AFRICA RACE JOUR 5 : SCHLESSER LE PETIT PRINCE…

 

C’est drôle de surnommer comme ça un grand baraqué comme Schlesser, mais d’un autre côté, on est au bivouac pour deux jours à Dahkla, ancien Villa Cisneros, escale de l’Aéropostale de Saint Exupéry, Mermoz et Guillaumet. Alors, comme hommage à ce mec qui roule toujours pour le plaisir et pour le chrono depuis tant d’années, je trouve ça bien le Petit Prince. Il gagne l’étape hyper rapide de cette ultime spéciale marocaine et entrera lundi en Mauritanie avec quarante minutes d’avance sur le Toyota de Loomans. A moto, le Petit Prince est Dominique Robin, vainqueur d’un triple duel démentiel où il a roulé avec Pisano et Dubois, montant jusqu’à plus de 170 km/h dans les endroits roulants. En camion, c’est une petite princesse qui gagne la journée, Jacinto a battu ses deux adversaires Tomecek et Kovacs dans un duel également au couteau et en paquet.

JOURNEE TOTALEMENT DEMENTIELLE…

RENE METGE, PATRON,TRACEUR, DIPLOMATE, HOOME CLE DE LA REUSSITE DE L'AFRICA RACE

RENE METGE, PATRON,TRACEUR, DIPLOMATE, HOMME CLE DE LA REUSSITE DE L’AFRICA RACE

 

Petite spéciale et grosse journée, 204 km en course et 580 en liaison routière, soit 780 bornes dans la journée, pour aller à Dahkla, au bord de l’océan atlantique, où le lendemain est jour de repos, sauf pour les mécanos qui vont avoir un boulot considérable !

 

 

René Metge, le chef, propose le menu du jour : « Le Grand Sud Marocain ! La dernière journée de cette semaine marocaine commencera par une piste rocailleuse mais rapide que les concurrents emprunteront jusqu’à la magnifique descente dans l’immense oued « Saguia El Hamra ». La piste deviendra alors très sinueuse avec beaucoup de navigation. On notera également la montée d’un superbe col et de très beaux passages dans plusieurs dépressions successives. Passé l’arrivée, il restera encore un peu plus de 300km de ligne droite sur la falaise surplombant l’Océan Atlantique avant de rejoindre le bivouac de Dakhla pour une journée de repos bien méritée. »

 

LE PROFIL DU JOUR

LE PROFIL DU JOUR

 

7h45 « local time » sur la ligne de départ, c’est Norbert Dubois, vainqueur de la spéciale hier à moto, qui sera lâché le premier dans ces 200 km où la navigation sera déterminante.

On est exactement à la latitude des Canaries, autrement dit ciel limpide et lumière cristalline du matin…

Enfin théoriquement…

Julia Schrenck, la petite fée du Rallye, est au départ !

Elle est tombée en panne, il ya deux jours, a passé une nuit dans le désert avant d’être rapatriée le lendemain par l’hélico de Metge et du médecin.

Le temps de ramener la moto, de réparer et le règlement permet de reprendre le rallye, avec bien sûr de grosses pénalités mais ainsi il n’y a pas d’abandon pour cause mécanique.

Theuretzbacher est là aussi, très retardé hier, après avoir mené la course sur les trois quarts de la distance…

Il partira dernière moto.

 

LE PC COURSE MET LE VETO

LE PC COURSE MET LE VETO

 

45 minutes plus tard, les mêmes, toujours sur la ligne de départ, rien n’a bougé.

Retard ?

Dans une organisation aussi pointue ?

Dont nous disons du bien chaque jour, autonewsinfo écrirait donc des conneries ?

Il y a mille raisons possibles, d’une autorisation administrative qui n’est pas arrivée chez le chef local de la gendarmerie au concurrent qui a fini de réparer un peu tard et que l’on la courtoisie d’attendre, ce qui est le cas ce matin de Martens, un contrôle peut ne pas être en place, l’hélico qui ne démarre pas, bref ce sont les inconvénients du direct comme disait mon confrère Michel Drucker quand ça partait en vrille et que personne ne savait pourquoi…

Le vrai pourquoi est simple, on a du mal à l’imaginer mais c’est comme ça, cela s’appelle le brouillard.

A couper au couteau, suite à ce que les aviateurs appellent une entrée maritime, une zone humide arrive sur le sol sec et chaud, les motards connaissent le truc, cela s’appelle la buée sur la visière, et là elle fait cent mètres d’épaisseur la buée…

Bref, l’hélico, ne peut pas décoller, donc le dirlo de course bloqué mais surtout le médecin, et René Metge sait que dès le départ ça va envoyer.

Donc on attend que ça se lève, et dès que l’on voit clair, il fait gris mais clair, on lâche les fauves.

 

MOTOS : LA CAVALERIE EN CAVALCADE !

 

DOMINIQUE ROBIN VAINQUEUR RAPIDO

 

Dubois est parti en essorant la poignée de gaz, plus de 150 km/h dans ce que Metge appelait ci-dessus de la caillasse rapide, c’est sûr que ça envoie au petit matin…

Même chose derrière, Pisano, leader au général et Robin sonnent la charge comme les cuirassiers de Reichshoffen.

Bon ça se finira mieux pour eux que pour leurs fougueux ainés…

Harite Gabari, le jeune prodige marocain, est là aussi, sa blessure remonte à deux jours et c’est la rage qui remplace la douleur, ou qui la fait disparaître.

Sixième de l’étape hier mais avec du retard au classement général à cause de sa chute, il ne roule plus pour la gloire mais pour le plaisir, sûrement…

HARITE GABARI

HARITE GABARI

 

Hallucinant, Dominique Robin est repéré par son mouchard GPS à plus de 170 km/h !

Sublime, sûrement le grand frisson au guidon, la grande éclate mais faut pas se louper !

On plonge plein sud/sud-ouest, quand la grisaille va enfin disparaître, pas de soleil dans les yeux, conditions idéales pour envoyer du lourd.

Dubois continue la chevauchée fantastique, seul, 165km/h et il ouvre la piste !

Faire de la nav n’est pas forcément facile pour un motard dans ces conditions mais en ce début de spéciale, la piste est bien balisée et pleine de traces.

 

NORBERT DUBOIS

NORBERT DUBOIS

 

Une demi-heure comme ça la cavalerie !

C’est sûr que les km défilent en rafales…

Devant, on a nettement ralenti (oh… oui !), seulement 123 km/h pour Dubois…

Pisano et Robin sont juste derrière, ils ont facilement rattrapé Dubois.

C’est sûr qu’à cette allure, Dubois doit faire plus de fumée qu’une tribu Apache annonçant la guerre, bref, visible comme en 3D pour ceux qui le suivent !

En fait, le trio qui a terminé la veille en paquet, trente secondes à l’arrivée entre les trois pilotes, s’est reformé.

Il est clair qu’à trois on est plus fort que seul, surtout à moto, l’émulation est là pour tordre la poignée de gaz et sur les trois, il ya en a toujours un qui a la bonne idée en navigation…

A ce train là, c’est sûr que l’on arrive vite, ce qui est d’ailleurs le but car il y a plus de 500 bornes de goudron à se farcir derrière pour aller au bivouac.

Dans l’ordre à la banderole, Dominique Robin, suivi à DEUX secondes derrière par Pisano, Dubois est à SEPT secondes…

J’ai parlé de tir groupé, ces trois là sont devenus un !

Gabari arrive le quatrième sous la banderole, dix minutes derrière le trio.

 

PISANO TOUJOURS LEADER AU GENERAL

PISANO TOUJOURS LEADER AU GENERAL

 

Les chronos tombent pour cette dernière spéciale marocaine : Robin vainqueur, devant Pisano, Dubois est troisème à quatre minutes, c’est évidemment l’inconvénient d’ouvrir, on est rattrapé et on perd quelques minutes de façon quasi automatique.

Harite est quatre, quinze secondes derrière Dubois.

Quand on vous dit que c’est un client notre Marocain !

Au général, Pisano (Honda), celui que Dubois appelle « le jeune », est toujours leader,  devant l’armada KTM, Robin à sept minutes, Dubois est trois à 32 minutes, Van Dyck quatre à 37 minutes, Bachs vient ensuite à une heure quinze, puis Gabari, à qui sa chute avant-hier a coûté trois heures !

A noter que Theuretzbacher, parti dernier, finit onze à l’arrivée…

ROBERT THEURETZBACHER

ROBERT THEURETZBACHER

 

Certes, avec les fumées et les traces devant, il n’a pas eu de problèmes de navigation mais doubler tout le monde dans la poussière, c’est chaud…

Cela dit, il y a semble t’il de la pénalité dans l’air, on vous tiendra au courant si les classements sont modifiés.

 

AUTOS/ CAMIONS : SCHLESSER LE GRAND BLEU… JACINTO LA FUSEE BLEUE

 

 

C’est plus réaliste que dans notre titre de reportage aujourd’hui, grand par la taille, immense pilote, et son buggy Sonangol est bleu, Schlesser est carrément l’homme du jour, parti quatrième sur la ligne de départ.

Turon Barrere est parti le premier, hier a été sa première victoire d’étape sur ce rallye dont il est l’un des fans, et il est à noter que pourtant, il avait commencé par éclater une roue, pas un pneu, la jante avec, c’est dire si ensuite il a envoyé.

Szalay est parti deux minutes derrière lui et le Hongrois, qui s’est encaissé cinq crevaisons en deux jours, a le mors aux dents.

Bref, ces deux là, on rappelle qu’en début de spéciale ça roule l’enfer, se sont fait une attaque où les pneus vont encore finir en lambeaux…

 

MICHEL TURON BARRERE

MICHEL TURON BARRERE

 

Hier Turon est arrivé avec des ruines aux quatre roues…

Les camions, eux, sont limités en vitesse, mais… disons que l’on passe par endroits à … la vitesse maximale !

Bref, début en fanfare, au grand galop pour tout le monde.

Schlesser passe Sazonov au premier passage difficile, Loomans kif kif, devant lui il n’y a plus que les deux artistes, Turon et Szlalay.

Qui ne vont être faciles à aller chercher, Schlesser n’aime guère la caillasse, fût-elle rapide, et surtout les deux devant, l’un par rage, l’autre sur un nuage rose depuis sa victoire la veille, envoient du très lourd.

Il ya quinze secondes entre les deux autos, avec la poussière, et la vitesse qui reste très élevée par endroits, c’est carrément chaud !

Plus Schlesser une minute derrière les deux fous, l’arrivée risque d’être mouvementée, il y aura du vent dans les banderoles !

 

BALASZ SZALAY

BALASZ SZALAY

 

Puis Turon fait un gros « crochet » par le sud, très gros même, bref il jardine sévère, Schlesser et Szalay sont en bagarre à deux.

Idem pour les camions derrière, regroupement et bagarre en paquet…

Rage partout, y compris chez Jacinto qui pouvait gagner la spéciale de la veille mais a crevé et perdu 18 minutes.

Les autos arrivent au bout.

Schlesser réalise la bonne opération, Loomans et Turon, qui le suivaient au classement général, vont perdre des billes.

Arrivée à la banderole, dans l’ordre,  Schlesser, une seconde devant Szalay, Loomans est onze minutes derrière, Turon quinze secondes derrière lui et Sazonov quinze secondes derrière Turon…

Effectivement, il a dû y avoir beaucoup de vent dans les banderoles d’arrivée !

 

JEAN LOUIS SCHLESSER ET THIERRY MAGNALDI

JEAN LOUIS SCHLESSER ET THIERRY MAGNALDI

 

Au chrono de la spéciale, Schlesser est vainqueur, six minutes devant Szalay, douze minutes devant Loomans, Turon Barrère est septième à 19 minutes, juste devant Sabatier une minute derrière lui.

 

LOOMANS SECOND AU GENERAL

LOOMANS SECOND AU GENERAL

 

Au général, Schlesser et Magnaldi sont maintenant quarante minutes devant Loomans, Sabatier est troisième à 57 minutes, Turon quatre à une heure deux minutes, Szalay est six à deux heures.

 

JACINTO;LA REINE ELISABETE

JACINTO;LA REINE ELISABETE

 

Chez les gros culs, Jacinto a passé Kovacs et Essers, elle roule deux km derrière Tomecek, parti six minutes avant elle.

Victoire possible dans la spéciale…

Mais l’arrivée n’est pas encore là, et les deux camions de Tomecek et Jacinto ont la désagréable habitude de crever dans les derniers km…

Mais pas de souci en ce beau jour de gloire, Tomecek passe la ligne en premier, Jacinto deux minutes derrière, puis vient Kovacs 25 secondes derrière le Man portugais !

Et oui, dément, pas d’autre mot, partis au sprint, arrivés au sprint !

Les chronos : Jacinto gagne la spéciale, avec la douzième position dans la classe autos/camions.

Elle prend deux petites minutes à Tomecek, pas assez pour aller l’embêter au général mais une victoire d’étape, c’est toujours bon à prendre !

 

HEUREUSE LA VICTORIEUSE!

HEUREUSE LA VICTORIEUSE!

 

C’est même génial, cette fille est vraiment exceptionnelle !

Bon, pas loin de 600 bornes de goudron au programme, on mollit pas…

On va passer par El Aaiun, ex El Ayoune,  les brochettes attendent tout ce beau monde au resto pour déjeuner !

Demain, journée repos, on prépare un superbe album photos avec Alain Rossignol et son pote Jorge.

 

JEAN LOUIS BERNARDELLI

PHOTOS ALAIN ROSSIGNOL/ DESERT RUN ET JORGE CUNHA

 

 

 

 

 

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