YAMAHA 125 X-MAX/MBK EVOLIS 125 2014 : « FRENCH TOUCH » ET PREMIERE CLASSE!

 

Ils se ressemblent comme deux jumeaux, ils viennent du même endroit, ils ont les mêmes parents, juste pas le même nom et pas exactement les mêmes couleurs. Voici le X-Max 125 chez Yamaha et l’ Evolis 125 chez MBK, marque française qui appartient à Yamaha et fabrique les deux scooters en France. Ces deux jumeaux  ont été testés la semaine avant Noël.

Comment dire…

 

 

Un scooter est rarement un truc qui vous envoie au firmament de l’orgasme intellectuel, ce que l’on ressent sur tout un tas de motos de caractère. Le scooter est un moyen de transport… Le mot « Transport », en français, a deux significations: c’est un  déplacement mais ce peut être aussi une émotion très forte. Et on retrouve cette dualité dans ces deux scooters.  Pas du plaisir à hurler de joie mais quand même, c’est  comme quand on découvre la « First » d’Air France ou de Lufthansa, un gros soupir de bonheur…

 

HAUT DE GAMME…

 

Bonheur avec les mots qui s’y raccrochent, plaisir, voyage, frisson…

Si ces scooters Evolis/X-Max sont des moyens de transport, c’est en effet de la « first class », celle dont rêvent (et usent, rarement mais ça arrive…) les journalistes qui bouffent du km par millions.

L’objectif  premier de ce X-Max/Evolis 125, aller d’un point à un autre, est totalement réussi, et l’autre objectif assumé du plaisir l’est aussi, ces scooters sont  carrément confort, high-tech, jolis, bien pensés voire au-delà !

Réussite totale qui explique le leadership de cette gamme sur le marché français.

 

ON COGNE CHEF ?

 

Il y a cependant deux trucs que je déteste sur ces scooters, je sais je ne fais jamais rien comme tout le monde, normalement, on dit d’abord ce qui va bien et à la fin on flingue…

Je dis d’abord ce que je déteste parce que tout le reste (presque!) de ce que j’ai pu tester, est carrément réussi, d’ailleurs, ce que je n’aime pas est dans le concept même de ces engins et donc tout le monde s’en fout…

Je déteste qu’il n’y ait  pas de fond plat, parce que je suis rital et que je trouve ça élégant, un fond plat, par ailleurs quand je vais prendre le train à la gare, j’y vais en scooter,  je mets mon sac énorme de voyage devant moi, pas terrible pour le confort mais top pour le côté pratique, j’évite le taxi qui râle et moi encore plus parce que ce c… se chope systématiquement les feux rouges.

J’évite le bus où les regards de traviole me font comprendre que mon sac n’est pas le bienvenu, j’évite le métro où tu montes au total l’équivalent de 150 étages parce que les rares escaliers mécaniques ne marchent pas…

Et enfin, la seule fois de ma vie où un connard qui a brûlé un feu rouge m’a attrapé par le côté, j’ai sauté des deux jambes en même temps de l’autre côté du scooter, même pas tombé, sur un genou, et la jambe droite intacte.

Et que c’est pour toutes ces raisons que j’aime les fonds plats.

 

 

Deuxième truc, j’adorerais m’appeler Louis (ça c’est fait, merci à mes parents) mais avec un L majuscule et le chiffre XIV à côté.

Je viens de lire qu’il (le roi…) portait des talons de 11 cm, et juste avec la moitié, je serais parfaitement à l’aise sur ce scooter, où je dois, à l’arrêt, décider de quel côté je pose le pied.

Il s’en faut d’un chouia mais je déteste que l’on me rappelle que je suis court sur pattes…

Et tout le monde s’en fout aussi, ce qui tombe bien parce que ce 125 X-Max Yamaha/Evolis 125 MBK n’a vraiment pas grand-chose à se reprocher, il est carrément bien né…

Il est leader sur le marché français, il doit bien y avoir une raison !

 

FIRST CLASS… MADE IN FRANCE : LOOK TOTAL

 

Cette gamme X-Max et Evolis est un énorme succès commercial puisque, aujourd’hui encore, malgré les jours gris que traverse la moto, elle est en tête des résultats commerciaux, il en a quand même été vendu 30 000 (sous les deux marques MBK et Yamaha) depuis l’apparition du premier modèle !

Et c’est fabriqué en France, Yamaha est propriétaire de MBK et fait fabriquer ses scooters, Evolis (MBK) et X-Max (Yamaha) à St Quentin.

Bref, cocorico !

Les modèles 2014 présentent d’assez gros changements.

On parle un tout petit peu boulons, pour ceux qui préfèrent le monde de la sensation rendez vous cinq lignes plus bas…

Cadre rigide multitubulaire, digne d’un vrai engin GT, moteur avec gros couple, alimenté par injection électronique, refroidissement liquide, bulle et déflecteurs intégrés au carénage, pour une meilleure protection des mains, disques de freinage AV et AR avec étrier double piston, disponible avec ABS, on est clairement dans le haut de gamme…

Toutes ces modifs se retrouvent dur le  X-Max et sur l’ Evolis…

Des frères jumeaux ?

MBK est une société française, on y fabrique donc des scooters dont le nom est à consonance française, mais pigeable  à l’international.

Evolis/Evolution est un mot « french » qui se comprend dans le monde entier…

Yamaha l’appelle toujours X-Max parce que depuis sa sortie, c’est un leader, un guerrier qui gagne fièrement les batailles commerciales, et on ne change pas un nom qui gagne.

Alors ces nouveaux 125 version 2014 ?

 

 

Beaux d’abord.

Lignes très inspirées du 400, très dynamiques, très réussies.

Il ne faut jamais oublier que dans la moto (et le scooter) quel que soit le prix que le client veut lâcher au concessionnaire, il ya toujours un aspect envie, passion, et même plus que cela, irrationnel.

C’est la beauté particulière  de notre milieu, ce  qui a empêché les comptables de prendre le pouvoir comme c’est le cas dans l’automobile.

On a envie de monter dessus, je ne peux pas le dire autrement…

Vroom ?

Pas tout de suite, on suit les conseils de Juliette Greco, « Déshabillez-moi » et on fait notre boulot de journaliste, on regarde comment c’est fait avant de s’asseoir et de mettre du gaz comme des bourrins…

Et le déshabillage vaut le coup !

 

SELLE ANTI-CONS… COFFRE ROYAL

 

Quand j’ai dit ça à mes potes, ils ont roulé les yeux façon « le loulou donne encore dans l’original »…

La réponse est simple, quelle est ma terreur quand j’ouvre la selle du scooter ?

Y laisser tomber mes clés, puis que la selle retombe et alors je suis le roi des cons, à péter ma propre selle sous peine de passer deux heures dans le bus sus-cité avec douze changements pour aller chercher le double qui est chez moi…

Là, si tu soulèves la selle, elle reste en l’air !

Il faut même carrément lui pousser dessus pour qu’elle se referme. Bilan, si t’as laissé tomber les clés en rangeant ton casque, tu as toujours tes clés et tu n’es pas le con de l’histoire !

Et moi un scooter qui m’évite de passer pour une brêle, cela m’est très sympathique !

Et sous la selle qui-tient-toute-seule-en-position-haute, tu loges à l’aise deux casques intégraux,  plus les fringues de pluie.

 

VERSAILLES!

VERSAILLES!

 

Bref, cette selle est non seulement anti-cons mais en plus elle est contient un coffre digne du Louis XIV dont j’ai parlé plus haut… Quarante-sept litres, c’est vraiment Versailles !

Et devant toi, encore deux boîtes à gants, une qui n’a pas de clé, idéale pour la photocopie du plan Googles Maps, ce qui t’évite de te dépoiler complètement par moins quinze parce que tu l’as mis dans ta poche de chemise.

 

 

Bon, maintenant, tout le monde a une appli GPS sur le Smart Phone, il y aura bien des trucs à y mettre puisque quand on essaie des scooters qui n’ont pas beaucoup de rangements à l’avant on râle…

Tiens au hasard la  lettre que tu dois aller poster…

Un rangement, de toute façon, ça facilite la vie !

L’autre ferme carrément à clé, pas une raison pour y laisser les papiers du scooter ni tes billets de 500, mais le temps d’aller acheter la tranche de jambon, le paquet de clopes ou le Mc Do pour les collègues de bureau, le malandrin kleptomane qui passe dans le coin n’aura pas la minute nécessaire pour te faire marron…

 

a a a a a a a a a selle anti con a a a a a a a a a a aa  2013_XMAX125_Evolis125_Essai_024

 

 

Bon, on a repéré au passage que les amortos arrières sont réglables en cinq positions, c’est une bonne idée, on ne s’en sert jamais mais si c’est trop tape-cul ou mou comme un ventre de ver de terre, on peut y remédier…

 

 

Le truc ci-dessus,  je ne sais pas où le glisser alors ça va être là, les jantes à petits bâtons sont assez sympas, élégantes même. Avec de jolis entrelacs.

On n’achète pas un scooter de ce prix pour ça mais ça évite de se dire que pour ce prix là, ils auraient pu faire quelque chose de joli, c’est le cas.

Idem pour les feux AR, à LEDs, réussis et ça évite d’être vraiment dans la merde quand le coin est farci de flics et que ton ampoule arrière a envie de griller vive…

C’est con une ampoule et justement, on n’est plus obligé de faire avec, merci les LEDs…

 

 

Mais en plus c’est joli.

Allez, on s’assied, contact!

C’est simple, confort.

Passager idem, légèrement surélevé comme ça au lieu de n’avoir pour unique horizon que la marque de ton casque, il/elle verra ce qui se passe…

 

 

Les rétros sont bien fichus, pour un vieux tarmo comme ma pomme qui s’obstine à regarder derrière, c’est essentiel.

Même chose, ce n’est pas la raison qui fait acheter le truc mais là encore la vie est plus facile et si tu t’en sers bien de tes rétros, ça peut aussi te sauver la vie…

Le tableau de bord numérique est carrément génial.

Tu sais l’heure et la vitesse à laquelle tu vas, et tu le vois bien.

 

 

Par les temps qui courent et les radars qui traînent partout, c’est un vrai atout.

A main droite, les boutons de commande qui donnent accès à un nombre considérable d’infos.

 

 

 

Tu sais où tu en es de l’entretien, tu sais quelle est la température extérieure, tu connais ta moyenne horaire, ta conso moyenne, ta conso immédiate, il y a aussi des totalisateurs, l’idée du temps de parcours est sympa mais dangereuse, car sur un itinéraire que tu prends chaque jour, ça peut te donner des idées qui vont justement intéresser radars et autres lardus maraudant dans le secteur…

Mais enfin, la visi de toutes ces données est excellente, et c’est plutôt élégant aussi.

Et puis enfin on roule.

 

VROOM !

 

On est en semaine, il est seize heures, en pleine période de Noël, Paris est un bouchon géant et inerte, une sorte de terrine de gelée géante où rien ne bouge…

Nous sommes une dizaine de journaleux à nous suivre et à nous tous, en une heure, on a dû en gagner deux cent-cinquante des heures… dans le b… total qu’est la capitale.

Pour tester l’aptitude urbaine du scooter, idéal !

La conduite lente suppose que l’engin soit stable, pour te donner le temps de réfléchir de quel côté tu passes le bus, le sapin (le taxi en argot parigot), et une fois la décision prise, comme tu passes lentement, fait pas qu’à ce moment là, entre le bus et le taxi, ça se barre dans tous les sens.

Facile la réponse, en conduite lente, ce scooter est un rail…

Mais du coup, en version slalom serré…

Maniable le truc, pas le vrai passe-partout mais maniable, étonnant car on est assez haut placé, on est confort alors on se dit que c’est aussi facile à mener qu’une baleine…

En fait, ce n’est pas une sardine mais ça ne t’empêche jamais de faire un angle droit pour changer de file.

On est bien d’accord, là on parle de conduite ultra-lente…

C’est quand on veut faire un pif-paf un peu sportif que la trajo s’élargit de façon surprenante.

 

 

Mais fait-on de la voltige avec un Airbus ou avec un jet privé?  ?

L’engin prend de l’angle sans problème, il avale les merdes du parcours urbain sans problèmes, ce qui va des pavés dans tous les sens au gendarme couché en passant par les trous dits « en formation » mais qui ont eu le temps de devenir adultes,  les jantes avant c’est du 15 pouces, 110 mm de débattement, no problemo. Mais pour l’attaque des lacets de Lombard Street à San Francisco, faudra pas se prendre pour Steve Mc Queen !

Bon, le moteur.

L’engin est tellement beau qu’on en oublie que c’est un 125 !

Et du coup, par moments, on trouve que… ça ne marche pas comme  une moto de GP !

D’autant plus que maintenant, ces 125 ressemblent comme deux gouttes d’eau aux 250 et aux 400 des deux marques Yamaha et MBK, ce n’est pas une sous-motorisation, ils vous donnent ce qu’il faut en cas de besoin, ils sont même brillants, MAIS ce sont des 125 !

Et pour des 125, beaucoup de couple, en plus ça ne demande qu’à envoyer si possibilité devant…

 

ON NE RIGOLE PAS AVEC LE FREINAGE...

ON NE RIGOLE PAS AVEC LE FREINAGE…

 

Bon si le moteur est brillant, il faut aussi que ça freine, on est en ville et une portière s’ouvre si vite devant, un mec met un coup de volant parce qu’il croit qu’il est seul au monde, ou bien, cela arrive, tu es tombé sur le gros con qui veut te faire peur ou te faire mal…

Disque à l’avant, disque à l’arrière, ABS en option, je n’ai pas testé sur mouillé mais c’est efficace en cas d’urgence et d’une extrême délicatesse, presque de la tendresse  en cas de simple doute sur la manœuvre effectuée devant toi…

Bon, c’est clair, ces scooters sont dignes de leur lignée de leaders.

Ils sont carrément réussis.

Mais…

Mais ils coûtent 4399 euro, et 4799 en version ABS !

Et oui, la First Class, ça coûte bonbon, mais si ce scooter est numéro un des ventes en France, c’est qu’il a trouvé et des gens qui ont les moyens et des gens qui ont des envies.

Et parfois sûrement des clients qui se fendent un peu pour se faire plaisir.

Je me répète un peu, le plaisir c’est ce qui nous différencie de tous les autres, ceux  qui se transportent…

Et de ce côté-là, ces deux scooters sont comment dire… souriants, ils vous donnent le moral !

L’Evolis est disponible en gris et noir mat, le X-Max propose aussi une version noire et blanche.

 

JEAN LOUIS BERNARDELLI

PHOTOS CONSTRUCTEUR, LAURENT BENCHANA, DIDIER MEYER 

 

 

Spécifications techniques Xmax / Evolis 125 Moteur
Type de moteur Monocylindre, liquide, quatre temps, 1 ACT
Cylindrée 124 cm³
Alésage x course 52 mm x 58,6 mm
Taux de compression 11,2 : 1
Puissance maximale 10,55 kW à 9 000 tr/min
Couple maximal 11,94 N.m à 6 750 tr/min
Lubrification Carter humide
Alimentation EFI (injection électronique)
Allumage Allumage électronique (TCI)
Mise en route Démarreur électrique
Transmission Automatique à courroie en V
Châssis
Suspension avant Fourche télescopique
Débattement avant 110 mm
Suspension arrière Moteur oscillant
Débattement arrière 84 mm
Frein avant Simple disque, Ø 267 mm
Frein arrière Simple disque, Ø 240 mm
Pneu avant 120/70-15
Pneu arrière 140/70-14
Dimensions
Longueur hors tout 2 160 mm
Largeur hors tout 790 mm
Hauteur hors tout 1 385 mm
Hauteur de selle 792 mm
Empattement 1 525 mm
Garde au sol minimale 125 mm
Poids tous pleins faits 169 kg /ABS173 kg
Capacité réservoir essence 13,2 litres

 

 

 

 

 

 

 

 

Moto Sport

About Author

jeanlouis