AFRICA RACE 2014 : JOUR 1, ON DIRAIT LE SUD…

JEAN ANTOINE SABATIER,VAINQUEUR INATTE?NDU...

JEAN ANTOINE SABATIER,VAINQUEUR INATTENDU…

 

Réne Metge a réussi le tour de force, dès la première étape de l’Africa Race 2014, de trouver une très belle spéciale avec une jolie zone de sable. En plus, les concurrents n’ont pris qu’une heure de retard sur un premier jour démentiel, belle organisation… Victoire dans la catégorie auto de Jean Antoine Sabatier, vingt secondes devant le pilote Hongrois Balasz Szlalay (proto Opel Mokka) vingt neuf secondes devant le buggy Sonangol de Jean Louis Schlesser. Une super journée, très longue, après la traversée de l’Espagne puis la nuit (courte!) sur le bateau, la douane, la liaison de plus de 300 bornes et enfin la première spéciale et le premier cadeau de René Metge, le traceur, les premiers sables et des paysages de folie. Chez les motards, la KTM de Norbert Dubois est en tête, devant la Honda de Pisano et la Yamaha de Gabari. Le premier camion, Tomecek, est quinzième au classement général.

CHRONIQUE D’UNE BELLE JOURNEE… 

DEMONSTRATION DE FORCE DES CAMIONS

DEMONSTRATION DE FORCE DES CAMIONS

 

Le menu du jour?

Au sortir du bateau, à Nador, nous sommes à l’extrême nord du Maroc, 355 km de route pour arriver à Tendrara, puis une petite spéciale de 87 km, encore 190 km de liaison et on arrive au premier bivouac à Boudnib.

René Metge décrit l’étape :

LE BRIEFING DU PATRON...

LE BRIEFING DU PATRON…

 

« Des paysages surprenants pour le Maroc ! Après une liaison sur les routes ensoleillées du Nord du Maroc, la première spéciale de cette 6ème édition de l’Africa Race débutera à Tendrara, petite ville de l’Oriental située à un peu plus de 1000 mètres d’altitude. Le paysage du début de spéciale est composé de steppes avec de nombreux campements que les concurrents quittent rapidement en se dirigeant vers le bassin du Tigri pour retrouver une végétation inattendue au Nord Est du Maroc, composée d’herbes hautes, de grands buissons et d’arbres verdoyants, le tout, pour compléter ce tableau idyllique, en évoluant sur une superbe piste très roulante. La fin de la spéciale est à nouveau au cœur de la steppe en approchant de Bouarfa. Si tout va bien, les participants ne devraient pas arriver trop tard au bivouac pour fêter la nouvelle année. »

 

LE PROFIL DE CETTE PREMIERE ETAPE

LE PROFIL DE CETTE PREMIERE ETAPE

 

Il y  avait quelques impératifs en ce premier jour.

D’abord, éviter le piège des douanes marocaines, parfois terriblement longues à faire passer les convois.

 

 

Cette fois-ci, cela s’est bien passé.

Ensuite, faire une petite spéciale pour que si tout se passe bien, la première journée soit agréable et que la nuit du réveillon ne soit pas un cauchemar réduit à sa plus simple expression !

A 10h33, en cette première journée, le motard Mark Blokker et l’auto de Dominique Laure, qui roulent  en catégorie « raid » et  ouvrent la piste  sont à 70 km du départ de spéciale, au sud d’Oujda.

Tout se passe bien, le rallye s’étire derrière sur 200 km mais l’ensemble bouge, cela se présente plutôt bien.

Le départ de la première moto en spéciale est prévu à 13h, ce sera un peu juste, mais on est pas mal.

Présage?

Le premier à finir la liaison est Martin Fontyn, vainqueur l’an dernier, qui a clairement hâte d’envoyer du lourd.

Il faut être bien conscient que sur cette course, qui a totalement retrouvé les valeurs de Thierry Sabine lors de la création du Paris Dakar, la dope c’est l’enthousiasme, l’envie, cela fait des mois que ces garçons et filles attendent ce premier départ, plein sud, vers ce que l’Afrique offre de plus beau aux concurrents des rallyes raids, le Maroc et la Mauritanie.

C’est avec une petite heure de retard, un rien dans ce monde qui est le nôtre, celui de l’aventure, que la première moto par ordre des dossards, normal pour la première spéciale, est lâchée.

 

MIKAEL PISANO, OUVREUR ET QUASI VAINQUEUR

MIKAEL PISANO, OUVREUR ET QUASI VAINQUEUR

 

Il s’agit de la moto 103, celle de Mickaël Pisano.

C’est lui qui l’honneur d’ouvrir les hostilités.

 

SPECIALE DE FOLIE!

NORBERT DUBOIS PREMIER LEADER DE 2014

NORBERT DUBOIS PREMIER LEADER DE 2014

 

Martin Fontyn, vainqueur 2013, partira dernière moto, c’est évidemment une demande de sa part, d’avoir le dernier dossard moto, durant cette première journée, sa tâche sera simplifiée par les traces et les nuages de poussière au loin.

Je vois sur le repérage GPS que mon ami Alain Rossignol s’est posté dans les dunes,  il a envie, dès le premier jour, d’envoyer des photos de sable…

Fontyn a un adversaire direct, Norbert Dubois, il st clair que s’il réussit à le remonter sur cette étape, il lui aura pris quelques minutes…

C’est bon pour le moral mais pas plus, demain la spéciale fait 430 km de long !

Elle emmènera l’Africa Race vers cet endroit sublime du Maroc qu’est Foum-Zguid.

15 heures 10.

 

SHLESSER-MAGNALDI

SCHLESSER-MAGNALDI

 

La première auto est lâchée, c’est Schlesser, cinq fois vainqueur de cette épreuve  et plus de dix titres mondiaux à son actif, sur son buggy Sonangol, qui ouvre.

Son vieil adversaire, avec lequel il se bat souvent, Jackie Loomans, sur son Toyota Hi Lux  le suit deux minutes derrière.

Certains des concurrents de la catégorie autos-camions ne sont pas encore arrivés au check-point de départ, mais d’abord ils ont du temps pour le faire, les autos ne sont lâchées que toutes les deux minutes  et surtout, si l’on attend tout le monde, y compris ceux qui sont en panne sur la liaison, on part de nuit !

Le timing des départs est correct, une heure et quart de retard pour le premier jour, après une nuit de bateau, un passage de douane et plus de 300 bornes de liaison, c’est assez réussi…

Devant, le motard Pisano est arrivé en bout de cette spéciale, il a tenu le bon rythme et n’a pas été rejoint, ce qui ne veut rien dire au classement général, sauf que pour lui tout s’et bien passé.

On saura plus tard qu’en plus il a bien envoyé, arriver deuxième quand on ouvre c’est assez fort, surtout que ce garçon, au départ, est loin d’être favori!

Il fera donc les 200 bornes de liaison qui restent avant le bivouac de jour, ce qui ne sera pas le cas de tout le monde !

Derrière, un petit problème de mouchard GPS sur la moto de Willy Jobard fait croire un moment qu’il est à la traîne, ce qui serait dommage mais c’est bel et bien le GPS qui merde.

Nous avons déjà parlé de ce pilote qui roule sur une moto d’avenir, une hybride directement fabriquée à l’usine chinoise de Zong Shen.

Cette solution, infiniment plus avancée que l’électrique (qui n’arrive toujours pas même à ne serait-ce que balbutier) est évidemment celle qu’il faut privilégier aujourd’hui pour des raisons environnementales et surtout de baisse de consommation et donc d’augmentation du rayon d’action, essentiel dans le voyage à moto!

Chez les autos, Szaylay et Fromont ont repris Loomans, logique sur ce terrain où les traces sont nombreuses et où personne n’est encore allé jardiner.

 

LA RHAPSODIE HONGROISE DE BALASZ SZALAY

LA RHAPSODIE HONGROISE DE BALASZ SZALAY

 

Encore une fois, les écarts à l’arrivée seront infimes, mais une victoire d’étape dans cette grande classique qu’est l’Africa Race, ça, ça ne s’oublie pas!

16h02, le premier camion entre en spéciale.

C’est le tchèque Tomecek, un gabarit qui impressionne autant que son camion!

 

C'EST SUR QUE CE N'EST PAS DU MOU DE VEAU!

TOMECEK, C’EST SUR QUE CE N’EST PAS DU MOU DE VEAU!

 

Les gros culs ont l’habitude partir dans les derniers, ils ont les plus gros numéros de course, ils partiront plus tôt à partir du deuxième jour,  puisqu’ils sont classés avec les autos et que des autos, ils vont en remonter un paquet!

Ils finiront la spéciale de jour sauf pépin bien sûr, en revanche la liaison vers le bivouac et le réveillon, ce sera aux phares !

 

 

Ce qui n’est pas grave, on imagine la batterie d’éclairage démentielle d’un camion de course…

Pour cette première journée, les prévisions de ce mec génial qu’est René Metge sont bonnes, bien joué.

Grand Sachem alias -renard-sauvage- que-l’on- appelle- Fennec- dans-le-désert, je ne peux pas dire qu’il a du pif parce que je mériterais d’en prendre un (bourre-pif), son appendice est en effet assez développé, mais au figuré, l’appendice en question est indispensable et efficace  pour savoir lire le terrain comme il le fait !

 

JACINTO,ELEGANCE ET FURIA...

JACINTO,ELEGANCE ET FURIA…

 

A la moitié de la spéciale, dans le cockpit du camion de Tomecek, on commence à voir les fumées des autos devant…

Ces courses de titans sont décidément sublimes.

Les résultats des motos tombent d’abord, c’est Norbert Dubois qui l’emporte, une minute devant Pisano, et deux minutes devant Gabari.

 

NORBERT DUBOIS

NORBERT DUBOIS

 

Jobard est septième à cinq minutes, quarante secondes devant Robin et Fontyn, qui a donc un peu loupé l’opération « je remonte tout le monde »…

Et Dubois, comme l’an dernier, reprend son statut de favori, qu’il devra garder pendant plus de 3000 km !

En autos, dans un premier temps, le Hongrois Szalay (Opel Mokka) l’emporte de neuf secondes devant Schlesser (Buggy Schlesser- Sonangol), là en revanche, le coup de l’ouvreur désavantagé est une fois de plus confirmé.

D’autant plus qu’au fil des arrivées, c’est finalement le buggy de Sabatier qui emporte le morceau, au nez et à la barbe de tout le monde!

Vingt secondes devant Szalay!

Porcheron (Buggy Peugeot) est quatre à une minute, Loomans (Toyota Hi Lux) est cinq,  cinq secondes derrière…

A quarante cinq secondes de Loomans se trouve le Russe Shagirov (H3).

En ce qui concerne les camions, ils font un tir groupé de la quinzième place (Tomecek) à la dix huitième (Kovacs), Jacinto est seize, Essers dix sept.

 

JACINTO ET SES BOYS

JACINTO ET SES BOYS

 

Sur trente deux au total.

Il s’agit du scratch mais aussi du général, puisque c’est la première spéciale de la course.

Tomecek est à moins de dix minutes du vainqueur auto, Jacinto trois minutes derrière le Tchèque.

Demain, grosse journée pour arriver à Foum-Zguid, on sera déjà au fin fond du Maroc, 180 bornes de liaison pour commencer, 430 km de spéciale et encore sept petits kilomètres avant le bivouac.

C’est clair, comme le chantait le regretté Nino Ferrer, « On dirait le sud… »

 

JEAN LOUIS BERNARDELLI

PHOTOS AIAIN ROSSIGNOL ET JORGE DA CUNHA

 

 

 

 

 

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