en tête…

Cela dit, toute stratégie sur une étape aussi courte est totalement aléatoire.

L’idée en fait est que Pisano gagne la spéciale, demain, face au grand vide que sera le désert Mauritanien, sur 450 bornes, l’une des distances les plus longues à se farcir, il partira seul devant…

Et le fait est que sur la fin de spéciale, Dubois envoie du très lourd pour recoller devant,  150 km/h…

Les garçons auront mis une heure et demi pour faire 180 km de piste de sable…

C’et sûr, ça a envoyé fort…

Dans l’ordre à l’arrivée, Pisano, Robin, Gabari, Dubois.

Les chronos : Pisano, Gabari à 4’20’’, Van Dyck à 4’44’’, Robin à 5’46’’, Dubois à 7’50’’.

Mais l’Autrichien Theuretzbacher vient mettre tout le monde d’accord, en remportant la spéciale.

Il ouvrira donc le lendemain l’océan de sable et fera un magnifique guide pour Pisano.

Pisano qui est leader au général, 13’ devant Robin, 39’40’’ devant Dubois, 42’24’’ devant Van Dyck.

Et Robin et Dubois devront mettre un gaz terrible et ne jamais se tromper pour remonter Pisano.

Et c’est très bien ainsi.

 

AUTOS/CAMIONS : SABATIER AU CHRONO, TOMECEK A L’APPLAUDIMETRE !

TROISIEME VICTOIRE D'ETAPE POUR SABATIER

TROISIEME VICTOIRE D’ETAPE POUR SABATIER

 

On va voir ci-dessous le déroulé de la spéciale mais de façon indiscutable, la vedette du jour est le camion Tatra de Tomecek, qui termine à moins de douze minutes du vainqueur auto !

14 h 50, Schlesser est lâché.

Sur une spéciale aussi courte, 180 km, une seule stratégie, le pied dedans et le navigateur qui hurle ses notes.

Mais une ambiance de feu, dont Thierry Magnaldi nous  a parlé la veille, quand le grand Schless’ est à l’attaque.

Szalay est derrière, avec une envie colossale de gagner sa première étape sur cet Africa Race 2014.

Comme il est à dache au classement général, à deux heures, peut-être Schlesser le laissera t’il passer.

On roule gentiment à 150 km/h !

 

LOOMANS EST BIEN LA,MAIS SANS MOUCHARD GPS

LOOMANS EST BIEN LA,MAIS SANS MOUCHARD GPS

 

Pas de trace de Loomans sur l’Iritrack, soit il est en panne, soit son mouchard est en panne.

On le saura… à l’arrivée !

15h 09, Jacinto est partie, Tomecek est lâché deux minutes derrière, grand sprint dans le sable, on n’est pas encore vraiment dans les dunes, pas partout en tous cas, mais on est sur le sable.

Le Man de la jeune portugaise envoie aux alentours de 145 km/h…

Nouveau duel à venir…

 

JACINTO NE POURRA RIEN CONTRE L'OURAGAN TOMECEK

JACINTO NE POURRA RIEN CONTRE L’OURAGAN TOMECEK

 

Tomecek grignote, toujours l’avantage d’être derrière sur une spéciale rapide et bourrée de traces, quarante minutes après le départ, il est une minute derrière Jacinto.

Puis il est juste derrière, classique.

Je ne vois pas Kovacs, son mouchard s’est arrêté à 14h29…

En fait il est là mais loin, 28 ème au scratch à 26 minutes de Tomecek.

L’informatique, c’est génial mais quand ça marche !

Devant Schlesser ralentit, repart, ça sent un peu la mise place pour le lendemain…

Szalay passe première auto, en ouverture.

On roule joyeusement à plus de 180 km/h, façon GP, sauf qu’on est sur le sable quand même…

A l’arrivée, dans l’ordre, Szalay passe la banderole le premier, 30 secondes devant Schlesser.

 

SZALAY EST SECOND,TOUJOURS PAS DE VICTOIRE D'ETAPE!

SZALAY EST SECOND,TOUJOURS PAS DE VICTOIRE D’ETAPE!

 

Mais décidément, le destin ne veut pas laisser de victoire d’étape à Balasz Szalay, Sabatier, c’est logique il est parti loin derrière et il a un très beau coup de cerceau, coiffe tout le monde dans la spéciale.

Il termine 2’30’’ devant Szalay, 4’12 devant le Kasakh Sazonov, 4’58’’ devant Schlesser.

Viennent ensuite Stéphane Henrard et Philippe Porcheron.

Pas mal vu de la part de Schlesser qui aura trois autos devant lui au départ d’une spéciale de sable qui risque d’être diabolique !

 

SCHLESSER LEADER AU GENERAL

 

Au général, Schlesser est leader, 49’20’’ devant Loomans, c’est donc le mouchard du Belge qui était en carafe et non le sympathique Loomans lui-même, son Toyota finit la spéciale en dixième position.

Schlesser qui est introuvable à l’arrivée…

On finit par lui mettre la main dessus… »  Excuse moi, j’étais avec les autorités, je voulais leur dire bonjour et merci de tout ce qu’ils font pour ce rallye. Sublime spéciale, ultra rapide, la Mauritanie c’est vraiment le paradis, en plus le matin on avait passé la douane comme une fleur, une belle douane toute neuve, mais à Nouakchott, à l’aéroport, là où l’hélico est allé passer la douane, les visas des médecins n’étaient pas en règle! Du coup, on est partis en retard. Mais c’était génial en pilotage, on est quatrième de la spéciale. Qui y’a t’il devant? »

Je lui dis… Sabatier, Szalay, Sazonov…

 » Génial, on aura trois autos devant dans la spéciale géante tracée par René. Bon, Schumi? »

Je lui réponds que pas de nouvelles et plutôt mauvaises nouvelles…

 » Merde alors, j’adore ce type, quand tu penses qu’on a été deux ans et demi ensemble (NDLR en endurance chez Mercedes), j’aimerais tellement qu’il s’en sorte! Tu vois loulou, finalement, tout ça, les victoires, les bagarres, les grands moments,  ce qui est important c’est la vie, vivre en bonne santé. Fait ch… »

Clairement, jean Louis est dévasté par cette histoire.

Je n’insiste pas.

Retour au général, Sabatier est trois à 52’19’’, Turon Barrere vient ensuite à 1h06’, Shagirov est cinq à 1h24’ et Szalay six à 1h57.

Derrière, chez les gros culs, Tomecek a passé Jacinto.

Il prend donc la victoire de la spéciale du jour et partira premier camion le lendemain.

 

INCROYABLE TOMECEK

INCROYABLE TOMECEK

 

Dans l’ordre, à la banderole, Tomecek, neuf minutes devant Jacinto, c’est sûr qu’il avait mal digéré de se faire battre la veille.

Elisabete Jacinto dit ceci à sa descente de cockpit, ce qui dit tout sur l’mpossibilité d’aller chercher le Tatra. … « La spéciale d’aujourd’hui s’est bien passée. Sportivement ce n’était pas compliqué, le seul problème était la chaleur, plus de 31 degrés. . Nous avons tenu un bon rythme. En Mauritanie, le terrain est différent,  il ya plus de sable et donc c’est plus difficile pour moi.  On a quand même fait de notre mieux, on a rouoé aussi vite que le permettait le camion”. 

Pour donner une idée de la façon dont il a roulé, on rappelle que cette étape était rapide, donc peu favorable aux camions par rapport aux autos, Tomecek est dix de la spéciale au classement combiné autos et camions.

A seulement onze minutes quarante secondes du vainqueur Jean Antoine Sabatier.

Aujourd’hui, le Tatra a balayé le désert !

Demain, de Chami à Akjoujt, 466 km de spéciale à la sortie du bivouac, et 70 km de liaison, un truc colossal, comme seule la Mauritanie peut en proposer.

On est au paradis des rallyes raids !

 

JEAN LOUIS BERNARDELLI

PHOTOS ALAIN ROSSIGNOL/DESERT RUN ET JORGE CUNHA

 

 

 

 

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