AFRICA RACE, ETAPE 3 : LE JOUR DE LA REVANCHE…

 

SABATIER LE MAGNUFIQUE

SABATIER LE MAGNUFIQUE

 

Jean Antoine Sabatier gagne cette spéciale devant Schlesser et Magnaldi, il avait clamé au départ qu’il faudrait bien un jour battre Schlesser et tant qu’à faire, autant que ce soit lui. Dont acte, il aura gagné deux spéciales sur trois! Mais Schlesser est toujours leader au général. A moto, Michael Pisano a beaucoup roulé en tête avec son complice Garani mais l’excellent pilote marocain a chuté et fini en retard. Pisano est leader au général. En camions, un duel insensé a vu la victoire et donc la revanche d’Elisabete Jacinto.

 

SACREE P … DE BELLE JOURNEE !

 

Génial, la spéciale part depuis le bivouac, pas un cm de liaison à se farcir le matin à la fraîche. Pas mal de concurrents ne sont d’ailleurs pas très frais, les pannes mécaniques ont coûté cher en temps hier, sur une étape en ligne aussi longue, plus de quatre cent bornes et certains ont beaucoup roulé de nuit…

 

MAIS RATÉS AU DECOLLAGE…

PARTIR? PAS PARTIR!

PARTIR? PAS PARTIR!

 

Le premier départ est prévu à 8h45 heure française, une heure de moins au Maroc.

Mais voilà…

Le départ a dû être déplacé, il était trop près du bivouac, et du coup les road books ne sont plus exacts.

En plus, il semble que les autorités locales n’aient pas été au courant, ce qui n’arrange rien, ce dernier point n’étant évidemment pas le fait de l’organisation.

Il faut donc emmener tout le monde à la première case du road book, située à 4 km du départ, pour que la suite du road book reste valable. Et on perd un temps fou.

Trois quarts d’heure dans la gueule !

Première erreur de l’organisation, pas trop grave dans la mesure où il est tôt.

Harite Gabari, le Marocain vedette de ce rallye, est donc parti, comme prévu, le premier.

Ce pilote est une vraie révélation, le premier jour, il a roulé l’enfer et le deuxième, il a gagné l’étape et est premier au général.

Gros client pour la suite semble t’il.

Sauf fait de course.

Michael Pisano est parti deux minutes derrière.

Ces deux là ne se sont pas lâchés la veille, ils se sont même aidés quand Pisano est tombé en carafe, ils ont suivi Schlesser dans un passage d’Erg à la con, parce qu’ils ne savaient vraiment pas par quel côté prendre le truc, et Gabari a raflé la mise, suivi de Pisano.

 

LA CARTE DU TROISIEME JOUR

LA CARTE DU TROISIEME JOUR

 

Le menu de ce troisième jour, expliqué par René Metge. 387 km de spéciale et 17 km de liaison de Foum Zguid à Assa.

 

LE PROFIL DU TROISIEME JOUR

LE PROFIL DU TROISIEME JOUR

 

« Une vraie spéciale marocaine !Après leur deuxième nuit marocaine, les concurrents s’élanceront directement dans la spéciale depuis ce nouveau bivouac de Foum Zguid. Ce sera d’ailleurs souvent le cas sur cette 6ème édition du SONANGOL AFRICA ECO RACE® puisque nous avons essayé de minimiser les liaisons au maximum avant et après les spéciales. Là encore ce sont des pistes entièrement nouvelles que les pilotes du Sonangol Africa Eco Race vont découvrir en début de parcours, roulantes et sinueuses à souhait, véritable régal pour le pilotage. Ils devront en profiter car rapidement ils retrouveront les pistes conventionnelles du sud marocain, plus bosselées et délicates. Le décor sera superbe le long des montagnes sur de bonnes pistes avec toutefois quelques passages rocailleux. La fin du parcours apportera encore son lot de nouveauté en terme de pistes avec une succession de passages de petites dépressions magnifiques avant une arrivée plus rocailleuse à Assa. »

 

MOTOS : GABARI CHUTE, PISANO PREND LE POUVOIR…

THEURETZBACHER VAINQUEUR DE L’ETAPE TROIS

 

Par rapport à l’étape de la veille qui a traversé les lieux mythiques du raid au sud du Maroc, sable et lac asséché, on sera plus aujourd’hui dans un système montagneux, le djebel.

Comme Gabari a eu quelques soucis de navigation dès le départ, Norbert Dubois, qui a le mors aux dents, met du lourd dès le début,  il est certes le favori mais ledit favori a perdu un temps fou hier et se retrouve à la septième place du général, à 22 minutes du leader.

10 km après le départ, il ya une saloperie que Gabari a passé sans trop de problèmes mais où beaucoup de motards restent piégés.

Gabari en profite et tire tout seul, en ouverture, quinze km devant Pisano.

 

HARITE GABARI

HARITE GABARI

 

On longe la frontière algérienne sur une grosse partie du parcours, et au soir à Assa, on ne  sera pas très loin de Guelmin, que l’on appelait Goulimine la première fois que je suis allé au Maroc, c’était il y un milliard d’années lumières, où le marché aux chameaux du samedi est un truc à ne rater sous aucun prétexte.

Gabari met une raclée pour l’instant à toute la cavalerie, plus de 20 km devant Pisano !

Dubois est dans le groupe, à dache !

Puis Gabari s’arrête.

Panne ? Chute ? Panne du mouchard GPS comme la veille ?

Pardon lecteur, je ne peux rien contre une technique satellite défaillante.

Pisano et tous les autres s’arrêtent au point où Gabari est stoppé.

Ce qui peut signifier qu’il y a un pépin.

Ou peut-être un énorme doute sur la nav, le coin est farci de pistes qui partent dans tous les sens.

Ou encore un way point obligatoire introuvable, si on le loupe, ça coûte très cher en pénalité.

Gabari repart, à peu près au moment où la première auto entre dans la spéciale.

Et les autres partent de façon échelonnée.

Gabari et Pisano mènent la troupe, et cela va durer un paquet de temps, quand on passe la moitié de la spéciale ils naviguent toujours de conserve, l’autrichien Theuretzbacher est juste derrière.

Norbert Dubois a perdu pas mal de temps quand tous les motards se sont arrêtés, le métier rend méfiant quand la nav est aléatoire…

 

MICHAEL PISANO,LEADER AU GENERAL

MICHAEL PISANO,LEADER AU GENERAL

 

Quatre motos se regroupent en tête, Pisano ouvre, devant Gabari, Theuretzbacher, le Belge Van Dyck s’est joint à la fête.

Mais on avance lentement, Dubois n’est plus qu’à deux kilomètres, alors qu’il est parti quatorze minutes après Gabari…

D’ailleurs, c’est le duo austro-belge qui passe devant, Gabari et Pisano ont fait un petit détour…

Mais on reste à vue…

Le danger du groupe, c’est que quand celui qui est devant part jardiner, les autres le suivent.

Les quatre pilotes qui roulaient en tête de course font un gros crochet à droite de la piste, avant de retrouver le chemin du bercail.

Gabari, lui, s’est arrêté.

Chute, et blessure à l’épaule.

Quand il repart, Dubois est passé et loin devant, Dubois qui, à ce moment où la nav est compliquée, a été doublé par Schlesser et n’a pas dû se priver de le suivre !

Cela dit, la suite n’est pas du Dubois que l’on connaît, il aura un paquet de retard à l’arrivée.

14h04, local time, Theuretzbacher et Pisano passent la ligne d’arrivée, Van Dyck n’est pas loin.

Le classement de la spéciale.

 

MARTIN FONTYN

MARTIN FONTYN

 

Fontyn, aucune nouvelle de la journée, son mouchard GPS est en rade et l’Iritrack est donc aveugle.

C’est au moment des classements que je sais qu’il est quatrième au scratch et quatrième au général.

Theuretzbacher gagne la spéciale et Pisano(Honda) prend le pouvoir au général.

Au général donc Dominique Robin est deuxième (KTM, à 3mn), Theuretzbacher est trois (KTM, à 6 mn), Fontyn quatre (KTM, à 6Mn), Joris Van Dyck cinq (KTM, à 10 mn), Norbert Dubois six (KTM, à 32 mn). Willy Jobard et sa Zongshen hybride sont dix à 53 mn. Gabari est neuf, à 39 mn.

 

 AUTOS : SABATIER AU FINISH

 

JEAN ANTOINE SABATIER REVAIT DE BATTRE SCHLESSER,C'EST FAIT!

ET DE DEUX POUR SABATIER!

 

10h08, Schlesser est lâché, il part en tête, ayant gagné la spéciale la veille, ramassant le classement général au passage.

Szalay, parti deux minutes derrière, le rejoint, Jean Louis me dira à l’arrivée qu’on est en début de rallye et qu’il faut rouler avec prudence.

A la première grosse difficulté d’ailleurs, tout le monde s’est regroupé.

Sabatier et Loomans roulent aussi en paire.

En camions Tomecek a pris ce tout petit peu d’avance sur Jacinto qui lui permet de grappiller des minutes par-ci par-là et d’être neuf minutes devant la jeune portugaise au général.

Elle roule très bien, la femme au « Man », mais il lui manque trois minutes par jour…

Devant, Szalay et Schlesser mènent toujours le bal, Sabatier a passé Loomans, aller chercher les deux premiers, il en crève d‘envie, il a gagné la première étape et se ferait bien un coup de deux…

Si l’on reste dans cet ordre, le Hongrois passera la ligne d’arrivée le premier mais on en est encore loin, une centaine de km.

Derrière Szalay, les trajectoires divergent, on est en navigation costaud, il est clair qu’aujourd’hui, les navigateurs ont un boulot d’enfer…

 

SCHLESSER-MAGNALDI LEADERS AU GENERAL

SCHLESSER-MAGNALDI LEADERS AU GENERAL

 

Justement, Szalay, comme on dit dans la marine à voile, tire un bord, fait une méchant zig zag et Schlesser, il est vrai que sur la nav cet équipage là est top, fonce devant, l’arrivée est à soixante km.

Szalay qui en plus s’arrête.

C’est Sabatier qui roule maintenant derrière Schlesser.

Sabatier qui est parti huit minutes derrière le buggy bleu, il faut qu’il s’accroche et la bonne surprise sera peut-être à l’arrivée…

14h15 local time, Schlesser coupe la ligne d’arrivée.

Ensuite, avec tous les problèmes de nav qu’il ya eu, il faudra attendre les chronos officiels mais à priori Sabatier sera devant le buggy bleu.

Jean Louis Schlesser à sa descente du cockpit : « Très costaud en navigation aujourd’hui, pas toujours évident mais on s’est plutôt bien débrouillés, Thierry Magnaldi a fait du bon boulot. On a ouvert tout du long pour les autos, on passe la ligne les premiers, c’était le but ce matin au départ. Vachement cassant le terrain. Du coup, j’ai roulé avec un peu de prudence, la course va être longue, et on est vraiment au tout début ! L’auto, aucun souci, même pas ce que tu appelles le couic-couic qui énerve… »

Sabatier est en effet devant Schlesser à l’arrivée, le battant de quatre minutes. Shagirov est trois à huit minutes, Loomans quatre à huit minutes dix secondes, Turon Barrère cinq à 20 minutes.

Au général, Schlesser est leader devant Sabatier (à 28 mn), Loomans est trois (à 31 mn), Shagirov quatre (à50 mn), Turon Barrere cinq (à 55 mn).

 

DUEL… LA REINE ELISABETE…

ELICABETE JACINTO, GUERRIERE DE CHOC

ELICABETE JACINTO, GUERRIERE DE CHOC

 

Retour en arrière sur la lutte des camions.

Tomecek a fait un énorme zigzag, et Jacinto l’a repris.

Maintenant, entre les deux mastodontes, c’est tir à vue !

Dans ces cas-là, ce qui tombe bien, le film a été tourné au Maroc, mais plus au nord, des les cols du Tiz in Test et Tiz in Tischka, je me souviens de cette formidable lutte entre Ventura et Belmondo dans « 100 000 dollars au soleil »…

J’adore tous les films de camions en fait, et en particulier du côté US, il y en a eu un paquet !

Aujourd’hui, ce n’est pas du cinoche, la bagarre de titans c’est du vrai !

On roule à plus de 120 km/h, chaud pour les motos et les autos qui sont devant…

Le truc le plus incroyable, Tomecek s’arrête à cinq kilomètres de l’arrivée !

Il a peut-être un peu forcé pour s’extirper des pattes élégantes de Mademoiselle Jacinto…

Qui gagne donc la catégorie camions…

Chapeau la reine Elisabete…

 

 

Elisabete Jacinto à son arrivée :

« La spéciale a été encore une fois très difficile pour nous. Nous avons un problème de suspension et j’ai dû piloter avec prudence, sans casser nos espoirs sur la compétition. En plus, nous avons eu aussi un problème dans la transmission 4X4et j’ai du faire la majorité de la course en deux roues motrices. Près de l’arrivée, Tomas Tomecek a du s’arrêter parce qu’il a crevé et j’ai pu le dépasser et gagner la spéciale. » 

Demain, on est toujours au Maroc, quatrième spéciale de Assa à As Sakn, 390 km de spéciale et 15 km de liaison.

Carte et profil de demain ci-dessous.

 

JEAN LOUIS BERNARDELLI

PHOTOS ALAIN ROSSIGNOL/DESERT RUN ET JORGE CUNHA

 

 

 

 

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